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Interview de Entropia - octobre 2010.

Interview : Entropia

logo de Entropia
C'est au travers d'un univers symphonique où s'entrecroisent mélodies black metal et passages plus heavy que le monde d'Entropia évolue.
Groupe aux perspectives étonnamment singulières, se permettant de mélanger deux genres opposés, avec de plus une chanteuse qui elle même propose plusieurs timbres qui partent du lyrique pour aller jusqu'au guttural, Entropia s'est offert la sortie d' « Obscure Rising », cd de six titres sorti cette année.
Alors qu'ils se sont enrichis d'un guitariste de plus et tandis que leur évolution musicale suit son cours, un petit arrêt sur nos pages nous a permis de mieux connaître le groupe à travers les propos de Jérôme Bougaret (guitare / voix), Marie Rouyer (voix) et Jordan Chevreton (guitare)...
par Arzhu - octobre 2010.

Mmm... Mmm... Mmm Bonjour !
Avant toute chose, je suis content de pouvoir faire cette petite entrevue, même si le temps a manqué pour la réaliser. Mais enfin, nous en sommes là...
La première chose qui me vient à l'esprit, c'est tout d'abord le fait qu'Entropia possède un homonyme en France déjà, “Anthropia” avec Hugo Lefebvre, mais également qu'il existe 8 autres combos par delà le monde qui portent ce nom.
Et loin de moi l'envie d'y critiquer quoique ce soit, mais est-ce que ce n'est pas gênant quelque part quand on veut se distinguer musicalement ? Avoir un nom déjà pris ?

Jerome Bougaret : Auparavant le groupe se nommait Katarsis et à la sortie de notre premier album en 2006 on s'est rendu compte qu'il existait une trentaine de groupes avec ce nom. Nous avons donc opté pour Entropia qui à l'époque n'était pris par aucun groupe signé à notre connaissance. Si à l'avenir un label nous demande de changer de nom nous pourrons toujours rajouter le terme « invictus » à notre patronyme.

D'ailleurs même si je ne suis qu'un profane à moitié inculte, et qu'internet est un formidable outil, l'entropie est un terme mathématique et également utilisé en thermodynamique. Il y en a un qui a des bases chez vous dans cette matière, où c'est le fruit du hasard qui a amené le groupe à prendre ce nom ?

JB : Pour ma part j'ai découvert se terme en m'intéressant à l'astronomie et plus précisément à l'astrophysique. L'entropie sert à mesurer le chaos d'un système mais aussi à définir ce qui se passe au coeur d'un trou noir. D'ailleurs dans un titre de notre premier album intitulé « Entropia Invictus » nous abordons le thème de la création et de la fin de l'univers par le chaos. Un destin marqué par l'entropie.

Je m'aperçois que sur votre site, l'adresse c'est Entropia-invictus et non Entropia. Explications pour le invictus ?

JB : Comme tu as pu le constater « Entropia Invictus » est un titre issu de notre premier album. Invictus veux dire « inéluctable » ou « invincible ». Cette force qui toujours progresse et qui ne fait que croitre nous définit assez bien ;)

Vous vous attribuez, mais je pense qu'on peut aisément vous le reconnaître, le terme de heavy/black metal. C'est assez peu courant, voire même assez rare, qu'un groupe à consonance heavy, mais par dessus tout à chanteuse aux attributs vocaux lyriques, viennent se confronter à la musique black metal symphonique. Je ne connais pas suffisamment le groupe depuis ses débuts pour en parler, mais est-ce que cette orientation vers le black metal est présente depuis vos débuts où au contraire c'est quelque chose vers quoi vous êtes allés petit à petit depuis 2006 ?

JB : En ce qui me concerne j'ai toujours écouté du black et du heavy ainsi que plusieurs styles de metal. Je n'ai jamais vraiment compris le clivage qu'il pouvait y avoir entre les genres. En créant Entropia j'ai fait le pari que nous n'étions pas les seuls à aimer aussi bien le heavy que le black. Au vu des réactions de la presse et du public on peut croire que le pari est tenu.

Marie Rouyer : Notre son a évolué au fur et à mesure du temps et des rencontres que nous avons faites d'abord au sein du groupe puisque nous avons changé de line up à plusieurs reprises avant de s'appeler Entropia, et ensuite lors des concerts avec d'autres groupes. Nous travaillons tous nos instruments en dehors d'Entropia, et là aussi nous en avons retenu des influences différentes. Toutes ces influences nourrissent notre composition.

Photo de Entropia

Ce qui permet également à Entropia de ne pas ressembler à tellement de groupes sympho-lyrique-prout-prout... C'est que Marie tu as une nette capacité à pouvoir varier ton chant en lyrique d'une part, mais aussi de manière très gutturale. C'est quelque chose de singulier chez les chanteuses de cet acabit. Je suppose qu'au départ tu ne t'étais pas réservé à cette double casquette ? Est-ce que tu pensais pouvoir t'orienter vers de tels horizons vocaux, parce que ça reste un exercice assez dur lorsqu'on possède des vocaux orientés vers le lyrique et il me semble que tu t'y aies mise vers novembre 2008 ?

MR : Le lyrique s'est imposé à moi au conservatoire en 2004 et je continue à utiliser ce que j'en sais dans Entropia sur certains passages, car je trouve que ce genre se prête bien à des envolées épiques. Pour ce qui est des sons gutturaux, je suis novice dans le genre mais je travaille ! C'est en écoutant Septic Flesh dans ma voiture que j'ai osé, d'abord seule, commencer à chanter de cette manière. Un jour j'ai oublié que je transportais Jérôme qui a été très étonné de m'écouter m'égosiller ainsi et depuis, il compose des passages exprès !
Au départ, j'appréhendais car mes professeurs de conservatoire étaient contre tout autre forme de chant que le lyrique de peur d'abimer la voix. Mais je me suis affranchie de ces peurs infondées depuis et je tente de plus en plus des sons différents avec ma voix, entre le parler, le chanter et le hurlé.

Et en concert ce n'est pas trop difficile à gérer physiquement ?

MR : C'est effectivement plus facile en répétition qu'en concert car ça demande un sacré sang froid pour gérer la respiration qui n'est pas la même d'un type de chant à un autre ! Mais ça donne tellement la patate en concert que ça vaut le coup de se donner la peine !

Bon, parlons un peu du line-up maintenant... J'ai vu qu'un nouveau guitariste avait rejoint les rangs d'Entropia depuis le mois de juin, il s'agit de Jordan. Il vient d'où ? C'était facile de le recruter vu que Jérôme bosse parfois avec Laurent Chavignon de Frater Sinister...

JB : Jordan fait partie du groupe black metal Frater Sinister avec qui nous avons des liens assez forts puisque c'est le claviériste Laurent Chavignon qui a composé nombre d'arrangements symphoniques sur notre dernier opus. Connaissant Jordan depuis des années et sa faiblesse pour le bon vin il fut facile de le débaucher (rires).

Jordan Chevreton : En fait cela fait plusieurs années que nous nous connaissons avec les membres d’Entropia. Jérome sollicitait régulièrement les compétences de Laurent, et Frater Sinister est un projet studio qui ne sera probablement jamais exploité sur scène. Ça n’a pas été trop difficile de me convaincre en effet (rires) Cela faisait plusieurs mois que nous discutions avec Jérome d’une hypothétique collaboration. Je pense que la volonté du groupe à se durcir et ma volonté de fouler les planches ont donné lieu à cette connivence.

Qu'est-ce qui vous a poussé à prendre un deuxième guitariste ?

JB : La venue de Jordan au sein d'Entropia fait partie d'une envie du groupe de donner à notre musique un son plus puissant et plus extrême.

MR : Deux guitares en live, ça va nous donner un plus gros son. Jordan est quelqu'un qui apporte beaucoup au groupe que ce soit pour la composition de nouveaux morceaux en insufflant de nouvelles idées et influences ou que ce soit humainement grâce à son excellent caractère !

Je présume que depuis le mois de juin, les répètes ont certainement évolué avec l'apport de Jordan. Il me semble également que vous avez commencé de nouveaux morceaux. Parles-nous un peu de ces morceaux, et notamment de celui inspiré par « Le horla » de Maupassant ? Qui a eu cette envie de parler de cette folie ?

JB : La manière de composer à grandement changé puisqu'auparavant j'écrivais les morceaux seul et je les proposais aux autres membres du groupe et chacun y apportait sa touche personnelle. Désormais nous composons à deux avec Jordan grâce à une véritable alchimie entre nos manières d'aborder la musique d'Entropia.

JC : Pour ce qui est des nouveaux morceaux, ils s’engouffreront un peu plus dans la veine black/heavy, les capacités vocales de Marie nous permettent d’intégrer un riffing plus sombre avec Jérome, mais toujours mélodique.

JB : Les nouveaux morceaux sont à la fois plus extrêmes et plus symphoniques. « Le Horla » en est un bel exemple et nous avons hâte de le jouer sur scène. « Le Horla » est une nouvelle d'épouvante de Maupassant qui raconte la chute progressive d'un homme dans la folie, un homme qui se croit persécuté par à un être invisible qu'il nomme le « horla ». Mais est-il vraiment fou? Cette nouvelle je l'ai lu à l'âge de 12 ans et ce fut mon premier frisson littéraire.

MR : La nouvelle fantastique est un genre littéraire très apprécié des membres du groupe.

Marie, justement puisque nous en sommes à parler de nouvelles, je sais que tu écris, pour avoir eu l'occasion de lire tes pensées, ou du moins une nouvelle très intéressante. Et sans passer de pommade ou autre, c'était pas mal du tout. T'en es où de tout ça, tu continues ? Est-ce que tu a envie d'aller plus loin dans l'écriture ?
D'ailleurs si tu veux mettre ton lien ici, c'est bien le moment...

MR : Merci beaucoup ! Je suis une fainéante, je n'écris pas souvent, ce qui est un tort. Je consacre tout mon temps à travailler mon chant (et à aller travailler, il faut bien aussi) Jérôme est le véritable écrivain du groupe. Moi je n'écris qu'en dilettante, quand je veux participer à un concours de nouvelles. Sans échéance, je n'arrive pas à écrire! Néanmoins, pour lire quelques histoires un peu cruelles, vous pouvez aller sur mon blog : http://ecriturebourbonnaise.unblog.fr/

Ok, comme vous avez commencé à écrire de nouveaux morceaux, il faudra à un moment donné sortir un nouvel album parce que finalement « From chaos born » date de 2006 et entre temps vous avez sorti deux mcd ou Ep. Mais un véritable album c'est ce qu'il y a de plus intéressant. Comme lorsqu'on construit une maison, l'album ce sont les fondations et la mise hors d'air ou hors d'eau pour aboutir à l'habitat qui représente une discographie tout simplement. Tandis que les Ep c'est plus de la déco. Bref, cessons les métaphores, ce projet d'album il est dans votre tête, avec une thématique particulière ou pas ?

JB : Pour l'instant nous nous concentrons sur les concerts et la promotion d' « Obscure Rising ». Nous composons aussi des nouveaux morceaux qui forgeront le nouveau son d'Entropia. La seule envie pour le prochain album c'est d'enregistrer dans un gros studio typé metal pour donner à notre musique le son le plus imposant possible.

On va revenir un peu sur « Obscure Rising » que j'ai eu l'occasion de chroniquer et par lequel j'ai pu découvrir votre musique. Bon on dit que c'est un Ep, mais il possède quand même six titres.
D'abord parlons un peu du visuel, que j'ai trouvé sobre mais bien percutant dans sa simplicité.
C'est Jérôme qui s'est tout tapé ?

JB : Effectivement je me suis tout tapé et j'adore ça (rire). Etant graphiste de formation j'aime donner une traduction visuelle à notre musique. Ce qui est intéressant c'est de créer une image laissant libre cours à plusieurs interprétations. La pochette d' « Obscure Rising » peut être lue comme l'oeil de la connaissance entouré par l'obscurantisme des signes astrologiques, ou bien comme l'aveuglement de la croyance, ou encore comme la solitude parmi la multitude etc...

Je constate aussi que les paroles sont écrites par Jérôme qui semble faire beaucoup de choses finalement (oh les autres vous faites quoi hein ?!!). Et justement pourquoi ne pas laisser à Marie l'opportunité de parler de ses propres expériences, car j'ai toujours trouvé que c'est tout de même au chanteur en adéquation avec le reste des troubadours évidemment d'écrire ?
Qu'en est-il chez Entropia ?

MR : En plus d'être fainéante, je suis très mauvaise en anglais, ce qui explique que je n'écris pas les paroles. Par contre, je réfléchis aux thèmes que je souhaite aborder et j'en fais part à Jérôme.

Jérôme vu que t'as une formation de graphiste, le site internet c'est toi aussi ?

JB : Je me suis effectivement occupé de toute la charte graphique mais le côté programmation c'est notre ami Laurent Chavignon (encore lui !) qui s'en est chargé. Je dois avouer qu'il a fait preuve d'un grand talent et de beaucoup d'abnégation (rire).

Et quand on officie dans une mixture heavy sympho et black en même temps, qu'est-ce qu'on peut aborder à l'arrivée comme genre de thèmes, parce qu'on ne peut pas être totalement sombre ni totalement épique ou que sais-je encore... ?
Est-ce que tu passes autant de temps dans l'écriture des paroles que vous en passez dans l'écriture de la musique ?
Quand on s'intéresse à Maupassant, je me doute qu'il y a un minimum de réflexion... non ?

JB : Les thèmes sont souvent issus de mes lectures et de mes réflexions personnelles. Par le passé je partais souvent d'un thème voire même d'une histoire et j'écrivais la musique en conséquence ce qui faisait des morceaux très complexes, alambiqués et pour tout dire peu digestes (rire). Puis je me suis mis à m'inspirer de ce que m'évoquait la musique et les textes sont devenu plus personnels et plus allégoriques. Là encore j'aime quand l'auditeur peut interpréter différemment la chanson selon sa propre histoire. L'écriture en elle-même est assez rapide, je passe plus de temps à trouver l'idée forte, le concept qui sous-tendra les paroles. Comme dans notre musique je pense que la lumière et l'obscurité, le bien et le mal, etc ne sont pas des notions antinomiques mais plutôt des termes qui ont une relation symbiotique : dans le plus grand malheur tu peux parfois rire et dans le plus grand bonheur la tristesse peut parfois te serrer le coeur. C'est ce que j'essaie de décrire à travers les textes et la musique d'Entropia.

Pour poursuivre encore sur « Obscure Rising », et sachant qu'en toutes proportions vous êtes dans l'underground. J'ai l'impression que vous travaillez beaucoup en famille, comme les photos sont de Vincent Rouyer si je ne dis pas de bêtises. C'est important d'avoir le soutien de la famille de compter sur elle, et si elle s'implique c'est encore mieux. Pour Entropia ça marche comment ? La famille est derrière ? Et qui a encore des talents pour aider à l'avancée du groupe ?

MR : Tous ceux qui nous suivent depuis le début donnent la main à la patte pour nous aider. C'est valable pour la famille et notamment mon père, mon frère, bassiste dans plusieurs formations musicales à Lyon qui font des photos et viennent presque à tous les concerts ! Mais c'est valable aussi pour quelques amis comme Alexandre Leca qui a réalisé bénévolement le clip « Beyond the Veil ».

Je parlais aussi de famille, parce que j'ai vu que pour la vidéo de « Beyond the veil » que vous aviez sorti, il y avait encore pas mal d'aide Jean-Paul pour la scène tournante, Philippe et Vincent pour les photos de nouveau...

JB : Ma famille m'a toujours soutenu et je sais que je peux compter sur mon père (le fameux Jean-Paul) pour me fabriquer toute sorte de chose, d'une scène tournante à une tenue de cuir en passant par un local de répèt !

Si on discute un peu plus dans le détail du Ep, j'avais noté sur le morceau « Sister of obscurity » un solo hyper heavy que j'ai totalement apprécié soit dit en passant. Mais bizarrement cela démontre plus une racine de heavy speed classique teuton des années 80's 90's qu'une facette heavy/black que peut donner Entropia sur le reste du cd. Est-ce que je suis dans le vrai, ou ce solo n'avait pas ce but là ?

JB : Tout d'abord merci du compliment, c'est le premier solo que j'effectue pour Entropia et je suis ravi qu'il t'ait plu! Le passage de « Sister of Obscurity » dont tu fais allusion est vraiment heavy speed dans son tempo et dans son harmonie, j'ai donc décidé de faire un solo dans cette veine avec la volonté d'envoyer un peu comme Kai Hansen ;)

video : ENTROPIA - "Beyond The Veil" (2008)

Bon, je n'y connais rien en vidéo, mais j'aime bien savoir quelques petits trucs parfois. Sur cette vidéo, au début, on peut voir, un genre de fantôme qui passe en blanc comme dans certains films, comme si le mur se déformait. Comment on fait pour arriver à ce résultat ? 

JB : des heures et des heures de travail (rire) ! Non sérieusement c'est tout con. Il suffit de tendre un tissu (ici une écharpe en lin) puis de passer derrière en appuyant son visage sur ledit tissu. Avec un bon cadrage tu as l'impression qu'une paroi se déforme pour laisser apparaître un visage. D'ailleurs je profite de cette occasion pour remercier Alexandre Leca, notre réalisateur et ami.

A en écouter le titre, comme je vous l'ai dit, j'ai découvert la musique de Entropia avec « Obscure Rising », mais il me semble bien que vous étiez plus brutaux, en tous les cas pour ce morceau, plus agressif du côté du black metal et peut-être moins sympho, vous partagez ce sentiment ?

JB : Plus agressif je ne crois pas mais moins symphonique certainement. Nous avons commencé à intégrer de véritables arrangements orchestraux à notre musique après l'enregistrement de notre premier album. Dans « From Chaos Born » nous avions fait une approche notamment dans le morceau « Together » avec un passage inspiré de la bande originale du « Seigneur des Anneaux » avec choeurs classiques, cordes, cuivres... Nous avons par la suite intégré pleinement ce côté symphonique pour en faire une composante à part entière de notre musique.

Avec le temps, la réalisation de cette vidéo, vous en gardez un bon souvenir ? Ça a du être un bonne partie de rigolade non ? Surtout avec le drap...

JB : Le cadre était superbe et l'ambiance vraiment agréable. Ce fut une très belle expérience.

MR : C'est un souvenir inoubliable. Pour interpréter le fantôme, j'étais pieds nus dehors un 30 octobre ! On a fait avec les moyens à notre disposition et on a pris beaucoup de plaisir à le faire.

Allez un peu d'actualité. Vous avez préparé un show acoustique que vous avez joué début septembre 2010...
Alors avant toute chose, comment avez vous préparé ce show, parce que normalement vous avez réarrangés les morceaux avec deux guitares classiques et voix, vu que c'était un show acoustique ? C'était pas mal de boulot non ?

JB : J'avais dans l'idée de faire un show case acoustique un peu à la Angra. Je les avais vu en show case pour la sortie de « Holy Land » et j'avais été bluffé. Pour ça j'ai été aidé par Serge Boyer le lead guitar du groupe Mordiggan qui est vraiment plus à l'aise que moi avec une guitare classique ;) Nous nous sommes vu plusieurs fois cet été et nous avons trouvé assez naturellement des versions acoustiques pour nos morceaux.

MR : Le chant a aussi été retravaillé pour coller aux ambiances musicales vers quelque chose de plus pop rock.

J'aime bien ce genre d'initiative ça me rappelle The Last Embrace que j'adore et Amartia. D'où est venue cette idée ? Et qui a été au chômage technique pendant le show ? Basse? Batterie ? Il y avait bossa, flamenco...?

JB : Etant donné qu'on devait jouer à volume réduit, Hellboy notre batteur n'est pas venu. Laurent aurait bien voulu mais n'ayant pas été là de tout l'été il n'a pas eu le temps de composer ses parties pour être prêt pour le concert. Nous avons effectivement essayé d'utiliser la guitare classique et son registre avec de la bossa, du flamenco, du jazz manouche et des arpèges classiques. Ce fut vraiment une expérience enrichissante.

Et donc comment ça s'est passé, si vous l'avez bien joué au centre Culturel de Bellerive sur l'Allier, avec entrée gratuite, je suppose que le public n'était pas forcément metalleux et donc par conséquent ce n'est pas le même regard qui s'est posé sur vous ?
Comment les gens ont réagi d'une part et vous, est-ce que cela a été un bon moment ?

JB : Il y avait énormément de poussettes ! (rires) On s’est aperçu que notre coeur de cible c'était les moins de cinq ans ! Les gens ont bien réagi et sont venus nous voir après le concert pour en savoir plus sur Entropia. Ce fut vraiment positif.

Vous avez enregistré quelque chose du show ? Vidéos ? Son ?

JB : Nous avons enregistré une vidéo pour avoir une trace car ce sera certainement la première et la dernière fois qu'on jouera en acoustique. Nous mettrons peut-être un extrait en ligne pour le fun.

Photo de Entropia

Vous tournez un peu jusqu'à la fin de l'année ? Je sais que vous comptez faire au moins une date par mois, on pourra vous voir où ?
Et sinon envie de tourner où en France ?

MR : Envie de tourner partout où il y a des métalleux prêts à nous accueillir ! Les prochains shows à venir sont :
Le Cellia le 16 octobre à Vincelottes (89)
Le Ruben's le 20 novembre à Clermont Ferrand (63)
La Ch'tite Mine le 04 décembre à Moulins (03)
Le Thunderbird Lounge le 22 janvier 2011 à Saint Etienne (42)

Tiens vous aviez fait une mini tournée avec Adrana... Vous avez l'air assez proches de ce groupe, je parle humainement et pas musicalement ?

JB : Adrana est un groupe formidable formé de musiciens talentueux et très sympathiques. Quand nous avons joué pour la première fois ensemble il y a plus d'un an le courant est tout de suite passé. Ce fut un réel plaisir de partager cette tournée avec eux. Nous avons hâte qu'ils sortent leur nouvel album (auquel Marie a d'ailleurs participé) pour pouvoir refaire une date ensemble.

MR : Entropia et Adrana ont déjà un point commun : devoir gérer une chanteuse ! Sérieusement, ça a été un vrai choc humain et musical de rencontrer de si jeunes et grands artistes. Nous avons de bons souvenirs de scènes ensemble, comme le duo que nous avons chanté avec Anne sur « Land of Ashes ». Je précise que sur le dernier opus d'Adrana, qui paraîtra l'année prochaine, j'ai participé aux choeurs et que cela a été une très bonne expérience. On a hâte de les voir sur scène avec ce nouvel album qui risque d'être une bombe !

Bizarrement, c'est votre côté heavy qui l'emporte, car vous n'êtes pas partis avec un groupe de black !!!

JB : Et bien nous avions le projet de faire quelques dates avec Seelentod (groupe de black metal de Montpellier) cet été mais les emplois du temps respectifs n'en ont pas permis l'aboutissement. Ce qui est bien avec Entropia c'est que nous pouvons jouer aussi bien avec des groupes de heavy ou gothique à chanteuse qu'avec des groupes de death ou de black.

Sans aucune animosité, mais vraiment par curiosité, si les groupes mainstream nomment toujours leurs tournées mondiales, je me pose toujours la question :
Pourquoi, et ce sans être péjoratif ou condescendant sur quoi que ce soit, je ne veux vraiment pas que ce soit pris dans le mauvais sens, mais pourquoi les groupes à envergure moindre, nomment-ils aussi leurs concerts en tournée comme pour vous le Dark Opera Tour ?
Parfois certains groupes rentrent chez eux entre temps ce qui finalement n'est plus une tournée mais plus des concerts rassemblés ? Hein pourquoi ?

JB : C'est une question très intéressante que je ne prends pas mal du tout. En fait il y a deux raisons pour nommer une tournée. Tout d'abords pour la com'. C'est toujours plus facile de faire la promotion d'une tournée avec un nom percutant et un visuel d'affiche homogène pour toutes les dates. La deuxième raison concerne les salles de concerts. Tu peux convaincre plus aisément un programmateur si tu viens avec un projet sérieux de tournée appuyant la sorti d'un CD plutôt que de présenter ça comme une date comme une autre, histoire de jouer un peu avec tes potes zicos. Malheureusement étant donné que chacun a un travail il est difficile de caler plusieurs dates d'affilée et nous sommes souvent contraint d'espacer les concerts. D'autant plus que peu de gens se déplaceront en semaine pour voir un groupe underground, nous sommes donc obligés de jouer les samedi soir et nous rentrons effectivement chez nous pour la semaine ;)

Bon allez, je crois qu'on en a bel et bien terminé, en espérant que vous avez passé un agréable séjour en notre compagnie, la compagnie Air Decibels Storm vous souhaite un bon retour chez vous... S'il vous reste encore quelques mots vous pouvez les sortir...

JB : Merci à toi pour cette interview et ainsi qu'aux internautes qui ont pris le temps de nous lire. Merci également à Decibels Storm pour son soutien à la scène underground.
J'espère que nous nous croiserons lors de nos prochains concerts.

MR : Merci de ton soutien et à bientôt sur scène.

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