Interview : Broken Mirrors

Salut, salut, comme dirait quelqu'un que je connais, tout a un début, donc forcément il faut en passer par là... Hé hé, présente nous un peu Broken Mirrors, historique du groupe, horizons musicaux des membres et évidemment discographie, petit tour d'horizon oblige...
Salut,
Alors, pour ce qui est du groupe, nous sommes tous originaires d’Annecy en Haute-Savoie excepté Loïc qui lui habite sur Grenoble mais plus pour longtemps. Sinon et bien nous sommes cinq dans le groupe : Florian à la guitare, Vann aux claviers, Guillaume à la basse, Loïc lui est à la batterie et moi-même à la guitare et au chant.
L’idée du groupe remonte à 2005 : à l’époque, je jouais encore dans quelques formations black et je répétais quelques morceaux avec Guillaume (principalement Iron Maiden, AC/DC…) sans pour autant jamais avoir le temps de m’y consacrer plus que ça.
C’est durant l’été 2007 que Vann nous rejoint. Il jouait alors avec un autre groupe de heavy (Leithian) et lui aussi ne venait au début que pour passer le temps. Mais fin aout, nous avions tous envie d’aller plus loin et c’est alors que Loïc nous rejoint, suivit de près par Flo qui jouait également avec Vann au sein de Leithian.
Pour ce qui est des influences c’est un sacré bordel… Pour faire simple disons que chacun apporte avec lui la part de metal qu’il écoute. Pour ma part je dirais Darkthrone, X-Japan, Deep Purple et Symphony X. Guillaume est, lui, plus axé heavy (Iron Maiden, Stratovarius, Iced Earth…) Flo lui est assez porté sur le prog (Dream Theater, Pain of Salvation…) Vann écoute pas mal de truc différents (X-Japan, Maximum the Hormones, Evergrey…) et Loïc ben il apporte les trucs qu’il écoute depuis toujours (Metallica, Queen, Cradle of Filth…), bref comme je le disais c’est un sacré bordel !!
Sinon pour ce qui est de notre discographie, je sais pas si on peut vraiment appeler ça comme çà vu que pour le moment on avait juste une démo sortie en avril 2008 et l’album « Seven Years … » qui sort cette année.

Tout semble aller assez vite pour vous quand même, formation véritable en été 2007, une seule demo en avril 2008 et déjà un album, qu'est-ce qui fait que vous ne perdiez pas une seule seconde ? Cela ne laisse pas beaucoup de temps pour le public de connaître un peu le groupe non ?
Et bien c’est vrai que cela fera 2 ans en août que nous jouons tous ensemble et c’est vrai qu’il s’en sera passé des choses en deux ans. Après, savoir comment, je ne sais pas trop. C’est vrai que nous nous sommes tous beaucoup investis et nous avons passé du temps à démarcher pour les concerts, etc.…mais il y a aussi une part de hasard. Au cours des concerts on fait des rencontres, des gens qui vous soutiennent et vous aides à avancer dans la bonne direction. Je pense aussi que cela vient du fait que nous avions tous des expériences de groupes plus ou moins bonnes et que nous avons su en tirer profit et ainsi éviter certaines erreurs et certaines mauvaises décisions.
Pour ce qui est de se faire connaître c’est sur qu’en deux ans tu ne peux pas faire le tour du monde mais je reste très fier de notre parcours pour le moment avec un peu plus d’une vingtaine de concerts à notre actif durant lesquels nous avons toujours pris beaucoup de plaisir à jouer. Après je pense que faire connaître un groupe aujourd’hui ne serait-ce que de nom n’est pas très difficile grâce à internet mais pour autant, ce qui complique les choses, c’est de sortir de la masse car des groupes il y en a plein et beaucoup sont excellents. On en revient donc un peu ici à la chance et au hasard des rencontres qui peuvent te faire avancer.
Vous avez une moyenne d'âge de 20 ans (oh hé lui hé !!!) sauf pour Loïc comme vous l'avez gracieusement fait remarquer sur le myspace (sympa les gars, et le respect des anciens ?!!), mais on doit reconnaître que les morceaux sont carrés, combien de répètes par semaine et de travail individuel pour arriver à ce résultat depuis votre formation ?
C’est vrai que dit comme ça, il passe un peu pour le vieux sage du groupe. Sinon, pour ce qui est du boulot, on se voit une fois par semaine et on bosse ensemble pendant quatre à six heures. Autant dire que des fois ça sent moins l’air pur des montagnes que le terrier de chacal… Sinon, je pense qu’on doit plus ou moins bosser une trentaine de minutes chacun par jour en dehors du groupe.
Ok, un truc qui m'est apparu clairement, sans parler d'influences de quoi que ce soit, mais c'est vrai que lorsqu'on vous écoute, notamment sur « The dead names » on ne peut pas s'empêcher de penser à Children Of Bodom « Needled 24/7 », qu'est ce que tu en penses ? Cela reste certainement un groupe qui vous a pas mal bercé non ?
Alors en fait c’est exactement ce que je voulais que l’on remarque dès le début. D’ailleurs ce morceau est issu d’une collaboration avec un ami qui habite… au Chili !! Si je lui ai demandé de composer avec moi sur ce morceau c’est parce que je le savais très « COB » dans son style de composition. Je voulais un morceau qui soit bien dans la veine COB pour ouvrir l’album sans pour autant en être. Pourquoi ? Simplement parce que je m’attendais à une telle comparaison. Quand tu fais du metal prog tu risques la comparaison avec Dream Theater, du heavy féminin c’est Nightwish… bref c’est assez dur de se démarquer. Ce morceau est là pour cette raison et c’est donc sans doute le moins personnel de l’album mais il permet au gens de voir qu’en comparaison, le reste de l’album est très personnel et exploite plus la multitude de nos influences. C’est une façon un peu radicale de montrer qu’on ne veut pas être une copie mais bien faire passer notre vision de la musique et du metal.
Concernant Children of Bodom, « Hatebreeder » est pour moi l’un des meilleurs album metal des 10 dernières années et "Bloodrunk" sans doute un des pires. Je pense que COB est un groupe qui a su être très inventif à ses débuts mais qui est en train de se perdre dans les chiffres de vente et le commercial. Pour moi, et ce depuis « Are You Dead Yet », ce n’est plus qu’un nom sur une galette.
Le processus de composition se passe comment ? Toi et Florian dirigez un peu l'idée créatrice et tout le monde vient apporter ensuite sa marque de fabrique ou vous apportez directement les idées ensemble lors des répètes ?
Pour ce qui est de la composition de l’album, c’est surtout moi, Vann et Flo qui avons fait le gros des morceaux. Ensuite, on les travaille tous ensemble et on se met à les modifier, à rajouter des choses, Guillaume modifie la basse, Loïc refait les parties de batterie à sa sauce. Au final, c’est vraiment un travail de groupe sur plusieurs mois.
Par contre tu vois quand on écoute un titre comme « For the love of war » vous arrivez plus à vous éloigner de vos influences et votre thrash melodique se fait plus perso, plus sombre aussi, j'ai trouvé que tu avais un timbre de voix à la Coroner, ton opinion là-dessus ?
C’est exactement ce que nous voulons montrer tout au long de l’album, que l’on peut être dans le créneau « metal mélodique » sans pour autant être une copie de COB et ça me fait plaisir que tu l’aies remarqué. Pour ce qui est du chant je suis vraiment flatté par la comparaison. Par ce que Coroner, ça reste quand même pour moi l’un des piliers de la scène thrash. Après, je ne suis pas spécialement allé écouter ce groupe en particulier pour la voix. J’ai essayé de faire en sorte que ça sonne bien avec la musique mais également que ça sonne différent, que ça sonne plus thrash que death.
Les claviers de Vannick apportent un côté aérien aux compositions, et accentuent le côté mélodique heavy c'est indéniable, il bosse sur quoi comme matériel ? Sur « The dead names » on dirait un petit côté orgue à la Doors sur la fin...
Effectivement, on utilise pas mal le clavier dans cette optique, ça rajoute un bon côté aérien à la musique et sa permet d’explorer des sonorités avec lesquelles on a pas forcément l’habitude de travailler. Par exemple la fin de « The Dead Names » dont tu parles c’était en fait sur l’idée d’un son à la Deep Purple comme sur le morceau « Burn ». Je pense que ça peut être intéressant de mélanger ce genre de sonorités quelles soient anciennes ou plus récentes comme celles que l’on retrouve dans l’electro.
Niveau matériel on choisit ensemble dans le sens ou on n'a pas de préférence pour telle ou telle marque. On écoute les sons et on voit ce qui nous plait. Par exemple sur l’enregistrement de l’album on a utilisé beaucoup de sons Korg (Triton et PAX1 Pro) mais également des vieux truc comme un Roland EM20 parce que certains sons sonnait mieux pour nous que sur le Korg.
Bon après ces présentations à rallonge, parlons un peu de « Seven years » qui sort le 20 mai chez Brennus Music. En tour premier lieu, ce titre ça représente quoi, quelle est sa signification ? Y-a-t-il un rapport avec la naissance du groupe qui pourtant n'a pas sept années d'existence, du moins je pense ?
Haha !! Non ce n’est pas par rapport à l’existence du groupe, c’est juste le début de l’expression Seven years bad luck (sept ans de malheur) qui est utilisé par superstition quand on brise un miroir, ce qui nous permet de jouer avec le nom du groupe et tout ce qui tourne autour. C’est également en rapport avec le contenu de l’album qui traite du monde tel qu’il est, un monde en perdition qui amène certaines craintes aux yeux de l’humanité, des craintes que l’on ne peut voir sans « briser le miroir », sans passer de l’autre côté. C’est pour cela que les thèmes sont très variés, qu’il s’agisse de la peur de la mort (« The Dead Names »), de l’asservissement des religions (« Releasing Earth ») ou encore de la guerre omniprésente (« For the Love of War »).
L'album sort chez Brennus Music, ce label se présente aujourd'hui comme le label français qui signe de bons groupes heavy, prog ou sympho, ça devient incontournable, ils ont notamment signé les excellents Qantice et aussi Yotangor dont on attend impatiemment la sortie. Comment s'est faite la rencontre, c'est vous qui les avez démarché en particulier ? Parce que je suis sûr qu'en faisant le tour vous auriez pu signer ailleurs, mais si votre choix s'est porté sur Brennus Music, ce n'est peut-être pas innocent non ?
Alors pour ce qui est du label, nous avons commencé à démarcher après avoir eu fini la phase d’enregistrement. On a envoyé le CD à pas mal de labels afin de pouvoir sortir l’album le plus tôt possible. C’est une démarche assez ingrate car il y a beaucoup de temps à consacrer aux différents envois et peu de retour. Néanmoins, nous avons eu quelques propositions que nous avions retenues car nous les trouvions intéressantes. Cependant les labels que je ciblais étaient bien plus modestes que Brennus car je me disais qu’il valait mieux commencer petit quand on n'a aucune expérience dans ce milieu plutôt que de se casser les dents sur plus gros.
Et puis au dernier moment, j’ai été mis en relation avec Alain Ricard, le patron de Brennus, et cela m’a tout de suite plu. C’est quelqu’un de vraiment passionné par ce qu’il fait mais qui garde les pieds sur terre et à toujours su nous donner les bons conseils pour la sortie de l’album. Il nous à vraiment aidé sur tous les plans et j’ai vraiment hâte de travailler avec lui pour l’année qui arrive.
Et sur cet album on retrouve donc les titres qu'il y avait sur votre demo « Beyond the mirrors », bien que pas mal de monde fasse cela, vous n'avez pas peur qu'on vous dise d'avoir fait dans la facilité en remettant les titres de la démo ? D'ailleurs il y aura combien de titres au total sur l'album ?
Je sais bien que ça peut paraître de la facilité, mais en fait on trouvait dommage de ne pas enregistrer les trois titres de la démo, tout simplement parce qu'entre sa sortie et l’enregistrement de l’album on les avait modifiés, ils avaient gagné en maturité et représentaient vraiment ce que l’on voulait mais que l’on n'avait pas forcément su montrer au travers de la démo. De plus, la démo n’a été distribuée qu’à 200 exemplaires et donc nous avions également envie de faire découvrir ces morceaux à plus de monde car ce qui nous motive avant tout, c’est de pouvoir faire découvrir nos morceaux et notre univers au plus de monde possible.

Vous avez tout réenregistré pour « Seven years » ? Cela s'est fait au Wild Century Studio c'est ça ? Il est où ? Combien de temps ça vous a pris pour tout mettre en place ?
Oui, tous les morceaux ont été enregistrés en fin d’été 2008 au Wild Century Studio. Ce studio c’est tout simplement celui que j’ai monté avec un ami et qui au départ n’avait qu’un but associatif. Je voulais permettre à tous les groupes locaux d’enregistrer leur démo avec un bon son pour un prix largement inférieur à celui des studios professionnels. Je ne pensais pas pouvoir travailler sur un album complet et encore moins le mien car il est assez dur de prendre du recul sur son propre travail. Mais finalement, je me suis dit que ça me ferait une bonne expérience et je me suis vraiment éclaté à la prise de son et au mixage. Mais c’est aussi pour avoir une oreille extérieure que je n’ai pas réalisé le mastering de l’album, et également par ce que je ne pense pas en avoir les capacités.
Au final l’enregistrement aura duré trois semaines et n’étant pas un professionnel, je me suis accordé deux semaines de plus, uniquement pour le mixage (des heures et des heures d’écoute… mais toujours avec le même plaisir, même à 3h du mat).
Pour le mastering vous avez fait une session au Finnvox Studio (rien que ça) avec Mika Jussila (COB, Nightwish, Stratovarius...). Vous y êtes allés ou vous avez envoyé les bandes ? Et pourquoi là-bas plutôt qu'un autre, c'est par rapport à vos affinités avec le style de Children of Bodom ?
Et bien j’ai fait la bêtise d’envoyer les bandes. Pas que le résultat en ait souffert, loin de là mais je regrette de ne pas avoir fait le déplacement. Tout simplement parce qu’à ce moment là je ne pouvais pas partir, mais la prochaine fois, je prends l’avion !!! Quand au choix du mastering, ce n’est ni pour COB ni même pour la renommée du Finnvox mais seulement pour Mika Jussila. J’adore son travail et tout particulièrement sur les albums de Stratovarius qui dégagent un son vraiment planant et aérien tout en étant bien puissant. Et au vu du résultat je pense que le prochain album passera également entre ses mains.
Vous avez commencé l'année par une tournée, « The seven years tour », vous avez joué où exactement, comment ce sont passés les shows ? Le public a aimé vos morceaux ?
C'était vos premiers concerts ou vous aviez déjà rodé les titres durant la démo ?
Cette tournée était exclusivement française et s’est déroulée du 25 février au 21 mars. Nous avons joué dans les principales villes de l’Est français (Lyon, Strasbourg, Lille, Marseille…), c’était l’occasion pour nous de rencontrer un nouveau public et de faire découvrir l’album avant sa sortie. Cela c’est vraiment bien passé, le public était vraiment réceptif et bien souvent agité. Nous avons fait de super rencontres et nous nous sommes vraiment fait plaisir, c’était vraiment de bons moments et on a hâte de remettre ça.
Mais il ne s’agissait pas de nos premiers concerts, heureusement, nous avions déjà fait quelques scènes qui nous ont permis de voir quels étaient nos défauts et nos problèmes sur scène. Nous avons également énormément travaillé sur le jeu de scène afin de rendre nos concerts vivants et j’espère que cela s’est ressenti dans la fosse.
L'album sort le 20 mai 2009, d'autres dates sont prévues après cette sortie ?
Et bien nous allons reprendre les concerts avec quatre dates en juin notamment sur Strasbourg le 6 juin au Molodoï et Annecy le 21 juin pour la fête la musique. Sinon nous avons également le festival Metal at Valleroy le 12 septembre et une date à Nancy chez Paulette le 11 décembre. Voilà pour l’actualité.
Tiens on n'a pas parlé encore de votre pochette. Elle est en lien direct avec le nom du groupe Broken Mirrors, cette vitre cassée, mais personnellement je ne la trouve pas très tape à l'oeil, un peu pâle. Vous vouliez faire ressortir quoi exactement ?
Je suppose que tu parle de la pochette visible sur myspace, en fait l’image sur myspace est de mauvaise qualité et un peu terne, c’est de ma faute car pour ne pas alourdir la page, je réduis la qualité des images que notre graphiste nous fourni mais je vais voir pour corriger ce détail qui effectivement ne met pas vraiment son travail en valeur.
En fait cette pochette représente un miroir brisé dans laquelle se reflète un monde dévasté. Cela rejoint un peu ce que je te disais au début quand aux thèmes de l’album. Après, je ne cherche pas non plus à faire un visuel forcément tape à l’œil, je voulais que ça fasse ressortir l’album de la façon dont nous le percevons et nous sommes vraiment satisfaits du résultat de ce point de vue.
Ok, voilà c'est terminé. Merci bien d'avoir répondu à nos questions, il vous reste le monde à conquérir !! Si t'as d'autres choses à ajouter c'est bien le moment. Merci encore...
Déjà un grand merci pour cette interview et un grand bravo pour le boulot du webzine qui est vraiment excellent.
Keep it metal !!!!
Liens :
page Myspace : www.myspace.com/thebrokenmirrorsband