ATROCITY
- Leaves' Eyes - Darkwell- Battlelore Les moins jeunes d'entre vous se souviendront d'un temps, pas si reculé, où était diffusés chaque dimanche après-midi les effroyables "Thé Dansant", animés par le non moins spectral Jacques Martin. Les metalleux sont toujours à l'affut de bonnes idées, et c'est donc avec bonheur que La Loco renouvellait le genre en ce pluvieux dimanche 28 novembre, dans une sorte de goûter dominical autour de Battlelore, Darkwell, Leaves Eyes et Atrocity ; ça semblait mal barré pour des cours de tango ou de cha-cha-cha. Dernière date de la tournée, le concert de Paris a été booké au dernier moment, ce qui eu pour conséquences majeures de voir le show relégué dans les sous-sols de la Loco (la scène principale accueillant déjà le concert de Trisomie 21, un groupe français qui traine ses chromosomes dans la scène gothique depuis le début des années 80), et de constater, hélas, une affluence relativement modeste. Mais les absents allaient une fois de plus avoir tort... Battlelore
monte sur scène dès 15h30. Pour ceux qui n'auraient
jamais vu ces Finlandais, il faut se représenter une sorte
de téléscopage visuel entre les Visiteurs et le Seigneur
des Anneaux : affublés de peaux de bêtes ou de robes
moyenageuses, d'épees en vrai latex du XIIeme siècle
et de peintures de guerre à la Braveheart, Battlelore se lance
avec enthousiasme dans une demi-heure de rock n' troll. Darkwell grimpe à son tour pour un show d'une petite demi-heure. Mené également par une chanteuse, le groupe joue un Metal assez formaté, la structure des morceaux et l'approche musicale montrant clairement que ses membres ont des influences pop bien digérées. Certains plans fleurent bon les années 80, une source rapidement confirmée lorsque le groupe embraye sur la reprise du fameux "Don't You (forget about me)" des Simple Minds. Le set couvre toutes les productions du groupe, ce qui permet d'ailleurs de constater de sacrées différences d'approche selon les morceaux. Plutôt bien maitrisée, la musique de Darkwell fait cependant regretter l'atmosphère de spontanéité du set de Battlelore, et le chant féminin semble par moments manquer de fraicheur et d'enthousiasme, peut-être un signe de fatigue en cette fin de tournée. A revoir dans d'autres conditions pour se faire une opinion définitive ? L'intérêt
des concerts à La Petite Loco (c'est à dire dans une
cave à peine plus grande que mon appartement), c'est que la
convivialité est forcément là. La preuve lorsque
je m'aperçois que l'abruti de 2 mètres qui m'écrase
les pieds n'est autre qu'Alex Krull, et que la charmante Liv Kristine
Espenaes se tient à 50 centimètres de moi, attendant
de monter sur ce qui tient lieu de scène. Pour ceux qui auraient
loupé un épisode, Liv Kristine est madame Krull dans
le civil, et c'est donc tout naturellement que, à la suite
de son éviction de Theatre of Tragedy, les musiciens de Atrocity
ont fait office de backing-band pour l'enregistrement de son album solo puis ses concerts. D'où la
tournée commune de ces deux groupes qui n'en sont en fait qu'un
seul, Alex Krull poussant le vice jusqu'à faire les choeurs
sur le set de Leaves' Eyes, et Liv Kristine lui rendant la pareille
pendant le show d'Atrocity. Leaves'
Eyes
débute donc cette double tête d'affiche matrimoniale,
et Liv Kristine assure d'entrée avec une voix extraordinairement
cristalline (du jamais-vu depuis le concert de Within Temptation au
même endroit en 2001). Il faut cependant préciser que
la belle est parfois doublée par des samples, ce qui semble
aider un peu sur certains passages. Après une pause de 20 minutes, on prend les mêmes et
on recommence, et seul un changement de guitares vient différencier
le backline. Alexander Krull est désormais aux commandes, et
attaque délibérément le set d'Atrocity
à fond les ballons, histoire de rappeler qu'il est censé
s'agir de deux projets musicaux différents, et tant pis si
la présence de Liv Kristine pour les nombreux choeurs n'aide
pas à la distinction, en tout cas visuellement. Atrocity débute
sur "Reich of Phenomena" (apocalyptique) et enchaine sur un "Clash of the Titans" vengeur, avant
de servir le magnifique "Gods of Nations" (mélodique
en diable et introduit par un "Fuck god, fuck christ, fuck allah"
par un Alex Krull décidément très en forme).
Suivent "Enigma", l'indispensable "Blut", l'extraordinaire
reprise de "The Ten Comandments", puis "Apocalypse"
et "Omen". Cette
après-midi décidément très conviviale
se concluera par une séance de dédicaces très
relax au stand merchandising, les membres d'Atrocity et Liv Kristine
distribuant signatures, sourires et remerciements aux fans présents.
Patrick Etuy - Decibels Storm - novembre 2004 |