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Live report et compte-rendu du concert de Destinity à Bordeaux.

Live Reports
affiche du concert de Destinityimage élargie - Destinity 2008
Destinity - Heretic Club - Bordeaux 2008
DESTINITY
Minushuman - Withdrawn
Bordeaux (33), Heretic Club - 10 novembre 2008.

Après une absence prolongée de la région bordelaise, mon constat est que la scène Metal a bien changé. Fini les groupes underground de l'époque comme Disabled ou autre Asgard et Psalm. Les salles qui faisaient les grandes réunions metalliques ont disparu ou n'officient plus dans ce style depuis longtemps, comme le Doremi qui avait accueilli Obituary, Gorefest ou encore Forbidden, le Krakatoa qui nous avait offert le Brutal tour en 1995 avec No Return, Massacra, Crusher (aaahhh Crusher !) et Loudblast, le Jimmy et ses innombrables petits concerts avec Supuration, M Pheral, Forbidden Site… et enfin la Médoquine et le show de Faith No More pour la sortie de « King for a day... ».

Je constate malgré tout, en ayant gardé un oeil même éloigné sur cette scène qui m'est chère, qu'on commence à retrouver un regain d'énergie métallique qui permet de rivaliser avec les autres régions de l'Hexagone.
Donc, première pour moi à l'Heretic club, salle qui, à ce que j'en ai entendu, semble attirer de plus en plus de monde pour des concerts sympas parmi lesquels Bonded By Blood (Thrash US), Breakdust (thrash girondin), Sublime Cadaveric Decomposition (grind parisien), Benighted (qu'on ne présente plus), Impureza (flamenco death), j'en passe et des meilleurs si j'ai bien appris ma leçon.

C'était également la première affiche pour l'asso Loudexperience, dont le pari semble avoir tout de même été gagné puisque, vraisemblablement, quelques deux cents personnes environ se sont déplacées pour venir voir jouer ces trois groupes. Choix intéressant réunissant trois formations à sonorités puissantes et également brutales mais relativement différentes dans leurs styles.

Donc, le concert était prévu pour 21h00 ; en arrivant devant la salle, j'ai tout d'abord pris un gros coup de vieux à voir tous ces metalleux de plusieurs années mes cadets, je me suis même mis à penser que je commençais à me « pantouflariser » et que, les concerts, je n'allais plus les regarder qu'en DVD dans mon salon...
Enfin bref, les portes se sont ouvertes un peu plus tard, vers 21h15 ou 20.
Pour payer l'entrée, on accède à un long vestibule qui donne sur la salle du haut qui n'est autre que le bar.
L'ambiance intimiste de cette petite salle me rappelle celle du Jimmy quelques années en arrière. Le merchandising des groupes est là. On est descendu ensuite au sous-sol où se trouve la salle de concert proprement dite. Effectivement, c'est une salle à peine plus grande que ne l'était celle du Jimmy ; la scène est au fond.

Le premier groupe, Withdrawn, a commencé vers 21h40, me semble-t-il.
Premières impressions qui m'ont « sautées » aux narines, c'est qu'il y en a que cela ne gêne pas de continuer à fumer et d'empester les non fumeurs, enfin passons...

Ce groupe girondin qu'est Withdrawn se donne à fond pour balancer son death metal brutal qui comprend quelques incursions dans des contrées blackisées. Je ne connaissais ce groupe, tout comme Minushuman d'ailleurs, qu'à travers Myspace et aussi par leur démo « Tear V.2.0 » que j'avais entraperçue sur une distro. La générosité de Christophe, le chanteur/bassiste, fait plaisir à voir. Le guitariste fait beaucoup penser à Kerry King quand il avait encore des cheveux !
Withdrawn chauffe la salle qui est tellement pleine du fait de sa faible superficie que les premiers sont quasiment collés aux membres du groupe, et ces derniers sont difficilement visibles lorsqu'on se trouve au fond de la salle proche de la porte.
Autre désagréable constatation, et pas la moindre, ajoutée au fait que j'avais oublié mes bouchons pour les oreilles, c'est que l'acoustique de la salle est très mauvaise ; on discerne très mal les mélodies et le son est assez brouillon. C'est hyper dommage, mais ce n'est pas dû au groupe, d'autant plus que Withdrawn ne fait pas dans la dentelle ; ça martèle sec sur les fûts et les cordes des guitares sont tripotées comme les ficelles de strings sur une plage brésilienne.
Le public est immédiatement conquis et rallié à la cause de Withdrawn qui jouera six titres au total.
Ne connaissant pas leurs titres, je n'en citerai qu'un que j'ai particulièrement apprécié d'ailleurs, c'est le dernier qui s'intitule « Gemini Distance ». Les rythmiques de celui-ci sont extrêmement efficaces, on a une petite alchimie entre un Bolt Thrower plus accéleré et un Behemoth un peu époque « Decade of Therion » et un « Doctrin for monkeys » de Gothic sur « Prelude to killing », mais chacun y verra ses propres conclusions.
Le set se termine à 22h05, pour laisser la place à Minushuman. Certains remontent au bar pour la pause. Je me rapproche plus près de la scène qui est vraiment minuscule, celle-ci ne laisse que très peu de place aux musiciens. Il y a juste un petit passage pour descendre d'un seul côté et accéder ainsi aux « backstages », s'il en est.

Minushuman s'installe tranquillement; le public bordelais est heureux et bien bouillant, vu que l'aération n'est malheureusement pas des plus flagrantes à mon grand dam.
Là encore, la musique de ce groupe de Bergerac prend immédiatement. C'est un thrash glacial dans ses ambiances avec des morceaux longs grâce à des rythmiques pesantes et litaniques qui font leur effet. Cela laisse le temps aux spectateurs de prendre goût à chaque chanson et de bien l'imprégner dans son cerveau. C'est efficace et ça marche. La salle est comblée ; le pogo qui s'est installé à plusieurs reprises sur le devant de la scène quasiment sous le nez des membres du groupe (qui reculent parfois pour ne pas se faire bousculer par un « danseur ») amène de temps à autre un ou deux aventuriers qui tentent de faire un stage diving alors que la scène est presque à raz de sol et que le plafond est bas, très bas même. La voix de Cedric, le chanteur, qui n'a pas oublié de remercier la présence d'amis venus de Bergerac, transporte les auditeurs avec son timbre à peine guttural, oscillant entre un chant hurlé et un chant un peu death. Là encore, le son n'est pas très bon, mais il est meilleur ; c'est dû au fait que les morceaux sont plus lents parfois et plus mélodiques d'autre fois.
A priori, huit morceaux joués et la prestation a été à la hauteur de la musique de Minushuman. Moi qui suis plutôt un « ours misanthrope » extériorisant difficilement mes émotions en public, je me suis vu remuer un peu la tête sur certains passages, les plus mélodiques d'ailleurs, qui donnent un côté très mélancolique à la musique de Minushuman. « Watch the world die », si je ne me trompe pas, est un hymne qui s'approche énormément d'un death mélodique à fortes émotions et proche d'un Mors Principium Est.
Le set se termine, quant à lui, un peu après 23h15, donc environ une heure de show pour Minushuman.

Il est l'heure pour Destinity de venir montrer aux Bordelais la marque de leur « marteau-pilon musical ». Encore une fois, j'ai découvert ce groupe en concert pour la première fois. Je n'ai d'eux que leur dernier album, l'excellent « The Inside » (dont vous pouvez lire la chronique sur le site). Je savais, pour m'être également intéressé de plus près à ces Lyonnais, qu'il s'agissait de leur sixième méfait depuis « Wept from the sky » et que leur évolution musicale est passée par le black symphonique, le death et enfin le thrash death à grosse consonances mélodiques.
23h30, commence une introduction instrumentale du style de la B.O de Conan le Barbare ; s'ensuit l'arrivée des membres qui n'étaient pas encore montés sur scène et attendaient très professionnellement à l'arrière.
La salle est vraiment à fond ; c'est directement le grand pogo de malade dès le début du premier morceau, une invasion de barbares. D'ailleurs Mick, le chanteur, heureux de cet engouement bestial, le constate lui-même. Les headbangers sont quasiment allongés sur la scène tellement ça pousse derrière.
Et une fois de plus, le mauvais son se fait bien ressentir; on a bien du mal à discerner les mélodies dans les morceaux et, le pire, ce sont les vocaux clairs du chanteur : lorsqu'on est assez éloigné de la scène, on a une impression de voix robotisée ; on distingue juste les vibrations électroniques du micro qui nous parviennent aux oreilles. Cette sensation est vraiment désagréable car le groupe se donne plus qu'à fond et le public aussi. Tout le monde est au taquet, il suffit juste à Mick de lever une fois le bras pour que toute la foule fasse de même en hurlant « oh » à chaque coup de bras, comme de gros vikings.
Je ne sais pas combien de morceaux a chanté Destinity mais le professionnalisme et la maturité de leurs années d'expérience leur permettent de mettre le feu. Il me semble que c'est bien sur « Synthetic existence », morceau qui est sur l'album précédent, et dont tout le monde chantait le refrain, que Xavier, chanteur d'Overmars, est venu pousser un brin de voix, invité par Mick et présenté comme quelqu'un de bien barré. Cet homme-là a exactement les mêmes mimiques que Mark « Barney » Greenway de Napalm Death lorsqu'il chante, les mêmes coups de coude et la même manière de remuer la tête, c'est bluffant. Cette chanson m'a d'ailleurs donné envie de découvrir l'album qui va avec.
On a eu droit également à une très bonne reprise d' Amon Amarth, et de plus ma préférée, qui est « Pursuit of the vikings ».
Pour terminer, Destinity se laisse demander un rappel qu'il exécute avec un énorme plaisir. Mick est un très bon showman dans son style.
Nous avons assisté également à plus d'une heure de show pour Destinity et la salle était comblée.

Pour conclure, je dirais que, malgré un son pas très bon sur l'ensemble de la soirée, celle-ci s'est malgré tout bien passée car les trois groupes étaient intéressants et présentaient des qualités tant humaines et respectueuses vis-à-vis d'un public qui le leur a bien rendu, que sur le plan musical où les morceaux font mouche à chaque fois et procurent une véritable hargne.

J'ai apprécié les compositions des trois formations, le choix a été bien fait.
Arzhu - Decibels Storm - novembre 2008
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