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live report du festival Hellfest 2008 à Clisson.

HELLFEST 2008

le live-report complet !

Troisième jour du festival : dimanche 22 juin
Eths
main stage - 13h20 - 14h00
Bon, j'avoue, choisir de chroniquer un concert d'Eths, c'est vraiment de la pignoufferie extrême, se vautrer dans la facilité la plus opulente et la narquoiserie la plus grasse. Le choix de se défouler à bon compte. Est-il vraiment besoin d'en dire plus, de préciser mon propos ? Bien entendu, je n'ai jamais écouté une traitre note de ce groupe sur disque, mais j'ai à peu près saisi qu'ils voguent sur la vague scarificatrice et pro-ana qui traverse une partie de notre belle jeunesse. Le pire est que leur son sur scène était tout à fait honnête, mais ça ne fait pas tout, évidemment. Cette musique stéréotypée et sans surprise ne présente aucun intérêt, d'autant plus qu'un grave problème plombe encore un peu plus la prestation : on comprend les paroles en Français de la chanteuse. Et alors, pardon, mais quelle poilade ! Vous me direz, ce n'est pas pire que les élucubrations satano-guerrières de Watain ? Ouais, ben je m'en fous. Eths a autant à faire sur un fest extrême que Marc Lévy dans la Pléïade. [a.k.]
Forbidden
second stage - 14h10 - 14h50
Encore une reformation d’un groupe de Thrash … même si celle-ci est de moindre envergure. Les américains avaient splitté dans les années 90 dans l’indifférence générale ; leurs derniers albums, certes plus modernes, mid-tempos et moins typés bay-area, étant pourtant assez réussis.
Le chanteur, qui déjà à l’époque n’était pas spécialement mince, a encore pris du poids. Par contre, il n’a rien perdu de son coffre ; son chant, certes particulier, ne faiblit pas, et les gratteux s’en donnent à cœur joie. La set-list est essentiellement basée sur les 2 premiers méfaits du groupe. Des morceaux alambiqués, sans refrains accrocheurs, difficile d'adhérer quand on ne connait pas un minimum. Mais pourtant... ça le fait bien ! Ben oui, le savoir faire américain en matière de thrash n'est plus à prouver ! Par contre, il aurait été bien de jouer un ou 2 titres des albums « récents »... cela aurait enrichi le concert.
Une sympathique prestation en tout cas. [c.n.]
Dillinger Escape Plan
second stage - 15h50 - 16h30
Putain quel concert ! Ces mecs ont sacrément mouillé la chemise ! De Dillinger Escape Plan, je ne connais qu'un album, un maxi et leur réputation “live”. Et bien leur réputation live n'est pas galvaudée !! Ca tue, ça bouge dans tous les sens, et ça joue sacrément bien. D'habitude dans un groupe “classique”, le chanteur fait son show et les autres musicos jouent derrière. Ici, tous les musiciens font leur show, bougent, et vont même jusqu'à se bousculer les uns et les autres. Le chanteur maîtrise la scène et a un oeil sur tout ce qui se passe. Par exemple, à un moment, il s'approche du devant de la scène, crache dans la fosse, se rend compte que je suis là en train de le shooter, me regarde dans les yeux et lève la main pour s'excuser. Tout cela a pris moins de 2 secondes ! (Et d'ailleurs j'ai évité le crachat !).
Le public est conquis, fans et novices se sont régalés. [c.n.]
Primordial
discover - 17h00 - 17h40
Ma seconde priorité du fest. Aurais-je autant de chance qu'avec Shining? Oui, et pas qu'un peu. La prestation de Primordial fut ravageuse. Ces types ont une capacité inouïe à faire passer des émotions. Depuis quand n'avais-je pas ressenti une chair de poule comparable à celle qui m'a saisi sur "Empire falls", "Gallows hymn" et surtout, ouh la la, surtout, sur "Coffin ships"? La force émotionnelle de ces morceaux, déjà énorme sur disque, est décuplée sur scène. Son Altesse Nemtheanga est tout simplement le meilleur frontman qu'il m'ait été donné de voir en 15 ans. Ce mec a tout : il chante juste, fort, clair, harangue le public sans démagogie, sait se faire à la fois pote et guide, galvanise et émeut. Ce type est ce que, dans une équipe de foot, on appelle un aboyeur, un de ceux qui mettent les troupes en transe. Derrière, le groupe est impeccable, le son est parfait, pas trop fort, dense, clair, comme à la maison. Voilà typiquement le genre de concert dans lequel on entre immédiatement et que l'on quitte avec le coeur gros. Le seul regret concerne l'absence de "The burning season" dans la set list. Mais avec ce type de prestation, Primordial confirme qu'il figure, les doigts dans le nez, dans le top ten des groupes de metal actuels, tous genres confondus. La classe absolue. [a.k.]
Obituary
second stage - 17h35 - 18h15
Avec un album bien rentre-dedans sous le bras, cette pointure du Death ricain est en Europe pour faire la tournée des festivals.
J’espérais voir le concert d’un char d’assaut, j’ai plutôt vu un gros tracteur. Non pas que ce fut mal joué, au contraire, la batterie cogne sec, tout le monde est en place, et John Tardy grogne comme un possédé. J’ai surtout vu un groupe effectuer un concert de plus, sans magie… la routine quoi.
Un poil déçu par la prestation des Américains… même si toujours bien content d’entendre un « Slowly we rot » final. [c.n.]
My Dying Bride
second stage - 19h25 - 20h10
Le plein air et la lumière du jour ne sont généralement pas les bonnes conditions pour apprécier au mieux un concert de My Dying Bride. Pourtant, les anglais ont été convaincants. On notera d’entrée la présence d’une jolie petite violoniste/claviériste. Ne faisant pas dans la facilité, My Dying Bride a axé sa prestation sur des compos sombres et misérables. Seul le magnifique hit « The Cry of Mankind » viendra mettre un peu de lumière. Pour le reste, c’est la nuit avant l’heure, à coups de tempos écrasants, mélodies sinistres et un Aaron, parfait dans son rôle de chanteur dépressif.
Un concert lourd et puissant, certes un peu chiant pour les profanes, mais envoûtant pour les initiés. [c.n.]
At The Gates
second stage - 21h30 - 22h15
L’autre grosse reformation death-metal de ce festival ! Comme de nombreux fans de death mélodique, je me suis pris une grosse claque en 1995 à la sortie du « Slaughter of the souls » de At The Gates, un album que je ne me lasse pas d’écouter. Quelle déception lors de leur split en 96 ! J’ai souvenir d’ailleurs que nous avions appris la nouvelle à l’époque où nous avions fait jouer Cannibal Corpse pour la seconde fois sur la tournée de l’album « Vile ». J’ai en mémoire cet échange avec Georges Fischer et Alex Webster qui ironisèrent en faisant remarquer que ces « mecs ont ramé pendant des années, et maintenant qu’ils sont arrivés au sommet… ils splittent ! Oh Fuck ! ».
Dès les premières secondes, la couleur est annoncée : ça va faire mal, très mal ! Le son est puissant et suffisamment clair. Le groupe est en forme et ça joue carré et bien. Il faut dire qu’excepté le second guitariste, les membres d’At The Gates n’ont jamais cessé de faire de la musique metal, ils ont continué à faire des albums et des tournées. Les frères Bjorler ont fondé « The Haunted », Adrian a joué avec Cradle Of Filth, et Tompa a chanté sur une pléthore d’albums de death, grind, crust. Ils sont donc bien plus rodés qu’un Jeff Walker ou un Bill Steer…
La set list de ce soir est axée en majorité sur le dernier enregistrement du groupe (la plupart des hits sont joués : Suicide nation, World Of lies, Slaughter of the soul, Cold, Under A serpent sun, etc), agrémenté de quelques vieilleries bien senties (Kingdome come, Raped by the light of christ, The Burning Darkness)
Tompa est au moins aussi puissant que sa prestation de la veille avec Disfear, avec peut-être encore plus de maîtrise et de plaisir. Le groupe donne vraiment tout ce qu'il a.
At The Gates quitte la scène sous les applaudissements très chaleureux du public. Putain, ils n’ont pas joué « Blinded By Fear » ! Mais At The Gates va nous faire un rappel. Et on entend une courte intro bien connue... « Blinded By Fear » est alors joué avec fureur et on entend même le public reprendre les couplets. Quelle notoriété.
Au contraire d'un Carcass qui était déjà culte avant de se séparer, At The Gates s'est séparé et est devenu culte ensuite. L'onde de choc « Slaughter of the soul » n'a cessé de rameuter de nouveaux fans, année après année.
Excellent concert, reformation réussie, et séquence « émotions » en ce qui me concerne. L'un des grands moments de ce festival.
Suède : 1 – Angleterre : 0 [c.n.]
Morbid Angel
second stage - 23h50 - 00h50
Finalement, je n'aurai toujours connu Morbid Angel sur scène qu'avec David Vincent au micro. Mais si ce soir ce dernier fut, comme toujours, excellent, et exceptionnellement aimable, le con, c'est au reste du groupe que revient incontestablement le mérite du triomphe d'empereur romain que fut ce concert. Réglons tout de suite une question : le son. Oui, il était trop fort. Non, sans boules quies, ce n'était pas jouable. Mais alors, ainsi appareillé, quel régal. Je n'ai jamais, je dis bien, jamais, entendu une prestation aussi parfaite sur le plan technique. Les solos sont joués de manière millimétrée, totalement identique à ce qu'ils sont en studio. Organisation tout simplement militaire : ce solo, c'est cette note et puis celle-là et encore celle-là, et on n'y touche pas, vu que je me suis cassé le tronc pour le mettre sur pied. Trey Azagtoth est un chef autoritaire, mais la réussite est totale. La présence de Destructhor, en qualité de second, ça aide, c'est certain, surtout lorsque le tambour est martelé par Pete "face de hyène" Sandoval (qui assistera ensuite au concert de Slayer sur la plateforme située en face des deux scène principales). La set list tape essentiellement dans "Covenant" et "Altars" (avec "Chapel", "Lord of..." et "Maze of torment", bave lipeuse...), et c'est donc du très épais qui nous est servi. Mention spéciale au nouveau titre "Nevermore", qui augure du meilleur pour le nouvel album. Ajoutez un light show surpuissant et vous obtenez une machine de guerre digne du Slayer des années 90, mais avec cette ambiance d'arène romaine propre à l'oeuvre de ce groupe qui n'a jamais autant mérité son titre de roi du death-metal. Ce week-end, Morbid Angel a mis sous l'éteignoir tout ce qui avait la prétention de tirer dans la même catégorie ou au dessus de lui dans ce festival. Pauvre Obituary, pauvre Slayer, pauvre "Carcass" (mais y' s'en foutent). [a.k.]
Slayer
main stage - 01h00 - 02h00
Slayer donne un concert certes tout en puissance et en efficacité.
Comme je les ai déjà vu un paquet de fois (et que j’ai ENFIN pu shooter le groupe et surtout le père Kerry), je vais faire un tour vers la discover pour m’écouter 10/15 minutes des japonais d’Envy. Je dois dire que je n’ai pas été déçu. Leur emo / harcore / machin-truc est bougrement efficace ; ce mélange de lourdeur, d’agressivité mais aussi de sombres mélodies fait mouche auprès d’un public au moins aussi déchaîné que le groupe !
C’est bien sympa mais malgré tout… y’a « Angel Of Death » qui m’attend, alors retour vers la Main stage. [p.e.]
Envy
discover - 01h00 - 02h00
Slayer donne un concert certes tout en puissance et en efficacité.
Comme je les ai déjà vu un paquet de fois (et que j’ai ENFIN pu shooter le groupe et surtout le père Kerry), je vais faire un tour vers la discover pour m’écouter 10/15 minutes des japonais d’Envy. Je dois dire que je n’ai pas été déçu. Leur emo / harcore / machin-truc est bougrement efficace ; ce mélange de lourdeur, d’agressivité mais aussi de sombres mélodies fait mouche auprès d’un public au moins aussi déchaîné que le groupe !
C’est bien sympa mais malgré tout… y’a « Angel Of Death » qui m’attend, alors retour vers la Main stage. [c.n.]
Hellfest 2008
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