Premier jour du festival : vendredi 20 juin
Eluveitie
main stage - 13h20 - 14h00
Bien content de voir enfin sur scène, Eluveitie, le groupe pagan/folk suisse « phénomène », tant leur premier album « spirit » m’avait conquis. « Slania », leur second effort est sorti il y a quelques mois et même si ce dernier a moins convaincu la critique, il n’en reste pas moins que c’est un album efficace et accrocheur (hélas moins varié et un peu trop ‘mélodeath’).
Le groupe sur scène est très visuel. Il faut dire que 8 musiciens et musiciennes en costumes plus ou moins médiévaux, ça a tout de même de la gueule ! Eluveitie ne lésine pas sur l’énergie dispensée, son leader s’époumonant sur les morceaux les plus rapides et les jumeaux démissionnaires gesticulant d’un bout à l’autre de la scène. C’est puissant et entraînant mais le groupe est encore perfectible. L’interprétation est correcte, mais pas toujours très carrée, et il y a quelques pains. Le jeu scénique manque un peu d’unité… c’est parfois le bordel.
Mais les compositions sont là ! Le public est réceptif, participe beaucoup, chante et danse parfois. L’ambiance est bon enfant, et tout le monde, le public comme le groupe, semble passer un excellent moment.
Bon concert pour commencer ce Hellfest.
[c.n.]
Death Angel
second stage - 14h10 - 14h50
Premier grand moment du festival avec le retour des thrashers de Death Angel. Le groupe monte sur scène sous un torrent d'applaudissements en ce début de journée. Les musiciens hilares saluent le public et entament un set qui va durer 40 minutes. Le réussi dernier album, plus mélodique et plus rock, est mis à l'honneur et ses morceaux semblent taillés pour la scène (« Lord Of hate » en ouverture fait très mal !). Mais les anciens titres ne sont pas oubliés, avec notamment un « Evil Priest » qui a mis tout le monde d'accord. Mark Osegueda est infaillible dans son rôle de frontman et sa voix ne faiblit jamais. Et le reste du groupe est à l'unisson. Après 40 minutes de show, Death angel quitte déjà la scène. Dommage, on en aurait bien pris encore un peu.
Une bonne leçon de thrash, puissant et racé, et premier grand moment de ce festival. Diable que ça commence bien !
[c.n.]
Ava Inferi
discover - 14h10 - 14h40
Et pendant ce temps, sous la tente de la Discover Stage, Ava Inferi tente de séduire un public attentif, avec sa musique « calme » et tout en retenue. On est très loin des déflagrations sonores qui suivront sous ce chapiteau. Blasphemer joue ici sous son vrai nom (Rune Eriksen)… avant de rejoindre Mayhem plus tard sur la second stage. Carmen, la chanteuse est accompagnée de 2 choristes. Les 3 jeunes femmes, vêtues de tunique blanche, apportent un peu de douceur et de mystère à ce début de festival.
[c.n.]
Danko Jones
main stage - 15h00 - 15h40
Danko Jones investit la main stage en milieu d'après-midi : c'est enfin l'occasion pour mpi de découvrir ce groupe, méconnu en France mais tèrs respecté en Grande Bretagne. Il faut dire qu'on parle ici de heavy rock et non pas de Metal ou de hardcore, et leur formule power-trio sans fioriture les rapprochent de Motörhead. Le groupe déborde d'énergie et convainc rapidement toutes les personnes présentes. Les voir dans une configuration club doit être quelque chose !
[p.e.]
Alchemist
discover - 15h00 - 15h40
J'abandonne Danko Jones pour courir découvrir Alchemist : leur réputation n'est pas usurpée : le groupe est un petit cataclysme à lui tout seul ! Même si leur style n'est pas ma tasse de thé, le gros son du groupe ajouté à l'énergie qu'il déploie laisse pantois. Le chapiteau de la discover stage semble idéal pour leur musique ultra lourde. Une très bonne surprise.
[p.e.]
Paradise Lost
main stage - 16h40 - 17h25
J'étais bien décidé à me refaire une opinion sur le crû 2008-live de Paradise Lost, tant j'avais été déçu par leur prestation marseillaise cet hiver. Ou plutôt par celle de N. Holmes. He ben : peau de zob ! Nick Holmes est définitivement l'homme malade de ce groupe qui, pourtant, avec un tel répertoire devrait mettre le feu à n'importe quelle scène. Au lieu de ça, Monsieur plombe systématiquement toute tentative de dynamisme ou, simplement, de cohésion. Et plombe aussi l'ambiance avec ses airs blasés. J'affirme que ce chanteur n'en a plus que le nom. Il chante faux, sans aucune puissance, sans conviction, sans rien. En outre, et là c'est tout le groupe qui est à blâmer, je ne vois pas l'intérêt de jouer "Gothic" et "As I die" et de faire une impasse totale sur les titres de Draconian Times (si si, ils l'ont fait !) alors que Holmes serait manifestement moins à la rue sur ces derniers. Parce que, pardon, mais sur "Gothic" et "As I die", il continue à se lourder de première, incapable d'insuffler la moindre once d'agressivité. Bref, un concert à peu près aussi réjouissant qu'une Thema d'Arte sur le cancer du pancréas. Continuez comme ça les mecs, et déjà qu'après vingt ans de carrière ce n'est pas bien glorieux de jouer en milieu d'après-midi, la prochaine fois vous ouvrirez pour Ultra Vomit.
[a.k.]
Mayhem
second stage - 17h35 - 18h15
Evidemment, on n'y peut rien : le jour du solstice d'été, dans l'Ouest de la France, il ne fera jamais nuit avant neuf heures et demie, c'est comme ça. Mais c'est quand même une sacrée poisse alors, pour tous les groupes estampillés "dark", de jouer en plein air avant cette heure. Si on peut penser que même à minuit Paradise Lost n'aurait pas été meilleur, en revanche, pour Mayhem, il est certain qu'un horaire plus tardif aurait été hautement bénéfique. Ce sera d'ailleurs une constante du week-end, qui affectera notamment Candlemass, Satyricon et My Dying Bride ('faut bien trouver de quoi râler...).
Alors, donc, Mayhem en plein jour, c'est moyen. Le son n'est pas extraordinaire et Attila est tout de même un sacré cabot. Partant de là, et ajoutant que le groupe s'est surtout concentré sur ses titres les plus récents, limitant honteusement les extraits de "De Mysteriis..." à "Freezing Moon", on peut conclure que le compte n'y était pas vraiment. N'ayant cependant jamais vu le groupe sur scène, je fus satisfait d'avoir assisté à ce moment uniquement pour son côté "historique". C'est tout.
[a.k.]
Rotting Christ
discover - 19h00 - 19h40
C'est un plaisir chaque fois renouvelé que de retrouver Rotting Christ sur scène. Ou sur album d'ailleurs ! Les grecs continuent leur petit bonhomme de chemin, même s'ils n'ont jamais percé autant qu'ils l'auraient espéré et mérité.
En tout cas, Rotting Christ est toujours aussi bon en live, avec un Sakis, impressionnant de maîtrise. Pas mal de morceaux de « Theogonia » le dernier album sont joués, et pour le reste, que du classique (« Non Serviam »), et notamment ce « King of A Stellar War » toujours efficace et accrocheur.
40 minutes ça fait finalement un peu court !
[c.n.]
Testament
second stage - 21h30 - 22h15
Death Angel, Forbidden et Testament ! Autant dire que les amateurs de thrash old-school américain, dont je fais partie, furent ravis.
Après moults péripéties et changements de line-up, la bande à Chuck Billy est de retour plus en forme que jamais, avec un nouvel album sous les bras, un « The Formation of Damnation » un poil décevant par rapport à nos attentes mais de fort belle facture tout de même.
Si on ne compte pas le batteur, le line-up pour cette tournée est, celui des 5 premiers albums à savoir Eric Peterson, Chuck Billy, Alex Skolnick et Greg Christian. Et à la place de Louis Clemente, nous avons droit à Paul Bostaph (qui a sûrement estimé que jouer avec Testament lui rapporterait plus de billets verts que la tournée avec Forbidden, on peut le comprendre).
Testament a donc les crocs et fait preuve d'un grand professionnalisme : c'est une machine de guerre parfaitement huilée avec à sa tête une masse humaine, un survivant qui fut à deux doigts de rejoindre la longue liste des musiciens morts trop jeunes.
Le titre phare du dernier album “More than meets the eye” est repris en choeur par le public, mais c'est surtout la longue liste de tueries thrash des précédents albums qui fait mouche (« Over The Wall », « Into The Pit »).
Chuck Billy semble sincèrement ravi de l'accueil du public français qui fait un triomphe à cette pointure du thrash US. Grand moment.
[c.n.]
In Flames
main stage - 22h25 - 23h40
Alors certes, les suédois sont moins mélo-death qu’avant, certes ils sont plus modernes avec quelques touches néo ou metalcore, certes ils touchent un public plus jeune, mais qu’est-ce que ça envoie ! In Flames est le genre de groupe qu’il est « cool » de casser et de détester en ce moment. Néanmoins, leurs détracteurs se doivent de reconnaître que, quand les suédois sont en forme, leur musique reste sacrément carrée et efficace. Et c’est le cas ce soir.
De plus, un gros effort visuel a été fait : light show intense, écrans géants.
Mine de rien, les suédois ont écrit tout un paquet de hits et de morceaux accrocheurs qui font mouche auprès d’un public varié (« Only For The Weak », « The Quiet Place », « Take This Life »). D’ailleurs l’intensité et l’ambiance ne décroît pas, tout au long d’un set qui durera 1h15.
Quand démarre « My Sweet Shadow », on sait que la fin du concert approche, et que l’on va avoir droit à quelques flammes sur le dernier refrain... comme sur le DVD.
Certes les flammes apparaissent, puis sont rejointes par des jets de confettis et enfin par un feu d'artifice ! Et pas un truc de ringards ! Un vrai feu d'artifices de 30 seconds, juste au-dessus de la scène et donc, du public. Effets garantis.
On peut penser ce que l'on veut des suédois, mais ce soir, le public en aura eu pour son argent... vraiment. La claque.
[c.n.]
Marduk
discover - 23h00 - 23h40
Le point le plus marquant de la prestation de Marduk fut l'apparition de Nemtheanga (de Primordial) aux côtés de Mortuus sur "Accuser/opposer", réitérant ainsi l'intervention qu'il réalise sur la version studio du titre. Clairement un des grands moments du festival, surtout que ce mid-tempo est calibré pour la scène. En dehors de ce petit moment d'extase, le fait est que l'enrôlement de Mortuus constitue véritablement le "transfert du siècle", car sa présence confère à Marduk une réelle connotation dark et inquiétante que son bourrin de prédécesseur ne pouvait même pas effleurer. Cependant, je maintiens que sur scène, il manque une guitare à ce groupe. Vous me direz qu'avec une seule guitare, c'est déjà assez chaotique et bruyant. Certes, mais autant faire les choses en grand alors. Prestation cependant plus qu'honnête de Marduk, qui, dans le rôle du groupe déjà vu cent fois, remplace avantageusement Cannibal Corpse.
[a.k.]
Carcass
second stage - 23h50 - 00h50
Revoir Carcass, 14 ans après un concert mémorable de Marseille, avait fini de me convaincre du bien-fondé du déplacement. Et là, je ne vais pas me gratter pour reprendre une petite facilité typographique déjà usitée par un de mes confrères : ce soir, c'était Carca$$ ! Il est évident que les mecs se tamponnent le coquillard du public avec la dernière énergie et qu'ils ne sont vraiment là que pour le pognon. Tout en disant ça, et pour vous situer le degré de vénération que je leur voue, je tiens à préciser que pour moi, il y a Led Zep', et juste après, Carcass, et certains autres. Donc, quand je dis que leur présence sur les fests estivaux de 2008 tient uniquement de la maraude alimentaire et fiscale, je n'ai pas l'impression de trahir quiconque. Par exemple, quelle différence avec At The Gates, qui nous en a mis plein la gueule, et en plein jour en plus ! Et je n'évoque même pas (pas encore) Morbid Angel. Au lieu de ça, Carcass, ou plus exactement, ceux qui se réclament de ce nom hémi-divin, ont été approximatifs, fades et besogneux, malgré une set-list tout à fait équilibrée. Le son, avec ou sans protection auditive, est incroyablement embrouillé, les solos sont méconnaissables, hésitants, constellés de pains... Jeff Walker s'en branle de tout et ne le cache pas. Le moment le plus consternant fut évidemment la montée de Ken Owen sur scène. Puis, Ken se casse, et the show goes on ! Alors, c'est vrai qu'il y a 14 ans, c'était déjà des branleurs et que leur son c'était aussi "éclaboussures à tous les étages". Mais au moins, le groupe tenait sa scène, combattait, cognait, suait. Je ne vais pas dire que j'ai été déçu par Carcass, car ce soir, ce n'était pas Carcass. Ce ne sera plus jamais Carcass.
[a.k.]
Venom
main stage - 01h00 - 02h00
Je ne savais pas quoi espérer de la venue de Venom au Hellfest. Surtout en tête d’affiche.
Certes, Venom est un groupe dit « culte ». Certes, Venom a sorti des albums cultes, et a influencé des centaines de groupes. Certes encore, sans Venom, le metal extrême ne serait sans doute pas le même. Mais Venom, c’est aussi le kitsch, le ridicule, la médiocrité musicale et une carrière erratique, faite plus de bas que de hauts.
Alors ? Ben Venom, c’est tout caca… Son brouillon. Interprétation approximative. Aucune atmosphère. Après la déferlante In Flames, ça fait carrément pitié… Au lieu d'embaucher son frère à la batterie, Cronos aurait du recruter un bon batteur... Surtout que des tas d'excellents musiciens des scènes death et black auraient été prêts à jouer gratos !
En clair, ce fut une grosse déception. Nous sommes partis nous coucher sans demander notre reste.
Quitte à avoir du kitsch et du culte, c’est Manowar qu’il fallait faire jouer. Au moins, on se serait régalé !
[c.n.]