Interview : Sodomy Torture

Hum... Salut.
Alors... Sodomy Torture... Tout un programme, c'est fait je suis fan.
Mais ce qui est terrifiant c'est qu'on ne sait pas trop qui est derrière ce projet, Glenn Torture, Eventrator, Anaconda, hormis le fait de manier la hache, la chaine, la perforeuse de chantier, la tronçonneuse et le coupe coupe d'amazonie, vous venez d'où musicalement ?
Anaconda : Personnellement, j’ai débarqué du cosmos de l’enfer, j’ai été inspiré par les ondes du death metal.
« Ecartelage » c'est votre première démo qui date de 2006 et enfin vous avez pu sortir un premier album au mois d'avril dernier « Exteminamorgue ». Mais j'ai lu que l'album avait été enregistré il y a plus de deux ans, et que certains morceaux avaient quand même plus de trois ans... ça fait pas trop long ?
Qu'est-ce qui a empêché la sortie de cet album ? Est-ce que lorsqu'on sort un truc pas mal de temps après avoir composé et enregistré on peut se dire « fait chier, ça fait pétard mouillé, il était temps... bla bla bla » des frustrations de ce type je veux dire ?
Anaconda : Effectivement, du temps s’est écoulé, ça a traîné au niveau des labels… Autant bien faire les choses, une longue décision pour le livret CD, on voulait que la pochette coagule avec l’ambiance de l’album.
D'autant plus que vous aviez pas mis trop longtemps pour l'enregistrer: 3 jours en mars 2008 !!
ça n'a pas branlé vous étiez pressés ou bien ?
Anaconda : Tout était deja mijoté avant l’enregistrement, il nous restait plus qu’a enfourner les titres, avec les répèts et le boulot sur les compos, 3 jours ont été suffisants.
Vous êtes originaires de Toulouse et comme tous supporters, on l'avait bien vu sur votre logo à un moment sur le myspace à l'effigie du Stade !! D'ailleurs effectivement les initiales du groupe se marient à merveille avec celle du Stade Toulousain, fait exprès ou pas ?
Anaconda : C’est pas fait exprès, l’idée serait de faire des stickers du sigle en rajoutant le nom du groupe, ça serait cool de voir ça collé sur les bagnoles, les portes des magasins, de restaurants…
Puisqu'on parle du Stade, un peu, vous êtes branchés rugby ou pas du tout ?
Anaconda : Ouais surtout pour la 3ème mi-temps, j’aime bien le rouge et le noir.
Pour en terminer avec Toulouse, vous êtes allés chercher Mat de Bud Records (Gorod) pour le mix de « Exterminamorgue » . Relation personnelle ou connaissance du boulot du gars, notamment pour Gorod ?
Anaconda : Mat est un pote, on se connaît depuis un moment, avec son expérience musicale, il nous a permis d’avoir un enregistrement très satisfaisant, salutations à Gorod.

Bon, on ira pas chier par tous les trous, mais il est clair que l'influence majeur de Sodomy Torture c'est Mortician. Malgré mon humble connaissance de la scène metal underground, internationale... Je n'ai jamais eu l'occasion d'écouter dans l'hexagone un groupe qui soit aussi proche des ricains.
Et Mortician reste un groupe qui divise, parce que beaucoup les jettent à cause de leur côté simpliste, stérile...
Comment se fait-il que vous soyez arrivés à vous rapprocher de ce groupe parce qu'en plus vous avez participé à un Tribute en 2007 ? Qu'est-ce qui vous plait chez Mortician et les groupes de death de ce style ?
Anaconda : Mortician restent les pionniers dans la veine, on a eu l’opportunité de laisser notre morsure sur le tribute. Dans ce style, les accords lourds, les blasts, les grinds font une bonne représentation de scènes gore, ce que tu écoutes tu arrives facilement à l’imaginer. Sodomy Torture restera toujours adepte du gore death violent, tafioles s’abstenir !
Le fait de mettre des samples de films, c'est toujours quelque chose qui fait bien triper l'audience, c'est une des choses qu'on apprécie grandement d'ailleurs chez Mortician, chez vous aussi finalement ou encore chez Como Muertos plus récemment.
La culture horror movie prend-elle une part importante dans votre quotidien et votre attirance cinématographique quelle est-elle ?
Anaconda : Les samples annoncent bien certains titres de nos morceaux et ils sont en relation. C’est aussi ce qu’on exprime avec le groupe car l’épouvante, l’horreur et le gore sont dans nos âmes, j’ai une préférence pour les films des années 80.
Vous êtes trois pour Sodomy Torture, ce côté boites à rythmes vous permet-il de faire exactement ce que vous voulez musicalement, vous permet-il d'arriver à vos fins en matière d'impact de puissance ? Parce que ça reste assez figé quand on enregistre, on ne peut pas se permettre trop d'impro ou de fignolages non ?
Anaconda : La machine (qui s’appelle aussi Jean-Pierre) nous permet d’etre bien carré au niveau des riffs, l’enregistrement de l’album a été efficace, l’impro et n’a rien à voir, on peut cependant booster le tempo et puis ça râle pas, ça bois pas et c’est toujours en place.
Justement est-ce que ça vous empêche de faire des concerts ? Vous en êtes où de votre quête de batteur live ?
Anaconda : Un batteur tenant le rythme ne serait pas négligeable pour les lives mais ils sont rares. On s’organise sur scène à rendre la machine assez discrète.
Il ressort de la prod de « Exterminamorgue » un bon gros son puissant qui colle, propre dans sa présentation mais crasseux dans l'effet voulu, avec des vocaux gutturaux du fin fond de l'anus de Mephisto lui-même. C'était important pour vous de donner cet aspect compact à la manière de Mortician justement ?
Anaconda : Ouais en effet mais il faut faire la part des choses, autrement on aurait fait du heavy et ça aurait été Sodomy Priest.
Bon, je vois que ça copine sec, avec Fab de Snakebite !!! La cover art a été réalisée par Alexx, un tatoueur et colorisée par Fab lui-même... Chez Snakebite le boss met la main à la patte... !
Eventrator : Fab fait en sorte que ses prods soient le mieux présentées de plus il a une formation d’infographiste, ça aide.
J'ai lu qu'au départ vous aviez une moitié de deal foireux avec un label ukrainien et que finalement vous vous êtes tournés vers Fab puisque c'est un pote, mais dans ce cas, pourquoi ne pas l'avoir sollicité directement au lieu de perdre du temps ?
Eventrator : C’est une longue histoire, mais pour résumé j’avais balancé le pré-mix à Ukragh que je connaissais à l’époque. Le gars a été tout de suite enchanté mais la suite n’a pas été aussi merveilleuse car le gars nous a fait poireauter trop longtemps pour au final rien, ça nous a saoulé, on a contacté Fab.
Mon deuxième constat chez vous, c'est ce côté groove, ce côté Pungent Stench, très fun finalement en se voulant second degré. Vous reprenez justement Pungent Stench sur votre album en dernier morceau... Et là pareil, ce doit être une sorte d'hommage à ce groupe sublime non ?
Des groupes comme Pungent Stench sont rares, ils avaient cette facilité à envoyer leur death metal d'une manière tranquille avec cette particularité pornographique un peu gore qui leur était propre. C'est une référence pour vous ?
Eventrator : T’as tout pigé !
Vous pensez quoi de leurs productions, personnellement je suis plus fan des premiers « Been Caught », « For God... » « Club Mondo Bizarre » et surtout le « Dirty Rhymes... » ?
Eventrator : Pareil, gros fan des deux premiers, j’adore ce coté décadent et hors-normes même au sein de la scène death de l’époque.
Justement puisqu'on parle de Pungent Stench, encore plus dans votre manière d'être je trouve, vous avez ce genre de similitude. Ça se voit vraiment sur votre vidéo « Fog of terror ». J'ai totalement retrouvé la même ambiance que sur le clip de Pungent Stench « Shrunken and mummified bitch ». Est-ce que vous partagez ce point de vue ? C'est vers un résultat comme celui-ci auquel vous vouliez arriver ou je me fourvoie ?
Eventrator : Ouais c’est tout à fait ça bien que ça soit complètement involontaire, comme quoi les grands esprits torturés se retrouvent !!
Je ne pense pas m'être trompé mais vous avez repris trois morceaux de votre première démo « Ecartelage » ? Quand vous aviez enregistré l'album en 2008, qu'est-ce qui vous motivait pour rebalancer ces titres sur l'album ?
Eventrator : Ouais en effet, je pense qu’Ecartelage a un son un trop « caveau fermenté », de plus ces 3 morceaux étaient les « tubes » de la demo. Ceci dit, je les trouve un peu trop « thrash » voir « old school » face au déluge de violence des autres morceaux.
Puisqu'on est sur « Ecartalage », en 2009 Ars Funebris Recs, a ressorti cette démo en rajoutant le morceau de Mortician qui était sur le Tribute. Pourquoi cette re-issue, d'autant plus que c'est en format tape ?
N'aurait-il pas mieux valu directement ressortir vous même la prod en cd autoproduit ?
Eventrator : Ecartelage c’est une demo et par ailleurs du passé, le gars de Ars Funebris nous l’a proposé, on a accepté. Je pense que ça peut toucher aussi un autre public.
Je suis un grand fan du format vinyle, parce que les pochettes sont merveilleuses, par contre j'ai délaissé le format tape depuis pas mal de temps, je me suis même débarrassé de celles de mes tape-trading d'époque. Bizarrement il reste encore pas mal de fans de ce type de format, ta position là-dessus mis à part « je m'en branle »... (hum)... ?
Eventrator : J’ai toujours 2 grosses caisses de tape de demo des années 90, c’est toujours sympa de remater les pochettes mais franchement ça fait bien des années que j’ai pas rallumé mon lecteur cassettes. Dans un sens je suis d’accord avec toi, c’est un peu trop retro pour moi aussi. Par contre, le vinyle, je suis pour, en particulier pour les raisons que tu as évoqué.
Bon, même si « Exterminamorgue » est sorti cette année, j'ose espérer que depuis 2008 vous avez tout de même du matos en banque ? J'ai vu que vous alliez faire un split en 2011, notamment avec des reprises ?
Mais un album seul ?
Eventrator : Il y aura bien un split de reprises pour 2011 mais il y a juste que quelques ébauches de nouveaux morceaux bien à nous car je suis pas mal occupé sur d’autres projets, wait & see…
Bon, ben fin de la torture sodomiale, j'ai la rondelle en feu, faut pas abuser des bonnes choses... Encore quelque chose à dire ou on peut vous sortir les boyaux au taille haie ?
En tous les cas merci d'avoir bien voulu répondre à mes questions....
Eventrator : Merci à toi et désolé pour le retard, la coordination c’est pas toujours ce qu’il y a de mieux chez nous. A une prochaine, probablement dans un abattoir.


