Interview : The Last Embrace

Salut à vous, alors une formation en 1998, il y a 11 ans, avec à votre actif, un mcd enregistré en 2001, sorti en 2003, un album « Inside » en 2006, « Aerial » cette année, finalement tous les trois ans, c'est peu comparé à certains, sans que ce soit une critique car la qualité prévaut sur la quantité...
Qu'est-ce qui explique cette productivité ? Je suppose que les problèmes de line-up que vous avez eu auparavant y sont pour pas mal, sinon quoi ?
Olivier : En effet nous ne sommes pas très productifs ! A mon sens il y a plusieurs raisons à cela.
- Nous sommes assez exigeants sur notre musique et très critiques envers nous même... peut-être trop ! Tant que l’on n’est pas satisfait à 100% on continue à bosser et peu importe le temps que ça prend. A mon avis c'est un mal nécessaire et pour avoir du recul sur les choses il faut laisser du temps. Honnêtement je connais très peu de groupes qui sortent un album par an dont la qualité est équivalente à chaque fois...
- Nous avons tous des vies et des boulots à coté. Personnellement j'aimerais bien ne faire que de la musique mais il faut se rendre à l'évidence, c'est très difficile voir impossible de vivre de sa musique !
- Nous sommes six dans le groupe et les décisions sont prises dans la mesure du possible de manière collégiale, ce qui donne lieu a pas mal de discussions et on doit tous faire des compromis pour que tout le monde soit satisfait.
- On peut avouer aussi un manque d'efficacité du à une organisation pas toujours top ;-)
- Enfin, effectivement depuis la naissance de TLE il y a eu beaucoup de changements de line up ce qui est le lot commun de tas de groupes de rock qui ne vivent pas de leur musique. Cela prend du temps de retrouver des personnes motivées et avec qui il est facile de travailler. Je rends d'ailleurs hommage à notre dernière recrue Anthony qui est un super bassiste doublé d'un gars excellent !

Du line-up d'origine il ne reste plus que Olivier et Alexis, depuis le départ de Vik, si mes comptes ne sont pas trop mauvais, est-ce que ce statut vous procure une position de « leaders », je ne sais pas si le mot est un peu fort, ou il n'y a pas de rapport de hiérarchie au sein du groupe, sachant que c'est une chose qui arrive quelques fois dans les groupes ?
Alexis : Olivier, qui a formé le groupe à l'origine et qui compose le plus sur tous les disques, a la position de trancher si l'ensemble du groupe a des avis différents sur une problématique. Musicalement, chacun propose ses compositions personnelles et nous avons décidé que celui qui compose un titre à un droit de regard particulier sur les arrangements apporté par les autres.
Indépendamment de vos aptitudes respectives dans le groupe, à savoir chacun son instrument, la voix en étant un également ; est-ce que tout est défini au niveau des activités extra-musicales ? Je veux dire, avez-vous décidé à l'avance de qui s'occupera du contact avec les médias, qui s'occupera de trouver des contacts pour les concerts... Sachant que je me doute que les décisions finales sont collégiales ?
Sandy : Exactement elles le sont ! Mais je ne pense pas qu'il y ait des taches attitrées au sein du groupe. Nous recherchons tous, chacun de notre coté, des dates en envoyant notre pressbook. Nous nous concertons pour les propositions de médias, de concerts et un de nous y répond. Nous avons la chance d‘avoir un label qui nous aide dans la promotion, surtout sur magazines, mais aussi un de nos amis qui nous fait pas mal de pub sur le net. Généralement, dés que nous avons une proposition de concert, c’est Oliv qui s’occupe de l’orga et pour les détails techniques du son, c’est Laurent (lui même ingénieur son, il est plus approprié qu’il y réponde).
Personnellement je vous ai découvert à travers la scène metal, sans parler d'étiquettes, car j'ai lu quelque part que cette « société où il faut tout étiqueter pour avoir des repères » énerve Sandy, et je ne voudrais pas me froisser avec elle tout de suite !! Comment s'explique le fait que justement vous soyez plus « notoires » parmi le public metal au sens large du terme que dans le public plus rock ou « prog » toujours dans un sens large ?
Sandy : T’inquiète pas, je ne m'énerve jamais (rire)
Je pense que c’est dû au fait que nous avons démarré avec un style plus proche du metal gothique avec l’EP ; avec des guitares saturées, une voix féminine et notre nom de groupe ; les gens nous ont identifié au metal goth féminin, et encore de nos jours !
Pourtant avec l’arrivée de Pierre Henri en 2005, et ses influences de rock prog, Il était évident qu’on se tournait vers un autre public !
Je ne considérerai pas personnellement que nous appartenons à un seul public prog ou métal rock ; nous sommes entre les 2 et ce sont ces 2 styles en quoi nous sommes le plus proche avec le rock. Je dirai même plus : nous faisons du rock progressif métal atmosphérique mais nous n’avons pas encore trouvé de public français amateur de ce style lol.
Nous essayons de toucher le public prog, mais nos compositions niveau structures ne sont pas aussi complexes que ça et généralement il est avec voix masculine, mais ce serait pour nous un beau défi d’y faire sa place !
Alexis : Nous sommes "notoires" à travers la scène métal car nous avons joué sur des scènes de ce type 99% du temps ! Quand nos albums sortent, ils sont répertoriés dans un rayon métal, quand il nous arrive d'avoir des interviews (merci à toi de ton intérêt), chroniques ou samplers, c'est pour la scène métal... voilà pourquoi, en toute logique, le public métal est celui qui entend le plus parler du groupe.

C'est vrai que dans les groupes récurrents dans vos influences, si l'on peut parler d'influences, vous citez souvent Anathema, Pink Floyd, Tori Amos, The Gathering, Jeff Buckley... et justement sauf pour Anathema et The Gathering qui viennent de la scène metal, mais qui maintenant n'en font plus vraiment partie, les autres sont plutôt rock... Oui, j'arrive à la seconde partie de ma question... Lorsqu'on écoute The Last Embrace, on sent un effet Pink Floyd, en tous les cas je l'ai perçu comme cela, ne préfèreriez-vous pas une reconnaissance plus croissante dans ce milieu-là ? Est-ce que la scène metal ne pourrait-pas être un frein à une ouverture vers une scène avec un public beaucoup plus nombreux et diversifié ?
Sandy : Pour ta première question, c’est justement ce que nous visons ! Pour nous ce serait exactement dans cette branche dans laquelle nous souhaitons évoluer, sûrement parce que nos inspirations et notre travail repose sur ces influences.
Pour ta deuxième question, je ne pense pas que ce serait un frein, nous avons quand même quelque fans métalleux ouvert au rock prog et à d’autres styles. Au départ je pensais que ce serait un tremplin de rester aux cotés du public métal mais je comprends qu'il serait judicieux de concilier plusieurs mondes dans le rock métal, car comme on dit, il vaut mieux avoir plusieurs cordes a son arc .
Alexis : La relative "notoriété" du groupe sur la scène métal est assez limitée car une grande partie du public métal qui nous a entendu s'ennuie (eh oui ça ne bouge pas trop pour des gens venu écouter du METAL) ou ne nous trouve pas intéressant (déjà entendu etc...), grand bien leur fasse car moi j'aime ça ! Maintenant on est un peu face à une incompatibilité relative entre notre musique et une partie de ce public, y compris les fans de The Gathering, Anathema et consorts. D'un autre coté il nous est difficile d'accéder à d'autres scènes car "le style ne correspond pas" ou par manque de contacts. Donc voilà, sans être fermé à la scène métal puisque ça fait aussi partie de nos influences, il serait évidemment tentant pour nous de faire découvrir notre musique à d'autres scènes car certaines personnes pourraient peut-être accrocher, mais ce n'est pas évident d'accéder à ces personnes... Voilà toute la problématique d'avoir, comme on dit par chez moi, "le cul entre deux chaises"... On joue ce qu'on veut jouer, c'est varié et du coup c'est à la fois un plus et un frein en soi.
Bon, la sortie du nouvel album « Aerial » a eu lieu en septembre... Passage obligé, expliquez-moi ce titre, et cette pochette, ça change de vos précédentes productions... C'est plus personnel, plus singulier, ce dessin est l'œuvre de qui vu que sur « Inside » les illustrations, le design et le layout étaient l'œuvre d'Alexis ?
Sandy : Alors pour le mot, il existe plusieurs significations au mot « Aerial », dans le sens physique, ça veut dire tout simplement antenne, et dans un autre sens, ça veut dire intuition, et pressentiment
Les textes de cet album sont des minis nouvelles racontant le monde de l‘enfance avec ses rêves, ses attentes, juste avant qu’il perde l’innocence pour rejoindre le monde cartésien de l’adulte et de la raison. Mon idée est de laisser l’auditeur imaginer un monde invisible, celui dont l‘enfant ressent plus aisément que l’adulte. Les textes parlent souvent de naissance, de création.
Alexis : Comme pour « Inside », j'ai réalisé les visuels et le layout sur ce nouvel album. L'ensemble des illustrations se regroupe autour du thème de l'enfance et de ses évasions expliquées dans les textes. J'ai abordé ici un style graphique différent de celui utilisé pour « Inside ». Les raisons sont que je ne voulais pas faire deux fois la même chose, ni visuellement, ni dans le type de contexte propre à chaque image (même si l'idée de voyage est toujours au centre de l'univers du groupe)... et je ne désespère pas de travailler plus tard dans mon réel créneau qui sont les illustrations gores, mais ça ne passait pas pour Aerial !

Est-ce qu'à travers cette image il y a un thème, un message ou une idée maîtresse que vous vouliez faire passer ? C'est une cover issue de votre demande propre ou proposée par l'artiste suite à vos envies abstraites ?
Alexis: Sur « Inside », j'avais souhaité dissimuler pas mal d'éléments. Par exemple, sur la pochette on pouvait voir la silhouette d'une personne dans la zone sombre du visage qui pouvait représenter les doutes ou les colères du visage aux yeux clos... un exemple parmi d'autres. Mais le résultat était tellement dissimulé qu'à la limite j'étais le seul à le voir ! J'ai donc pris les choses plus simplement pour les visuels de ce nouvel album. Sur la pochette d'« Aerial », l'enfant (qu'on reverra dans différents contextes de réalité et d'évasion dans le livret) se place au delà de son cadre de vie qu'est la ville et est face à un ciel/espace vide : est-ce que ça représente l'enfant perdu dans une situation d'entre deux ? Est-ce qu'il médite face à cette surface vierge comme une toile à peindre ou comme un terrain de jeu mental ? Est-ce que c'est juste "joli" (ou pas) ? Chacun y verra ce qu'il souhaite à l'écoute de cet album, j'ai juste posé une situation de base sur la thématique donnée.
Tiens, c'est une réflexion que je fais souvent, j'aime lorsque les groupes mettent les paroles, un, déjà ça permet de pouvoir chanter honteusement chez soi avec le chanteur ou la chanteuse, et deux, ça permet de pouvoir lire et comprendre la pensée de son auteur. Comme dans vos précédentes productions il n'y avait pas les paroles, seront-elles présentes cette fois-ci ? Dans la négative... et dans l'affirmative même, peut-on en avoir le contenu, l'idée directrice de chacun des 13 titres présents sur l'album ?
Sandy : Et bien oui! Cette fois ci il y aura les paroles dans le livret ! Il comportera 13 titres dont trois instrumentaux (« Among Them », « Saffron’s Theatre » et « Playground »). Je ne vais pas tout te raconter quand même, faudra bien que notre aimable public imagine à sa façon les idées ! Je commence dans l’ordre donc : « Complete City » est un texte assez dur et ironique (on commence fort …) il dénonce la théâtralisation de la société de consommation par les médias à la vue des enfants.
« Impending Dawn », ce titre signifie « sur le point de se lever », je parle de la renaissance cyclique du soleil en illustrant la légende du livre des morts égyptien : le soleil qui recherche en vain son ombre sur Terre.
Le prochain morceau, c est Alex qui l’a écrit, il avait déjà son titre en tête : « Into the Vortex » : c est l’histoire d’une femme qui, sur le point d’accoucher, imagine et essaie de ressentir l’arrivée de l’âme de son bébé .
« Gravity » : c’est une composition pour mon grand père que je n’ai jamais connu.
« Aerial » : j’exprime à travers ce morceau une opinion sur le monde féerique de l‘enfant : l’innocence ; la simplicité et sa détermination d y rester.
« Alone » : la mésaventure de 2 enfants de sexe opposé qui grandissent ensemble.
« Nomad wave » : raconte le cauchemar d’un enfant : les effets moraux sur la société avant qu’une catastrophe naturelle éclate.
« Sérotonine » : alors que veut dire ce titre ? ( rire ) En science, c est une sécrétion des neurotransmetteurs du cerveau qui donne de l’apaisement, de la détente (l’inverse de la dopamine) je me suis servi de ce nom pour représenter l’histoire d’ une petite fille s’interdisant le contact avec les autres pour cacher et protéger son monde imaginaire et ses croyances. Et enfin le dernier titre « Precious Pond » raconte la nostalgie de l’enfance et l insouciance.
Il est vrai que je te donne la moitié des idées mais cela te permettra aussi d‘imaginer avec ta propre version !

Sandy, sur « Inside » tu avais écrit certaines chansons et d'autres avait été travaillées au départ par Nathalie à qui tu as succédé, sur celui-ci je suppose que tu as pu t'en donner à cœur joie, afin de laisser libre cours à ta prose et à ta création...
Combien de temps il t'a fallu pour écrire chaque chanson, est-ce que parfois il t'est arrivé d'avoir « la hantise de la feuille blanche » ?
Sandy : Pour « Inside », c’était bien juste au niveau temps, je venais de succéder à Nathalie et déjà j’avais 3 mois pour terminer ses textes et en écrire d’autres avant d’enregistrer ! Je n’avais pas le même style d’écriture qu’elle mais j’ai réussi à terminer ses textes sans changer les directives de ses idées et les faire coïncider entre eux. J’en étais assez fière ! (rire)
Pour la feuille blanche, à qui ça n‘est pas arrivé…
En fait, j’ai mon petit remède, c’est Internet ! Je me documente énormément avant de construire mes textes mais il y a eu des moments ou je n’y arrivais pas, alors je passe à autre chose et reviens la tête vide, et généralement après ça coule de source!
Bon, racontez-moi un petit peu ce qu'on va découvrir musicalement sur ce nouvel album, si vous avez pris une direction musicale différente ou si au contraire vous avez su parfaire votre identité ?
Laurent : Honnêtement on ne se pose pas trop la question, chacun propose sa composition et si elle plait, elle est adoptée, quelque soit le style musical. On peut y trouver une plage instrumentale type musique de film, un morceau aux sonorités orientales avec cithare et tablas, des morceaux très rock progressif, un long morceau metal (peut être le plus lourd que nous ayons fait), un duo acoustique avec Mick Moss, et même une chanson piano / voix . La seule chose que je peux affirmer fièrement sur notre musique, est qu'elle
est variée et que les compos ne se ressemblent pas ! Si on prend le temps d'écouter l'album on ne peut pas s'ennuyer, rock, metal, progressif, atmosphérique, ballades... le tout dans une certaine cohérence artistique... En somme, je ne pense pas que nous ayons changé de direction, c'est un album plus abouti et plus varié encore qu' « Inside »

Comment s'est passé l'enregistrement, avec qui vous avez bossé cette fois-ci, combien de temps tout cela a pris ?
Laurent : Je crois que cette question est pour moi... Je suis ingé son dans la vie, je gère le studio Delicates'Son sur Paris. Ce n'était pourtant pas une évidence que je m'occupe de l'enregistrement. C'est très difficile de produire son propre groupe, surtout avec des personnalités comme dans TLE ! Lol. Manque de recul sur la musique de ma part mais surtout un poids énorme sur les épaules et des risques de tensions avec les autres membres du groupe, qui sont naturellement plus exigeants qu'avec un ingé son extérieur au groupe.
Ce qui nous a décidé, c'est l'aspect financier surtout. La production de l'album nous a coûté un tiers de ce qu'il nous aurait coûté dans un studio équivalent. Sans parler de la flexibilité de planning que l'on pouvait se permettre. Et cela fut le cas, avec pratiquement 1 an de retard sur ce que l'on avait envisagé !
On est ensuite rapidement tombés d'accord pour "engager" un 2ème ingé son pour m'épauler sur les prises et surtout pour gérer le mixage à ma place. Nous avons le bonheur d'avoir comme ami Emmanuel Rousseau (surnommé originalement Manu), claviériste des groupes Lyr Drowning et Oracle mais surtout ingé son du studio WhitewasteLand.
Donc pour résumer, je me suis occupé principalement des prises acoustiques et re-amping dans mon studio, Manu d'une autre partie des prises et du mixage dans son studio. Enfin le mastering à été assuré par
Benjamin Joubert.
Un choix financier donc, car pas forcément le plus confortable pour le groupe... sinon on ne serait pas contre d'être produit par Steven Wilson par exemple... Steven si tu nous lis !!
Et il y aura quelques surprises, genres guests, bonus ou autres ?
Alexis : On pourra y entendre Simon de Pitbull In The Nursery qui joue un peu de cithare ; Ibrahim Maalouf à la trompette ; un quatuor à cordes composé de Caroline Bugala, Eve-Marie Bodet, Julien Gaben et Clément Petit ; Christophe Chébeau au cor; Mick Moss d'Antimatter qui chante un duo sur un titre et les lignes de basses sur l'album sont jouées par Xavier Zolli.
« Inside » était sous licence chez Long Fellow Deeds Records et celui-ci aussi. Je suis allé voir le myspace, ce label à l'air d'avoir pas mal de groupes qui ne sont pas metal finalement...
Bref, cette coopération est-elle la dernière ou vous avez un contrat qui vous lie pour d’autres productions avec eux ? Je sais que ce n'est pas chose aisée parfois de parler des relations avec le label, tant qu'on est lié, mais est-ce que le support qu’il a pu vous apporter jusqu'ici est conforme à ce que vous attendiez de lui ?
Sachant qu'il est de Paris, est-ce que c'est du copinage le fait que vous soyez sorti chez eux, ou le résultat d'un démarchage intensif ?
Olivier : En effet je connais personnellement Xavier de Longfellow depuis pas mal de temps. Après est ce du "copinage" ou pas? Ce serait plutôt à lui de le dire. Evidemment le fait que l'ont s'apprécie mutuellement a du jouer, mais je le connais assez pour savoir que si ça ne lui plaisait pas ou qu'il ne sentait aucun potentiel il ne nous aurait rien proposé. D'ailleurs pour la petite histoire il n'a pas su pendant très longtemps que j'avais un groupe ni même a quoi ça ressemblait. Après l'enregistrement d'"Inside", nous sommes venus à en parler tout à fait par hasard. Je savais qu'il avait un label mais je n'avais même pas pensé à lui faire écouter notre musique car je savais que notre style n'était pas trop son truc. C'est lui qui ma demandé de lui en faire une copie peut être plus par curiosité qu'autre chose. Il a semblé apprécier notre musique et le sérieux de notre démarche. A ce moment là on a eu une réponse positive d'un autre label plus dans notre veine mais je n'ai personnellement pas hésité une seconde et j'ai pu convaincre les autres que ce serait bon pour nous de choisir Longfellow.
Nous sommes dans l'ensemble assez satisfaits de la collaboration avec Longfellow et j'apprécie la démarche qu'ils ont de miser sur des groupes pas forcement connus. C'est, tout comme pour TLE, une affaire de passion pour la musique en général et sûrement pas une histoire d'argent. Après nous renouvelons notre contrat de licence chez eux pour la deuxième fois et on va essayer de travailler ensemble avec nos moyens afin de faire connaître au maximum de nom de TLE. Jusqu'à maintenant ça se déroule plutôt bien et on verra ce que cela donne pour « Aerial ». En tout cas je suis confiant !

Bon, vous devez trépigner d'impatience la sortie de ce nouvel opus, comment se prépare la sortie de votre côté, au niveau promotionnel, qu'est-ce qui est prévu, au niveau concerts est-ce que vous avez commencé à préparer des dates ? Et vous est-ce que vous vous sentez prêts ? Je précise qu'au moment où j'écris cette question j'écoute «Serotonine » et je suis aux anges, vivement l'album...
Olivier : Content que "Serotonine" te plaise! ;-) Niveau concert pour le moment nous avons récemment joué au Raismefest qui s'est très bien déroulé et avons une date de prévue à Paris le 25 oct. Nous démarchons actuellement les salles, les festivals à qui nous envoyons des pressbooks et cds promos... De part nos activités professionnelles respectives, nous ne sommes pas réellement en mesure d'effectuer des "tournées" et préférons pour le moment faire peu de concerts mais dans de bonnes conditions.
En ce qui concerne la promo on essaie avec le peu de temps dont on dispose d'aider le label notamment pour la promo internet. Alexis bosse d'ailleurs beaucoup dessus en ce moment.
Ce n'est pas trop dur de choper des dates par les temps qui courent, les organisateurs sont tous frileux, le public devient paresseux, les gens maintenant ne vivent que par le mp3, plus rien de physique, de vrai, la sensation d'un vrai live, la chaleur d'une salle, l'ambiance magique d'une fin de soirée...?
Olivier : Honnêtement cela devient de plus en plus dur et la situation ne fait qu'empirer. Il y a beaucoup de salles qui ferment et donc de moins en moins d'endroits pour jouer. Les organisateurs sont effectivement de plus en plus frileux car les gens ne se bougent plus au concert par manque d'argent ou peut être d'envie. Notre société actuelle et notre pays ne considèrent visiblement pas que la musique soit une activité que l'on peut qualifier de sérieuse et pour laquelle il faut injecter des fonds. De plus avec les années et sans vouloir faire de généralisation, j'ai du malheureusement constater qu'en France beaucoup ont plus tendance à descendre les groupes qu'à les soutenir. Je ne sais pas pourquoi car notre pays regorge de bonnes formations qui n'ont pas à rougir face à la concurrence étrangère. Je pense par exemple dans un style différent à Amartia ou encore Outcast pour ne citer qu'eux. Il faut croire que nul n'est prophète en son pays ! Heureusement il y encore des gens dévoués qui y croient et nous permettent de faire vivre notre musique.
En 2006, Vik avait parlé lors d'une interview que vous envisagiez à l'époque l'enregistrement, sans aucune date précise d'un disque acoustique... Est- ce que ce projet est toujours d'actualité ? Vous avez déjà fait des concerts acoustiques d'ailleurs, quelle est votre préférence en la matière ?
Olivier : Effectivement nous avions envisagé et même commencé ce qui devait être un mini cd acoustique. Seulement par manque de temps nous avons du mettre le projet en stand by pour une durée indéterminée. A l'origine on devait l'enregistrer avant "Aerial" mais finalement nous nous sommes concentrés sur ce dernier. C’est un projet que j'espère voir aboutir un jour car nos morceaux s'y prêtent bien et la facette acoustique a toujours représenté une partie très importante de notre musique. Beaucoup de chansons ont été composées à partir d'une guitare sèche ou d'un piano ("Aerial" ou "Serotonine" par exemple)
De plus comme tu le soulignais dans ta question, nous avons fait beaucoup de concerts acoustique depuis la sortie d'"Inside",peut être même plus qu'en formation électrique ! C'est un exercice qui nous plait beaucoup et nous permet d'envisager d'interpréter nos morceaux de manière totalement inédite. Lors des concerts acoustiques nous sommes généralement en formation réduite à trois ou quatre (chant, guitare, piano avec percus de temps à autre) et repensons totalement nos morceaux pour l'occasion. De plus l'avantage de cette configuration c'est qu'elle nous donne accès à des endroits plus confiné type Bar ou club ce qui serait proprement ingérable en électrique !! Personnellement j'apprécie plus les concerts acoustiques pour leur coté pratique. De plus il est plus facile de partir en impro quand on est trois qu'en formation électrique à six avec un clic sur les oreilles du batteur. Après en électrique il y a le coté puissant et plus rythmé qui est tout aussi agréable.

Et au quotidien, comment est The Last Embrace, est-ce que c'est une famille où vous vous voyez en dehors des rencontres relatives au groupe, ou est-ce que tout ceci reste totalement musical et vos seules relations sont strictement en rapport avec le groupe ?
Sandy : Pour moi c’est surtout des amis devenus très proches, un peu comme des frères. Dés qu’ ‘il y a une occas’ pour se voir, on en profite… Nous sommes assez complices et c’est ce que je préfère !
Et vos familles, elles sont à fond derrière vous ? Je suppose que votre style de musique et plus facile à supporter que les groupes qui jouent du metal extrême...
Sandy : Mon père est pas mal derrière nous, toujours motivé à nous filmer lors de concerts, ou nous faire de la promo, il lui arrive même de me téléphoner la veille d’ un concert pour me coacher (rires)
Alexis : j'imagine que ça dépend des parents ! Avant, je jouais dans des groupes plus "énergiques", je leur ai fait écouter pour la forme et je n'ai pas insisté vu leur réaction ! Avec TLE l'écoute passe mieux, ils aiment ou pas certains titres ou passages. Au delà de ça, ils se demandent parfois où ça me mène et ne comprennent pas toujours pourquoi j'y mets autant d'investissement depuis des années... un hobby qui prend du temps et qui coûte cher !
Au fait, à part The Last Embrace, il y en a certains d'entre vous qui s'échappent dans d'autres groupes pour jouer quelque chose de différent, Alexis a joué dans Lux Incerta il me semble ?
Sandy : Coco et moi avons joué dans Live Jam Experience avec The Four Horsemen pour la fête de la musique 2009.
Alexis : oui des groupes pour le plaisir vu que j'aime ça ! Lux Incerta avait des bonnes compositions assez doom avec un coté gothic metal, Il y avait des membres de Penumbra, The Old Dead Tree... c'était très sympa mais j'ai arrêté faute de temps (quitte à faire quelque chose, autant bien le faire, sinon ça fait perdre du temps à tous) vu que parallèlement je joue aussi avec Dark Sanctuary.
Vous pensez quelques fois à ce que pourrait devenir The Last Embrace ou à ce qu'aurait pu être The Last Embrace ? Si des choses qui ont été faites auraient pu être évitées pour l'intérêt du groupe qu'est ce que vous auriez changé ? Et si des choses, par forcément au niveau de la musique elle même ou des enregistrements, mais plus du côté des relations humaines ou de choix stratégiques pouvaient être améliorées qu'elles seraient-elles ?
Alexis : Ce que pourrait devenir TLE, ça me dépasse, je n'en sais rien... déjà on verra si on en arrive à faire un autre album !!!! Ce qu'aurait pu être TLE, je me suis déjà posé la question. Sans se leurrer, il est évident que le groupe s'est fait remarqué dés la mise en ligne des premiers titres en 2001 grâce à la voix de notre première chanteuse Nathalie. C'est la cause principale des bonnes ventes de notre demo sortie en autoprod (en ajoutant que le téléchargement n'était pas autant en vogue qu'aujourd'hui), des scènes que l'on a pu faire et du petit buzz internet à l'époque. Mais Nathalie a décidé d'arrêter, ce n'était pas là un problème d'entente puisque je la vois toujours, mais juste une impossibilité de continuer. Parmi toutes les personnes qui ont fait partie du line up, seule une a vu son départ provoqué par un réel problème humain, pour les autres c'était des situations de paternité, mariage... De plus, nous avons changé de style musical en se fiant plus à nos envies et goûts plus qu'à l'idée de garder un public, le résultat est qu'on a renouvelé nos auditeurs d'un cd à l'autre. Peut-être le groupe aurait un peu plus "décollé" avec la même voix et des nouvelles compos dans la lignée du premier disque... peut-être, mais rien de certain ! Voilà, aujourd'hui, vu la formation actuelle et nos envies musicales, on fait au mieux pour être fidèles à ce qu'on aime avant tout, de même qu'on a fait au mieux pour cet album et qu'on fait ce qu'on peut pour sa sortie... Evidemment, quand je dis que nous faisons au mieux, c'est dans la mesure où nous avons chacun une vie à coté, nous n'avons plus vingt ans et forcement moins de temps à y consacrer.
Olivier: Tout comme Alex je me suis posé la question de ce qu'aurait pu devenir TLE a l'époque de l'engouement pour les "groupes à chanteuse". Bien que respectant son point de vue Je n'aurais pas tout à fait la même vision sur le passé et si Nathalie avait une très belle voix, elle n'est pour moi pas la cause principale du petit buzz qu'il y a eu autour du groupe. Le fait est que malgré nous on est tombé dans une période dans laquelle tous les groupes qui avaient une chanteuse se faisaient remarquer à ce moment là. D'autant plus quand la demoiselle en question a ce petit truc que d'autres n'ont pas. C'était le cas de Nathalie. C'est aussi le cas de Sandy maintenant, bien qu'elles aient toutes les deux un style différent. Seulement en 2009 le rock à chanteuse n'est plus aussi à la mode et donc l'enthousiasme général est un peu retombé. C'est comme ça et finalement ça importe peu car seule la musique compte. Entre temps nous avons continué à bosser et à progresser, fait de beaux concerts, enregistré 2 beaux albums et notre musique est maintenant beaucoup plus riche et personnelle. Ce que TLE va devenir je n'en sais rien non plus, je me fixe sur le présent et prends toujours énormément de plaisir à jouer dans ce groupe qui reste un point central de ma vie. J'ai fait et continuerai à faire beaucoup d'effort. Qu'importe si on ne devient pas des rocks stars, ça fait longtemps que j’ai abandonné cette idée la ;-) Je ne regrette absolument rien et suis fier de ce qu'on a réalisé jusqu'à maintenant!
Bon, et pour composer une musique comme la vôtre, j'aimerai découvrir un peu vos personnalités, sans être indiscret... Quels sont les lectures de chacun, quels types de ciné vous intéressent, qu'est-ce qui vous passionne vraiment à part la musique bien sûr ?
Sandy : Je ne suis pas une grande amatrice de livres ou de ciné, j’aime énormément faire des rencontres, voir ma famille, mes amis, j’adore voyager, découvrir d’autres horizons, écouter les compos pianistiques de mon copain, tous cela me donne pas mal d’inspirations loool
Alexis : peu de rapport avec mes compositions en tout cas ! En lecture pas mal de Lovecraft ces temps-ci ; en ciné, gros penchant pour le cinéma d'horreur et d'épouvante... sinon graphisme et jeux vidéos !
Olivier : J'aime bien les guitares et les cds hahaha ! En fait tout tourne plus ou moins autour de la musique car je n'ai malheureusement pas de temps pour d'autres hobbies. A coté j'essaie de faire du sport, voir ma copine et dormir plus de six heures par nuit !
J'en ai terminé... C'est le moment de faire la promo d' « Aerial » et de parler d'une chose dont vous auriez aimé et que nous avons oublié... Merci à vous.
Olivier : Juste un p’tit coucou à Vince d'Amartia et un grand merci pour son soutien ;-)
Alexis : Pas grand chose à ajouter vu que l'interview est très complète ! Encore merci à toi pour l'intérêt que tu portes au groupe ! J'en profite aussi pour saluer les personnes qui nous soutiennent et adhérent à notre univers musical, en espérant qu'ils ou elles apprécieront l'écoute de ce nouvel album.
Liens :