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Les Nantais de Grotesque Through Incoherence (GTI pour les intimes) se sont fait joliment remarquer en 2004 avec "Utopia City" premier album ambitieux mais réussi, portant haut les couleurs d'un brutal death tendances délires.

Alors que le groupe s'apprête à sortir le prometteur "One Thousand Blasting Words", Decibels Storm a coincé Yoann (basse) dans un coin, pour lui faire avouer ce dont on se doutait déjà : Satan est une nouvelle fois derrière tout ça !

par Clem - octobre 2006.
photos : DR

 

Salut ! Pouvez-vous présenter, brièvement, le groupe aux lecteurs de Decibels Storm ? Quelles ont été les étapes importantes dans l’existence du groupe jusqu’à aujourd’hui ?

Salut ! Le groupe s'est formé en novembre 1998. On a commencé à faire des répés de temps en temps, puis, quand Guillaume est arrivé au chant en décembre 2001, tout s'est accéléré : on a enregistré notre première démo et commencé à faire des concerts dans notre région. Ensuite, Yvan est arrivé en 2004 en tant que deuxième guitariste et on a enregistré notre premier album, avec des moyens cette fois-ci. Grâce à « Utopia City », on a pu trouver un label : Several Bleeds Records, et être distribué nationalement. On a rejoint ensuite le collectif Klonosphere (Trepalium, Hacride, Mistaken Element, Anthurus d'Archer) qui assure maintenant notre booking et nous permet de jouer un peu partout en France. Maintenant une équipe technique nous suit lors des concerts, et on peut dire qu'on a une putain de Dream Team autour de nous !

Pour le lecteur lambda, concrètement, qu’est-ce qui différencie aujourd’hui GTI d’un groupe de death classique ? Ou peut-être plus simplement d’un groupe de métal, au sens large, classique ?

La principale chose qui nous caractérise est que nous incluons des parties humoristiques et electro à travers un death core plutôt bourrin et syncopé. Après, il y a tellement de groupes de qualité à l'heure actuelle qu'il est difficile de départager tout le monde.

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Lorsque "Utopia City", votre première galette est sortie, de nombreuses réactions positives avaient été générées ; outre le fait que celles-ci soient toujours agréables, vous ont-elles plutôt mises une quelconque pression pour la composition de « One Thousand Blasting Words », ou diriez-vous qu’elles vous ont permis, au contraire, de travailler plus sereinement à son élaboration ?
D’ailleurs, y’avait-il eu quelque esprit chagrin qui n’avait pas apprécié votre démarche artistique à l’époque ?

Effectivement, je suis un grand inquiet (rire) et je flippais que le nouvel album ne plaise pas, qu'on se fasse descendre. Les autres membres du groupes ont été là pour me soutenir et me rassurer sur le fait que nous faisions avant tout le musique que nous aimons et que c'était ça qui importait. C'est clair que les critiques d'Utopia City ont quasiment toutes été généreuses avec nous, mais nous avons eu aussi quelques trouducs anonymes qui nous ont descendu en flèche ou critiqué de manière gratuite et méchante. C'est peut-être con, mais c'est le genre de truc qui affecte énormément quand tu bosses pendant longtemps sur un projet, que tu t'investis, et qu'un connard qui prétend tout connaître sur tout se ramène pour t'insulter ! « Stabilized », le premier titre de « One thousand blasting words », outre le fait de retracer notre parcours, façon ouech, j'me la pète, réserve un petit passage à ceux qui nous ont critiqué gratuitement.

Penchons nous sur le petit nouveau qui sera sorti à l’heure où ces lignes paraîtront sur le site… Comment le présenteriez-vous en quelques mots, et en quoi celui-ci diffère de « Utopia City » ?
Qu’apporte-t-il de neuf à l’édifice GTI ?

Les morceaux sont, dans l'ensemble un peu plus « disciplinés », même s'il reste toujours de la folie furieuse sur certains morceaux, mais cela est fait de manière plus malsaine et brutale. Cet album a une ambiance pesante qu'il n'y avait pas sur "Utopia…". Il apporte l'évolution vers laquelle le groupe tend progressivement. Plus de brutalité et de manière plus réfléchie.

Grotesque Through Incoherence

L’intervention en voix chuchotée qui rappelle Jonathan Davis sur « Scandal », le passage rap funky sur « Soundsuckers », les vocalises ringardes limite disco émaillant « Sunlight », clavier bontempi et scratchs sur « Smoky », « drum’n’bass » sur « Sphere », incursion techno hardcore sur « Status Quo » ! 
N’y a-t-il donc rien qui puisse vous freiner ? Est-ce là la marque de fabrique de GTI, le fait de pouvoir  tout se permettre sans la moindre arrière-pensée ???

Dans le mille ! Ça a été le mot d'ordre dès le départ : ne jamais se poser de question, et faire ce qui nous plaît. Nous ne nous imposons pas de mélanger du metal avec d'autres éléments, cela se fait de manière naturelle, en fonction de l'état d'esprit dans lequel nous sommes au moment de l'écriture des morceaux.

Parlons de la production massive et cristalline, vous avez choisi une fois de plus les Drudenhaus studios qui n’ont pas failli à leur réputation, loin de là !
Commencez-vous à avoir vos repères sur place ? Comment s’est déroulé l’enregistrement de « One thousand… » ?

Effectivement, outre le fait que le studio ne soit pas loin de chez nous, c'est toujours plus rassurant d'enregistrer à un endroit que tu connais, et qui plus est, avec Neb Xort qui, en plus d'être extrêmement compétent, est adorable et d'une patience à toute épreuve ! SBR a mis les moyens pour cet enregistrement et nous a permis de passer plus de temps au studio. Nous avons donc pu tester de nouvelles choses et bosser la post prod afin de peaufiner les morceaux et de leur donner plus de caractère.

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Le fait de confier le mastering à un producteur reconnu aux States, Alan Douches en l’occurrence, indique-t-il que vous n’aviez trouvé personne d’assez compétent chez nous pour mener cette mission à bien ? Le fait de ne pas pouvoir superviser cela « sur place » vous a-t-il réservé quelques surprises, bonnes ou mauvaises ? La communication n’était-elle pas un brin complexe  lorsque tout se passe à des milliers de kilomètres de chez vous ?

Le choix d'Alan Douches s'est fait parce que c'est un studio qui bénéficie de plus de matériel que la plupart des studios de mastering en France, et le résultat s'en ressent: nous avons une prod très grosse, moins froide et plus agressive que sur « Utopia City ». Nous avons, par contre eu quelques surprises sur les premières versions de mastering et avons eu l'impression de nous faire prendre de haut par quelqu'un qui communiquait très peu et avons du batailler sévèrement pour qu'il comprenne que nous ne voulions rien lâcher.

Je n’ai pas pu lire vos textes sur la version promo mais… vous n’échappez pas à ma question concernant la lettre S ! Celle-ci est présente au début de chacun de vos morceaux, quelle en est la raison ? Est-ce par superstition, un peu comme le chiffre 13 pour le commun des mortels ?

Rires! Ce n'est pas par superstition, c'est simplement  partit d'un délire sur Satan, 666, tout ça, et on s'est dit, « S » comme Satan, donc les titres commencent par la lettre « S ». L'album est d'ailleurs dédicacé à Satan !!! Chose qu'un groupe de Black metal ne peut pas trop faire à l'heure actuelle, sinon, il a une armée d'assos de culs bénis sur le dos. Nous avec un nom comme GTI, on peut se le permettre, et puis, c'est aussi une sorte de pied de nez aux groupes de metal qui se prennent un peu trop au sérieux !

A mon tour de vous donner quelques mots en S ! Pouvez-vous pour chacun d’entre eux, me dire ce qu’ils vous évoquent !?! Et s’ils peuvent être connectés, d’une manière ou d’une autre à l’univers GTI ?

SCHIZOPHRENIE  C'est la perte du contact avec la réalité ; lorsque Satan s'empare de ton corps !

SURPRISE Quand tu ne t'attends pas à quelque chose, c'est souvent Satan qui est derrière tout ça !

SAUVAGERIE Nous avons tous une bête qui sommeille en nous et nous fait faire des choses improbables. Devinez qui est la cause tout ça ?

SOLOS Il n'y en avait pas sur le premier album. Satan nous a guidé et nous a poussé à en faire !!!

SANDWICH GREC Les dieux de l'Olympe n'ont rien pu faire quand Satan a introduit ce met maudit sur Terre !

SATAN Dans le mille mec ;-)

Tournons la page « One thousand »… GTI me rappelle, toute proportion gardée, Carnival in Coal, vous partagez avec ce groupe une irrépressible envie de marier le métal aux musiques les plus inattendues ! Cet état d’esprit frondeur, aventurier, ce sens de l’humour qui fait souvent défaut aux formations métal plus conventionnelles est-il un atout pour vous ? Ne pensez-vous que cela puisse désemparer l’amateur de métal traditionnel, plus enclin à s’offrir quelque chose de plus calibré ?

On partage forcément avec Carnival in Coal certains délires, c'est évident. On est fan depuis leur premier album est on est super fiers qu'Arno soit venu participer à un des morceaux. Le fait d'intégrer des parties barrées et humoristiques dans du metal extreme nous a en effet permis de nous démarquer de beaucoup de formations actuelles, sans non plus tomber dans la catégorie « Gronibard ». Je pense que même l'amateur de metal traditionnel peut trouver son compte dans ce que nous faisons et j'espère en tous cas, que ça puisse ouvrir des portes à certaines personnes qui n'écoutent pas forcément d'autres styles de zic.

Grotesque Through Incoherence

Laissez moi deviner, pour le prochain album… il y aura un rappeur tchétchène, une opulente cantatrice d’opéra et des moines tibétains qui vous feront quelques featurings ? A moins que le chien de votre voisine soit intéressé pour grogner sur un ou deux morceaux ??? Plus sérieusement, quelle est la prochaine étape en matière de composition pour GTI ? Est-il possible d’aller encore plus loin dans ce délire ?

Nous avons déjà une petite idée de la façon dont nous allons composer le prochain album, mais nous voulons pas trop en parler tant que rien n'est fait ; quant à aller encore plus loin dans le délire, bien sûr, c'est toujours possible.

Une question plus personnelle, je suppose que vous ne vivez pas pleinement, sur le plan financier, de l’aventure GTI, quels sont vos métiers et occupations en dehors du groupe, et vous permettent-ils de consacrer suffisamment de temps aux tournées et à la composition de nouveaux morceaux ?

Yvan et Romain sont informaticiens, Yann et moi bossons en intérim et Guillaume travaille chez Nestlé. Pour l'instant, on arrive à gérer à peu près pour jouer ne serait-ce que le week-end et on espère pouvoir gérer une vraie tournée un de ces quatre, histoire de se faire plaisir.

Quelles sont vos relations avec Several Bleeds / Rupture, ce label prend de plus en plus d’importance au sein de la scène française, pensez-vous que GTI pourra à son tour profiter également de cet essor en matière de promotion et de tournées ? D’ailleurs quelles sont les dates prévues pour la promotion du petit nouveau ?

Several Bleeds est un jeune label qui a commencé en faisant quelques conneries, mais depuis deux ans, ils se sont restructurés et avancent vraiment bien. C'est beaucoup plus carré que pour la sortie d'"Utopia City" et la promotion s'en ressent : nous sommes dans beaucoup de mags et webzines avant même la sortie de l'album ! Les gars ont toujours cru en nous et on les en remercie. En ce qui concerne nos dates, c'est toujours Klonosphere qui gère ça et de mieux en mieux également, on peut les consulter sur notre site : www.gtibrutal.com

Je vous laisse conclure cette interview comme bon vous semble …les derniers mots seront les vôtres !
Merci à toi pour toutes ces questions. Certaines changeaient de l'ordinaire et ça fait plaisir.
à bientôt et bon courage pour ton zine.
Yo.

 

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