

Parfois
perçue jusqu'à présent comme un line-up un
peu bancal, la version de Sepultura
menée par Derrick Green n'en
continue pas moins sa route avec détermination, et ouvre
l'année 2006 avec "Dante XXI" un album ambitieux
qui pourrait désormais faire toute la différence.
Andreas
Kisser et Derrick Green étaient à Paris au mois
de février pour rencontrer la presse, et le sympathique
et imposant vocaliste a répondu sans détours à
toutes nos questions sur ce nouvel opus et sa place au sein du
groupe brésilien.
par Patrick Etuy - mars 2006.
photos : Joerg Kyas.
english version : click here |
Ton
emploi du temps est plutôt chargé ces jours-ci !
Ouais, c'est non-stop ! On a commencé (la tournée presse
en compagnie de Andreas Kisser – ndr) en Suède à Stockholm,
pour ensuite aller en Pologne, puis on est partis en Allemagne à
Dortmund et Düsseldorf, puis à Berlin pour 8 heures d'interviews
et de photos pour la presse et la radio, et nous voici ici… Demain j'irais
en Belgique, puis en Italie et ensuite en Angleterre. Et de là
retour au Brésil pour commencer à répéter
avant de partir en tournée et donc revenir ici ! (rires)
Vu
comme ça, c'est comme bosser à l'usine !
(rires) Oui, on pourrait croire ça.. en tout cas pour cet aspect
des choses : partir chaque jour, rester un seul jour au même endroit.
Ce n'est pas la période la plus gratifiante ni la plus idéale,
mais ça l'est quand même dans un sens, parce que nous avons
passé un an et demi à travailler sur de la nouvelle musique,
et c'est quelque chose que tu veux montrer aux gens, leur communiquer,
c'est donc plutot intéressant d'en discuter pour la première
fois. J'avais vraiment hâte d'entendre ce que les gens pensent,
leur opinion, qu'elle soit bonne ou mauvaise tu vois, mais au moins
d'avoir une sorte de feedback, c'est donc pas mal.
Tu
as donc forcément eu des réactions des gens de la presse
depuis quelques jours, mais est-ce que tu as des retours de vos fans,
est-ce que certains ont eu la possibilité d'écouter les
nouveaux morceaux ?
Ben oui, ils les ont téléchargés (rires) ! Ils
les ont eu sur Internet ! Mais en fait le coté positif des choses
c'est qu'ils ont cherché à obtenir ces morceaux, ce qui
est bien, il y a donc une curiosité… On est nous-même dans
le bain par l"intermédiaire de certains sites comme Myspace,
des trucs comme ça. J'ai la charge de la page Myspace de Sepultura,
et j'ai vu que les gens ont déjà pas mal de réactions,
vraiment positives, et c'est plutôt impressionnant car cela ne
s'était jamais produit comme ça pour nos précédents
albums.
Pour
justement rester dans le débat autour des Mp3s, Internet est
plutôt perçu par Sepultura comme une bonne chose ou une
mauvaise ? Ou les deux ?
En fait c'est une bonne chose, comme d'avoir Myspace, nous pouvons y
déposer des morceaux du nouvel album, accessibles gratuitement,
ce qui permet aux gens d'avoir une idée de ce que nous faisons
et donc d'avoir envie d'acheter l'album. Je pense que si tu as des choses
très intéressantes comme un superbe artwork par exemple
- ce sur quoi nous avons travaillé dès le début
du processus de composition de l'album afin que les choses collent le
plus possible – les gens qui sont fans ou sont susceptibles de devenir
des fans obtiennent en fait quelque chose de très spécial
plutot qu'un vulgaire mp3. Les gens veulent posséder du concret
comme un digipak ou un vinyl, ils ont du coup l'artwork et peuvent le
regarder. Je pense que ce genre de démarche existe encore. Aujourd"hui
tu dois juste être encore plus créatif en tant qu'artiste
: les temps changent, et nous devons être attentifs au contrôle
de notre art.
Parlons
un peu du DVD "Live in Sao Paulo". Quelle était l'idée
derrière cette sortie ?
L'idée était que avons toujours voulu sortir un DVD depuis
que j'ai rejoint le groupe, mais nous avions alors des anciens morceaux,
et cela aurait été plutôt étrange de ne jouer
que des morceaux de l'ancienne période. Mais d'un coup il s'est
trouvé qu'après quelques albums nous étions en
mesure de faire un tel DVD live.
Le faire à Sao Paulo était quelque chose de très
spécial, car nous souhaitions vraiment montrer au monde d'où
venait Sepultura, montrer les fans et la ville de Sao Paulo au Brésil,
où nous vivons tous : il y a toujours une place dans notre coeur
pour eux : nos familles, nos amis, tout le monde ensemble. La plupart
des fans portaient des t-shirts de Sepultura ou des tattoos à
notre effigie, des fans plutôt hardcore. Et nous avons eu également
pas mal de potes et d'invités qui étaient disponibles
pour venir jouer, qui faisaient partie de l'histoire de Sepultura. Il
y a également quelques bonus sous la forme d'un petit documentaire
que j'ai réalisé, pour en quelque sorte expliquer la vie
d'un gringo comme moi dans ce groupe, les changements qui sont intervenus,
comment nous avons évolué, et montrer ce que c'est que
d'être à Sao Paulo. Pour moi c'est assez incroyable quand
j'y pense, car tout est allé très vite !
En tout cas c'est quelque chose d'assez différent car c'est vu
de mon point de vue et pas de celui d'un roadie.. du coup il n'y a rien
concernant des fiestas, ce genre de trucs et toutes les conneries ennuyeuses
que tu retrouves habituellement sur un DVD. C'est plus comme une video
de famille, un petit peu de la culture du Brésil, et également
un aperçu d'où je viens. On a aussi quelques bonus tirés
d'un show à Düsseldorf, un making-of, et quelques photos
super marrantes des membres du groupe. L'idée était plutôt
de nous faire découvrir aux gens de l'extérieur.
J'imagine
que ce "Live in Sao Paulo" a également une signification
personnelle pour toi, en tant qu'Américain parti vivre au Brésil.
Est-ce que l'adaptation à la vie brésilienne a été
difficile ?
Au début il y a eu des moments vraiment difficiles, dans le sens
où tu es loin de ta famille et de tes amis, tu ne connais pas
la langue, et tu es plutôt livré à toi-même
au départ : presque tous les gars dans le groupe ont une femme
et des enfants, et ils n'ont pas vraiment le temps d'aller déconner,
tu vois (rires) ! J'ai du donc découvrir pas mal de choses par
moi-même, ce qui ne me pose pas de problème. Je ne me considère
pas comme un Américain typique, je me souviens que vers 14 ans
j'avais déjà l'idée de vivre hors des Etats-Unis
et je savais que j'évoluais vers cet objectif, donc cela n'a
pas été un choc.
Mais au bout d'un an de présence environ cela a commencé
à être bizarre, du seul fait que Sepultura au Brésil
est connu du grand public : qu'ils soient jeunes ou vieux, les gens
connaissent le groupe et connaissent nos visages, et je n'étais
pas vraiment préparé à être montré
du doigt ou observé dans tout ce que je faisais, sans compter
les gens qui se pressent contre les vitres et se mettent à hurler
quand je fais mes courses à l'épicerie du coin ! Mais
ce sont des choses globalement positives auxquelles tu t'habitues (rires).
Mais tu sais j'étais plutôt au bord de la crise de nerf
au début, car je ne suis pas dans un groupe pour signer de autographes
ou faire des photos... Je suis issu de la scène hardcore new-yorkaise,
et c'était donc plutôt choquant, plutôt hallucinant,
je me suis senti presque… violé ! (rires).
Mais je me suis aussi habitué à d'autres choses vraiment
très positives au Brésil, les gens très accueillants,
très amicaux, qui font l'effort, sachant que je suis un gringo,
d'essayer de me parler en Anglais même s'ils ne connaissent pas
cette langue. Pour moi c'est donc plutôt bien, mais le plus difficile
reste de savoir qui veut vraiment être ton ami et qui veut seulement
poser avec Derrick, cela a été le plus dur. Mais après
plusieurs années à vivre là-bas je me sens plus
à l'aise et plus en sécurité.
Depuis
combien de temps tu vis au Brésil ?
Cela va faire presque 5 ans.
Passons
sans transition à ce nouvel album, "Dante XXI". J'imagine
que Dante fait référence à l'auteur de la
"Divine
Comédie"…
Il faut comprendre que nous étions au Brésil en train
de travailler sur des bandes originales et des musiques de films brésiliens
avec un réalisateur qui s'appelle André Moraes, qui fait
partie de nos amis. On fait plusieurs choses, et il pouvait nous dire
"Oh, j'ai besoin de cette partie pour une scène de meurtre
dans ce film" et alors je lui préparais des voix bizarres
avant de mettre tout ça en forme avec le groupe.
Du coup, lorsque nous avons commencé à composer, l'idée
a été de faire une sorte de bande originale, avec en prime
la liberté de choisir le thème et de faire ce que nous
voulions à partir de ça. J'ai alors pensé à
"La Divine Comédie" car je l'avais lu quand j'étais
à l'école. Mes parents étaient très religieux
et ma mère était une sorte de professeur de catéchisme,
et du coup je connais beaucoup choses concernant les personnages bibliques
ou la mythologie. Et le mélange dans ce livre était justement
très intéressant…
Oui,
c'est un livre plutot bizarre même !
(rires) Oui, c'est un livre TRES bizarre ! J'ai trouvé que c'était
assez dément, ce voyage que le personnage fait au travers des
différents cercles et toutes ces choses. J'ai dit à Andreas
et aux autres : "faisons quelque chose avec ça". Alors
Andreas a acheté le livre dans 5 différentes versions
ou éditions : une version pour enfants, une version illustrée,
en italien, en anglais et en portugais.. On a commencé à
lire tous en même temps, à en discuter, et on a fini par
décider que ce serait bien de faire quelque chose en partant
du début : beaucoup de gens ne se concentrent que sur "L'Enfer",
mais nous nous sommes dits que ce serait plutôt motivant de faire
la totalité, en choisissant des parties de "L'Enfer",
d'autres du "Purgatoire" et de diviser l'album en sections
comme dans le livre. Le tout en adaptant les idées que Dante
a eu en son temps et en les transposant dans le 21ème siècle,
d'ou cette référence au chiffre "XXI". C'est
à partir de ça que tout a découlé, l'artwork,
les paroles, la musique… Une fois que la musique a été
écrite, on s'accrochait à l'idée d'avoir des violons
et des cuivres, afin d'avoir cette atmosphère lugubre, et c'est
pourquoi on a fait appel à André Moraes. Comme il connaissait
du monde dans les orchestres, pour avoir travaillé sur des films
et des bandes originales, il a été très naturel
de rajouter tout ça par dessus ce que nous étions déjà
en train de faire.
Parlons
justement de la musique : est-elle écrite par les autres membres
du groupe uniquement ou est-ce que tu participes également ?
Eh bien pour résumer, une fois qu'on a l'idée maitresse
on va beaucoup en studio de répétition... En tout cas
ce qui pour nous paraît beaucoup (rires) : 4 fois par semaine.
Et on débute sur un riff d'Andreas par exemple, dont on discute.
Et c'est vraiment le boulot de base, tu vois, échanger des idées.
Il m'arrive d'attraper ma guitare, et Igor va ajouter ses idées
par dessus tout ça. Ou bien c'est Igor qui a une idée
et va débuter avec un rythme de batterie. On va ensuite remplir
tout ça avec des cris : pour essayer de capter l'atmosphère
qui ressort de cette première écoute, il n'y a pas de
paroles ni rien, juste suivre ce courant et batir ensuite dessus encore
et encore. Et on enregistre ça : les cris et les parties sans
les paroles, on fait comme ça. Et alors on écoute puis
on reécoute. Puis Andreas écrit les paroles, et il s'agit
donc d'adaptations à partir de nos enregistrements de répétition,
ce qui nous permet de suivre l'idée, d'une façon très
naturelle et très spontanée. Il n'y a rien de vraiment
pensé, c'est très perceptif, et donc souvent les choses
se calent, comme un son qui va bien avec tel couplet, ou tel rythme
ou tel enchainement ou tel son. Avec la musique tu finis par percevoir
certaines choses.
N'est-ce
pas difficile ensuite de reproduire ces perceptions très spontanées
lors du processus d'enregistrement ?
Non, parce que beaucoup de choses ont été très
planifiées en local de répet' avant que nous entrions
véritablement en studio. C'est vraiment très cadré.
La raison est que ça revient très cher d'enregistrer dans
un studio pour te permettre de passer du temps à te demander
ce que tu vas faire ensuite. Il y a toujours certaines choses qui sont
modifiées en studio, mais ce n'est pas compliqué une fois
que nous y sommes, c'est assez rapide, surtout pour Igor, ça
lui prend quelque chose comme 3 jours pour enregistrer la totalité
des batteries de l'album !
Andreas est assez rapide également, mais ensuite on s'asseoit
et on écoute, et il peut y avoir des petites choses qu'on change
ou qu'on déplace, mais jamais toute la chanson, qui est bien
cadrée avant.
Quelques
mots à propos de l'artwork ?
Stephen est un ami et un artiste de rue au Brésil : il y a beaucoup
de choses qu'il fait dans la rue, sur des immeubles. Il y une scène
artistique urbaine au Brésil, comme partout dans le monde, plutôt
underground. Et comme nous étions dans une approche très
moderne avec "Dante XXI" – toujours ce 21ème siècle,
nous voulions quelqu'un qui puisse prendre au corps l'idée de
Dante, qui lirait le livre, qui pourrait représenter dans son
art, visuellement, cette chose. Il y a 10 peintures en fait, avec des
séries comme 3 peintures qui représentent l'Enfer, trois
qui représentent le Purgatoire et 3 qui représentent la
Paradis.
En
fait ça ressemble à un CD de chants grégoriens
ou quelque chose dans ce genre : si les gens choisissent le CD du fait
de sa pochette, ils vont avoir des surprises ! [la
version initiale de la pochette, à l'époque de l'interview,
ne comportait pas le logo en forme de "S" - ndr]
(rires) Oh, ils vont être vraiment surpris ! C'est marrant parce
que n'avais même pas pensé dans ce sens "Oh, un fan
de Metal ne va pas choisir ça". Bien sûr j'imagine
qu'il y aura toujours des gens qui diront "Où est le Metal
?"…
Il
faut dire que c'est bien différent de ce que vous avez fait précédemment…
Ouais, mais bon, fuck it ! On ne vas faire le même truc à
chaque fois ! Et c'est super d'avoir cette réaction quand les
gens ne savent pas à quoi s'attendre, moi j'aime ça.
On
peut dire de même à propos de la production : c'est très
différent de ce que vous avez fait précédemment
et également de ce qu'on peut entendre dans le circuit actuellement.
De mon point de vue, en ce qui concerne la production, cet album semble
aller aussi loin que le "St Anger" de Metallica, dans l'idée
de repousser toutes les limites : était-ce voulu dès le
départ de tout chambouler au niveau du son et de la production
ou c'est venu naturellement ?
Oh, cela a été assez naturel, l'idée de base étant
"c'est une bande originale". Et la plupart des bandes originales
comportent des cuivres et des violons. Alors que j'avais déjà
cette idée de faire quelque chose de différent, je visionnais
parallèlement pas mal de trucs sur des films – je veux vraiment
travailler sur des films à l'avenir – Je regardais quelque chose
sur Martin Scorcese, et il parlait de la bande originale de "Taxi
Driver", il en discutait avec le compositeur, et ils parlaient
cette façon qu'a la bande originale de renforcer le personnage.
Il parlait des cuivres et sur "Taxi Driver"… si tu l'écoutes,
il n'y a pas de cordes : que des cuivres, des cors, car il souhaitaient
créer cette atmosphère de puissance. J'ai parlé
à Andre Moraes de cette idée, je lui ai donné des
idées, il avait également déjà des idées,
des idées étrangères à la scène Metal,
ce qui est bien, car nous voulions avoir une perspective différente.
Et comme la musique était déjà pratiquement réalisée,
cela n'allait pas tout cannibaliser, on voulait juste renforcer certaines
parties qui en avaient besoin, notamment pour le Purgatoire, afin de
décrire toutes ces choses qui se déroulent dans le livre.
Il
y a en effet beaucoup d'idées diverses dans l'album : il y a
des morceaux très typés hardcore ou Metal, et de l'autre
coté pas mal d'autres choses : soit des morceaux complètement
différents, soit avec une structure plus familière mais
avec beaucoup d'arrangements : on a l'impression de séries ou
de groupes de morceaux ?
Oui, en quelque sorte. En fait les 5 premiers morceaux sont basés
sur l'Enfer : c'était prévu comme ça, de dire "avec
ces morceaux super heavy, va en enfer !". Puis une intro arrive,
ce qui permet de donner le sentiment que tu bouges vers quelque chose
de différent. Et c'est également voulu, du style "on
va au Purgatoire". Du coup les 4 morceaux suivants sont basés
sur le Purgatoire : on voulait avoir un son assez symphonique, pour
donner le sentiment de quelque chose de très différent
: une partie différente du livre, une façon différente
de penser. Puis vient le Paradis : pour le Paradis on voulait utiliser
une batterie électronique. Et parce que la Paradis est une partie
du livre complètement différente des autres, on s'est
attachés à lui donner ce cachet, comme un voyage à
travers les différentes sections.
Deux
morceaux ressortent particulièrement, "Nuclear Seven' et
"Repeating the horror"...
Pour "Nuclear Seven", c'est quelque chose que nous voulions
très mélodique, avec l'idée des sept puissances
nucléaires dans le monde, comme un écho aux sept péchés
capitaux. Cela fait partie du Purgatoire dans le sens d'une conduite
à tenir, d'un repentir. Le Purgatoire tient au repenti, à
la faculté de changer. En Enfer tu n'as pas cette possibilité,
il n'y a aucun espoir "Laisse ici tout espoir". Et c'est donc
dirigé par l'idée de faire quelque chose de très
mélodique, ne serait-ce que pour laisser souffler : si je hurlais
tout le temps ça finirai par être lassant à l'oreille
! Entendre des choses différentes, d'autres rythmes. Il y a ces
influences – car nous n'écoutons pas uniquement du Metal, surtout
Igor et moi-même qui écoutons pas mal de hip-hop… "Repeating
the Horror" contient pas mal d'influences - car à l'époque
Igor et moi-même on était dans des trucs de DJ, notamment
avec un side-project appelé Oplano avec un Djay - et c'est donc
de la batterie live jouée par dessus des rythmes électroniques,
afin d'avoir ce groove, une sorte de rythme hip-hop sans que cela soit
évident ou flagrant, dans un cadre façon Sepultura. Je
pense que c'est super d'avoir ces rythmes, le début de "Repeating
the Horror" peut faire penser à un beat des Beastie Boys.
C'est un rythme assez tranquille mais qui relaie des guitares très
heavy, il y a donc un effet de groove qui a tendance à te faire
bouger la tête en rythme. C'est quelque chose que nous avions
besoin de pousser sur cet album, retrouver le groove dans notre musique.
A
l'opposé de cette approche musicale, il y a "Fighting On",
qui sonne comme du death metal de Floride, presque du Obituary !
(rires) Oui, c'est vrai, c'est vrai… C'est, comment dire, comme grimper
une colline : tu sors de l'enfer, peu importe toutes les merdes qui
te sont tombées dessus tu continue à te battre, le voyage
n'est pas fini. L'idée était d 'avoir cette sensation
de gravir une montagne, de continuer, d'aller au bout de soi.
C'et
un album assez court : 40 minutes… dont 5 instrumentaux...
(rires) Oui…
Il reste donc peu de choses pour la scène,
vous savez déjà quels morceaux seront joués en
tournée ?
Well, on en a une petite idée. Une fois de retour au Brésil
on pourra répeter et voir ce qui fonctionne, de même que
pour les morceaux plus anciens. On doit réflechir à ce
qui pourrait lier un morceau à un autre… Mais on fera des essais
au début.
C'est un album court car le livre est long (rires) ! On voulait le faire
le plus simple possible, seulement les élements essentiels. Je
pense qu'on finira par le jouer live en intégralité, ce
qui est possible car il n'est justement pas long, avec un orchestre,
essayer de faire quelque chose de différent, et l'enregistrer
pour un DVD serait super. Et l'accompagner de visuels, afin que les
gens aient l'artwork, la musique, le son, dans la globalité.
C'est quelque chose que nous souhaitons faire une fois que l'album sera
sorti et donc que les gens le connaissent déjà.
Dernière
question : on vient d'apprendre que Igor ne jouera pas sur la prochaine
tournée et serait remplacé par Roy Mayorga de Soulfly
?
Igor, au cours des dernières années, a eu énormément
de changements dans sa vie, au niveau personnel. Et depuis qu'il est
dans le groupe il n'a jamais eu de temps libre. Après le départ
de son frère il n'était pas question de souffler. Alors
pour lui, son divorce, sa nouvelle femme, un nouvel enfant, il ne sentait
vraiment pas d'être loin du Brésil en ce moment, de tourner
pendant des mois et des mois et d'être loin de sa famille à
nouveau : il aurait voulu les rejoindre pour s'occuper d'eux, et ne
serait pas concentré. Il a donc estimé que ce serait mieux
pour lui de rester à la maison, de ne pas faire cette tournée,
et de revenir jouer en concert lorsqu'il le souhaite. Mais en ce qui
concerne sa présence au sein du groupe, faire les videos et tout
ça, il sera là à 100 %.
Roy était une super opportunité du seul fait qu'il a déjà
joué avec Max (Cavalera) et il connaît donc pas mal de
morceaux de Sepultura. On est potes, et je connais Roy du temps où
je vivais à New York. Il est très enthousiaste et il est
complètement prêt s'y mettre, et c'est un super batteur.
Ce sera différent c'est sûr, mais ce sera une belle occasion
d'essayer différentes choses, de faire les choses différemment
pour nos fans et d'offrir un super show.

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