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Interview de Pensees Nocturnes - mai 2009.

Interview : Pensees Nocturnes

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Première production des Acteurs de l'Ombre, « Vacuum » est l'oeuvre de Pensées Nocturnes. Cet album renferme une musique sombre et poétique aux frontières indescriptibles. Nous avons voulu connaître un peu plus Vaerohn, celui qui est à l'origine de Pensées Nocturnes à travers ces quelques lignes...
par Arzhu - mai 2009.

Salut à toi Vaerohn, merci de répondre à ces questions. Tu as déclaré lors d'une interview que les étiquettes que l'on colle sur ton projet sont diverses sans jamais représenter Pensées Nocturnes... Alors peux-tu faire ta propre autocritique ou ta propre chronique en toute objectivité, même si un exercice introspectif est toujours difficile ?

Si ta question porte sur le fait de devoir répertorier cet album, pour t’être visiblement assez intéressé à mon sujet tu dois te douter que c’est un exercice dont je me dispenserais. Attribuer une dénomination stylistique à un groupe ou un album réduit trop la liberté de l’auditeur pour que j’en fasse l’effort. Si par autocritique tu souhaites que j’analyse les défauts de l’album (plutôt étrange pour une première question), je dirais que j’ai suffisamment de recul aujourd’hui pour trouver les structures un peu trop simplistes et attendues. J’ai confectionné cet album seul et il est évident qu’un peu plus de moyen n’aurait pas fait de mal, surtout au niveau des guitares mais pour un premier essai je suis quand même satisfait.

En parlant des retours que pouvait avoir eu ton album, tu disais que tu avais « une vision précise de ce que tu voulais pour la suite, les élucubrations plus ou moins frustrées de quelques plumes baveuses ne t'intéressent pas. » Effectivement c'est une conception personnelle de la chose. Souvent certains groupes, disent que les chroniqueurs de zine, balancent pas mal de « conneries » pour chroniquer leurs albums, que ceux qui écrivent sont des mecs qui font ça parce qu'ils ne savent pas jouer d'un instrument...
Comment expliques-tu ce dédain que certains groupes peuvent avoir vis-à-vis des chroniqueurs, que ce soit les passionnés amateurs (qui sont nettement plus nombreux) ou les professionnels, s'il en est (surtout sur mag papier) ? D'autant plus que l'on peut chroniquer un album pourri en disant que c'est bien ou descendre un album très bon, ce n'est pas incompatible, une chronique restant de toute façon subjective.
Si les chroniques n'intéressent pas, alors sans doute ne faut-il pas faire de promotion pour la sortie d'un album et finalement garder sa musique simplement pour soi non ? Qu'en penses-tu ?

Attention, pour avoir été moi-même chroniqueur (ce que je continue mais sans pouvoir m’investir autant que je le désirerais), je peux t’assurer n’avoir aucune aversion pour ces passionnés quels qu'ils soient. Jouer et critiquer de la musique ne sont pas inconciliables et je n’ai aucune arrière-pensée quant à ceux qui se permettent d’écrire sur un album. Ce propos s’adressait d’ailleurs aux critiques dans leur globalité, aussi bien ceux qui rabaissent ma musique que ceux qui la louent. Pour le remettre dans son contexte, je répondais à une question sur l’accueil qu’avait reçu « Vacuum ».
Tu le dis toi-même, une chronique reste subjective et quand bien même l’auteur s’attache autant que possible à décrire la musique, son texte se réduira la plupart du temps à un exercice de style. Cela fait partie du jeu je te l’accorde, mais cependant ce petit manège débouche alors sur une masse de textes sans queue ni tête qui se contredisent allègrement. Porte une attention sur n’importe quel point ou particularité de l’album (voix, production, parties « classiques », paroles, longueur des morceaux, style, langue, composition, démarche, concept, artwork,…) et tu trouveras au moins un individu qui l’aura apprécié et un autre qui aura trouvé quelque chose à redire. Aucun des deux n’a raison comme aucun n’a tort. Il s’agit simplement de visions opposées car provenant de sensibilités distinctes. Il faut alors essayer de te mettre à la place du compositeur qui, après avoir gardé la tête dans le guidon pendant plusieurs mois, souhaiterait obtenir un avis objectif sur son travail. Ce n’est clairement pas dans les chroniques qu’il le trouvera ! Du moins est-ce la conclusion que j’en ai tirée. Cela fait petit moment que j’ai achevé « Vacuum » et j’ai maintenant le recul nécessaire par moi-même, pour savoir ce que je dois améliorer et ce que je dois approfondir. Voici ce que j’entendais.
Quant au fait d’assimiler mon indifférence à l’égard des chroniques à un refus de partage, c’est clairement aller trop vite en besogne ! Chacun est libre d’avoir un avis sur ma musique et de l’exprimer comme il l’entend mais c’est aussi mon droit que de ne pas le consulter, tu ne crois pas ? A ce que je sache un label investit dans des promos avant tout pour faire connaitre une sortie et non pour donner au groupe une appréciation extérieure. Partager une musique n’a pour moi jamais été pour moi une source de congratulation ou de critique. Cela fait partie du processus de création que de dévoiler, tout simplement.

Photo de Pensees Nocturnes

Autre point, lorsque tu dis « qu'il ne faut pas se laisser guider par des pancartes et limiter notre vision de la musique. Que s'embourber dans une image délimitée est idiot », doit-on entendre par là que les pancartes sont les étiquettes musicales ?
Il est évident, et je suis d'accord sur ce point, qu'indépendamment d'une étiquette, il faut toujours se faire sa propre idée d'un album en l'écoutant soi-même. Mais malgré tout les étiquettes restent quand même un bon moyen de faire un tri, je veux dire que si je cherche du heavy, je ne vais pas dans le rayon black, si je veux du metal je ne vais pas dans le zouk... Dans la vie tout est bien rangé, indiqué, c'est juste pour conseiller autrui, chacun a le libre-arbitre et optera pour le choix qui lui conviendra d'approfondir ou pas, sinon on ne marquerait rien sur aucun cd. Quel est ton avis là-dessus ?

Malgré mon jeune âge je suis passé par une période très fermée durant laquelle je rejetais fermement tout ce que je n’écoutais pas car me semblant risible et dénué de sens. Aujourd’hui je suis ouvert à tout et plus le temps passe, plus je me rends compte que les frontières entre divers styles sont ténues. Tu peux trouver les mêmes émotions, les mêmes gammes, les mêmes idées dans différents styles, mais présentées sous une forme différente. Je suis d’accord, les étiquettes sont d’un pratique indéniable mais c’est aussi ce que je leur reproche. On a trop vite fait de se laisser embarquer dans des images restrictives et de réduire les marges accordées à notre bon sens. Qui n’a jamais été surpris par un album qui sur le papier ne lui aurait fait ni chaud ni froid ? Comment expliquez l’entêtement désespérant de certains puristes sinon par le fait qu’ils ont une vision extrêmement réduite de la musique ? L’évolution du Metal extrême prouve que les frontières tendent à disparaitre, en témoignent les dénominations à rallonge tout aussi ridicule les unes que les autres.
« Dans la vie tout est bien rangé, indiqué, ». Je pense que tu te méprends ici. La vie n’est pas tout bien comme il faut, c’est plutôt la vision que l’on en a qui l’est. L’esprit humain n’est pas capable de concevoir la réalité dans son imperfection et sa complexité. Il en traduit une approximation, une image qu’il en fait d’elle et la retient, l’assimile, la substitue à la réalité. Toutes nos pensées ne sont qu’un agglomérat simpliste d’images qui nous permettent de suivre rapidement ce qu’il se passe autour de nous. Pour suivre une formation scientifique poussée je peux t’assurer que la logique des Mathématiques est souvent bien loin de coller à la réalité. Le travail de la science se résume à trouver les hypothèses nous permettant, en entrant dans nos capacités (intellectuelle et calculatoire), de développer une théorie se rapprochant le plus possible de relevés expérimentaux. Bref rien n’est mieux dans le meilleur des mondes comme tu sembles l’affirmer, c’est la vision que tu as du monde qui te trompe.
Pour conclure il est évident que le système d’étiquetage est indispensable pour pouvoir se repérer mais tout tourne autour de ces deux/trois mots aujourd’hui. Garder en tête l’aspect grandement réducteur de ce procédé est primordial.   

Pensées Nocturnes est pour toi un projet solo qui te sert d'exutoire pour lequel tu n'envisages pas pour l'instant de le matérialiser sur scène. Quel est ton objectif principal en réalisant cet album, quelles sont tes ambitions ? Et qu'attends-tu de cette coopération avec les Acteurs de l'Ombre dont tu es la toute première production ?

La couleur du cheval blanc de notre cher coureur de jupons…
Concernant les Acteurs de l’Ombre, le travail fourni dépasse déjà largement mes espérances. C’est un réel plaisir de travailler avec des gens pour qui l’aspect financier n’est pas une finalité, qui sont guidés par une vraie passion pour la musique. Pensées Nocturnes n’aurait pas eu autant de retombées en signant sur n’importe quel autre label, j’espère que l’association rentabilisera cette sortie.

Ta musique propose un mélange de musique classique, de black dépressif et on y trouve aussi du blues. Le blues demeure quand même une musique également triste, ou faisant ressortir des chants dont le contenu des paroles traite de choses relativement tristes. Le blues était un peu le spleen de la musique afro-américaine de l'après guerre, des années 45-50, surtout pour le blues dit « urbain ».
D'ailleurs « coup de bleus » est le seul morceau influencé blues de ton album...Quelles sont tes références dans ce style car il revient souvent dans tes propos, tu le cites régulièrement, pourquoi avoir voulu incorporer une telle musique dans tes compositions qui prennent dans l'ensemble pas mal d'inspiration aussi dans le classique ?

Comme tu le soulignes, je trouve que la mélancolie qui se dégage du blues correspond tout à fait aux ambiances que l’on peut rencontrer dans « Vacuum » et cela m’a semblé une démarche assez naturelle. Je suis d’ailleurs étonné que personne n’ait tenté l’expérience auparavant, même si beaucoup se sont déjà essayé au jazz. Je suis plus attaché aux racines du blues, plus minimaliste que ce qui se fait aujourd’hui, avec toutes influences pop, rock... J’aime donc énormément Little Walter, Floyd Dixon, Muddy Waters, Howling Wolf, mais aussi Buddy Guy, B.B. King (une montagne qui à 83 ans continue de jouer et a conservé une voix à faire rougir le plus viril des death metalleux), Nunos Midelis, Johny Winter, Alvin Lee,…

Pourquoi de l'impro au piano sur « Coups de bleus » et pas une chanson déjà écrite ?

Le blues permet d’improviser en toute simplicité contrairement au jazz par exemple. L’improvisation est un rapport particulier au temps et à la musique. Ignorer ce qu’il se passera dans 5 secondes, se laisser guider par le feeling plutôt que par la mémoire, être libre tout simplement. Tu te doutes que c’est nettement plus prenant que de répéter sempiternellement les mêmes riffs en jouant au pitre. Il m’arrive régulièrement de passer des soirées à improviser avec des amis, à jouer pendant des heures sans s’arrêter. Difficile de décrire ce que l’on peut ressentir à de tels moments, mais on est clairement loin de l’affichage, de la provocation, de la démonstration. De la musique dans toute sa sobriété.

J'ai fait ma petite recherche, le blues à l'origine viendrait de l'abréviation « blue devils », qui signifie  « diables bleus » par traduction « idées noires ». Est-ce que le titre « Coup de bleus » est en référence à cette explication, ou tu avais un tout autre objectif en écrivant ce morceau ?

Ce morceau est avant tout une envie de « jouer » avec la musique : mélange de gammes, improvisation comme dit plus haut,… La définition que tu as trouvée décrit évidemment à merveille l’essence de ce style mais le blues a quand même quelque chose de plus sucré que le black metal dit « dépressif » (puisqu’il faut jouer avec les étiquettes). Une sorte de plainte, de partage, avec cette petite touche d’espoir, ou du moins de « il faut bien vivre » à la Tchékhov. Une célébration saugrenue de notre condition si misérable.

Comme je le disais tout à l'heure, les chroniques sont subjectives et l'interprétation de celle-ci dans l'oreille de chacun peut toujours être différente selon celui qui l'écoute. Pour ma part en écoutant ta musique, j'ai beaucoup pensé que « Vacuum » se trouvait à la croisée des deux premiers Elend, avec Sopor Aeternus et Empyrium. Ce sont des groupes que tu connais et que tu écoutes ?

Je dois avouer ne pas connaitre Empyrium. J’aime beaucoup Elend même si dans un sens général je trouve leur musique à la fois un peu trop linéaire et bordélique. Néanmoins avec « A world in their screams » ils ont perdu ce côté synthétique qui me gênait et sont parvenus à quelque chose de vraiment intéressant et crédible. Après de là à dire que Pensées Nocturnes s‘en rapproche… Les structures de « Vacuum » sont beaucoup plus simplistes et attendues que ce que peux faire Elend je pense.
Malgré le fait que l’on m’en ait parlé à plusieurs reprises je n’accroche vraiment pas à Sopor Aeternus.

Ton album dure 60 minutes, avec des chansons qui durent plus de dix minutes dont une presque un quart d'heure... Qu'est-ce qui t'inspires autant pour arriver à composer des chansons d'une telle longueur ? Je suppose que tu n'as pas choisi la durée et que c'est venu tout seul, ta musique s'y prête plus que du brutal death, mais quand tu composes tes chansons est-ce que tu te donnes une limite soit dans la durée ou dans n'importe quel champ d'action ?

Lors de la composition j’essaie de m’imposer le minimum de contrainte d’où le fait que je ne garde pas un œil fixé sur l’horloge. Je préfère me laisser guider par l’imagination plutôt que par des considérations temporelles et c’est pourquoi les morceaux peuvent paraître assez longs. Le fait que je ne sois pas limité à quatre instruments me permet de tourner autour d’une mélodie ou d’une idée et de la travailler, contrairement à un groupe lambda qui balancerait un riff avant de passer à autre chose au risque de devenir trop linéaire. Comme je le dis régulièrement, la musique est pour moi avant tout un travail d’arrangement.
Néanmoins, aussi étonnant que cela puisse paraître, je ne suis pas vraiment amateur de musique linéaire et j’ai toujours en tête le souci d’éviter la redondance. Je ne m’impose pas d’autres limites que cela.

Photo de Pensees Nocturnes

Bon, vraisemblablement il existe, de ce que tu peux donner aux gens comme vision de toi, un côté assez misanthrope parfois, peut-être pour te préserver, en tous les cas, je le ressens comme cela, Et peut-être suis-je dans le faux... Mais si tu a réalisé un album, qui est distribué c'est que quelque part tu avais, même inconsciemment envie de faire découvrir ta musique à un grand nombre. Et donc, lorsque tu composes, toujours pour en rester sur la longueur de tes chansons, est-ce qu'à un moment tu te poses la question de savoir si cette longueur plaira ou lassera l'auditoire ? A un moment, lorsqu'on veut mettre sa musique sur cd c'est quelque part que l'avis d'autrui sur sa création semble un minimum important, qu'il soit bon ou pas bon ?

Je ne sais pas où tu as été cherché cela, ce n’est en tout cas pas un point que je développe avec Pensées Nocturnes même si évidemment tout se recoupe plus ou moins. Mais puisqu’il faut parler de moi, je n’ai rien à l’égard de l’individu. J’ai comme tout le monde des collègues, un entourage, et même des amis ! Je qualifierais donc plutôt de misanthropique la vision que j’ai de l’humanité dans sa globalité, masse indécrottablement attachée à sa perte. Malgré cette période de croisements, de révolutions technologiques (énergétique, nano,…) et économiques, j’ai depuis longtemps perdu espoir de voir l’homme agir avec « raison ».
Mais je m’égare un peu puisque ta question s’oriente vers le rapport d’un artiste avec le partage de son œuvre. Il est évident que je ne compose pas en gardant à tout prix à l’esprit le fait de devoir plaire, j’aurais le cas échéant choisi un créneau ne crois-tu pas ? Plutôt qu’une musique trop molle pour le métalleux, et une voix désagréable pour l’auditeur lambda… Comme j’ai régulièrement l’occasion de l’affirmer je ne fais pas dans l’humanitaire et la composition est avant tout un processus égoïste, qui n’a pour seul fin que de me « contenter ». Mais le partage l’est aussi. Quoi de plus gratifiant que de voir sa production être distribuée ? Mais crois-tu que j’en retirerais une telle satisfaction si cette musique ne me parlait pas dans un premier temps ? Si elle était hypocritement façonnée pour plaire ? C’est une retombée secondaire qui ne peut en aucun cas influencer la manière dont j’appréhende le futur du groupe.  

On peut écouter pas mal d'instruments durant tout l'album, quel est ta formation en matière de musique, as-tu suivie une formation particulière ou professionnelle ou tu es plus du style autodidacte ?
Y-a-t-il un instrument dont tu ne joues pas mais que tu aurais aimé mettre dans ton album ? Des instruments un peu comme Tiamat sur « A deeper kind of slumber » ?

Je ne connais pas Tiamat. J’aurais aimé ajouter pas mal d’autres instruments en effet, comme de l’accordéon, du saxophone, de la contrebasse, de l’harmonica… Mais je ne suis pas parvenu à trouver ces instruments ni à trouver de simulateur assez crédible.
Excepté quelques années de piano trop vite oubliées, je n’ai jamais suivi de formation particulière ce qui m’a poussé à « apprendre » la musique seul, tant pour la composition que le travail du son. Cette méconnaissance de la théorie musicale entraîne sûrement une certaine naïveté mais me permet aussi de ne pas suivre de règle bien précise. La guitare est mon instrument de prédilection et n’est jamais bien loin lorsque je travaille. Son adaptabilité en fait la compagne idéale pour explorer toutes sortes de genre et m’a permis de ne pas m’embourber dans une fange stylistique spécifique.

La plupart du temps, lorsqu'on écoute un album, une grande majorité des personnes ne s'intéresse pas aux paroles, seule la musique compte. Certains groupes d'ailleurs n'y prêtent aucune importance. Vu que tu écris dans ta langue, il est beaucoup plus aisé de faire ressortir ton ressenti, tes émotions, de traduire tes pensées sur papier. Tout d'abord qu'est-ce qui te paraît le plus important dans les émotions que peut faire passer Pensées Nocturnes, la musique ou l'écriture ? Dans laquelle des deux matières as-tu passé le plus de temps ? Et quelles sont les pensées que tu expulses à travers les paroles de tes chansons ?

Je pense que ces deux aspects forment un tout. Etablir une quelconque hiérarchie n’a pas d’intérêt, de la même façon que lorsque l’on m’interroge sur le morceau ou l’instrument que je préfère… Je voulais des textes à l’image de la musique. Je pense qu’un morceau évolue en fonction d’un grand nombre paramètres : état d’esprit et passé de l’auditeur, nombre d’écoutes, environnement, support audio, écoute collective ou solitaire… Il est indispensable qu’un morceau puisse déambuler, vivre. Fixer un concept avec des paroles trop précises entrave cruellement cela et c’est ce que j’ai tenté d’éviter. J’ai donc préféré des textes poétiques et rêveurs. On peut aborder le fond conceptuel de Pensées Nocturnes en interview par exemple, mais laisser une certaine souplesse à l’auditeur est primordial. N’ayant pas écrit tous les textes, il est évident que j’ai évidemment passé plus de temps sur la musique sans que cela n’insinue un quelconque mépris à l’égard de l’écriture. J’écrirais d’ailleurs tous les textes pour le prochain album.

Ton choix pour la pochette s'est dirigé vers Asphyre.s et Alex-XXX de 3-Crosses pour le lay-out, est-ce que le fait qu'Alex soit dans Otargos (groupe de black) as influencé ta décision, ou tu les sentais plus aptes que la multitude de graphistes de talent qui existent ? L'idée principale de l'artwork venait de toi, tu leur as dit ce que tu voulais exactement ou ils ont créé celui-ci grâce au feeling qu'ils ont pu avoir avec ta musique ?

Le talent d’Alex n’est plus à prouver aujourd’hui et en passant les détails je peux t’assurer qu’il a été d’une aide très précieuse. Le fait qu’il évolue dans divers groupes, dont Otargos, n’a pas été le critère le plus déterminant. C’est plutôt son dévouement, son écoute, son adaptabilité et le fait que nous le connaissons assez bien qui font que nous nous sommes orientés vers lui. Ils ont tout deux eu assez de liberté quant au design et en particulier Asphyre.S m’a affirmé avoir été assez inspiré par la musique. Je suis vraiment satisfait de l’identité visuelle qu’ils ont réussi à attribuer au projet, car ce n’était pas évident sur le papier.

Lorsqu'on compose seul et qu'on écrit un album, il y a toujours des chansons qu'on a mis de côté pour plus tard ou qu'on n'a pas voulu mettre sur celui-ci pour telle ou telle raison, c'est le cas pour toi ? Il te reste des morceaux de côté que tu aurais voulu intégrer finalement à ce premier album ?

Absolument pas. Ou du moins tous les morceaux que j’ai entièrement composés se trouvent sur l’album. Je travaille en revenant sans cesse sur ce que je fais et il arrive régulièrement qu’une idée que j’avais développée ne me convienne pas avec le recul. Le cas échéant je la laisse tomber et je commence autre chose. Qui plus est je compose avec une idée précise de ce que je veux. J’ai par exemple déjà les textes et le concept pour le prochain album, il ne me reste plus qu’à coller une musique adéquate dessus. Tous ces morceaux appartiendront donc au prochain album.

Par conséquent, comme ce premier album est sorti et vu que les concerts ne sont pas ton objectif premier, tu dois déjà plancher sur le prochain, je me trompe ? L'écriture sera différente ou tu vas t'appuyer déjà sur des morceaux existants depuis « Vacuum » ?

Le prochain album sera évidemment différent de « Vacuum ». Celui-ci est ma première expérience tant au niveau de la composition que de l’enregistrement. Puisque ta question repose sur l’écriture, j’ai pris suffisamment de recul depuis sur cette première sortie pour pouvoir avouer que le prochain album sera clairement plus complexe et travaillé. Ceci tant au niveau des structures que des sonorités : il y aura des changements d’ambiance beaucoup plus surprenants et pas mal de dissonances, de structures insolites si je puis dire. En somme quelque chose de moins attendu, de moins naïf.

Merci encore à toi pour cette interview, au plaisir de t'écouter de nouveau...

Merci à toi d’avoir accordé du temps à Pensées Nocturnes. Bonne continuation à Decibels Storm.

Liens :

page Myspace : www.myspace.com/penseesnocturnes

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