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Interview de Qantice - mai 2009.

Interview : Qantice

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Le monde de Qantice est tellement intéressant, tellement magique, imaginaire et si recherché...
Voici enfin « The Cosmocinesy » sorti chez Brennus Music au mois d'avril 2009, un album riche en inspirations de toutes sortes, de tous horizons, sur fond de musique progressive aux airs de heavy metal et explorations celtiques et épiques, symphoniques; une musique cosmopolite en somme. L'histoire complexe et détaillée de l'épopée après la résurrection de ce Megantrope qu'est Alsrick, vous pourrez la retrouver non seulement sur l'album mais aussi très bientôt en roman. Il a fallu huit ans pour écrire cette pièce magistrale... Tony Beaufils l'alchimiste nous raconte cette longue histoire...
par Arzhu - mai 2009.

Bonjour à toi. Alors, je sais que Qantice est au départ ta volonté, Tony, (ex-Now-Lëdge, Mindrage, Krozal, TornaoD ) de créer un nouveau groupe, et que ça part de 2002. Mais qui es-tu tout d'abord, ainsi que les membres qui sont venus petit à petit rejoindre Qantice, Aurélien (nouveau batteur) n'étant arrivé qu'en 2008 ? Présente-toi un petit peu, et dis-nous quel est votre passé musical et même votre présent d'ailleurs (surtout vos autres groupes qui sont importants tout de même pour le talent créatif de Qantice) ? Et dis-nous ce que représente Qantice pour vous, maintenant que l'album est enfin sorti ?

Qui je suis ? S’il fallait répondre en un mot, je dirais un rêveur. Monter Qantice part d’une volonté un peu mégalomane de rassembler en un seul projet tous les genres qui me plaisent : métal mélodique, musique classique, musique de film et science-fiction, pour ne citer que les principaux.
Après une première tentative de ce genre avec le groupe instrumental Now-Lëdge en 1994 (aux côtés de Cyril Verez, bassiste qu’on retrouve en invité sur l’album de Qantice), j’ai compris qu’il me restait encore beaucoup à apprendre avant d’être à la hauteur de ce à quoi j’aspirais. Malgré quelques bonnes idées, mon jeu d’alors se résumait pour l’essentiel à une bouillie de notes hautement imprécises…
A partir de là, j’ai décidé de prendre mon temps : j’ai multiplié les expériences de scène et de studio dans les divers groupes folk/rock/metal/celtiques que tu as cités ainsi que dans Belyscendre et le Naheulband dont je fais encore partie, tout en commençant à rassembler doucement les personnes et les compos qui plus tard feraient ce premier opus Qanticien.

Photo de Qantice

La toute première à avoir rejoint l’aventure, ce fut Yosh en 2002, premier violon de l’orchestre symphonique des Ulis « L’Odyssée Symphonique ».

Puis il y eut le batteur Ephrem Charmois la même année, mais qui ne put se rendre suffisamment disponible par la suite, et que j’ai donc récemment remplacé par Aurélien Joucla, un jeune virtuose déjà très expérimenté au sein de groupes aussi variés que Woodtrip (rock/metal/funk/blues/gypsy/zouk/porn !), Siz'l (thrash/hardcore/death metal) ou encore Eaten By Her Child (metal/thrash/death), pour ne citer que les récents.

Et en 2005, je trouve enfin la voix mélodieuse et technique que je cherchais depuis si longtemps en la personne de Vince, également membre de Lands Of Past (dark metal atmosphérique) et Agone Angel (electro metal). Etant également un ancien de Biomech Race, le groupe de prog metal dont Kevin Codfert (claviériste et ingé son) était membre avant d’intégrer Adagio, j’avais aussi trouvé par la même occasion la personne à qui je demanderais de produire le CD par la suite…

D'accord. Qantice comme vous le dites vous-mêmes, ce sont deux univers. Deux univers distincts et complémentaires en fait. Tout d'abord un univers musical et ensuite un univers romanesque puisqu'il s'agit de l'épopée d'Alsrick. Mais ce n'est pas à moi de raconter cela, fais-nous un peu rêver, donne-nous le synopsis de Qantice, explique-nous ce qu'est cet univers, qui est Alsrick, ce qu'est la Cosmocinésie, même si l'on peut consulter cette histoire ainsi que la Qanticlopédie à travers votre site, qui soit dit en passant est remarquable et plein d'infos...

Alors, effectivement, Qantice est plus qu’un groupe : c’est aussi le nom d’un univers qu’on pourrait évoquer rapidement comme un « Fantasia (le monde imaginaire de l’Histoire Sans Fin) à la sauce Star Wars ». Sur Qantice, terre plate et de dimensions infinies, le champ des possibles est très vaste grâce une technologie qui permet la transformation des matières vivantes ou inertes aussi aisément que s’il s’agissait d’images dans un logiciel graphique. (Le parallèle est également possible avec les compositions et les arrangements de « Qantice – le groupe », qui se veulent aussi créatives que possible) Pour ce faire, la plupart des créatures ont besoin de ces cristaux rares nommés Ergolys. D’autres, plus chanceuses – ou plus douées ?-, appelées Mégantropes (=grand homme, d’après l’étymologie), n’ont besoin de rien et ne connaissent donc aucune autre limite que leur imagination dans leurs réalisations… (S’agissant du groupe, nous serons de vrais Mégantropes quand nous pourrons faire nos albums sans limite de budget… George Lucas, si tu lis ceci… (rires))
Mais revenons à nos moutons : notre histoire débute lors d’une des résurrections d’un Mégantrope nommé Alsrick (ces petits malins font des copies de sauvegarde d’eux-mêmes), quand il constate que son amie Théloée et sa planète ont mystérieusement disparu… Tout ce qui suit raconte son enquête en diverses régions de Qantice, à commencer par son infiltration au sein d’un clan de pirates, premiers suspects de ce vol…

Le titre complet de ce premier volet est « The Cosmocinesy or The Movements of the Worlds » autrement dit : « La Cosmocinésie où Les Remuements des Mondes » (cosmo=monde, cinésie=mouvement). Il s’agit donc d’une sorte d’Odyssée futuriste dans un monde où tout change en permanence, et parfois dans des proportions astronomiques…

Sinon, en effet, on peut trouver beaucoup plus de détails sur le site… Donc avis aux curieux...

J'ai vu aussi d'ailleurs que vous alliez faire un roman de cette épopée. Tout d'abord qui a écrit cette histoire qui est quand même pleine de détails, de complexité et d'imagination ?
 C'est l'œuvre d'une seule personne, ou plutôt d'une coopération symbiotique ?

Le livre est à peu près achevé et il s’agit du fruit d’une collaboration de plus de deux ans avec l’écrivain Marie Fontaine, qui a rédigé la totalité du texte et participé au moins autant que moi à l’élaboration du synopsis et des multiples développements, permettant aux dix chansons de l’album de devenir un véritable roman de plus de 450 pages. Des merveilles comme les mots « Mégantrope » ou « Cosmocinésie » sont d’ailleurs ses trouvailles.

Et vous allez procéder comment pour la réalisation de ce roman ? Il va sortir en format livre habituel, ou format digital ?

Sauf imprévu, il devrait être auto édité et vendu sur notre site. Vu son volume et les heures de lectures qu’il représente, je doute que le format digital soit adapté. Ceci dit, il y aura au moins un chapitre témoin sur le site. Et puis, la Qanticlopédie en est déjà un tout petit aperçu.

On arrive maintenant à avoir en France un excellent niveau en ce qui concerne les groupes progressifs, je parle d'Adagio, de Headline, vous en l'occurrence et aussi Kalisia dans un style un peu plus extrême. C'est formidable cette scène qui s'est enrichie et perfectionnée au fur et à mesure des années. A ton avis combien d'années de travail et de pratique faut-il pour arriver à un tel niveau ? De votre côté, la musique cela représente combien d'heures de travail par mois ?

Tout d’abord, merci de nous comparer à ces pointures, mais il va nous falloir encore un peu de boulot et d’expérience pour accepter de telles comparaisons sans protester… Quant à savoir ce qu’il faut pour atteindre un tel niveau, je pense que d’autres facteurs s’ajoutent à celui du temps de travail. Etre naturellement doué, avoir pris des cours, et surtout savoir s’astreindre à une vraie discipline, comptent tout autant que l’accumulation d’heures. Faisant partie de la catégorie des « tortues un peu boiteuses mais déterminées », je vois bien qu’il m’a fallu dix ans pour faire ce que d’autres feraient en cinq ans. S’agissant de mon rythme de travail, j’ai parfois du mal à trouver plus de deux heures à consacrer à la musique, guitare et composition confondues, notamment en cette période de sortie de CD où je dois assurer la gestion des sites, les pubs, la comptabilité, l’envoi des commandes, les interviews… et j’en oublie… A l’inverse, dans la dernière ligne droite de la production de l’album, je ne faisais que ça du matin au soir, soit environ quatorze heures par jour. Il est donc assez difficile de donner une moyenne mensuelle car c’est extrêmement variable dans mon cas.
Quant aux autres musiciens de Qantice, ils sont tous d’un très bon niveau et les enregistrements ont été très étalés dans le temps. Bref nous n’en sommes pas encore aux efforts intensifs que vont réclamer les répétitions en vue des concerts : et là, il faudra vraiment nous aligner sur nos illustres collègues !

Photo de Qantice

Avant de parler de votre musique, je voudrais parler de votre artwork, parce que de ce côté-là, vous n'avez pas non plus fait les choses à moitié. Tout d'abord cette magnifique pochette, c'est l'œuvre de qui ?
Ensuite dans le booklet, on pourra trouver quelques illustrations marquantes de l'histoire d'Alsrick ?

Cette pochette – cette fresque, devrais-je dire – a été exécutée par Neil Maccormack, un artiste 3D anglais que j’ai découvert en visitant les sites ou s’étalent les meilleurs graphistes de SF du moment. Dans la liste des illustrateurs que j’ai contactés, il y en avait même qui ont bossé sur les Star Wars, mais ils étaient trop débordés. Puis, au moment de faire faire le logo par ZeMial, un autre artiste de qualité, belge celui-là, ce dernier a proposé quelques retouches pour ajouter de la chaleur à cette image : quelques filtres, un éclair par ci, des herbes par là… Donc oui, j’ai voulu mettre le paquet côté visuel, ce qui est d’ailleurs complètement dément en cette période de crise du CD, car je ne suis même pas sûr que l’ensemble des ventes de cet album couvrira le prix de sa pochette. (rires) Tu comprendras donc que je me sois calmé avec l’intérieur du livret : il ne contient que des agrandissements de cette image unique, plaqués derrière les textes. Pour d’éventuelles scènes supplémentaires, on y pensera sans doute au moment de publier le livre. On pense notamment à quelques gravures façon encrage noir et blanc…

Je ne pense pas avoir vu qu'il y avait une version digipak...Vous ne trouvez pas ça un peu dommage ? Peut-être qu'une version digipak aurait donné encore plus de beauté au produit, notamment à l'histoire que vous racontez, qu'en penses-tu ? C'est une chose envisageable (oui, j'adore les digipaks !!) ?

Oui, bien sûr que ce serait un vrai plus d’avoir une version digipak, et même un jour, pourquoi pas, le coffret CD+livre… Ce sont des choses auxquelles je pense, mais pour ne pas mettre la charrue avant les bœufs, il était plus prudent de commencer par un CD normal.

Nous y voici, alors la musique de Qantice c'est quoi exactement ? Une musique progressive qui mêle heavy metal inventif, épique un peu sans doute, technique et symphonie avec une particularité à insérer plein de passages traditionnels un peu folk ? Comment tu la ressens au fond de toi-même ?

J’aime bien ces deux premières questions car la seconde m’évite de répondre à la première (rires). Enfin, sérieusement, je pense que tu as bien résumé la chose. De par son principe d’hymne au foisonnement créatif, la musique de Qantice ne s’interdit aucune surprise, tant qu’on reste dans ces décors d’aventure, de science-fiction, et de merveilleux. A ton énumération, on peut ajouter quelques ambiances jazzy/seventies par ci, une touche de gothique par là, ou des notes sorties des années trente coincées entre deux envolées à la John Williams. Ce qui m’exalte dans l’art de la composition, c’est de chercher à concilier ces contraires que sont d’une part mon désir de faire quelque chose de généreux qui part dans tous les sens et d’autre part l’envie de donner à chaque morceau une personnalité aussi cohérente que possible, avec comme priorité la recherche esthétique. Quant à savoir comment je ressens cette musique, je dois dire que c’est assez intense. Ces morceaux sont à la fois des prolongements de moi-même et des découvertes qui me semblent extérieures. En créant, je cherche tout simplement ce qui produit sur moi une réelle exaltation, un truc qui me parle, qui me raconte une histoire…

Combien de temps l'écriture complète de l'album vous a pris ? Parce que depuis la création du groupe il s'est passé pas mal d'années jusqu'à la création de cet album... C'est un peu la fin d'une ère, pour commencer un prolongement qui devrait aller crescendo je pense...

A vrai dire, si j’ai fixé 2002 comme date de naissance de Qantice, c’est parce que c’est le moment où j’ai recruté les premiers musiciens de cette aventure ; mais j’aurais pu tout aussi bien choisir 1999, celle des premières ébauches de «Pirates», le morceau le plus riche de l’album… Et on comprend mieux pourquoi, quand on voit son âge à ce grand garçon (rires). Donc, sachant que le mix a commencé en 2007, on peut dire que l’écriture proprement dite a pris huit ans. Et en effet, il s’agit d’une ère bien révolue car cette période et les années qui ont précédé m’ont permis de doucement trouver un style et de commencer des dizaines d’autre compos qui mettront donc moins longtemps à mûrir, étant donné que certaines sont déjà achevées aux trois quarts. C’est un peu comme avec les fruits verts : si l’on commence à en voir rougir quelques uns, c’est que les autres ne vont pas tarder à en faire autant. Ceci dit, je ne sais pas si je vais réussir à atteindre le niveau de productivité des Rhapsody et consorts car je suis un incorrigible perfectionniste (doublé d’une tortue un peu boiteuse !), et je préfère ne rien sortir que d’avoir l’impression de n’avoir pas achevé une œuvre.

Photo de Qantice

Et qu'en est-il alors de vos deux démos « Contours of Qantice » de 2005 et « Blooming » de 2006, c'était surtout des démos pour démarcher les labels ? Tout le monde a pu y avoir accès ou c'était juste réservé aux professionnels ?

Effectivement, elles étaient juste destinées à convaincre les labels. D’ailleurs, grâce à quelques touches que j’ai eues avec ces démos, j’ai pu trouver le courage qui me faisait parfois défaut pour poursuivre ce projet titanesque. A l’inverse, étant donné le faible niveau de production de ces démos, je ne voyais pas l’intérêt de les faire entendre à des auditeurs ou à des chroniqueurs qui auraient inévitablement dit « bonnes idées, mais il faut voir ce que ça donne avec un vrai gros son ». Mon envie était à la fois plus discrète et plus orgueilleuse : faire tout à coup sortir cet album de nulle part et que les gens se disent « mais d’où ça sort, ça ? ». Ceci dit, si un jour je les réécoute et que je les trouve plus amusantes que honteuses, peut-être que je les mettrai en ligne, sous forme de mp3… On verra.

Lorsqu'on écoute vos chansons on ressent bien l'environnement d'un monde imaginaire, mais aussi rempli d'aventures, un titre comme « Pirates », c'est complètement magique, « Budding from the mist », j'ai eu l'impression d'être un peu dans Zelda et d'entrer aussi dans la musique de Braveheart... Quel est l'environnement quotidien des membres de Qantice ? Est-ce que vos goûts cinématographiques, culturels ou de littérature sont dans la lignée de « The Cosmocinesy » ? Est-ce que ce monde fait partie intégrante de votre style de vie ?

Nos environnements sont très variables d’une personne à l’autre car nos vies professionnelles et privées le sont également, et ce qui nous rapproche, c’est avant tout un goût commun pour ce genre de musique évoluée qu’on propose au travers de Qantice.
Mais comme tu l’auras compris maintenant, dans le détail, c’est avant tout mes goûts culturels qui sont mis en avant et c’est effectivement là qu’on trouve tout ce qui fait Qantice : en matière de littérature, ça va du conte philosophique façon XVIIIe à la SF picaresque de Jack Vance. Côté cinéma, j’englobe quasiment tout ce qui existe de valable depuis le muet jusqu’aux superproductions de Georges Lucas. S’agissant de Zelda, tu n’es pas le premier à faire cette remarque, bien que je ne joue à aucun jeu vidéo, hormis quelques uns d’aventure du style Syberia une fois tous les cinq ans… Mais j’attribue cette étrange « conjonction » au fait que plus petit, je me suis littéralement gorgé de ces mangas dont les musiques à la fois héroïques et enfantines sont sans doute assez proches de ce qu’on retrouve aujourd’hui dans la plupart des jeux à tendance « fantasy »… Mais pour en revenir au monde de Qantice, oui cela fait partie de ma vie, et ça en constitue même l’essentiel. C’est un peu ma Chapelle Sixtine à moi…

Vous intégrez également quelques éléments celtiques, dignes de scènes cinématographiques, une bande originale de film serait parfaite pour la musique de Qantice, vous avez déjà songé à réaliser ce genre de projet ?

Si tu évoques l’idée de mettre la musique de Qantice derrière un film, oui, c’est envisageable, mais alors, ça devra être l’adaptation fidèle du roman. Sinon, je suis également prêt à m’essayer à des créations originales pour des films, des jeux, voire des publicités, surtout si j’ai la possibilité d’y exprimer ce que je fais de mieux : du métal épique et orchestral ! Je commence d’ailleurs à prendre quelques contacts dans ces milieux et je sors du sujet trois secondes pour ajouter que je suis également en mesure de créer des compositions et des arrangements pour des artistes, métal ou non…

Pour rester dans le sujet de la musique celtique, vous avez un nombre d'invités conséquent qui ont participé à l'interprétation de l'album, notamment avec des instruments folk, comme la flûte irlandaise, l'ulean pipe qui est donc une sorte de cornemuse, le hautbois, la flûte traversière... Ces instruments quelques peu atypiques en matière métal mais qui ont tendance à intégrer la scène plutôt aisément ces dernières années sont arrivés comment dans vos compositions ? Pendant l'écriture c'était calculé d'y insérer ces derniers ou vous avez pensé la chose au fur et à mesure de l'élaboration pour améliorer la féerie ?

Il y a une grande part de hasard dans tout ça, je l’avoue, car c’est par un enchaînement de rencontres musicales que j’ai été amené à connaître beaucoup de musiciens traditionnels, et à jouer avec eux, au sein du groupe Tornaod notamment. Comme en parallèle, je bâtissais Qantice, l’idée d’utiliser les compétences de ces musiciens et de leurs sonorités s’est naturellement présentée à moi. J’avais tout à y gagner, d’une part en sortant un peu de mes influences « néo-Malmsteeniennes », et d’autre part en utilisant autre chose que des samples midi pour orchestrer mes morceaux. Et de fait, avec ces ambiances sentant l’herbe fraîche et les lutins, la féerie ne pouvait que s’en trouver renforcée. (sourire)

Alors finalement l'enregistrement s'est fait en 2007, l'attente a dû être longue, je suppose, jusqu'à aujourd'hui... Vous avez travaillé avec Kevin Codfert, claviériste et ingé-son de Adagio, cela a été un travail de longue haleine ? Éprouvant ou plutôt instructif et rempli de bons souvenirs ?

Tout d’abord il est plus exact de dire que les enregistrements se sont étalés entre 1999 et 2007 car même si le plus gros s’est fait à la fin, j’ai quand même gardé un certain nombre des toutes premières pistes, notamment celles des invités. Maintenant, s’il y a quelqu’un pour qui la chose a été un peu éprouvante, c’est plutôt pour Kevin, car il s’est retrouvé un nombre astronomique de pistes de qualités inégales dont certaines ont devaient être soit traitées, soit refaites : il n’était pas rare qu’en rentrant chez moi le soir, j’ai quelque devoir à rendre pour le lendemain ! (rires) Les délais qu’on se fixait étaient sans cesse repoussés et, bout à bout, l’ensemble a bien dû lui prendre deux mois… A titre de comparaison, en temps normal, il ne lui suffit que d’un mois pour produire entièrement un disque, enregistrements compris ! Et moi, pendant ce temps-là, j’étais toute la journée les bras croisés à le regarder bosser, en lui posant des tonnes de questions sur les « ficelles » du métier ou en chipotant pour que chacun de ces quinze mille instruments soit pile poil au volume et à l’emplacement stéréo que j’avais prévus... Et parfois j’ai changé d’avis en cours de route !… Mais malgré ça, il est toujours resté très zen, et s’est montré réellement généreux en temps et en précieux conseils. Donc oui, c’est un très bon souvenir.
Quant à savoir si l’attente à été longue, depuis ce mixage fin 2007 : non, pas vraiment… Angoissante, à la limite, car j’ai effectivement perdu toute l’année 2008 à chercher le bon label pour cet album, mais pendant ce temps, le livre a pu avancer, ainsi que de futures compos…

Photo de Qantice

Ok, et ce démarchage auprès des labels, cela a été facile, tu avais ciblé les labels avec qui vous vouliez travailler ?
C'est Brennus qui a remporté la signature, label qui officie exactement dans votre genre de musique, leur boulot semble être effectué correctement non ? La promotion est-elle du fait de Brennus music, le fait qu'on puisse trouver votre album un peu partout en France (Fnac, Gibert, Leclerc, Virgin...), mais aussi à l'étranger, (les Usa, l'Europe...) et forcément en ligne également (chez vous, Brennus ou Amazon...)?

Depuis pas mal d’années, j’avais eu des touches avec LMP et The Lazer’s Edge, et j’ai effectivement obtenu de ce dernier une proposition de distribution qui devrait bientôt se mettre en place en collaboration avec Alain Ricard de Brennus. Bien sûr, j’aurais aussi aimé travailler avec LMP (label des premiers Angra, Rhapsody, Adagio… etc) mais pour des raisons qui les regardent, la chose ne s’est pas faite. Ceci dit, comme entre-temps j’ai appris que leurs contrats étaient loin d’être aussi avantageux que ceux de Brennus, (l’avantage avec le net, c’est que beaucoup d’infos y circulent) je n’ai pas vraiment de regrets. Enfin s’agissant de Brennus, oui, non seulement le boulot est fait correctement mais en plus, c’est un vrai plaisir d’avoir affaire à quelqu’un de carré et sympathique comme Alain Ricard. Tout comme Kevin, Alain prend le temps de vous expliquer comment fonctionnent les choses. Il ne promet aucun miracle, et c’est la meilleure façon de préparer l’artiste au boulot qui est le sien. Dans un petit label comme celui-ci, l’effort de promotion est partagé avec le groupe, ou bien à la charge de ce dernier s’il désire s’offrir des extras coûteux. Côté distribution - car c’est d’un contrat de distribution qu’il s’agit - Alain fait fonctionner son réseau de collègues distributeurs et c’est ainsi que le CD de Qantice peut se retrouver un peu partout en France, sur le net en numérique, dans pas mal de pays européens et bientôt aux USA ou dans certaines boutiques au Japon. Il n’y a que la boutique en ligne de Qantice et quelques points de vente amis comme le bar de l’Antre Deux Mondes à Dijon ou la boutique de l’éditeur de jeu de rôle « Oriflam » qui soient directement gérés par le groupe. Tout le reste est assuré par Brennus.

Bon et en ce qui concerne les concerts, qu'est ce qui est prévu, vous allez tourner pour promouvoir l'album et voir ce que les chansons peuvent donner sur scène, ou Qantice reste un projet studio ?
Et si jamais vous jouez sur scène, comment envisagez-vous vos concerts, ce n'est pas chose facile si vous devez ramener tous les guests sur scène! ?

J’avoue qu’on commence à se poser ces questions en ce moment. Jusqu’à présent, je les ai toujours repoussées à plus tard en disant « on verra quand l’album sera sorti », mais maintenant ça y est…
La première étape va être de recruter bassiste et claviériste, tout en commençant à travailler chacun séparément. Car il y a jusqu’à 900km d’écart entre certains des musiciens du groupe et il va donc falloir être très pro et organisés.
S’agissant des invités, je ne m’inquiète pas outre mesure. On aura nécessairement recours à des samples sur scène, comme beaucoup d’autre le font, et quand tel ou telle seront disponibles, on leur fera une petite place. Sinon, histoire de nous rôder un peu, je caresse aussi l’idée de mini premières parties devant les fans du Naheulband, qui réunissent le meilleur d’un public métal et d’une bande de potes. (sourire)

Bon, eh bien, après ces quelques lignes, il est temps de nous dire au revoir, j'espère que l'album traversera les frontières et suscitera l'intérêt qu'il mérite d'avoir parmi la population métallique mais également plus profane désireuse d'aventure...

Merci Arzhu. Nous l’espérons aussi, et surtout, nous y travaillons !

Liens :

site officiel : www.qantice.com

page Myspace : www.myspace.com/qantice

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