home albums videos live reports interviews concerts liens contact
 

 

PARADISE LOST
Marseille, le Poste à Galène - 5 mars 2008.

Pour qui a connu le Paradise Lost triomphant du milieu des années 90, ce passage au Poste à Galène résonne tout de même d'une drôle de façon.

Pas que cette salle soit mauvaise, mais il s'agit ni plus ni moins que d'un joli club de 300 personnes disposant d'une scène minuscule octroyant royalement un mètre carré à chaque musicien et prohibant tout effet de lumière quelque peu élaboré.

Alors oui, c'était sold out : encore heureux ! "Little and cosy" comme le dit ironiquement Nick Holmes. Tellement cosy d'ailleurs que le son fut totalement inoffensif, avec notamment des guitares très en retrait et un chant quasi-inaudible. Ah oui, mais là, ce n'était peut être pas qu'une question de sonorisation. J'entre de plain-pied dans le sujet qui fâche : la performance de Nick Holmes ce soir. Alors que l'on pouvait a priori se féliciter que le groupe s'attaquât enfin de nouveau à des morceaux cultes tels que "As I die" ou, mieux enore, "Gothic", le naufrage vocal de Holmes sur ce concert ruina inexorablement toute velléité de faire revivre les heures les plus illustres des Anglais.
Par exemple, et je ne sais s'il en fut de même sur les autres dates, dont il paraît qu'elles furent bonnes, sur "As I die", Nick Holmes renonça à dire les quelques "As I die" qui figurent dans les paroles du titre... Or, quel est l'intérêt d'un "As I die" sans "As I die"? La question peut paraître (abs)con(se), mais je trouve qu'elle mérite d'être posée...
Et quel est l'intérêt d'un "Gothic" égrotté en chant clair, sans puissance ni profondeur ?

De toute façon, c'est bien simple, Nick Holmes n'a été capable de mettre un semblant de paquet qu'à deux reprises lors de cette soirée : sur "One second" et sur "Never for the damned". Le reste du temps, il fut transparent et impuissant. Aucune présence physique, rien de rien... La sensation de vide fut d'autant plus grande que, connement, on pouvait espérer d'un gars ayant laissé ses cheveux repousser à une longueur "doomesque" qu'il livrât une prestation sinon féroce, du moins conforme à ce que l'on attend usuellement d'un chanteur de metal. Ben non...

C'est d'autant plus dommage que la set list est habilement composée, osant donc désormais balayer toute la carrière du groupe (à l'exception de "Host") qui a ainsi fini par céder aux demandes de son public. Sera-ce suffisant pour que les gens reviennent la prochaine fois, si possible plus nombreux et donc dans une salle plus grande, pour un vrai show ? Pas sûr, surtout si l'on considère que le guest mentionné sur les tickets avait du rater le train ou se tromper de salle, et qu'en conséquence, on peut affirmer sans crainte d'être sérieusement contredit que les spectateurs payants n'en eurent pas pour tout leur argent..


Alexis Kieffer - Decibels Storm - mars 2008