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Live report et compte-rendu du concert de Gorod à Bègles.

Live Reports
affiche du concert de Gorodimage élargie - Gorod 2009
Gorod - Begles 2009
GOROD
Asmodee - Tormenta
Bègles (33), BT59 - 29 janvier 2009.

C'est sous le signe de la technicité, de l'émotion et de l'efficacité que s'est déroulée cette soirée mémorable au BT59 à Bègles.

Evidemment, mon retour dans la région bordelaise est également synonyme de découvertes, tant en matière de groupes girondins qu'en matière de nouvelles salles bordelaises. Chaque chose se faisant en son temps...
Alors que j'avais découvert à l'Heretic Club, Withdrawn le 10 novembre dernier, groupe qui également a suscité en moi un enthousiasme instantané; je me suis déplacé à ce concert d'une part pour Gorod et Asmodée qui sont quand même des combos indispensables à la scène bordelaise mais indubitablement à la scène metal dans son ensemble; et d'autre part pour voir comment était cette salle/bar, le BT59.

Ma curiosité a été récompensée. Tout d'abord, j'ai eu l'agréable surprise de découvrir cette salle, qui bien que n'étant pas dans le centre de Bordeaux, est extrêmement facile d'accès. Ensuite c'est l'intérieur, la disposition est vraiment excellente et confortable pour le public. Pourquoi ? Eh bien parce qu'au niveau de la scène, il n'y a rien a dire, la hauteur de celle-ci permet, si la salle est comble, de bien voir le groupe. Elle est placée suffisamment haut pour que même du fond on puisse voir le groupe en plein set. Ensuite, le fait d'avoir le bar dans la salle même permet de se désaltérer sans avoir à rater un morceau si l'attente est longue, tout le monde sachant que le metalleux est un grand amateur de bière. Et dernière chose, le fait aussi que la porte sur le côté donne directement sur le dehors pour faire en sorte que les fumeurs ne fassent pas 300 kilomètres pour aller fumer leur mégot , est un avantage certain.
N'étant pas technicien en la matière, j'ai trouvé que l'acoustique était pas mal, tout était compréhensible.
Je saluerai également la société, Arcanes SLC, qui s'est occupé d'organiser ce concert pour notre plaisir, et qui, si je ne dis pas de bêtise (si j'en dis une ce ne sera pas la première fois) s'est occupé du son et des lumières des sets. Je peux vous dire que c'était bien appréciable et honnêtement , c'est très sympa lorsque des groupes qui n'ont pas un notoriété mondiale puissent bénéficier d'un jeu de lumière conséquent. Et l'occasion de discuter avec ces personnes d'une grande gentillesse, a été le début d'une soirée véritablement sympathique.

Tormenta

C'est ainsi que Tormenta a débuté le concert vers 20h35, devant une salle plutôt froide et pas très remplie en début de soirée.
Tormenta c'est un trio composé de membres expérimentés, c'est indéniable, et très exactement d'un batteur et de deux guitaristes. Leur musique est difficile à situer, on peut mélanger cela à des groupes de death et thrash technique comme Atheist ou Pestilence ou Mekong Delta mais avec un feeling plus retenu. Dès le début, le groupe est en place, en tous les cas pour ma part c'était bien carré , technique et complexe. Oui, complexe, car leur musique n'est pas très facile d'approche, les morceaux s'enfilent les uns derrière les autres et effectivement on ne peut que respecter le travail de composition et la difficulté d'exécution. Mais je ne sais pas si cela est suffisant pour convaincre un public maigre en début de soirée, qui ne comprend peut-être pas toutes les subtilités de la musique de Tormenta en une seule écoute et qui plus est en live. Si l'on fait abstraction des morceaux démonstratifs de technique parfois même un peu genre Atheist comme je le disais plus haut, et même si le fait d'avoir deux guitaristes pallie le manque de bassiste, cela manquait cruellement d'un chanteur. Je suppose que sur cd, c'est plus facile d'écoute car on apprécie mieux la découverte, mais en concert, personne pour annoncer les morceaux, personne pour rendre plus humaine cette musique. Ce qui fait que malgré les mouvements de tête de Jeff (oui je crois que c'est lui, le seul des deux qui a des cheveux longs !), pour donner un peu de dynamisme à la prestation, la rage, le défouloir, ne sont pas vraiment venus dans le public. Par contre dès le départ on a pu remarquer un homme, le même dont nous parlerons tout au long de ce report qui a su se démener, hurler, headbanguer et surtout consommer des bières différentes, pour vivre la musique des trois groupes à fond. Maintenant il est possible que ce soit le mélange des deux qui lui ait donné cet enthousiasme prononcé...
Le show de Tormenta a duré une grosse demi-heure, les passages plus planants où la batterie menait un peu plus la musique sur un tempo plus léger était très intéressants. Même si Tormenta, n'a pas enflammé la foule, et que cela manquait un peu de paroles, (et de toutes les façons c'est toujours difficile lorsqu'on ouvre n'importe quel concert, puisque l'auditoire est plutôt froid), c'est un set très pro qui nous a été offert. Je pense que vous pouvez aller découvrir leur ep sur leur myspace pour vous faire une idée.

Asmodée

Le temps de la pause et de la mise en place d'Asmodée, que faire d'autre si ce n'est de profiter du bar, et d'aller fumer une cigarette dehors pour discuter avec les gens (non je déconne, je suis misanthrope après tout). C'est à ce moment que j'ai vu de vieilles têtes que je connaissais de l'époque.
Enfin pas eu le temps d'aller trop discuter puisque Asmodée a début son set vers 21h20. Le temps de finir mon jus de pamplemousse, et hop me revoilà devant la scène afin de voir comment ce groupe rend en live.
C'est vrai que c'est un groupe de black metal dont je connais l'existence depuis très longtemps mais sur lequel je ne suis pas penché tout ce temps. Il n'y a que quelques semaines à la découverte de leur nouvel et troisième album « Chlorosis », que j'ai pris une grosse baffe dans la figure. L'écoute des nouveaux morceaux qui sont d'une puissance époustouflante et la beauté de la pochette de cet album m'ont véritablement conquis. Encore une fois donc, c'est avec impatience que je voulais écouter Asmodée.
La première chose que je mettrai en évidence pour ce groupe c'est qu'il n'est point besoin d'artifice, de corpse paint ou autres accessoires fastidieux ou superflus pour délivrer un black metal malsain, puissant et efficace. C'est avec simplicité et humilité qu'Asmodée nous offre son black metal en pleine face, amené par le chant de Thomas, guitariste et vocaliste.
Et là, woaw !!!
Déjà les nouveaux morceaux prennent quand même une autre dimension, et quelques têtes commencent à se laisser embarquer dans le tournoiement de la musique et à montrer des signes de headbanging conséquents. Encore une fois, j'ai noté la grande participation de celui qui changeait de bière très rapidement, que j'appelerai le chauffeur de salle, tellement il mettait du coeur à l'ouvrage en se retournant vers les autres pour les inciter à pogoter un peu et à headbanguer brutalement soit en jetant son gobelet vide par terre ou en posant sa cannette vide au pied du chanteur...
Ici aussi, j'assiste à un show, qui impose le respect également mais vraiment dans une ambiance glaciale grâce à la musique d'Asmodée. La technicité de ce groupe, dans son style j'entends bien, en fera pâlir plus d'un. Le black metal d'Asmodée et brutal et rapide , mais tout aussi technique. J'ai halluciné pendant tout le set de voir un bassiste jouer aussi facilement et rapidement. C'est un malade ce type, ce n'est pas un bassiste, mais un guitariste déguisé en bassiste, sa manière de jouer est tellement fluide et preste, à vous dégoûter de vous dire que la basse c'est plus facile... En plus sa manière de se tenir à moitié accroupi comme Robert Trujillo, et tout simplement excellente.
Alors que Thomas, très peu causant sur scène il faut le reconnaître, balance ses vocaux black comme le venin d'un serpent, j'ai également apprécié la prestation de leur batteur, lui aussi , rapide comme un lapin un train de forniquer (d'ailleurs on devrait dire aux lapins de faire des blasts, ce serait pas mal).
Les morceaux sont appréciables, et mêmes ceux que j'aimais moins m'ont absorbé dans l'ambiance « evil » d'Asmodée. Les morceaux de « Chlorosis » sont grands et la sortie de cet album ne peut rester anodine.
Le public s'est rapproché petit à petit de la scène pour que le contact soit plus propice entre Asmodée et ce dernier. Même si par moment les backing exécutés par le bassiste n'ont pas été très audibles, il n'y a pas eu de failles ou autres inconvénients flagrants. Le set s'est déroulé sans accroc et a été apprécié de l'auditoire, j'en veux pour preuve que la salle a commencé à mieux se remplir. D'ailleurs, il me semble que le concert a fait environ 150 entrées pour cette soirée. Ce qui pour un concert d'envergure sans prétention, a quand même attiré un peu de monde. D'ailleurs en y allant, j'ai même vu une golf en 64, que j'avais vu la veille pour Kreator !!!
Enfin bref, Asmodée, se paye le luxe de durer quasiment une heure, puisque le set a duré jusqu'à 22h25, et les metalleux ont bien apprécié, moi y compris. C'est pour cela que le bassiste avait bien mérité sa bière qu'on lui a porté entre deux morceaux.

Gorod

Beaucoup sont venus pour Gorod, qui sont en préparation de leur troisième album, comme l'a annoncé Guillaume au cours du set et qui devrait sortir au mois de juin de cette année.
Mais avant tout, avant que Gorod ne commence, car il ont un peu tardé à débuter, j'ai eu le temps d'aller boire une deuxième jus de pamplemousse et de fumer une cigarette. Et là qui je découvre, Xavier, chanteur et bassiste de Jenx que je n'avais pas vu depuis des lustres. Au cours de la discussion, j'apprends que le groupe est actuellement en préparation de son deuxième album également, et en regardant autour de moi, j'aperçois pas mal de monde de la vieille scène bordelaise. Cela me fait penser que malgré les années tout le monde est toujours là, et tous ceux qui aiment cette musique ne l'ont jamais lâché.
Enfin bref, Gorod commence un peu avant 23h00, et là c'est la grosse fessée. Gorod balance son death metal technique et brutal dans nos oreilles de païens. C'est énorme. Ça pogote pas mal dans le public, dès le début, et Guillaume au chant se démène comme un gros psychopathe, son humour et sa rage déversée sur ce dernier mettent une très bonne ambiance pendant le show. Gorod, c'est aussi un bulldozer, les guitares de Mathieu et Arnaud nous comblent de plaisir, mais ce n'est pas sans oublier Barby et son visage d'ange. Gorod emmène le public où il veut. A mi-concert on fait un break pour une longue séquence émotion, où Guillaume annonce que c'était le dernier concert de Sandrine à la batterie après dix ans de bons et loyaux services dans Gorod. Cette dernière se fait offrir un bouquet de fleurs, et souffle les dix bougies. La salle est heureuse, tout le monde se fait plaisir et c'est très convivial. Le reste du concert se fera après l'annonce et l'arrivée du nouveau batteur, dont je n'ai pas retenu le nom, mais je sais qu'il vient de Toulouse. Celui-ci dépotera comme un malade également et je pense que si on pouvait lui passer des baguettes au niveaux de ces anneaux d'oreilles, je suis sûr qu'il jouerait avec, tellement il joue comme une pieuvre dopée aux amphets !!! Le prochain album risque d'être encore un perle.
Gorod termine son set, et le public quémande un petit rappel, Guillaume saute partout jusqu'à la fin, c'est à dire jusqu'à minuit où le concert se termine. Le chauffeur de salle était là jusqu'au bout , à aller headbanguer avec une fille du public, comme pour lui montrer que Gorod c'était du death bien poilu...

J'ai passé une très bonne soirée, qui m'a permis de revoir quelques têtes, où les trois groupes ont montré une dextérité à manier les instruments dans des styles différents.
D'ailleur ce concert a été filmé par Arcanes SLC, et cet enregistrement fera sans doute l'objet d'un dvd ou d'un bonus dvd qui sait.
En tous les cas cette affiche était pas mal foutue, ambiance plutôt timide au départ pour un défouloir crescendo typique des petites salles. Bonne prestation pour les trois groupes, même si mes goûts se portent sur Asmodée et Gorod.
Une soirée réussie, et vu le prix de l'entrée je pense que les personnes qui s'y sont déplacées n'ont pas perdu cet argent...

Arzhu - Decibels Storm - janvier 2009
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