Il est dommage d'assister à un concert et de ne pas pouvoir prendre de photos... Ooooh pas que ce soit du à une interdiction, mais plus à un manque de place... Enfin tant pis, ce ne sera pas la première fois... Alors allons-y racontons comment se passe une soirée aux Runes, peut-être le dernier bar metal de Bordeaux...
En l'an de grâce 2010, alors qu'un concert gratuit [Eh oui, gratuit, chose qui n'arrive plus très souvent, et quand c'est là il faut toujours savoir en profiter, mais nous verrons que tout ce qui est gratuit cache forcément quelque chose] se préparait aux Runes, le ciel était moins clément que le patron de ce bar...
Car si les consommations lors du concert seront payantes, le grand barbu n'a pas regardé à la dépense ce soir là en nous offrant allègrement suffisamment d'eau pour remplir de quoi arroser un champ de maïs pendant un mois, facile...
Enfin, sous une pluie torrentielle, bravant bourrasques et déluge, il aura fallu pas moins d'une demi heure pour se garer, en tournant au moins 5 fois autour du pâté de maison à la recherche d'une place à proximité... Et comme David Vincent qui ne trouva jamais son raccourci, nous ne trouvâmes donc pas cette place de roi, mais plutôt une place improvisée dans une ruelle à côté, entre un mur trop proche et d'autres voitures mal garées elles aussi...
Ce n'est qu'une fois garé, que l'on s'aperçoit que la pluie diluvienne qui tapait sur mes vitres depuis plus de trente minutes était bien réelle et que le temps d'arriver à pied jusqu'au bar, elle aurait raison de la température de mon corps, de mes vêtements et de tout le reste d'ailleurs.
Mais, soit, après une courte marche, telle la lumière au fond du couloir, Moïse devant ses tablettes ou Zidane devant les caisses du Brésil, devant la porte des Runes je fus... Beaucoup de monde à l'extérieur, nouvellement appelé le coin fumeur, depuis qu'on a compris que ceux qui ne fumait pas avaient le droit de ne pas supporter la cigarette des autres. Concept intéressant, mais qui survient un peu tard, vu tous les cancers des poumons qu'on aura à soigner... Enfin ceci est une autre histoire...
Et donc pas mal de monde devant cette porte vitrée, mais qui propose de passer par un petit « sas de dépressurisation » dit porte insonorisée, afin de pénétrer vraiment dans le dit bar.
Première fois pour moi aux Runes. Un bar très sympathique se trouvant sur les quais à Bordeaux, un petit peu avant le quartier St Michel.
Un bar très chaleureux grâce à une déco très biker et rock/metal à la fois, blindée de posters, drapeaux, t-shirts en veux-tu en voilà... Donc ambiance tranquille bien posée, avec un patron qui arbore les couleurs de Jenx en T-shirt, groupe local ayant sa petite notoriété, dans lequel nous retrouvons un chanteur bassiste ayant joué dans Asgard / Psalm et pleins d'autres combinaisons musicales. En tous les cas, s'agissant d'un concert gratuit, cela a fait forcément des émules, d'autant plus que l'on était vendredi soir, donc moment propice et idéal pour rameuter un maximum de chevelus et de non chevelus d'ailleurs.
HELL IN TOWN
Etant légèrement en retard, Hell In Town avait déjà débuté son set. Et c'est là que l'on voit les limites d'un bar qui n'est pas au départ une salle de concert, et le revers d'un concert gratuit : beaucoup de monde voire énormément, car les Runes étaient quasiment pleines, chaque sortie était un parcours miné et chaque entrée un véritable rallye à la Colin McRae pour arriver jusque devant où jouaient les groupes.
Jusque devant, oui, puisque il n'y a pas de scène en fait, c'est juste un renfoncement en fond de salle à côté des toilettes, ou l'on place le groupe, et je peux vous dire qu'on y mettrait pas Therion ou alors faudrait pousser les murs... Donc un renfoncement, avec devant contre le mur de quoi s'occuper du son. D'ailleurs c'est l'ingé son de Gorod qui était aux manettes. Tout le monde se connait sur Bordeaux, et vu le nombre incalculable de groupes qui fourmillent maintenant dans cette ville, on a du mal à s'y retrouver... On se demande justement pourquoi, les concerts ne se font que dans des bars, vu les métalleux qu'il y a l'air d'y avoir...
Bref, faisons vite, je sens que vous dormez déjà...
Hell in Town jouait donc déjà. Un groupe composé de trois membres, que j'ai toujours raté pour cause de ne pas avoir pu aller à leurs concerts... Et donc rien qu'en entrant dans le bar, on sent que les gars ont leur public. Tout le monde est amassé devant « la scène » et l'accès pour voir de quoi ont l'air Matt, Nico et Simon est vraiment difficile. Mais même proche de l'entrée et donc loin de cette « scène », on sent que ça bouge et le groupe a un son très très puissant. La basse déboite sévère, et le chant de Matt est également rodé. Le gars hurle comme un forcené à qui on arracherait les testicules, mais ça reste très poilu comme musique avec de grosses rythmiques de motoculteur et un parfum de southern, un gros parfum même. Hell In Town balance sa sauce cajun comme on sert un Big mac au Mc Drive. Faut que ça gicle, que ça booste. Les morceaux, sans que je les connaisse, me rappelle un gros son à la Pantera qui aurait descendu sa bouteille de tequila dans la maison de Louisiane à tonton Custer. Un truc sympa qui vraisemblablement plait aux habitués, parce que les têtes balancent pas mal. Le chanteur bassiste, seul chevelu du trio, assure bien, et le batteur qui me semble bien frêle, donne une vision totalement paradoxale, en fait il tape bien et fort.
En se rapprochant devant la « scène » (eh oui, faut savoir pousser les gens des fois et faire son trou), on se rend mieux compte de l'atmosphère que peut filer Hell In Town. Personnellement je leur préfère de loin les morceaux ayant cette consonance très southern, très rock, plus loin du gros truc à la Pantera mais plus proche d'un groove entrainant. C'est dans cette vision là que Hell In Town se fait apprécier, en tous les cas c'est mon humble avis... Je précise qu'un album éponyme est sorti cette année, et je pense que quelques uns pourraient s'y pencher dessus, vu la férocité exotique en live. Et donc le set se termine dans la joie et dans la bonne humeur. La soif se fait sentir... il est temps d'aller s'abreuver d'une coupelle de saveur...
Après avoir commandé, et vu la chaleur qu'avait dégagé Hell In Town, un petit tour dehors malgré la saucée qui continuait à l'extérieur, j'ai tenté ma chance, en essayant de rester contre les murs, mais la pluie était plus forte... Le temps de rencontrer Manu, le bassiste de Demented, qui lui ne semblait pas avoir froid du tout, vu le bermuda qu'il portait… Alors patati... patata... patati... patata... (tout ça pour vous dire qu'on refaisait le monde et que ça a duré un certain temps), quand à un moment quelqu'un vient chercher Manu pour lui dire qu'il était temps de se bouger les fesses, car leur moment de prestation était arrivé.
L'occasion pour moi finalement d'entrer de nouveau dans ce bar, et de m'approcher d'ores et déjà de la « scène », afin d'être en premier plan, en tous les cas au début.
DEMENTED
Demented qui sort son premier album portant le doux nom de « Fields of Suffering », a mis à l'entrée un peu de merch, pour les deux trois riches qui voudraient investir une action en achetant leur cd. Un cd d'ailleurs enregistré chez Bud records, studio de Mathieu de Gorod, comme tout le monde le sait, dont l'artwork a été fait par Alex 3 crosses, talentueux musicien d'Otargos, mais tout ceci fera l'objet d'une chronique, donc pas de panique, ne débordons pas sur le nombre de lignes qui nous sont imparties...
Le temps que les gars se préparent, on peut discuter avec un ami, à savoir Pierrick du groupe Obsecure qui nous parle du Hellfest et de ses petites anecdotes croustillantes, notamment sur Anvil !!!
Parce que Anvil.. .et puis aussi les gars voulaient des T-shirts... et l'histoire de la guitare ????... Top !!!
C'est l'heure pour Demented de balancer son gros death metal qui tâche dans nos oreilles de jouvencelles effarouchées.
C'est le premier concert du groupe avec leur nouveau chanteur puisque Nessim étant parti vers des horizons lointains, il fallait bien un gueulard pour prendre le relais... C'est donc un nommé Alex (ex Necrid, ex Bolvangar) qui prend les choses en main. Demented commence puissamment, bien que le son ne soit pas plus puissant que celui de Hell In Town, il est propre c'est ce qui me semble le plus important. Manu envoie du steak comme un boucher des abattoirs bordelais, tandis que John qui s'était préparé précautionneusement nous balance sa technique et sa rapidité en pleine poire, pour bien nous dégouter de ne pas pouvoir en faire autant. Il est clair que Demented sait se bouger sur scène pour poutrer comme il faut et donner au public envie de se briser la nuque pendant quelques minutes. Le fait que j'encense le bassiste et le batteur, ne remet nullement en cause la qualité musicale et technique des guitaristes, également maitres de leurs instruments, où d'ailleurs on prend sur le fait Mika à se la jouer guitar hero qui a des mains partout pendant un des morceaux !!! Vu !!!! Avoue !!!!!
Les morceaux s'enfilent comme des perles, mais personnellement il y a quelque chose qui me rebute un peu. C'est la voix d'Alex. Sa voie est puissante et je ne le remettrai pas en cause, mais son timbre, très différent de celui qu'avait Nessim et largement plus « core » que death ; C'est à dire qu'elle est moins gutturale pour être plus hurlée. Maintenant, il faut aussi mettre en avant le fait que c'était son premier concert avec Demented, que Nessim avait une voix de grizzly à laquelle on s'était habitué. Donc laissons le temps au temps et voyons plus tard avec du recul. En tous les cas Demented arrose toujours gaiment la foule de son gros death brutal et technique. Ils arrosent tellement qu'un mec au t-shirt rouge, qui ressemblait à un joueur de l'équipe nationale de rugby des iles Samoa, trempé comme pas possible qu'on aurait dit qu'il avait plongé habillé dans une piscine, et tellement bourré que je suis sûr qu'il y avait plus de degrés dans son corps que dans une bouteille de Jack Daniel's, danse comme... un mec bourré dans une foule. Au moins un gramme dans chaque bras, cet homme là n'avait pas vraiment l'air de connaître la musique metal mais semblait heureux de pouvoir tenter de battre la musique avec son doigt, les yeux à moitié fermés, emmerdant tout le monde en bougeant et discutant avec toutes les filles qu'il pouvait trouver...
Mais sinon Demented a fait une bonne prestation, fidèles à eux mêmes, frais, death metal, les aminches du groupe étaient contents, les têtes ont bougé, un petit pogo est venu pointer le bout de son nez dans l'étroitesse de la salle, et tout le monde était heureux.
Une fois fini, rebelote, un coup à boire et pour moi ce n'était que jus d'orange, soit dit en passant, un coup dehors pour respirer un peu et se mouiller la tronche. La discussion toujours avec Pierrick d'Obsecure, Manu, et aussi une amie à lui qui voulait absolument faire une photo de Manu. Bref, on passe le temps jusqu'à ce que Bemskiant commence son set.
BEMSKIANT
Bizarrement, je me suis demandé pourquoi ce groupe tenait la tête d'affiche vu que Hell In Town a sorti un album, Demented aussi et qu'eux n'ont pas encore sorti leur démo... Mais tant pis, c'est comme ça, c'est comme ça. Malgré leur jeune formation, ces derniers offrent une musique orientée vers le black metal/dark Metal et c'est plutôt sympathique comme approche. Avec un clavier qui balance de bonnes ambiances et malgré l'heure avancée, l'audience est entrée de nouveau pour assister à la prestation de Bemskiant.
Le son est puissant également, à l'image un peu des groupes qui sont passés avant. Comme je le disais leur black metal, presque death parfois, est intéressant, mais la chose que j'ai apprécié était l'utilisation de ces claviers avec un petit quelque chose de bien bon. Les morceaux étaient biens foutus, et franchement je suis curieux d'écouter cela sur cd, ça risque d'en surprendre plus d'un.
Alors Bemskiant n'a pas eu beaucoup de mal à conquérir la foule qui s'est laissée faire facilement face aux compos puissantes que balançait le groupe.
Il n'y a pas eu de grands rebondissements durant le set, d'autant plus que je m'étais reculé pour mieux écouter et ne pas être gêné par cette foule amassée devant la « scène ». On pouvait entendre les satisfactions des grunts du public pour un groupe qui présente pas mal du tout...
Bilan de la soirée, il faisait chaud et humide dans le bar, dû à l'abondance de public et à l'espace confiné d'un bar qui est censé être un bar d'abord. Il faisait froid et humide dehors pendant les pauses, mais ça discutait sec, donc bonnes relations humaines malgré tout pour un ermite comme moi. Mais l'ambiance était sympathique, cette soirée « metal » relativement éclectique en ce qui concerne les groupes semble faire le plaisir de pas mal de monde le vendredi soir et donc pour conclure on peut dire que Hell In Town, Demented, et Bemskiant dans des style radicalement opposés, permettent d'avoir un bon aperçu de la jeune scène bordelaise qui montre un peu de quoi elle est capable face à des groupes issus de la scène lyonnaise, certainement la meilleure que l'on ait en France, en matière de metal extrême...
Pas de photos alors que j'avais pris mon appareil, parce que de toutes façon, je n'aurai pas pu prendre de près Hell In Town et Bemskiant, et il aurait anormal de n'avoir que Demented ; Et vu comment on était serré, je n'avais pas envie qu'un pèlerin m'endommage mon bel appareil... Donc il est resté dans son sac et puis c'est tout !!!