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DISSECTION "The Rebirth of Dissection"
(escapi music -- 2006)

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Tout ceci est bien cynique. au moment même où Dissection sort le DVD de sa "renaissance", son leader et compositeur principal, Jon Nodveidt se colle une balle dans la tête. Un groupe "mort-né" (ou plutôt "mort rené") en quelque sorte.
Quel con ! Jon ne fut pas vraiment un personnage "acceptable" ou recommandable. Mais il avait de l'or dans les doigts. Comment ne pas rester admiratif devant l'ouvre de Dissection et ces 2 albums cultes que sont "The Somberlain" et "Storm At The Light's Bane".

Je me souviens avoir découvert le groupe sur une compil à la con avec le morceau "Where The Cold Winds of Nowhere" vers 1993. Etant fan de metal suédois, ce morceau me fit craquer : puissance et efficacité, changements de tempos, mélodies imparables et riffs accrocheurs. Du coup, j'achetai l'album peu de temps après, et me prit une baffe monumentale. Ce putain de groupe avait réussi en un album à mélanger le meilleur du black et du death suédois (en anticipant même l'explosion du son de Göteborg). Et pourtant, ça sonnait ni vraiment death, ni complètement black ! Un tour de force.

Puis ce fut l'attente de l'album suivant, et la première version du "Night's Blood" sur un sampler de Nuclear Blast au moins 6 mois avant la sortie de l'album (à cette époque, il n'était pas rare de trouver sur les samplers NB des versions de morceaux non définitifs, des mois avant leur sortie "officielle".)
A la sortie du second CD, Patrick et moi nous nous extasiâmes devant une telle qualité et musicalité.
Je me souviens aussi de leur tournée en première partie de Satyricon que nous devions faire jouer à Marseille mais qui fut annulée quelques journées auparavant (les rumeurs de l'époque disaient qu'en plus de mauvaises conditions de tournée, Dissection mettait la pâtée à tout le monde sur scène, ce qui énerva les autres groupes.)
Le reste de l'histoire est à lire en pages faits divers (meurtre, prison, satanisme à 2 balles, suicide).
.et laisse une impression d'énorme gâchis.

Insérons le DVD à l'intérieur de ma platine et appuyons sur "Play".
On découvre un menu simple et réussi.
L'image est de toute beauté, et les caméras sont nombreuses. Le montage est efficace et reste sobre. Pas d'effets agaçants, de filtres inutiles, comme c'est le cas sur les DVD de chez Roadrunner.
Le son est puissant et l'interprétation excellente. Je peux vous assurer qu'avec mon 5.1, même mes voisins dégustent du Dissection tous les soirs ! Je dois avouer que chaque fois que démarre "Night's Blood", un frisson me parcourt l'échine. J'ai envie de headbanguer comme un malade.

La set-list comprend l'album "Storm of the Light's Bane" dans son intégralité et les 3/4 de "The Somberlain".
Jon semble être remonté à bloc et le groupe est particulièrement efficace. Si Seth T assure ses parties de guitare correctement, il n'est par contre pas très charismatique sur scène. De même pour le français Brice Leclercq à la basse, qui est efficace mais discret.
Une fois de plus, on ne peut que rester bouche bée devant la puissance du jeu du batteur, Tomas Asklund, sorte de croisement entre un bûcheron et une pieuvre ! Il a marqué de son jeu véloce et brutal chaque album sur lequel il a joué et à nouveau marque de son empreinte ce live.
A la fin du concert quand le groupe salue le public, on a un pincement au cour, plus jamais on aura l'occasion de voir ce groupe sur scène.

Les bonus sont un peu courts : il y a une interview de Jon, des photos, et le clip de "Starless Aeon" issu du controversé "Reinkaos". Il aurait été appréciable d'y trouver quelques images un peu plus anciennes, des extraits de la tournée, et pourquoi pas des vidéos du Dissection des années 90.
Peut-être que ceci sera corrigé dans le prochain DVD de Dissection, à savoir le dernier concert du groupe enregistré en Suède fin juin 2006.
De plus, avec la mort de Jon Nodveidt, il y a fort à parier que l'exploitation commerciale autour de Dissection n'est pas prête de s'éteindre.

A noter la présence de 2 bonus cachés, notamment l'excellent titre "Black Horizon", joué pourtant ce soir-là, mais qui ne figure pas dans la set-list officielle, car Jon Nodveidt fut victime de problèmes techniques (guitare inaudible sur la moitié de la chanson.).

Un DVD vraiment indispensable pour tout fan qui se respecte mais aussi pour tout amateur de metal extrême qui a apprécié un jour Dissection. Excellent !

 
Christophe Noguès
Decibels Storm - octobre 2006