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SAMAEL
- CATHEDRAL - WITHOUT FACE Plus de 400 gentlemen et ladies en goguette avaient pris place dans la très respectable salle du Jas'Rod près de Marseille. Félicitons-nous d'entrée du très bon climat qui anima cette soirée, aucune baston ni provocation n'ayant pris corps entre les membres du public pourtant hétérogène, les t-shirts allant de Darkthrone à Slipknot… Des trois groupes proposés ce soir, ce sont évidemment les deux derniers qui étaient les plus attendus. Without Face, jeune formation hongroise, délivra un heavy classique dans sa forme, rehaussé un peu à la va-vite d'un chanteur alternant chant agressif et pseudo-gothique et d'une demoiselle se cantonnant hélas à d'improbables vocalises, bien loin des performances totales dont nous gratifient régulièrement nos amies Sharon, Anneke ou Liv-Kristine… Pour tout dire, je ne suis absolument pas versé dans le féminisme, mais je dois tout de même dire mon étonnement devant le fait que certaines filles acceptent de servir d'alibi lyrique à des formations comme Without Face. Ceci dit (et n'est-ce pas le principal ?), le groupe a reçu un accueil tout à fait honorable de la part du public. D'ailleurs, en termes de stricte performance scénique, avouons que malgré leur jeune âge, ces magyars n'ont pas démérité, évitant les pièges avec une belle dextérité et faisant preuve, au final, d'un professionnalisme qui sera peut-être leur bouée de sauvetage dans les années à venir. On aurait simplement souhaité une présence un peu plus marquée et un son plus saignant. 6/10. C'est toujours avec une certaine incompréhension que je vois Cathedral tourner en tant que "deuxième sur l'affiche". Déjà, il y a quelques années, avec My Dying Bride… Aujourd'hui, donc, avec Samael. Foin de pudeur, dans mon cœur, ils ne sont pas deuxièmes ce soir, mais co-tête d'affiche. Ils joueront d'ailleurs aussi longtemps que Samael : une heure. On commence en force avec, après une courte intro instrumentale, un " Ride " enflammé et sans faux pli. Lee Dorrian donne la note avec sa démarche de primate possédé et son chant acrimonieux. Il rappelle ainsi que le doom-metal n'est pas seulement la manifestation de la peine, mais également de la haine. Petit message bien pensé à l'adresse des nouveaux venus qui croiraient encore que le doom n'est que la forme européenne du stoner américain… Le groupe va particulièrement s'apesantir sur son excellent dernier album "VIIth Coming", avec des titres tels que "Black Robed Avengers", "Congregation of Sorcerers", "Resisting the Ghost" ou le phénoménal "Skullflower". Le passage central ultra-heavy de ce morceau est fort bien rendu par un Garry Jennings en grande forme. Délicieux. Et que dire de cet "Ebony Tears" utlra-puissant qui me fait amèrement regretter que le groupe ne joue qu'un titre du premier album ? Mais que voulez-vous, une heure, c'est court, et ils ont un nouvel album à soutenir. Les tubes sont par ailleurs bien présents avec "Midnight Mountain" et "Hopkins (witchfinder general)", qui font toujours autant taper du pied ou headbanger, suivant votre degré d'extraversion. On leur remerciera également d'avoir joué "Hypnos 164", extrait du mythique EP "Statik Majik". Cathedral s'est montré ce soir tel qu'il est, à savoir l'un des meilleurs groupes de heavy-metal depuis dix ans. Des concerts comme celui-ci, j'en redemande, mais en plus long. C'est bien peu dire que ce concert de Samael était attendu de pied ferme par les fans tant le groupe s'est montré muet depuis son LP "Eternal" qui remonte tout de même à 1999. Les raisons de cette absence sont connue et résident dans des difficultés contractuelles sur lesquelles il est inutile d'épiloguer... Il
est de fait que depuis leur virage "indus-dark", les concerts
de nos confédérés helvétiques favoris
sont autant de grand-messes martiales et tribales ayant en général
pour effet de créer chez le spectateur une sensation de transe
qui fait qu'une heure après la fin des hostilités, le
quidam tape encore du pied et dodeline de la tête dans une espèce
de mouvement perpétuel qui puise son énergie dans la
force résiduelle de la prestation. Sans aller jusqu'à
dire qu'il n'en fut rien ce soir, disons que l'on a connu le groupe
plus en verve. Mais justement, ce soir, le son de Samael n'est pas à la hauteur. Trop vainement fort, trop tourné vers ce que l'on sent être une tentative de dissimuler une certaine lassitude. Samael a voulu nous en foutre plein la gueule, mais s'y est mal pris. Comme l'ours qui, pour écraser le moucheron qui se pose sur son museau, se flanque un grand coup de pavé à travers la bobine. Le résultat est que la plupart des morceaux sonnaient tellement fort et saturé qu'en ce qui me concerne, je dus souvent attendre la première ligne de chant ou de clavier pour les distinguer les uns des autres. Un comble lorsque l'on connaît l'efficacité des titres des deux derniers albums qui composaient intégralement le show. Et ceci est d'ailleurs un autre reproche possible car le groupe écarte ainsi des morceaux aussi essentiels que "The Baphomet Throne" ou "Into The Pentagram". Dommage. On le regrette d'autant plus que sur le plan purement technique, Samael est particulièrement bien en place et enchaîne les titres sans aucun temps mort, avec cette belle régularité quasi-militaire qui sied si bien à sa musique. Je sors donc un brin déçu de ce retour, sans savoir à quoi l'attribuer véritablement, ce qui est frustrant. Le public, lui, ne semble pas s'être posé ce genre de question et apparaît majoritairement satisfait de la prestation du groupe qui, comme à son habitude, a tout de même su installer cette atmosphère glacée qui le caractérise. L'essentiel est donc sauf. On
attend cependant avec impatience le dénouement des tracas juridico-financiers
qui paralysent le groupe depuis trop longtemps afin que nos amis reviennent
dans de meilleures dispositions, eux qui nous ont si souvent émerveillés
par le qualité totale de leurs concerts. Alexis
"back at the funny Farm" Kieffer - Decibels Storm - février
2003. |
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