KORN
- PNT - Dagoba
Toulon, Zénith Omega - 17 août 2005
C'est
dans sa configuration entre 3000/4000 places que le Zénith
de Toulon reçoit ce soir les Californiens de Korn et leur suite.
Inutile de s'attarder plus que de raison sur la description du public
: baggies, Vans et acné sont au rendez-vous.
Dagoba
a déjà commencé son set lorsque
je me pointe, pourtant hyper ponctuel, à 20h30. Sur disque,
c'est du costaud, mais sur scène, ça devient carrément
bourrin. Peu aidé par un son très ronflant, Dagoba ne
parviendra jamais à donner à sa prestation une quelconque
atmosphère, tout occupés qu'ils sont à faire
un maximum de bruit pour bien marquer les esprits. Et ça fonctionne
puisque l'accueil du public est excellent. Ben tant mieux. Nul ne
doute que leur prochain album fonctionnera parfaitement.
Vient
ensuite PNT, groupe
francophone (français ?) dont je n'avais nullement connaissance,
ni sur l'affiche, ni tout court. Jamais entendu parler. Si l'on se
fie aux dires de leur chanteur, ils accompagnent Korn sur l'ensemble
de leur tournée européenne. Soit...
Ceci dit, on veut bien le croire, car pour Korn, cette présence
présente un intérêt matériel évident
: au cas où ils viendraient à se blesser ou choper la
tourista, PNT pourrait les remplacer, comme ça, au pied levé
! D'ailleurs, pour l'anecdote, les très jeunes filles qui étaient
placées devant moi ont manifestement cru qu'il s'agissait des
Américains lorsqu'ils sont arrivés sur la scène
(!?!?!?!? MDR). Tout ça pour dire que PNT sont certainement
les clones les plus aboutis de Korn. Si l'on excepte le fait que leur
chanteur a, lui, une voix, qu'il utilise parfois de façon quasi
death, c'est vraiment bonnet blanc et blanc bonnet. Sauf que Korn
existe depuis plus de 10 ans... Le public leur a d'ailleurs réservé
l'accueil qu'ils méritent, puisque le nom de Korn a été
systématiquement scandé entre chaque morceau. Oups...
Et
donc, en raison de l'abondance de premières parties, c'est
sur le coup de 22h30 que Korn
finit par nous honorer de sa présence. Ca va encore nous faire
coucher tard !
Tiens,
ils n'ont qu'un seul guitariste... Ah non, le remplaçant de Brian
Welch (démissionnaire) est bien là, mais ils l'ont caché,
au fond de la scène, derrière la batterie. Bon, ben, au
moins, il ne sera pas emmerdé par les projos. Derrière
lui, encore, il y a toujours les veinards (?) embastillés derrières
des barreaux de prison en toc... Ca aussi, je l'ai toujours trouvé
d'un goût douteux. Ca commence bien.
Faut être honnête : Korn m'avait blasté avec leur
premier disque, déçu avec leur second. Et depuis, nos
routes se sont diamétralement séparées : je ne
sais absolument plus ce qu'ils font, et j'avoue me fier paresseusement
aux divers commentaires du public sur tel ou tel média interactif
pour considérer que c'est à peu près équipollent
à de la bouse de vache. Ce ne sont évidemment pas les
meilleures conditions intellectuelles pour juger de leur prestation.
Mais les ayant déjà vu une paire de fois, je pense tout
de même pouvoir me faire une honnête opinion.
La première constatation est que le son est acceptable et que
les instrumentistes se sortent de leur affaire avec tous les honneurs.
Rien à redire là dessus : c'est plutôt du solide.
Seconde constatation : Jonathan Davis est certainement avec Madonna
le performer vocal le plus électroniquement aidé. Echos,
effets, doublage : tous les procédés y passent pour palier
la faiblesse endémique de sa voix. A ce niveau, et vu le style
pratiqué, c'est très étonnant. Le son le plus intelligible
émis ce soir par ce type provint indiscutablement de sa cornemuse
à l'entâme de "Shoot and ladders". Sinon, on
est proche d'Etienne Daho qui s'essayerait au néo-metal. Il y
a donc un vrai fossé qui existe entre d'un côté
un chanteur, faible, inaudible, assisté au dernier degré
et un groupe qui assure bien comme il faut. C'est la raison pour laquelle,
malgré ses arnaques et sa complaisance, je ne flanquerai pas
totalement ce concert aux orties. Et puis, le premier album a tout de
même été honoré avec trois titres ("Fagget",
"Shoot and ladders" et "Blind"). Le jeune public
était littéralement aux anges, reprenant frénétiquement
tous les refrains avec une belle unanimité (moins deux voix cependant
: la mienne et celle du chanteur !!!). Au final, ce fut simplement un
concert de plus, pas le pire, pas le meilleur, de la prestation de série,
calibrée (1 heure et quart), sans surprise (excepté le
guitariste "clandestin"). Féérie ? Pour une
autre fois !
Alexis
Kieffer - Decibels Storm - août 2005