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BODY COUNT |
"Live in L.A." |
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(escapi music -- 2006) |
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Je me souviens de la formation de Body Count au début des années 90, une annonce qui avait fait l'effet d'une petite bombe : dans le sillage de la première collaboration metal/rap entre Anthrax et Public Enemy qui avait ébranlé toutes les certitudes et les clichés, le rappeur Ice-T, alors héraut de ce qui allait rapidement s'appeler le gangsta-rap, annonçait la formation d'un groupe crossover avec ses potes : tous noirs, du jamais vu jusqu'alors, et tous issus du "hood" de South Central à Los Angeles, un quartier où les balles volaient plus souvent que les oiseaux.
Body Count s'attira bien vite les foudres des fachos bien-pensants du PMRC, bientôt suivis du LAPD, et ce dès la sortie en 1992 de son premier album "Cop Killer" ("tueur de flics"), et fut rapidement éjecté par son label d'alors, Warner. Un second album "Born Dead" sortit peu de temps après chez Virgin, mais le troisième ne vit jamais le jour : comme l'explique finalement le guitariste Bernie C dans un des bonus qui font tout l'intérêt de ce DVD, des 5 membres originels, seuls lui-même et Ice-T sont encore en vie 10 ans après : le bassiste Mooseman a été tué dans une fusillade, le batteur Beatmaster V a succombé à une leucémie et le second guitariste D-Roc est mort d'un cancer de la peau.
Détesté de tous ou presque, poursuivi par la poisse et la tragédie, Body Count s'accroche et fait donc de ce nouveau DVD une réelle curiosité, alors qu'un nouvel album est sur le point de sortir. Malheureusement, comme je l'évoquais plus haut, seules les 2 interviews en bonus valent réellement le détour, tant la qualité technique de la captation de ce concert au Troubadour de Los Angeles est médiocre : image pixellisée, défauts de compression permanents, problèmes d'objectifs sur les caméras, son erratique : seuls l'ambiance hardcore que dégage Body Count et le caractère unique de ce live permettent de passer outre de tels défauts ; de même, on qualifiera la prestation du groupe, au choix, de "brute" ou "pas vraiment en place" selon votre degré de sympathie.
Le petit bijou reste donc l'interview d'Ice-T en bonus, carrément captivante (malgré l'indigence des questions, un intervieweur visiblement largué, et l'absence de sous-titres en français), et bourrée d'infos et anecdotes qui permettent de comprendre comment un rappeur issus des quartiers chauds de LA a pu se lancer dans le rock hardcore, et décider de poursuivre cette aventure malgré une carrière rap bien plus lucrative et des rôles dans des feuilletons télé qui ne le sont pas moins.
Le groupe méritait beaucoup mieux que ce DVD de troisième zone, mais après 10 ans de silence on ne crache pas sur quelque chose de neuf dans le camp Body Count ! |
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Patrick Etuy |
Decibels Storm - août 2006 |
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