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SONATA ARCTICA - KAMELOT - FAIRYLAND
Paris, Elysée Montmartre - vendredi 30 mai 2003
 

Quelle affiche alléchante que ce concert du vendredi 30 mai 2003 ! Pourtant, tout commençait assez mal dans la mesure où 10 minutes avant l’ouverture des portes, les Américains de Kamelot n’étaient toujours pas arrivés !!! Eux qui jouaient pour la première fois en France, quelle déception pour ceux comme moi, qui venaient essentiellement pour eux ! 17h53, Thomas Youngblood, Roy Khan, Casey Grillo et Glenn Barry arrivent enfin devant l’Elysée et arrivent à se frayer un chemin dans la foule venue en masse afin d’accéder le plus rapidement possible à leur loge.

18h00, ouverture des portes. Les fans s’amassent comme des fourmis fondant sur un morceau de sucre et c’est dans une salle pleine à craquer que 25 minutes plus tard, les Français de Fairyland montent sur les planches pour la troisième fois dans leur courte carrière. Les gens ne sont pas encore tous entrés que les premières notes de l’intro « And So Came The Storm » retentissent dans le chaudron d’un soir. Les Français, avec à leur tête l’ex chanteuse de Dark Moor, Elisa C. Martin vont, malgré leur non-expérience, conquérir le cœur des fans venus en nombre, affublés d’un tee-shirt de Rhapsody, tient comme c’est étrange !!! En 30 minutes, Fairyland va faire plus que se débrouiller. Il va même séduire, non seulement par sa musique, mais aussi par la présence unique de sa frontwoman. Quelle femme ! Elle va pendant une demi-heure, ramener dans l’enclos chaque brebis égarée, poussant chaque personne à réagir à ses moindre faits et gestes. Pour, au final, avoir à ses pieds un public conquis. Il aura finalement fallu que très peu de temps à Fairyland pour donner confiance aux fans et pour prouver que l’on peu être français, jeunes, ambitieux et surtout, sans aucune expérience, être bien en place et faire un show carré en béton.

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Le moment tant attendu arrive enfin, mais une chose nous trotte malgré tout dans la tête, sans balance, sans préparation aucune, comment Kamelot va pouvoir démontrer au public français tout le bien qu’émettent les différents médias à leur sujet ? La réponse ne tarde pas à nous éclater à la figure. C’est sur une entrée fracassante que Khan attaque un « Center Of The Universe » aussi vrai que nature. Comme si leur préparation s’était déroulée normalement, Kamelot nous hypnotise dès les premières notes. Quel spectacle !!! La salle est sur le cul ! Le groupe se montre en bête de scène et écrase tout sur son passage. Les musiciens sont en place comme jamais et la prestance de chacun est incroyable. Khan à lui seul, subjugue les fans. Son regard perçant, ses attitudes presque efféminées, sa manière de chanter et son timbre de voix si envoûtant nous donne cette impression d’appartenir à un autre monde.

45 minutes de bonheur durant lesquelles le cœur des fans va s’affoler, les pensées les plus secrètes se répandre et l’esprit s’évader comme jamais. 12 morceaux parcourant les trois derniers albums à raison de « Center Of The Universe », « The Edge Of Paradise », «The Mourning After», « Lost And Damned », « Farewell » et « Helena’s Theme » pour «Epica»; « Wings Of Despair », « Don’t You Cry », « Forever » et « Karma » pour «Karma», et « Until Kingdom Come » et « Nights Of Arabia » pour «The Fourth Legacy». Khan ira même jusqu’à se payer le luxe d’interpréter « Don’t You Cry » dans un français impeccable et de fêter comme il se doit l’anniversaire de Thomas Youngblood juste après le morceau « Forever ». Le seul regret, que j’ai eu à leur sortie de scène, c’est que ce moment de plaisir était trop court. Messieurs, un grand merci pour ce professionnalisme et l’intense joie que vous m’avez procuré.

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L’heure de l’inquiétude et de passer au sujet principal de ce soir pointait à l’horizon et croyez-moi, le cas Sonata Arctica apparaissait comme un problème entier ! Suite aux deux dernières prestations du groupe finlandais dans la capitale, permettez-moi de me poser des questions sur les qualités intrinsèques du chanteur Tony Kakko ! Je vous avouerais que le fait qu’ils soient en tête d’affiche ne me rassurait pas davantage, bien au contraire ! Je me demandais ce que cela allait donner et surtout, comment pouvaient-ils faire aussi mauvais, sinon pire que les fois précédentes ?

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Ma question ne resta pas sans réponse bien longtemps. Hormis le « Gaston y’a l’téléphon qui son » qui nous fût servi en intro !!! Dès le premier morceau tout mon édifice de méchanceté venait de s’écrouler comme un lamentable château de cartes. Ce sont à des Finlandais déjantés que nous avons eu à faire. Je ne sais dans quelle potion magique Tony est tombé, mais il semblerait que, l’expérience aidant, les Sonata aient mis quelque peu du plomb dans leur cervelle ! Jetant à la face du public parisien un set d’une incroyable intensité, la soirée fut éclairée par le feu ardent de la quasi totalité de l’album « Ecliptica ». De « Kingdom Of A Heart » en passant par « 8th Commandment », «Unopened», « Replica », « My Land », « Fullmoon » ou encore « Letter To Danna ». Seuls « Last Drop Falls », « Black Sheep » et « Wolf & Raven », représenteront «Silence». Quant à « Winterheart’s Guild », « Abandoned, pleased, etc », « Victoria’s Secret », « Broken » « Champagne Bath » et « The Cage » l’inaugureront comme il se doit.

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Sans avoir fait de prouesses, les Sonata Arctica auront fait le spectacle. Leur show aura été carré, leur prestation en béton armé, redorant par la même occasion leur blason jusqu’ici bien terni. La palme d’or reviendra sans aucun doute à Jani qui, durant la durée du concert, se sera comporté comme une véritable rock-star. Aussi à l’aise avec une guitare entre les mains qu’assis dans son canapé, il aura subjugué le public de par son niveau technique très haut en couleurs.

Un bien beau souvenir que cette performance des Sonata Arctica, en espérant que la prochaine fois les réminiscences de ce 30 mai 2003 ne soient pas qu’un lointain et magnifique souvenir. The show must go on !

Michael Duval
Decibels Storm - juin 2003