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OPETH - MADDER MORTEM
- ELLIPSIS
La Locomotive - Paris - 9 Février 2003


Plus d'un an après leur dernière venue à Paris, les Suédois d'Opeth restent fidèles à leurs habitudes : laisser les premières parties s'essoufler en vain, et remporter la mise avec une prestation une fois de plus magistrale, dès la première date de leur tournée européenne.


Au rendez-vous avec Opeth, le public était là (une Locomotive pleine à craquer) mais pas l'organisation : alors que le concert était annoncé à 18h30, il faudra attendre 19h00 (sous la pluie) pour que les portes s'ouvrent, et 20h00 pour que le premier groupe monte sur scène ! Un planning à rallonge qui allait perdurer jusqu'à la fin de la soirée : près d'une heure d'attente ensuite pour que Madder Mortem veuille bien monter sur scène, et enfin 40 minutes supplémentaires entre la fin de leur set et celui d'Opeth, le tout avec un seul et unique CD en fond musical tout au long de la soirée.

Résultat des courses, de nombreux spectateurs ont été contraints de partir durant le show d'Opeth, pour cause de fin de service du Metro et du RER. Un comble pour un concert annoncé en début de soirée, et un marathon de six heures pour le public. Copie à revoir !

Prenant leur courage à deux mains, les membres d'Ellipsis montent sur scène dès 20h00, soit une demi-heure avant l'horaire affiché par le staff de la production ; les Français auront l'honneur d'accompagner les Scandinaves sur l'ensemble des dates hexagonales de la tournée. Disons-le tout de suite, Ellipsis a clairement un potentiel certain, mais il lui reste à trouver la bonne formule.

Doté d'un chanteur clone de Mike Patton, délivrant un Metal visiblement ouvert à de multiples influences musicales (et en cela proche de Faith No More, décidément…), le groupe fait preuve d'une très bonne maîtrise instrumentale, mais peine à convaincre.
Il faut dire que balancer en ouverture de concert la même ligne mélodique répétée pendant trois minutes ("Into Dream Generation") n'aide pas à conquérir une salle qui attend d'être chauffée. Ellispis n'a pas encore trouvé la formule qui fera mouche, mais il est évident que le groupe est à suivre de très près. Une mention spéciale enfin pour le son, un des meilleurs qu'il m'ait été donné d'entendre pour un groupe d'ouverture.

On aurait pu penser que, Ellipsis montant sur scène une demi-heure en avance, Madder Mortem aurait la bonne idée de faire de même afin de rattraper le retard. Et bien non, n'écoutant probablement que leur rigueur toute nordique, les Norvégiens font patienter la salle pendant plus de 50 minutes avant de monter sur scène à 21h20, ce qui ne sera pas sans conséquences sur l'accueil qui leur sera réservé. Le groupe déboule à fond sur scène, menée par une chanteuse particulièrement enthousiaste. Las, le public a certainement réalisé que la soirée allait être longue, et décide visiblement de garder ses forces pour la suite, n'offrant qu'un accueil très réservé tout au long du set. Le groupe ne facilite pas non plus les choses avec des compositions certes maîtrisées mais sans réelle saveur, et on peine à deviner où Madder Mortem cherche à emmener son monde. De nombreux spectateurs iront d'ailleurs chercher la réponse au bar.


en attendant leur tour, Madder Mortem se relaxe...

Et donc (comme d'hab' serait-on même tenté de dire), Opeth se retrouve une fois encore avec le champ libre pour lobotomiser tout le monde. La salle se lâche dès l'entrée en scène des 4 gaillards, et le public saura jusqu'à la fin se montrer à la hauteur du show : étonnamment silencieux et respectueux pendant les moments d'accalmie, déchaîné et passionné lorsque le groupe passe à la vitesse supérieure.

Le set s'ouvre sur "The Leper Affinity", et pendant une heure et 45 minutes, Opeth, et particulièrement Mikael Akerfeldt, démontrent une nouvelle fois que l'œuvre du groupe, particulièrement riche sur disque, trouve une expression naturelle sur scène. Le concert s'enchaîne sur "Advent" puis "Deliverance", et les morceaux trouvent rapidement leur propre rythme, alternant respirations à la voix claire et passages dark puissants.

Akerfeldt semble avoir encore progressé musicalement depuis la dernière tournée, et laisse deviner, au travers de ses interventions guitaristiques, des influences de plus en plus diverses et un jeu de plus en plus fin. Le bougre semble par ailleurs s'amuser de sa propre attitude flegmatique, et finit par se montrer lui-même enthousiaste face au public qui lui fait un triomphe, avant d'affirmer sur un ton badin que le public parisien était si fantastique lors de la précédente tournée qu'ils ont décidé d'en faire la première date cette année.

Achevant cette prestation sans faille avec "Demons of the Fall", Opeth conquiert une fois de plus Paris, et se dirige à grand pas vers le statut de groupe culte.


Setlist :

The Leper Affinity
Advent
Deliverance
This Drappery Falls
Godhead's Lament
Bleak
Credence
A Fair Judgement

Demons Of The Fall (rappel)

Patrick Etuy - Decibels Storm - février 2003.
Photos par Frank Arnaud