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Live report et compte-rendu du concert de Finntroll à Bordeaux.

Live Reports
Albums photos :
Finntroll
Samael - Rotting Christ - Metsatöll - Nothnegal
Bordeaux (33), Rock School Barbey - 16 décembre 2010.

Mes amis, n'était-il pas si merveilleux de voir une date annulée sur Toulouse, au grand dam de nos amis de la ville rose, pour pouvoir bénéficier en Gironde, et notamment à Bordeaux, de cette fameuse date ?
Evidemment que oui, même si à l'arrivée, il y avait aussi quelques toulousains qui ont répondu présents et même des personnes venues de plus loin, Saintes -17- pour exemple de ce que j'en ai entendu.
En tous les cas, une soirée étiquetée Garmonbozia sous le thème de la fête et de l'esprit plutôt guerrier s'est inscrite dans les annales de la Rock School Barbey ce soir. D'autant plus que pour cinq groupes dont trois énormissimes piliers que sont Rotting Christ, Samael et désormais Finntroll qui tenait la tête d'affiche en ce 16 décembre, le prix demandé était relativement modeste en comparaison avec ce qui était proposé. Alors pourquoi est-ce Finntroll qui tenait la tête d'affiche, alors que Rotting Christ existe depuis plus de vingt ans et Samael également, va -t-on savoir, mais qu'importe, l'important c'était de tous les voir.

Arrivé relativement tôt avant l'ouverture des portes, vu que le concert était prévu pour 20H30, on a pu constater le peu de monde présent devant les marches de la Rock School Barbey, laissant supposer une fréquentation moins importante que ce qu'il y avait eu quelques semaines plus tôt pour Dagoba et Gorod. Mais finalement, plus l'heure s'est avancée dans la soirée, plus l'affluence s'est faite conséquente pour au final remplir allègrement la salle dès le deuxième groupe.

NOTHNEGAL

Et donc en commençant un peu avant l'heure, en fait à 20H10, Nothnegal ouvre le bal. Il s'agit d'un jeune groupe formé en 2006, originaire des Iles Maldives, sur un petit atoll au sud de l'Inde et du Sri Lanka, qui au mois aout 2010 a récemment signé avec Season Of Mist pour faire suite à un ep sorti l'année d'avant.
Le style de Nothnegal est plutôt dirigé vers quelque chose de death mélodique, un peu black/death mélodique dont la plus grande chose à en retenir est l'utilisation de claviers, pas surabondants mais malgré tout utilisés avec une certaine largesse. Maintenant tout est question de point de vue, là où certains y trouveront une main plutôt lourde, d'autres savoureront cette ambiance amenée par ces claviers. Mis à part cela, même si Nothnegal avec sa jeunesse et sa fougue a la tâche difficile de chauffer le début de soirée, devant une foule pas encore au complet dans la salle, le groupe arrive malgré tout à s'imposer stylistiquement pour offrir à l'auditoire un set vraiment carré et en place. Avo le chanteur n'a pas encore le charisme d'un frontman rôdé par des années de sévices, mais on sent que la fibre est là, ainsi que ses comparses. Si quelques têtes commencent à hocher comme celle du chien qu'on place sur la plage arrière de la voiture, petit à petit la salle se réchauffe aux rythmes des chansons de Nothnegal. Entre blasting death mélodique et passages plus atmosphériques, Nothnegal propose quelque chose de parfaitement exécuté sur des mélodies parfois très heavy metal, en restant relativement sobre dans la manière de se comporter sur scène, sans grandes manières extravagantes. Le chanteur balance sa sauce avec une voix d'une graillon en demi-teinte. Alors en ce qui concerne l'inspiration des morceaux, si autant le set est pro dans son exécution et que les morceaux ont la pêche en live, il n'en reste pas moins que leur inspiration n'est pas touchée par la grâce divine et Nothnegal s'en sort donc convenablement sans avoir déchainé les foules non plus...Et si le public encourage les efforts du groupe, ce qui est tout à fait normal d'ailleurs et honorable de la part de l'auditoire, Nothnegal, en ayant fait son travail de chauffe, laisse encore peser pas mal de questions quant au futur album à venir, l'année qui arrive. Mais de toutes les façons, c'est certainement pour les trois derniers groupes que le public est venu ce soir.
Il est également important de constater que sur cette tournée, les groupes d'ouverture ont été emmenés dans la spirale des concerts par les têtes d'affiche ne laissant ainsi aucune place aux groupes éventuellement locau....

METSATÖLL

Rapidement à la fin du set de Nothnegal, c'est Metsatöll qui vient prendre la place, ne laissant pas beaucoup de temps aux fumeurs et aux soiffards d'étancher leur désir de boire ou de pallier leur carence en nicotine.
C'est ainsi que, quasi-immédiatement après, Metsatöll met sa machine folk en action.
En effet ce groupe Estonien dont la première démo remonte à 1999, avec maintenant quatre albums en réserve, dont le dernier est sorti cette année, avec un live en plus dans la musette arrive avec ces membres munis de pantalons tissés aux poils de mammouth sortis tout droit du Pléistocène inférieur. Les trois front-man du groupe que sont Markus « Rabapagan », Raivo » Kuriraivo » et Lauri « Varulven », l'homme à tout faire, prennent possession de la scène. Et possession est un doux euphémisme, parce que si les deux ou trois premiers morceaux ont eu tendance à anesthésier le public qui ne bougeait que sur certaines percussions du batteur caché derrière ses fûts, le reste du show a fait brûler l'assemblée et a littéralement mis le feu dans Barbey. Sur une bonne suite de morceaux, plus folk les uns que les autres, délivrant une ambiance réellement folk qui semblait amplement faire l'unanimité dans le public, on a pu assister à un défilement impressionnant d'instruments plus incongrus pour le communs des mortels, les uns que les autres. En effet Lauri nous a offert une démonstration de tout ce qu'il a pu trouver sous la main: la guitare évidemment, mais longtemps après le reste, le chant traditionnel Yoik, la cornemuse dont il nous a imprégné l'esprit de soli infernaux en les jouant même les bras derrière la nuque, la flûte qu'il ne jouait qu'à une main, la cithare estonienne, et autres Turpill et ängipill dont je ne connais pas la traduction en langue française qui sont autant d'instruments traditionnels à cordes au son si folklorique...
Plus le show avançait, plus Metsatöll avait conquis le public par sa mixture folk metal qui en hantait petit à petit tout une plèbe en transe avide de musique traditionnelle bienvenue en ces périodes froides, faisant apparaître les premiers petits pogos sauvages.
C'est à ce moment là qu'on s'est rendu compte que le metal vivra éternellement réunissant jeunes et anciens dont pour certains l'âge approchait la cinquantaine bien tassée, et qui pour autant étaient au plus près de la scène, dansant parmi cette ronde effrénée. Le petit moins de Metsatöll qui sera plus ou moins le hic de la soirée, sauf pour Samael et Finntroll, c'est que les graves étaient bien prononcées, amoindrissant la guitare d'un Markus pourtant déchainé et heureux de l'accueil du public bordelais.

ROTTING CHRIST

Après une cinquantaine de minutes de Metsatöll, voici venu le tour des grands dieux Grecs: Rotting Christ.
Pour la première fois depuis le début de la soirée, le premier logo est apparu en fond de scène, offrant en hommage aux personnes venues à ce concert, un logo en blanc, celui d'un groupe humble et persévérant dont le dernier album « AEALO » sorti cet année est une des plus grosses tuerie de 2010.
Rotting Christ arrivent chacun au fur et à mesure avec une introduction qui met l'eau à la bouche. Sakis Tolis est plus qu'en forme constamment en train de taper du poing, que ce soit sur son front, sur ses épaules, sur sa poitrine pour inviter la foule à donner encore plus de coeur aux chansons qu'ils nous offriront ce soir, en agitant également sa guitare comme un forcené, dont les boutons sont tous simplement des têtes de mort.
Le set commence merveilleusement, sur une tonalité de guerrier, avec un des morceaux phares de l'album qui n'est autre que le titre « AEALO ». A partir de là les esprits qui étaient déjà chaud, sont devenus bouillants, brûlants de fièvre, provoquant des hallucinations et des délires chez les plus faibles qui s'affrontaient comme des possédés devant la scène.
Rotting Christ est en particulier Sakis, est heureux d'être là, le public les adore. Nous avons eu droit à la magique et éternelle « King of a stellar war » de l'album « Triarchy of the lost lovers », morceau toujours aussi percutant dont le résultat escompté ne se fait pas fait attendre dans le public.
Là aussi, la basse et la batterie sont extrêmement puissantes, ce qui mange un peu sur les guitares que l'on entend vraiment bien lorsqu'on est près de la scène que quand elles sont en pleine harmonies. Mais mis à part cette broutille, la prestation de Rotting Christ est sincère et son frontman sait aborder le public pour qu'il mange dans la main. C'est voué corps et âmes à Rotting Christ que ce show d'environ une heure se termine pour laisser la place au maître Samael.

SAMAEL

Un Samael, qui pour la soirée, était le seul groupe francophone, et qui nous a offert plus d'intimité avec le public car pour les non anglophones il était plus facile de capter l'attention. Alors les Suisses ont commencé à glacer la salle de leur musique martiale et stellaire. Le Grand Samael était bien là.
Vorph a mis sa tenue de scène bordeaux, celle que l'on avait pu voir sur le clip « Slavocracy », Mas et Makro se sont placés devant les ventilateurs à la manière de piliers du heavy hard fm pour laisser le vent flirter avec leurs cheveux. Mas en l'occurrence est ravi d'être là aussi, dansant pendant tout le set, avec un sourire qui faisait chaud au coeur. Comme le dit Vorph lui même la soirée sera sous le thème de la variété dans le sens où Samael nous jouera un petit panel de leur carrière.
Ce qui en ressortira en premier de ce show, c'est un show d'une pureté et d'une puissance inégalée au cours de la soirée, avec un professionnalisme parfait, si ce n'est le petit « tombé » de micro, qui n'est pas passé inaperçu. Mais nul n'en tiendra rigueur vu la teneur et la qualité scénique de ce groupe. Samael est grand, Samael est puissant et personne ne pourra aller à l'encontre de cet état de fait que le metal aux sonorités electroniques intelligentes, et à la façade symphonico-darko-martiale, ils en sont les géniteurs. Géniteurs de ce style et de cette vague froide et sinistre.
Alors malheureusement, Samael s'écoute avec respect et admiration, mais vraisemblablement si c'est un groupe que tout le monde apprécie, on a eu l'impression que leurs chansons aussi puissantes soient-elles ne se prêtent pas à la débandade dans le public, au défouloir intense qui a pu se voir avec Rotting Christ ou Metsatöll et qui le sera avec Finntroll. Parce que tout au long du concert de Samael, les têtes ont bougé, le public a participé à la communion avec Samael, mais on n'a pas vu de grande danse déchainée, de pogos intempestifs, de pits sulfureux. Non le public était sage, comme s'il buvait les paroles et la musique de Samael avec toute la plus grande attention du monde. Les titres phares pourtant se suivaient les uns après les autres, « Rain », ou encore « Jupiterian vibe » de l 'album « Passage », la sublime « Slavocracy » ou « Black Hole ». Mais lorsque Vorph annonce son nouveau single « Antigod », avec un titre, qui ne dépareille pas de ce que Samael a déjà écrit, la foule ne semblait pas vraiment connaître l'existence de celui-ci qui pourtant reste du très bon Samael. D'ailleurs, le groupe nous gratifiera d'un deuxième nouveau morceau qui devrait être présent sur le prochain album.
Malgré cela, Bordeaux a apprécie le show de Samael et lui a montré son support entre les morceaux en acclamant ce groupe comme il se doit, vu l'héritage musical qu'il nous offre et qu'il continue de nous offrir.

FINNTROLL

Vers 23H40, voici enfin venue l'heure de la grosse tuerie festive. Finntroll prend possession de la scène, avec eux aussi tout comme Rotting Christ et Samael, un fond visuel montrant le logo des affreux gnomes finlandais et installé informatiquement.
Fintroll a revêtu ses peintures en hommage à la nature, dans le public on aperçoit quelques vestes en peau de yack qui font surface et la fête peut vraiment commencer.
Dans un registre différent de Metsatöll et encore plus de Eluveite, Finntroll allie musique brutal et extrême un peu black et death, avec la plus pure tradition folk et humppa. C'est à un groupe en plein effervescence dont nous avons à faire face. Vreth, chanteur du groupe depuis 2006, nous balance ses légendes et ses contes de trolls à la figure, comme une nuée de mouches envahissant les Terres d'Egypte.
C'est parti, c'est la folie parmi les trolls de l'assemblée en face du groupe, les têtes bougent en rythmes et uniformément pour ne faire qu'un avec la musique du groupe. Derrière les premiers rangs, les batailles de trolls se forment au fur et à mesure que les chansons défilent, jusqu'à la divine « Trollhammaren », morceau culte s'il en est et certainement une des plus connues de Finntroll. Chanson qui a vu pour la première fois un fan monter sur la scène tenter de dire quelque chose à la fin de la chanson pour que finalement Vreth lui dise gentiment « Fuck off », fan qui se fait disparaître par un coup de stage diving.
On aura vu des slammeurs d'ailleurs qui se sont fait légion au cours du set de Finntroll ce qui malgré la bonne humeur dérangeait peut-être un peu Vreth qui mit un pied « au cul » à l'un d'entre eux pour l'aider à slammer un peu plus loin !!!
En tous les cas, Finntroll s'est amusé autant que le public hystérique, hypnotisé par une musique si entrainante et mettant la bonne humeur que la prestation de Finntroll fut la plus performante et terrible de toute la soirée. Finalement on comprend pourquoi ce sont les finlandais la tête d'affiche. Après un fin de concert en flammes, c'est environ deux minutes que nous avons attendu le retour des trolls, acclamés par le public avide de chansons supplémentaires. Obligés mais surtout plus que contents d'avoir eu un rappel, Finntroll nous a balancé deux morceaux de plus pur être sûr d'achever les derniers survivants.
Avec ce genre de groupe, les chansons ont l'air de toutes se ressembler, mais elles sont tellement entrainantes et communicatives que tout le monde se prend au jeu et danse énergiquement à s'en faire péter le nombril.

Ainsi se termine une affiche éclectique mais magique, où tout le monde a pu en prendre plein les oreilles, quelque chose d'intense. Samael et Finntroll auront eu le meilleur son, tandis que Rotting Christ fut un peu en dessous de ce point de vue là, mais largement au dessus en ce qui concerne l'approche avec le public. Metstatöll a conquis le coeur de nouveaux fans, tandis que Nothnegal a bien préparé le terrain dans l'optique de son futur album.
Fin du concert à une heure du mat, on en est encore à remercier les cieux que le concert ce soit fait à Bordeaux ce soir...

Arzhu - Decibels Storm - Décembre 2010
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