Interview : Dylath Leen

Voici déjà plus de dix ans que Dylath Leen existe, le chemin parcouru par le groupe est très humble, vous avez deux albums à votre actif, et un troisième qui est en cours.
Rien que le fait d'avoir plus de dix ans d'existence prouve que le groupe a su persévérer malgré les obstacles que peut rencontrer un groupe de metal et français de surcroît. La motivation est-elle toujours aussi intacte aujourd'hui ? Comment fait Dylath-Leen serrer les rangs et être toujours présent et prêt à déchirer ?
Bertrand : Je crois qu'il n'y a pas de recette miracle, c'est un état d'esprit. Il faut faire ça par passion, et si tu veux être en mesure de profiter de ce qu'un groupe peut offrir de positif, il faut aussi accepter les galères en contrepartie, car tout n'est pas rose ! Donc si tu aimes créer de la musique, jouer sur scène, rencontrer un tas de gens et de groupes... faire de belles rencontres... alors la motivation reste intacte.
Puisqu'on parle de line-up, Carine s'occupait à vos début du clavier, puis remplacée par Magali jusqu'en 2008. Aujourd'hui vous avez décidé d'utiliser des samples et non plus de claviéristes en propre, pourquoi ce changement, est-ce que c'est dû à un problème humain et un côté pratique et rapide d'utilisation de samples ou un changement de style, voire une évolution musicale qui veut ça ?
Bertrand : eh bien dans les 2 cas, Carine puis Magali ont décidé de quitter le groupe par rapport à leurs occupations personnelles. Ce qui n'arrivera pas avec notre sampler hé hé ! Un sampler a des côtés pratiques mais aussi des inconvénients, il faut le programmer, le piloter sur scène... Pour répondre à ta 2ème question dans la question, on y met juste ce que les claviéristes jouaient avant sur les albums et ce sera le cas aussi pour les chansons de notre 3ème album, tout ce qui y sera programmé a d'abord été joué et arrangé par Thibaut Basely qui nous a bien aidé sur ce coup-là donc merci et coucou à lui.

D'ailleurs toujours pour poursuivre sur le line-up, on a pu constater également le départ d'Arnaud, toujours en 2008, à la batterie et ton retour, car tu étais présent à l'origine du groupe. Qu'est-ce qui explique ce revirement, ce départ d'Arnaud et ton come back, est-ce qu'aujourd'hui en 2010, le line-up s'est stabilisé et vous comptez dorénavant poursuivre à quatre ?
Bertrand : comme Carine puis Magali, Arnaud avait aussi des occupations personnelles qui ont pris la priorité sur le groupe, d'où son départ... pour ma part j'étais encore dans Syn à l'époque donc il était prévu que je fasse l'intérim dans Dylath-Leen quelques temps, mais l'alchimie est revenue de façon si évidente, je ne pouvais (ni voulais) plus partir ha ha ! Ca a été difficile niveau organisation car j'ai dû gérer mon travail qui me prend énormément de temps et aussi les deux groupes mais comme j'ai quitté Syn peu de temps après, ça s'est équilibré... enfin plus ou moins !
Bon, après 11 ans de bons et loyaux services, vous avez été tout de même plus rapides pour sortir ce troisième album, et moins de délai le sépare de « Semeïon » alors que six années s'étaient écoulées entre les deux premiers. En prenant en considération la modification du line-up, vous avez été plus prompts à créer de nouveaux morceaux, cette motivation s'explique comment ? Une volonté de ne pas se retrouver en arrière plan de la scène metal qui avance à une vitesse folle, et progresse avec une qualité exponentielle ?
Bertrand : c'est marrant de proposer des réponses dans les questions tiens, tu essaies de nous influencer ha ha ! Le processus s'est fait naturellement, on ne voulait plus attendre si longtemps et puis Igor a composé très vite les bases des nouveaux titres, puis Thibaut était disponible pour les arrangements, et enfin on a pu assez vite réserver le studio d'enregistrement. Tout cela s'est bien enchaîné, d'autant plus que le mix est super, l'artwork est en cours de finalisation et sera prêt à temps... on a de bonnes ondes autour de nous, une bonne équipe, rien n'est calculé par rapport à la scène metal ou autre. Tout cela est très spontané.
Parlons justement de ce nouvel album, vous avez terminé les enregistrements je suppose, ça s'est passé comment et ça s'est fait où ? Est-ce que vous avez retravaillé avec Bertrand Charlet et Tieri Farasse à Cambrai ou ce coup-ci vous avez opté pour un autre studio ?
Bertrand : durant la pré-prod, lors du maquettage des arrangements, Thibaut (Basely) nous a recommandé un ami qui pouvait nous enregistrer à Roncq, près de Lille, nous sommes donc allés enregistrer là-bas, d'autant plus que nous avions envie de changer de couleur musicale et donc de studio, comme pour le 2ème album.
Dans le même esprit, le mixage c'est toujours Stéphane Buriez qui sera aux commandes, car vous semblez apprécier son travail depuis vos débuts, ou là aussi changement de cap et de studio ?
Bertrand : oui Steph nous connaît bien depuis nos débuts en fait, on s'apprécie mutuellement énormément et il a l'oreille metal ! Il comprend ce que l'on recherche alors c'est relativement aisé pour un professionnel comme lui, - je ne vais pas dire "simple" ou "rapide" car c'est un sacré boulot - de mixer comme on le souhaite. Quand une formule marche bien, finalement pourquoi en changer !
Vous avez annoncé que l'heure du changement était venue, à quoi va-t-on s'attendre, est-ce que Dylath-Leen va y perdre son identité, son mélange de styles, de voix et d'atmosphères qui ont fait de votre groupe une personnalité à part ? et si ce n'est pas le cas, en quoi va consister ce changement, sera-t-il musical ou thématique, plus brutal peut-être ?
Bertrand : au contraire, je crois que le changement se fait plutôt dans le sens "évolution naturelle" c'est-à-dire qu'on a vraiment trouvé notre identité propre, sans nous répéter, les influences qui nous ont amenés jusqu'ici sont vraiment beaucoup moins palpables voire plus du tout. Notre entourage nous a fait remonter ces remarques et ça nous semblait coller à notre point de vue, vu de l'intérieur. Notre personnalité est donc préservée, d'autant que Kathy a encore progressé et innové au niveau vocal, et qu'enfin la touche atmosphérique de notre musique est sublimée. Je ne te cache pas que le 3ème album sera sombre, car plus que jamais écrit avec nos tripes. Cela veut dire aussi que quand ça doit être bourrin, ça l'est !
Le thème abordé pour ce nouvel album, de ce que vous en avez laissé percevoir, est la prophétie Lovecraftienne selon laquelle l'apocalypse est attendue avec le retour des grands-anciens. Sachant que Dylath-Leen est un nom tiré des oeuvres de Lovecraft également vous semblez énormément attiré vers l'univers de cet auteur, d'où vient cet attrait ? C'est un intérêt général des membres du groupe, ou plutôt celui de certains membres en particulier ?
Et donc pour ce futur album il sera question de quoi plus explicitement ?
Igor : il est un dénominateur commun du groupe, lorsqu'on s'est rencontrés, on provenait de formations différentes on écoutait tous des styles de Métal différents et il est vite apparu que ce groupe allait être un mix d'influences ou ne serait pas... On avait des caractères assez dociles alors ça n'a pas posé trop problème mais on voulait se trouver un dénominateur commun et pour le peu qu'on apprenait à se connaître on en est vite venu lors des pauses de répétitions à parler de lectures et on s'est amusés de voir qu'enfin une évidence s'imposait comme point commun... L'œuvre de Lovecraft nous avait tous plus ou moins bercée. Pour ma part et je crois en être le plus "mordu", c'est venu à l'adolescence, il y a eu une sorte de révélation et d'admiration pour le charisme du personnage au delà d'une technique froide et irréfutable sur le plan littéraire aussi j'ai essayé d'écrire dans la lignée des nouvelles du maître mais j'étais plus doué pour un autre langage et j'ai vite œuvré dans la transposition de ce que je lisais en musique, presque chaque titre que je compose se fait à la fermeture de pages d'un livre qui me touche ; pour moi, faire tourner notre musique autour de Lovecraft c'est lui rendre grâce de ce qu'il m'apporte et me permet d'exprimer comme je serais incapable de le faire autrement. Pour les autres membres du groupe cela prend peut-être un sens différent aujourd'hui, ça me donne d'ailleurs envie de sonder tout ça !
Pour répondre à ta seconde question, les choses resteront mystérieuses sur le thème abordé et bien volontairement car lorsqu'on aborde le fantastique, l'explicitation de tout tue l'essence poétique des œuvres, alors on peut juste dire que les textes permettent de ressortir une oppression et aussi paradoxalement une renonciation ; c'est une double expression qui corrobore bien la tension musicale sur laquelle on travaille depuis nos débuts aussi entre mélodie et rigidité rythmique. Je crois que des trois albums celui-ci est le plus "personnel" et le plus étrange, c'est un charme que je ne lui enlèverai par aucune explication chevronnée. Je te laisserai apprécier la symbiose du tout dès que textes et musiques seront disponibles, je crois que ça parlera de soi, fais moi confiance !

On n’a pas parlé du titre lui même, on peut déjà savoir quel nom portera ce troisième volet et combien d'offrandes contiendra-t-il ?
Kathy : Allez, en exclu, on va balancer le nom... très bientôt ! Nous allons aussi révéler l'artwork mais il faudra patienter encore un peu. Tout est prêt, patience... :) La prochaine offrande sera composée de 11 titres au caractère plus trempé que ses prédécesseurs... !
Bon on n'a pas encore fait le tour du futur bébé, puisqu'on n'a évoqué l'artwork. Sur « Insecure » déjà c'était un concept de Kathy, ainsi que sur Semeïon aussi d'ailleurs. Je précise que j'avais trouvé l'artwork du fourreau magnifique mais que même si la pochette elle même du gars dans la pièce d'isolement voulait sans doute faire ressortir une ambiance précise, cela m'a quelque peu surpris... Enfin, ma question est: Cette fois-ci est-ce que c'est Kathy qui s'y est collée de nouveau ou vous avez fait ou ferez appel à des mains extérieures pour réaliser la matérialisation des idées de l'album ?
Et ce sera dans quel état d'esprit ?
Kathy : Oui, je vois ce que tu veux dire pour la première page du livret de Semeïon. C'est l'élément que j'ai le moins creusé pour l'artwork et je le regrette ! Cette photo a un aspect trop cru et net, qui tranche trop avec le reste de l'artwork. Si c'était à refaire je ne le referai plus du tout comme ça, même si j'aime la photo de base... Je la retravaillerai surement pour une prochaine édition d'ailleurs.
C'est vrai que j'ai travaillé sur l'artwork de nos deux premiers albums mais pour ce troisième album, j'ai préféré que ce soit quelqu'un d'extérieur qui s'en charge. Cela représente trop de boulot et de temps, et je préfère mettre mon énergie dans la musique et ne plus m'éparpiller. C'est Seth Siro Anton (Septic Flesh) qui s'est chargé de l'artwork et je peux te dire qu'il est terrible. Ce mec a vraiment du talent ! Il a réussi à retranscrire l'univers et la musique du groupe comme ça n'a jamais été fait auparavant !
Je ne cacherais pas que j'ai découvert Dylath-Leen, musicalement parlant, il n'y a pas vraiment longtemps et donc même si je connaissais de nom, je n'avais pas approfondi la chose. Et donc, je trouve que votre death metal était plus planant, plus « atmosphérique » sur « Insecure », tandis que « Semeïon » était plus agressif, c'est une impression, vous la partagez ou pas ?
Igor : Au premier abord, quand on a sorti « Semeïon » je t'aurai dit qu'il était plus mélodique, c'est sans doute vrai pour les claviers mais moins pour l'ambiance générale, il se trouve que le productions sont très différentes et si le son est beaucoup plus limpide et moins lourd sur « Insecure », ça lui donne une touche très colorée et intéressante qui laisse mieux percevoir l'aspect mélodique. Aujourd'hui oui, je me rallierai à ton opinion. C'est toujours difficile de prendre du recul sur ce qu'on fait même si on a pour habitude de mettre des années avant de sortir les épisodes suivants ! Je pense bien que le prochain sera aussi différent que ce que l'on peut remarquer entre les deux premiers opus alors nous verrons comment il sera accueilli et qui y trouvera son compte ou pas, c'est en fait une question qu'on ne se pose qu'après, sans doute parce qu'elle est secondaire (en tout cas pour moi).
La sortie d'un album s'accompagne toujours de la recherche d'un label, pour « Insecure » vous étiez chez Thundering et pour « Semeïon » chez Great Dane. Il est difficile de rester pour plusieurs albums chez des labels de moyenne envergure, la quête est toujours peu évidente.
Qu'est-ce qui a fait que ne soyez pas restés chez Thundering à l'époque, manque de promotion, d'investissement... et que vous ayez bifurqué chez Great Dane pour le second ?
Bertrand : Great Dane présentait des conditions qui nous convenaient à l'époque, notamment une très bonne distribution en France, et notre contrat avec Thundering nous permettait de signer ailleurs, nous étions libres de changer.

Avec un peu de recul, quel est sur les deux labels, celui qui vous a le plus épaulé ?
Bertrand : Chaque label a pu nous apporter des avantages, avec chacun leur façon de travailler qui nous convenait à l'époque des signatures respectives... "joker" sur celle-là :)
Et donc pour ce nouvel opus, vous avez déjà cherché, ou vous avez un contrat de plusieurs albums chez Great Dane ?
Bertrand : Nous avons eu des propositions, mais continuons de rechercher un label qui nous permettra d'aller encore plus loin, qui gèrera bien à la fois notre promo et notre distribution, alors... wait and see car il faut rester prudent !
Juillet 2009 a vu la sortie de votre tout premier clip «Adorning Wounds », parlons si vous le voulez bien des conditions dans lesquelles il a été réalisé. Est-ce que vous êtes passés par une boîte spécifique pour la réalisation de celui-ci ou c'est le système D qui a prévalu ?
Bertrand : Nous avons fait appel à des amis qui pratiquaient la vidéo de façon très pro, en asso, à côté de leurs études. Ils avaient la compétence et le matériel nécessaire à une bonne production. Ne restait plus qu'à trouver les lieux, c'est le Théâtre de Cambrai qui nous accueilli, sur sa scène mais surtout, dans ses caves glauques et sombres... où l'on a pu filmer notre acteur fétiche !
On peut constater une alternance de passages entre, une vidéo assez glauque plutôt proche d'un « Incarnated Solvent Abuse » de Carcass d'ailleurs, dans l'esprit d'une part et une représentation scénique que groupe, comment vous expliquez cette volonté d'avoir imbriqué ce mélange et non pas simplement avoir filmé le groupe en jouant ou alors juste fait un genre de court métrage ?
Bertrand : Merci de la comparaison, bien que fans de Carcass, nous avons essayé, comme pour notre musique, de ne pas nous laisser influencer. Le concept ne s'explique pas vraiment, disons qu'il fallait proposer autre chose qu'un groupe filmé à un concert, scénariser, d'où ces séquences du personnage dans sa crise de mysticisme, qui viennent s'intercaler avec... le groupe filmé sur scène :)
L'idée principale vient de qui, c'était la vôtre ou celle de l'équipe qui a effectué les montages, l'enregistrement... celle avec qui vous avez bossé ?
Bertrand : Nous avons tiré l'idée directement des paroles de la chanson, mais l'équipe a apporté sa compétence sur certains cadrages, les lumières, jusqu'aux enchaînements lors du montage... des choses dont nous ne sommes pas spécialistes !
En fin de clip, on voit les remerciements aux personnes qui ont participé à la réalisation de cette vidéo, notamment le Théâtre de Cambrai et l'Atelier audiovisuel du cinéma les Archers. Est-ce que cela a eu un prix, où, soyons candide et en fait au nom de la culture cela ne vous a rien couté ?
Bertrand : Voilà, les personnes dont nous avons parlé plus haut. Au nom de la culture et de l'amitié, ça ne nous a coûté que quelques café-croissants...
Igor : Quand on a lancé ce groupe et qu'on a monté les projets d'enregistrement en studios pros on s'est vite mis à démarcher partout parce qu'il faut de l'argent ou beaucoup de bonnes relations pour faire un album avec une production de qualité. On a rapidement été surpris de voir que même pour des projets d'une contre-culture aussi défavorablement accueillie par les média parfois, on était bien aidés par chez nous, ne serait-ce que par les élus et tout un panel d'administrations qui ne demandaient pas mieux qu'on leur donne confiance en nos projets. Quand les choses sont faites avec le Cœur et qu'on sait communiquer sa passion, j'ai la candeur de croire que des portes peuvent s'ouvrir et pour l'instant il y a pas mal d'éléments qui me donnent raison. On a été très aidés par une petite équipe motivée et des structures volontaires pour ce clip et les remerciements sont le moindre des hommages qu'on puisse faire. Louée soit la candeur !
Pourquoi avoir tant tardé à faire ce clip, sachant qu'entre temps Magali était partie et donc forcément on ne voit pas de claviers, pourquoi seulement en juillet 2009, c'est le temps de la préparation ou la volonté véritable de réaliser un clip qui est venue tard ?
Bertrand : C'est un projet qui était prévu de longue date, mais il a fallu le temps de le préparer, puis trouver une période où nous avions moins d'actu. Coup de chance, l'entourage humain dont nous avions besoin et les lieux étaient disponibles donc nous avons foncé.
Ok. Indépendamment de la capacité vocale reconnue et indiscutable de Kathy qui pour moi reste dans le registre des Arch Enemy, Holy Moses, Diary About My Nightmares, c'est quand même pas mal d'avoir une chanteuse de death metal qui alterne avec les chants death masculins, parce que finalement vous faites des concerts un peu partout, mais en plus, vous pouvez participer aux affiches du style “Metal Female Voice Fest”, dont le n° 8 aura lieu au mois d'octobre 2010, si je ne m'abuse...
On peut y voir un double avantage à avoir une chanteuse death non ? Car les fest à voix féminine permettent également de se produire devant un public qui n'est peut être pas forcément celui de l'accoutumée ?
Igor : Quand on a commencé les concerts, on passait pour de vrais aliens de la scène métal française, on nous renvoyait tout le temps qu'on avait sans doute plus notre place sur une affiche comme ci que comme ça, on nous fait encore le coup mais c'est plus rare. Il est vrai qu'avec les registres qu'on aborde on se retrouve souvent sur des affiches thématiques à chanteuses et lyriques la plupart du temps. Là encore quand on arrive sur scène on créé un décalage avec l'affiche qu'on se plait à conforter avec un début de set assez brutal. Au fond aujourd'hui, je crois qu'on commence à faire partie du paysage métal ou alors on s'est habitués à notre marginalité.
On s'est déjà retrouvés sur des fest de grind comme sur des affiches bien death et on ne peut pas renier non plus que ce sont les fests comme le Metal Female Voices Fest en Belgique qui nous ont ouvert la porte des plus belles scènes que nous ayons pu faire alors si d'un défaut c'est devenu une qualité, nous ne pouvons que nous réjouir. Il est amusant enfin de voir combien, dans l'esprit du public français, nous avons passé un palier de professionnalisme en ouvrant pour Arch Enemy, on ne s'en est pas rendu compte tout de suite mais a priori les retours sur ces quelques prestations nous ont mis sur un piédestal et a permis d'intéresser pas mal de monde au groupe. Je crois que les groupes comme nous ont pu bénéficier de plus d'ouverture d'esprit du public et des organisateurs depuis qu'on a accès à une visibilité sur les myspace, les groupes comme nous paraissent moins marginaux.

D'ailleurs quand est-ce que vous vous êtes dit, dans vos débuts, que vous alliez poursuivre avec Kathy au chant, sans chercher un chanteur ou un chanteuse à part entière, je veux dire, qui ne joue pas d'instrument ? Car en soit, parfois, le fait de faire la guitare et du chant peut freiner soit l'un ou soit l'autre en terme de liberté artistique, qui demande plus de concentration et moins d'exploration, qu'en est-il pour toi ?
Bertrand : il faut savoir avant toute chose que c'est Kathy qui est à l'origine du groupe. Elle chantait en voix death déjà en 1998, à une époque où c'était assez rare il faut le dire ! Elle jouait également de la guitare depuis plusieurs années donc naturellement, elle chante et joue en parallèle sans ressentir je pense, de blocage ou autre. On ne lui a jamais demandé de lâcher sa guitare, d'ailleurs elle a eu l'occasion de le faire ces derniers mois sur scène, c'était de son plein gré et parce qu'on avait des invités avec nous (Ludo de SUP, Thibaut d'In Memory Off) ou à l'occasion d'un nouveau titre qu'elle peut interpréter sans sa guitare.
Comme on parlait des fest, j'ai remarqué une chose, vous allez encore jouer avec Arch Enemy, que vous avez suivi lors de plusieurs dates en France depuis le début de l'année, en compagnie d'ailleurs de No Return, de Samael... donc première chose, est-ce que vous avez créé des liens avec Arch Enemy, est-ce que les rapports ont été simples sachant que vous n'avez pas la même notoriété, ou est-ce qu'ils vous ont fait sentir la différence ?
Bertrand : Tout s'est bien passé avec les membres d'Arch Enemy, ils sont très sollicités donc pas toujours disponibles, mais les rapports sont restés simples oui. Par "sentir la différence" tu veux sûrement savoir s'ils ont la "grosse tête", je t'assure qu'on n'a pas eu cette impression, les discussions qu'on a pu avoir ont été très relax ! "Support music, not rumors", disait Chuck Schuldiner... N'oublions pas Samael et No Return qui sont des gens très cool également, on a passé de bons moments. D'ailleurs on a parlé de remettre ça avec No Return, dès que possible ! C'est un honneur d'avoir pu faire des dates avec tous ces groupes.
Ensuite vu les dates que vous faites, celles avec Arch Enemy, le Metal Female Voices Fest, le Dokkem Open Air, le Basinfire Fest avec Testament, toutes ces dates à l'étranger et ces ouvertures pour des groupes d'envergure plus importante, qui vous trouve tout ça, car c'est tout simplement énorme de réussir à se placer ainsi ? C'est votre management qui chapeaute le truc, qui vous déniche les dates, parce que ça permet de faire tourner Dylath-Leen un maximum et ça inspire le respect...?
Bertrand : Nous sommes bookés par 2Wild4, qui en plus de faire un boulot formidable, sont nos amis. Leur aide et leur expérience nous sont précieuses, ils peuvent nous éviter de faire des conneries parfois, genre des dates dont les conditions ne semblent pas réglo, etc. mais bien sûr nous avons un droit de regard ! C'est grâce à leur soutien qu'il nous est possible de faire de tels concerts et festivals, et de privilégier la qualité à la quantité. Sans eux, qui sait si nous aurions pu faire le Hellfest, le Raismes Fest, le Dokkem Open Air, jouer autant en Belgique, en Hollande... et bien sûr les concerts que tu as cités !
Allez j'ai terminé de vous torturer, merci pour l'interview. Si on n'a pas fait le tour, ben, il vous reste à dire ce qu'on aurait oublié... En attendant, vous avez une date approximative de la sortie de l'album, plus vers fin 2010 peut-être ?
Kathy : Merci pour l'interview ! L'album est prêt, reste juste au label à fixer la date de sortie, ce qui n'est pas encore défini. Patience donc ! Les fans du groupe sont habitués à être torturés par l'attente hé hé !!!

