WITHIN
TEMPTATION - PENUMBRA
Paris
- Elysée Montmartre - 27 mars 2002
Il aura fallu près d'un an aux Hollandais de Within Temptation
pour fouler à nouveau le sol français, après une
première et unique apparition mémorable à La Locomotive.
Et c'est donc auréolé de cette excellente prestation que
le groupe est revenu, cette fois à l'Elysée Montmartre.
A
l'instar du concert de Moonspell la veille, les organisateurs avaient
sagement préféré couper la salle en deux par un
rideau, évitant une dispersion du public pourtant déjà
acquis à la cause des deux groupes à l'affiche.
Je
ne reviendrai que brièvement sur le set de Penumbra,
qui eut la chance d'ouvrir l'ensemble de la tournée française.
Le public parisien leur a été largement acquis, et le
groupe s'est visiblement fait plaisir tout au long de son set, même
s'il n'a pu utiliser ses quelques effets pyrotechniques. J'avouerai
pour ma part avoir été autrement convaincu par l'album,
la prestation scénique de Penumbra ayant été loin
d'égaler leur effort discographique. En effet, bien que techniquement
le groupe semble plutôt être à la hauteur de ses
ambitions, scéniquement chacun des membres donne l'impression
de faire son show dans son coin, et cette absence d'unité ressort
d'autant plus avec la multitude d'intervenants qui composent Penumbra.
Nul doute que l'expérience aidant, cette formation prometteuse
trouvera la formule scénique propre à fédérer
l'ensemble de ses talents.
Pour
Within Temptation la bataille
était gagnée d'avance, tant les deux albums du groupe
et sa précédente apparition à La Locomotive avaient
déjà convaincu le public parisien que la prestation des
Hollandais ne pouvait qu'être phénoménale. Il n'allait
effectivement pas être déçu.
Prenant
toute son ampleur sur la large scène de l'Elysée Montmartre,
le démarrage foudroyant du set de Within Temptation semble avoir
reculé une fois de plus les limites du possible, face à
un public en transe dès les premières vocalises angéliques
de l'extraordinaire Sharon den Adel.
Le
groupe ne s'y trompe pas et se donne à fond tout au long d'un
set une nouvelle fois impressionnant, de "Deceiver Of Fools"à
"Mother Earth", en passant par un "Ice Queen" titanesque
ou un "Neverending Story" en version acoustique éblouissante.
Tandis
que Sharon multiplie les prouesses vocales tout en n'étant pas
avare de headbangs ni de sourires dévastateurs, le reste du groupe
joue comme si sa vie en dépendait, porté par un son clair
et puissant, et renforcé par la présence de Ruud, le nouveau
second guitariste (ex-Brotherhood Foundation). La belle Sharon achève
sa conquête du public avec quelques mots dans la langue de Molière,
et s'en voit récompensée, à sa grande surprise,
par un bouquet de fleurs brandi par un fan.
Qui
du public parisien ou du groupe lui-même aura été
le plus subjugué par l'ambiance de cette soirée ? La question
reste posée !
Patrick Etuy - Decibels Storm - mars 2002.
