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PLEYMO - FISCHER
Omega Live - Toulon - 23 février 2002

Grande surprise de la scène neo-Metal française de la fin d'année 2001, PLEYMO passait par notre bonne vieille ville de Toulon, dans le cadre d'une tournée française marathon. Fort de sa signature avec Sony, de la une de RockSound ou des Inrockuptibles (une première pour un groupe Metal…) et d'une promotion à toute épreuve, ce concert s'annonçait chaud !! Le public allait-il suivre un groupe alors que certains les accusent déjà d'avoir vendu leur âme en signant chez Sony ou de proposer une musique trop imprégnée d'influences US. Ce concert aura le mérite de rétablir les vérités et de mettre tout le monde d'accord. Ou tout du moins, de tenter de le faire…

Première indication : le concert est complet depuis 5 jours et c'est un Omega Live bondé comme rarement je l'ai vu auparavant qui ouvre ses portes à un public bien différent de celui du death ou même du heavy. Avec une moyenne d'age qui doit tourner autour des 16-17 ans, une grosse proportion de demoiselles et des looks très éloignés du traditionnel jean-perf-cheveux longs, la scéne neo-Metal française s'est vraiment construite en 3-4 ans un public qui lui est vraiment propre. Bien sûr, dans la foule, on repérera aussi de nombreuses "célébrités locales"comme les Tripod, Eric d'Open Project, le team Innercore avec Eon et Placid, des membres d'Indust… Un joli petit parterre ! On a même des fans de Pleymo qui ont lancé la ligne de fringue du Dr Tank !!

21 heures, les lumières s'éteignent et Fis(ch)er investit la scène de l'Oméga Live. C'était pour moi la troisième prestation du groupe en l'espace d'un mois et sans nul doute la meilleure ! Jouer à domicile devant un public surchauffé et supporter ça aide ! Dès les premiers accords de "Censure", le public exulte et se lance dans un pogo-slam frénétique. Pour être chaud, c'est chaud !!

Le groupe va alors nous rebalancer leur set actuel mais avec un tel son en façade et une telle ambiance, que ce set de Fischer s'avéra impeccable. Myck bondit toujours autant (un cauchemar pour les photographes…), Thomas hurle et gratte comme un forcené, Fabrice martèle ses fûts avec puissance et précision et même Donat nous gratifia d'une prestation scénique remuante. La musique variée, teinté de multiples influences fait mouche et avec ce genre de prestation, Fis(ch)er est en train de passer du statut de groupe local à celui d'espoir national. Même Rocksound ne tarit pas d'éloges sur nos Gardéens… En avant-dernier morceau, l'habituelle reprise de NTM fut l'apogée d'un set d'une trentaine de minutes des plus brillants ! Félicitations guys, et à bientôt…

Venait donc le grand moment. Pleymo avait joué à coté, à l'Espace 3000 d'Hyères il y a presque 3 ans et depuis, le groupe s'était fait plus que rare dans le sud-est. Au vu des 800 spectateurs de se soir, le premier pari du groupe est gagné ! La popularité de Pleymo s'asseoit désormais sur une base de fans solide ce qui rendra peut-être enfin possible une véritable internationalisation d'un groupe Metal français… On peut toujours espérer.

Sur scène, c'est un sextet coloré (jogging Nowhere rouge, jaune, vert, bleu…) qui déboula. Le public réserva un accueil hyper chaleureux et démarra un concours de slam et de pogo dantesque. L'apogée fut le fameux moment "Braveheart" ou sous les "ordres" de Kemar, le public se divise en 2 groupes avant de se ruer l'un sur l'autre. C'est nouveau et plutôt spectaculaire dans le genre

Et coté zique allez-vous me dire ? Tout d'abord, signalons que le groupe a su faire une set-list équilibrée. Quasiment autant de morceaux du premier album que de "Medecine Cake". A coté de "Tank Club", "Muck" ou "Compact", les anciens titres comme "Nawak", "T.N" ou "Cosmic Gros Pluck" n'ont pas pris une ride et ont même gagné une ampleur supplémentaire depuis leur enregistrement. Scéniquement, le groupe est super-actif, bondissant, arpentant la scène de long en large… seul Kemar sera peut-être un peu en retrait sur ce point-là par rapport à ses compères. Musicalement, rien à re-dire ! Ces gars sont des pros et manient manche, sample et baguettes avec brio. On notera l'importance présence vocale et scénique de Kefran, qui s'avère être plus qu'un simple Dj-sampler. Soutenant très souvent Kemar, il apporte beaucoup plus au groupe que ce qu'on aurait pu croire. La basse de B1 est toujours aussi déconcertante de précision et de technique et bien des apprentis bassistes ont du sortir dégoûtés de l'Omega Live.

En tout cas, Pleymo à mis tout le monde d'accord avec un show d'une heure et demie de haute volée… En plus, ce concert prouve à tous ceux qui aurait pu encore en douter, qu'outre ses groupes (Indust, Eon, Fischer, Keishah, Tear's Eviction…), le Var possède aussi un public pour le neo ! Cela nous promet de nombreuses autres soirées surchauffées… tant mieux….


Backstage, aprés l'effort, le réconfort...

Frank Arnaud - Decibels Storm - février 2002.