home albums videos live reports interviews concerts liens contact

Live report et compte-rendu du concert de ZZ Top à Monaco.

Live Reports
Monaco Live Music 2010
ZZ Top
Iggy and The Stooges - Komä - PPZ Rocket
Monaco, Place du Palais - 5 juillet 2010.

D’abord, je dois vous dire que traverser Monaco à pied un soir de juillet, alors qu’il fait encore 30 C° à 20 heures et que vous êtes garé à 3 bornes parce que la signalisation de cette ville défie toutes les règles de l’urbanisme moderne relève d’un acte de bravoure poilue dont je tiens à ce qu’il soit porté à mon crédit.
Ensuite, franchir les trois cordons de police urbaine qui séparent la partie ouverte de la vieille ville de la zone de concert est également quelque chose dont j’entends qu’il me soit donné acte.

Enfin, parvenir sur la place du palais pour s’apercevoir qu’en fait de public rock c’est un défilé de jeans Armani et de mocassins Todd’s qui vous attend finit de conférer à cet événement le côté surréaliste qui s’était manifesté dès la descente de la Turbie au milieu des nuages de brume...

A ce stade, le caractère inaccessible du stand de boissons devient anecdotique...

Désolé, mais j’ai raté le premier groupe des premières parties. J’ai un peu vu le groupe Koma dont la pop vaguement sombre ne m’a pas survolté plus que ça. Il est aux environs de 21h15 lorsque ces derniers débarrassent leurs amplis.

C’est à l’heure déjà tardive de 22 heures (tombée de la nuit oblige, sans doute...) qu’Iggy et ses Stooges arrivent sur scène sans chichis. Et là, blam !, « Raw power » !

Car ce soir, c’est Raw Power (l’album) qui se taillera la part du lion : l’éponyme donc, et aussi « Little danger », « Search and destroy » et encore deux ou trois autres. Est-ce parce qu’ils en avaient marre de s’entendre reprocher de ne jouer que des titres des deux premiers albums ? Est-ce pour rendre hommage à Bowie, producteur de Raw Power dont il s’avère qu’il va manifestement, et contre toute attente, clamser avant Iggy ? Toujours est-il que c’est la soirée Raw Power. Les seuls titres extraits des deux premiers albums seront « Feel allright », « No fun », « I wanna be your dog » bien sûr et « LA blues ». Au début, Iggy est bien, ne boîte presque pas. Mais au fur et à mesure que le set avance, on le sent un peu décliner physiquement sans pour autant perdre son énergie. Punk, quoi... Le son est moyen, et, personnellement, je suis contrarié de ne pas avoir droit à « 1969 », « 1970 », « Little doll » et autres classiques. Tant pis. Un peu déçu par ce concert donc.

23h25, ZZ TOP entre en scène. Ca va encore nous faire coucher tard...
Pas de round d’observation puisque c’est directement avec « Got me under pressure » que les débats sont ouverts. Suit ensuite le redoutable enchaînement « Waiting for the bus/Jesus just left Chicago », et honnêtement, ça tue ! C’est joué hyper heavy, avec ce fumier de Dusty Hill qui est et demeure encore pour moi un des plus efficaces bassistes en circulation. Ce mec a le chic pour aplatir l’auditoire avec ses lignes de basse qui valsent entre le martellement d’un flat six et le ronflement d’un Messerschmitt. Et quelle voix, Dusty, quelle voix. Il tient la baraque à lui tout seul. J’adore ce type. Et j’aime de plus en plus ce groupe en général. Il faut dire que ce soir, ZZ TOP est vraiment en grande forme. Même Billy chante très correctement, enfin, disons qu’il n’a aucun problème de voix et qu’il semble avoir recouvré une santé plus solide.

Par contre, ce qui me déçoit est la réaction du public, pas absent, mais poli, sans passion, à peu près aussi démonstratif que le Parc des Princes après le plan Leproux... Ici ça donne des acclamations pour « La Grange » et « Gimme All your lovin », mais une incapacité à pleinement apprécier des titres aussi immenses que « Brown sugar » ou « Just got paid », qui sont pourtant deux tueries absolues et qui furent fort bravement interprétés.
Moi, en tout cas, j’ai bien pris mon pied et j’ai même été à deux doigts de craquer mon slip sur « I’m bad, I’m nationwide » et « Cheap sunglasses ».
« Legs », « Pincushion », « Party on the patio », tout ceci fut également joué, et de façon très convaincante, Billy restant ce guitariste capable de tout (même de quelques pains, mais on s’en fout) et Franky étant la constance même. Deux reprises ont été également entonnées : « Hey Joe » et le désormais classique « Viva las Vegas ». Bon, ok, pourquoi pas. J’aurais préféré qu’ils tapent un peu dans « Afterburner » ou « Fandango ». « Tush » vient classiquement clôturer les débats et je me dis que pour un groupe dont l’âge (41 ans) est à peu près égal au double de celui des membres des groupes les plus jeunes qui passent au Hellfest, ça reste du bon gros vrai lourd. Et même plus.
Alors, évidemment, quelques vieilles carnes pourront toujours faire la fine bouche en égrenant des lapalissades bien senties telles que « c’était mieux à Baltard en 1980 »...
Moi je vois surtout qu’à l’exception d’AC/DC, aucun groupe de cette ancienneté ne fait aussi bien dans le monde du rock viril.

Alors, je dis « vivement la prochaine fois » !

Alexis Kieffer - Decibels Storm - août 2010.
photos : Jean-Paul Pélissier - Reuters.