MARILYN MANSON
- PMT
Toulon,
Zénith Omega - 31 mai 2007
"J'ai fait sept fois le tour du Zenith avant le concert !
"Pourquoi, tu trouvais pas de place pour te garer ?
"Non, c'est juste qu'on priait..."
Trève de plaisanterie, la première observation à faire en abordant ce concert événement (à l'échelle toulonnaise s'entend...) était le nombre pas si important de spectateurs. La "presse" locale du lendemain évoquait le nombre de 5500, je dirais plutôt un bon gros 4000.
Arrivé à l'heure, j'eus la possibilité d'assister à la prestation des Française de PMT qui doivent être vachement pistonnés vu qu'ils avaient déjà ouvert pour Korn il y a un an et demi dans cette même salle.
Depuis cette époque, et en considérant les quelques souvenirs que m'avait laissés leur apparition d'alors, je considère qu'aucun progrès majeur ne s'est fait sentir, leur prestation de ce soir étant même en deçà de la précédente en raison du vol de matériel dont ils ont été victimes et qui les a forcés à jouer sur du matos de location.
Si leur musique émo-dark, mal servie par un son épouvantable, est parvenue à nous faire passer le temps, cependant, quel manque d'inspiration flagrant, quel amas de clichés "djeun's mal dans leur peau qui hurlent leur malaise à la face du monde". Saluons tout de même leur présence, car sans eux, aucune première partie, ce qui est quand même un vrai scandale avec une place à 42 euros !
C'est sur le coup des 22h20 que Marilyn Manson apparut, dans un décor très minimaliste fait de simili lustres à bougies et d'un pauvre écran vidéo même pas digne du rétroprojecteur du "Bar des Amis" un soir de Marseille-PSG...
Il entame sa prestation avec un "Disposable Teens" sans relief. On détecte immédiatement que le son continuera d'être odieux, fort et brouillon. Merde...
Son set d'une heure vingt procèdera sans surprise d'une alternance entre présentation de morceaux du nouveau disque (pas encore sorti le jour du concert) et d'anciens titres ayant déjà fait leur preuve, outre deux de ses fameuses reprises ("Tainted Love" et "Sweet dreams").
Le maître mot de ce concert fut la froideur. Non seulement la star n'a esquissé aucun début de communication avec le public, ce qui en soit n'est pas le plus gênant (cf. Slayer), mais surtout, les morceaux furent joués d'une façon totalement calibrée ne laissant aucune place à la notion de plaisir, ce qui est plus dommageable. Ni folie, ni violence, ni connivence. Ajoutez une performance vocale tout à fait moyenne, une attitude mollassonne et sans convictions et vous obtenez un show d'une infinie mornitude, triste comme un jour sans pain. Dans ce Waterloo, on eut cependant la confirmation que les titres qui passent le mieux sont ceux de "Mechanical Animal", ce qui n'est pas étonnant puisqu'il s'agit, avec "Antichrist Superstar", du disque le plus abouti de MM. Mention spéciale également à l'actuelle copine de Manson qui a passé la soirée à se trémousser derrière la table de mixage, derrière laquelle j'étais moi-même situé.
Sinon, ce concert sentait franchement l'impréparation, le bricolage, la date rajoutée à la dernière minute.
Et tout ça pour 42 euros... Sans vouloir jouer ni les vieux cons ni les rabat-joie (ce qui est souvent la même chose), je dois avouer une certaine incrédulité en repensant qu'il y a quinze ans, on pouvait voir Metallica pendant 2h30 à Bercy pour 150 balles !
Pas besoin d'en dire plus : je n'ai pas aimé ce que j'ai vu ce soir, ni dans le fond, ni dans la forme.
Alexis Kieffer - Decibels Storm - juin 2007