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Interview de Asmodee - avril 2009.

Interview : Asmodee

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“Chlorosis” est le petit dernier d'Asmodée, sorti chez Great Dane Records, une petite perle de black metal aux orientations avant-gardistes qui devrait certainement titiller vos esgourdes par sa puissance et sa complexité. Depuis 1998, Asmodée évolue continuellement et enrichit chaque fois un peu plus sa musique. De quoi est fait ce nouvel album, quelles sont les muses qui entourent le groupe, de quelle manière les textes sont-ils écrits ? Pour l'occasion, c'est Thomas (guitares) qui nous explique son mode de pensée et son processus de création...
par Arzhu - avril 2009.

Salut Thomas, bon le nom d'Asmodée n'étant peut-être pas obligatoirement sur toutes les lèvres, un petit rappel de la formation et de son histoire s'impose donc. Présente nous le groupe s'il te plait, sa composition, ses origines et les productions à son actif éventuellement...

Asmodée a été formé en 1998 avec des ex-membres de Necropolis. Nous avons sorti trois démos (« Asmodée », « Errance », « Séquelles »…) puis deux albums sur Sacral Productions : « Symptômes de ruine » en 2002 et « Simulacres » en 2004. Ensuite nous avons enregistré un promo dont est tiré le 7’EP « Black Drop Journey », sortien 2007 chez Mankind’s demise Records.
Pour finir, nous venons de sortir notre troisième album « Chlorosis », chez Great Dane Records / distribution Season Of Mist.
Notre style navigue entre black et death-metal avec des sonorités issues du jazz, du rock progressif et la musique contemporaine.
Notre formation est la même depuis la démo « Séquelles » :
TC : chant / guitares
MG : basse effets claviers
VR : batterie
Nous avons simplement changé de guitariste fin 2007 avant l’enregistrement de « Chlorosis », NM (qui joue dans Offending) a été remplacé par Cyriex, qui fait aussi partie de Decrepit Spectre et qui jouait auparavant dans Voracious Gangrene et Seth.
Actuellement, nous travaillons sur des nouveaux morceaux et mixons des titres lives enregistrés et filmés lors de notre concert au Bt 59 à Bordeaux en compagnie de Gorod.

Photo de Asmodee

Ok, comme on dit, ça c'est fait.  Asmodée existe depuis 1998, quel regard introspectif peux-tu nous donner vis-à-vis de votre évolution musicale d'une part ? Et ensuite douze ans d'existence, c'est plutôt pas mal non ? Est-ce que quand Asmodée s'est créé vous envisagiez cette longévité ? Tes  espérances vis-à-vis du groupe ont-elles été celles que tu attendais ?

Notre évolution musicale n’a pas de limite, même si je nous vois mal prendre un virage radical comme Ulver peut l’avoir fait avec ses albums électroniques… Mais on ne sait jamais ce que l’inspiration peut réserver.
Je ne me pose pas vraiment de question sur la longévité du groupe. Tant que nous aurons envie de jouer et de créer, nous continuerons, voilà tout.
Sinon, oui, je suis assez fier que le groupe existe toujours. Vu l’état catastrophique de l’industrie du disque et le peu de moyens qu’accordent les labels aux groupes actuels, rester en activité et sortir des enregistrements de qualité peut devenir compliqué et usant, surtout dans le milieu du metal extrême.
Bien sûr nous avons des espérances pour l’évolution du groupe etc., mais le plus important est l’impact que provoque notre musique chez chaque individu, et à ce niveau-là, nous sommes parvenus à éveiller de vraies émotions et à établir un flux qui circule d’une entité à une autre sur la planète, là est l’essentiel.

Tu as pris le chant en 2001 à partir de « Séquelles » me semble-t-il. Au départ il y a eu pas mal de mouvements niveau line-up, est-ce que maintenant c'est définitivement réglé ou voudrais-tu te réserver uniquement à la guitare et laisser le chant à quelqu'un d'autre ?

Oui, j’ai chanté sur « Séquelles » car personne d’autre ne pouvait le faire, et j’y ai pris goût.
J'ai pensé prendre un chanteur jusqu’en 2004, 2005, pendant et après la réalisation de « Simulacres » (même si j’avais déjà arrangé les parties de guitare afin de pouvoir chanter en jouant). Puis avec le « promo 2006 » et « Chlorosis », j’ai pris l’habitude d’aménager systématiquement les morceaux pour pouvoir les restituer correctement sur scène.
Si quelqu’un d’intéressant et d’intéressé se présente un jour pour chanter dans Asmodée, pourquoi pas… Ce n’est pas impossible.

Photo de Asmodee

J'ai constaté personnellement qu' Asmodée bien que pratiquant du black metal , même si celui-ci peut être avant-gardiste et un peu death par moment, n'est pas du style à s'entourer de costumes, corpse painting, épées ou autre artifices qui peuvent souvent être superficiels. Votre musique se suffit à elle même pour dégager une noirceur et une ambiance sombre.
Quel est ton avis sur les groupes de black qui s'entourent de ces artifices, même s'il y a quelques années ils étaient beaucoup plus légion que maintenant ?

Je pense que la musique peut se suffire à elle-même pour dégager une ambiance.
Cela dit, nous n’avons rien contre les personnes ou les groupes qui utilisent des artifices scéniques, même si beaucoup sont ridicules dans le black metal car ils ont tendance à cacher la médiocrité de leur musique sous leurs maquillages.
Un corpse painting bien fait, ça me va… Mais c’est mieux si les morceaux du groupe sont bons. C’est un tout qu’il faut savoir gérer savamment.
Et puis certaines personnes n’ont pas besoin d’artifices, car elles ont elles-mêmes un aura, une présence ; je pense à Christian Vander de Magma par exemple ou Robert Plant, et Gaahl ou Tom Warrior dans un autre registre…
Si nous pouvons le faire comme nous le voulons, nous n’excluons pas d’utiliser un jour des décors, des costumes et des corpse paint avec Asmodée.

Bon, alors ce « Chlorosis » me paraît être un album extrêmement bien réussi à tous les niveaux. En premier lieu parlons de cette excellente front-cover que j'adore. Tu peux nous en parler un peu plus : qui s'est occupé de cette dernière, ce qu'elle représente, pourquoi ce choix de peinture avec finalement un fond très clair en contraste avec le reste de la pochette ?
C'est un changement par rapport à ce que vous aviez déjà fait auparavant, vos anciennes pochettes étaient quand même beaucoup plus classiques et sombres …

Je ne trouve pas les jaquettes de nos deux premiers albums si « classiques » que ça, on nous a même dit qu’elles ne l’étaient pas pas assez, ah ah…
En tout cas nous n’y avions pas apporté le même soin qu’à celle de « Chlorosis ».
Celle-ci a été réalisée par Asymetric Entity qui s’occupe du visuel de Blut Aus Nord depuis des années et récemment de celui de Reverence. Nous aimions son travail et pensions à juste titre qu’il s’adapterait parfaitement à ce que nous souhaitions.
Je lui ai expliqué le concept d’une partie de l’album (basé sur le livre d’Henri Michaux « Ici Poddema »), et quand il nous a envoyé les premiers essais, ils faisaient penser à du Michaux en tant que peintre…Sauf qu’il ne savait pas que Michaux était aussi peintre…
C’était donc assez génial de voir que sans connaître sa peinture, il avait fait quelque chose de très proche de son oeuvre. Chaque illustration du livret a demandé un travail minutieux, car toutes sont en fait des assemblages de plusieurs petites peintures et de fonds colorés qui ont ensuite été scannés. Depuis le début, le fond est blanc, on voulait quelque chose qui change de toutes ces pochettes foncées que l’on trouve dans le black-metal…
De plus, les dessins s’accommodaient très mal d’un fond sombre.
La cover représente l’entrée du pays de Poddema, prête à accueillir les auditeurs qui la franchiront… et les personnages qui sont autour peuvent passer pour des Poddemaïs…

Photo de Asmodee

Et « Chlorosis », ce titre, ça représente quoi ?

Il s’agit du nom qu’on donnait à une maladie qui touchait les jeunes filles au XIXème siècle (« Chlorose » en français), une sorte d’anémie, de déperdition, un peu comme celle de la femme de Jacques Marles dans « En Rade » de Huysmans…
Pour moi, par analogie, cela représente aussi l’esprit décadent que j’aime dans la littérature française fin XIXème, subtile, travaillée, mais malade au plus profond de l’âme et du corps…

Ce titre est aussi lié à l’artwork : les Poddemaïs que l’on voit sur la jaquette sont blafards et ternes, comme des feuilles désséchées… (d’ailleurs le sens premier de Chlorose est tout simplement « étiolement » - une décoloration des feuilles chez les végétaux, dû à un manque de chlorophylle…)
Bien sûr, il existe aussi un rapport avec le concept des textes, les maladies de la chambre aux malaises, l’aspect végétal des Poddemaïs dont certains sont élevés « en pot » etc.

Alors, musicalement  vous ne vous cantonnez pas à juste balancer du black metal, c'est vrai que vous êtes très techniques mais surtout vous explorez énormément de contrées. Tu as composé la plupart des morceaux de « Chlorosis », comment tu fais et même comment vous faites pour arriver à mélanger cette rapidité, et ces explorations musicales ? Tu t'inspires de quoi finalement pour composer ?

« Très techniques », c’est peut être un peu fort. J’ai l’impression que les gens pensent qu’on fait exprès de jouer des plans techniques, mais ce n’est pas vraiment volontaire, on cherche des riffs et on les joue, c’est tout. Pour le côté violent, eh bien on s’ennuie à jouer des trucs lents, donc… Thrash ‘till death…
De quoi nous inspirons-nous ? Mais de tout ! De notre bagage « culturel », notre propre « passé » musical (nous avons repris des titres et des idées de compo des groupes dans lesquels nous avions joué avant Asmodée… C’est une manière de garder la flamme et l’élan des premiers jets !…), de théories artistiques aussi…
Nous aimons beaucoup la musique classique et contemporaine : Debussy, Bartok, Janacek, Poulenc, Zappa…et le rock progressif, Magma, Art Zoyd, Weidorje, Mahavishnu Orchestra… mais aussi le heavy fuckin’ metal (là je suis en plein "The Crimson Idol" de Wasp, et Heir Apparent…)

Je reviens une fois de plus sur le booklet, le point négatif que j'ai relevé, c'est que les paroles ont été imprimées un peu trop petites à mon goût. T'en penses quoi ?

Et bien effectivement, c’est petit. Que veux-tu, c’est fait pour être sorti en vynil !

Niveau son, c'est pareil, le son de cet album est assez puissant. Est-ce que le Drudenhaus y est pour quelque chose ? D'ailleurs vous n'avez pas enregistré que là-bas non ? Le résultat te satisfait-il ?

Oui, nous sommes satisfaits du résultat. Bien sûr, le Drudenhaus y est pour quelque chose. Nous n’avons enregistré que la batterie et fait le mixage là-bas. Nous avons fait le reste des prises au Echoes Studio avec Iconoclast de Sael, un ami de longue date, et la plupart des solos au DS studio, anciennement chez Cyriex, là où a été enregistré le mini de Decrepit Spectre (avec une partie de mon matériel d’ailleurs… héhé).
Je pense sincèrement que c’est notre meilleure production.

Photo de Asmodee

Sur les « additional members »  Nebxort,  Iconoclast et surtout Asymetric Entity avec étonnantes fleurs qui poussent et se transforment. Tu peux m'expliquer leur participation ?

Ce sont des personnes qui se sont vraiment investis dans cet album, au-delà des services qu’ils proposaient, c’est pourquoi nous avons décidé de les inclure dans le concept global de l’album. NebXort du DrudenHaus Studio nous a aidé dans chaque phase de l’enregistrement, même s’il n’a pas tout fait lui-même, et nous avons construit avec lui notre son actuel.
Iconoclast de Sael, c’est le Echoes Studio, qui nous avait déjà enregistré les morceaux du promo 2006 qui sont présents sur l’album dans une autre version, je le considère comme le cinquième membre d’Asmodée depuis plusieurs années (il avait d’ailleurs failli en faire partie en tant que chanteur juste avant « Simulacres »…), c’est un peu notre ingénieur/producteur.
Asymetric Entity, c’est celui qui a fait l’artwork, cette flore poddémaïenne qui a poussé et s’est transformée…

C'est toi qui écris toutes les paroles, et les paroles d'Asmodée sont depuis longtemps orientées vers une écriture dans notre langue. Peu de groupes arrivent à réussir cet exercice de style, comme Misanthrope par exemple. Tes paroles me font penser parfois à des poèmes du genre romantisme noir. Elles sont également assez complexes par moment. Sur quoi tu te bases pour écrire les titres, tu a suivi des études de lettres ou autre ?
Tu revendiques également le fait que tes paroles sont de toi mais aussi de tes auteurs favoris, quels sont ces auteurs dont tu parles ?

Je ne suis pas vraiment tout seul, il arrive que les autres trouvent un titre à partir d’un de mes textes, et Matthieu a aussi écris sur les précédents albums.
Pour « Chlorosis », en revanche, j’ai tout fait, et, oui, tu l’as deviné, j’ai fait des études de Lettres.
L’album est composé d’à peu près 50% de textes en anglais, 50% en français.

Sinon, c’est vrai que je n’hésite pas à faire du collage dans nos textes, je mêle des phrases et expressions de différents auteurs avec les miennes, et du moment que le résultat me satisfait, je ne me limite pas.
Les auteurs dont je parle et qui m’inspirent ? Baudelaire, Lautréamont, Allen Ginsberg “Howl”, Huysmans, Blake, Hermann Hesse...

Pour « Chlorosis », les quatre premiers morceaux de l’album sont basés sur « Ici, Poddema » de Henri Michaux  (dans « Ailleurs »).
Poddema est un pays imaginaire où vivent les poddemaïs, des êtres élevés en batterie par les habitants de Poddema et destinés à devenir leurs esclaves. Ils sont marqués comme du bétail avec des tatouages au fer rouge représentant les armoiries de l’éleveur ou des signes prophétiques. (Pour ceux qui connaissent « Dune », ils peuvent être comparés aux machines humaines créées par le Bene Thleilax à partir de déchets de corps humains.)
Ce sont en fait des machines esclaves, mais ils peuvent aussi servir à la décoration.

Voici une introduction aux textes de deux morceaux de l’album : 

« Discomfort Scale – La chambre aux malaises » :
Il existe cinq registres de souffrances à Poddema. Chaque maladie ou souffrance intime est classifiée. On les fait alors subir à la population. Sans cette expérience, les habitants de Poddema considèrent que l’on est « comme en dehors de l’humanité », indifférents aux voisins, à leur peine, à leur joie aussi.
Dans le texte du morceau, c’est le narrateur qui s’exprime et qui narre son séjour de plusieurs mois dans la chambre aux malaises. 

« Angle Noir/ Hanging Eyes » :
Les habitants de Poddema utilisent les yeux des Poddemaïs d’Errimane, qui sont d’un très beau bleu et qui, convenablement traités, servent d’ornements. Les femmes les portent comme bijoux et des pendentifs.
Malheureusement, ils ne repoussent pas. L’abominable processus d’extraction engendre des séquelles atroces sur le sujet prélevé.
Ils se servent aussi des yeux d’une autre espèce de poddemaïs car ils repoussent jusqu’à trois fois. Ils sont élevés en nombre, mais leurs yeux sont très petits et ne sont pas aussi réputés que ceux des Poddemaïs d’Errimane, qui – hélas –meurent prématurément.

Pour les autres morceaux, le texte de « The Caïnist » est inspiré par « Demian » de Hermann Hesse, celui de « Pénitence » est construit à partir de séances d’écriture de cadavres exquis. « Black Drop Journey » est un voyage halluciné dans l’univers d’un roman de Jodorowsky : « L’enfant du Jeudi Noir ».

En 2007, le 7 ep « Black drop journey » est sorti en format vinyl ? Expérience que vous souhaiteriez renouveler ou intérêt moindre qui ne vous attire pas plus que cela ?

Si, nous sommes très contents de cette réalisation, et on aimerait beaucoup que « Chlorosis » soit pressé en 33 Tours. C’est génial, on peut faire des jaquettes avec pleins de détails et utiliser la moindre parcelle du format, alors que sur un CD, c’est vraiment trop petit.
Tu soulignais que les textes n’étaient pas imprimés en assez grands caractères sur « Chlorosis », et bien nous n’aurions plus ce problème sur une jaquette de 33T, et je pense que l’ensemble de l’artwork y serait sublimé.
Par ailleurs, j’adore écouter du vieux rock et du metal en vynil, ainsi que de la musique classique, le son est tellement plus beau…

Au fait, nouvel album, nouveau label. « Chlorosis » sort donc chez Great Dane Records, votre précédent album étant sorti chez Sacral productions. Est-ce que même avec votre actif, vous avez eu du mal à trouver un label ?
Content de ce deal avec eux ? D'ailleurs l'image de fond sur leur site c'est votre pochette d'album ?

Nous avons eu du mal avant l’album, avec le promo, jusqu’à ce que j’ai un e-mail de Candlelight, puis de Appease Me. Nous devions sortir l’album sur Appease Me, subventionné par Candlelight et distribué par PHD. C’était une belle offre, mais Vinsdal a eu des démêlés avec Candlelight qui n’était pas d’accord avec les derniers groupes qu’ils voulaient sortir sur Appease Me, puisque les précédents n’avaient déjà pas fait d’argent…
Nous nous sommes donc retrouvés brutalement sans label en septembre 2008, Appease Me ne pouvant produire des groupes sans argent…

Nous avons alors eu trois propositions et celle de Great Dane était la mieux (un des deux autres labels voulait qu’on paye le pressage !). De plus, cela nous permettait de sortir l’album rapidement et via le réseau de distribution de Season Of Mist.
Oui, c’est notre jaquette ou un détail de celle-ci qui était sur leur page d’accueil (mais elle a changé depuis).

Et niveau promotion, vous en êtes où ? Est-ce que les chros ou interviews pour ce troisième opus commencent à arriver ? Quelles sont les critiques ?

L’album n’a véritablement été disponible que fin janvier début février, donc les chroniques commencent juste à arriver. Pour l’instant, ce ne sont que des éloges… Espérons que ça continue. J’ai d’autres interviews en cours aussi.
Nous indiquerons tout ça sur notre myspace et sur notre site.

Photo de Asmodee

Asmodée en est à son troisième album, la qualité est là c'est indéniable, la technique aussi, mais est-ce que selon toi cette complexité n'a pas nui quelque part à une reconnaissance plus importante auprès de la scène metal et black en particulier ?

Si, bien sûr, évidemment, le black-métalleux pure souche n’aime pas Asmodée car « c’est trop technique »…Pourtant, j’en suis un moi-même…héhé, j’écoute aussi des choses très simples et directes et pas mal de black « primitif », les démos de Nuit Noire par exemple, j’adore…Enfin il est vrai que ça ne se retrouve que peu dans Asmodée, si ce n’est pour certaines ambiances.
La mode du true black-metal est un peu comparable à la scène grunge…attitude débridée, non-professionnalisme (enfin le business fleurissant autour de ces scènes est très professionnel, lui…), amateurisme musical…donc haine envers les gens qui essayent simplement de bien jouer d’un instrument, et donc rejet des scènes antérieures etc.
Au début des années 90, c’était le grunge de Seattle (vaste blague...) qui rejetait tout le heavy-metal et le thrash formaté des années 80, après il y a eu les groupes du Inner circle qui rejettaient la scène death-metal floridienne…Tout cela est cyclique...
Ces gens-là (des intégristes ?) ont du mal à supporter une musique qui diffère un tant soit peu de leur « courant » de prédilection ou qui laisserait filtrer une once de professionnalisme ou de musicalité…

Et pour finir, peu importe les « scènes » et « courants », seule la musique compte, un bon album reste un bon album, et quelquefois il rassemble les différentes « scènes » justement ; par exemple « Altars Of Madness » (death/black/thrash) ou « Rust In Peace » (heavy/thrash) ou « Painkiller »

Je parlais de promotion tout à l'heure, vous avez commencé à tourner pour promouvoir la sortie de l'album, vous avez des dates précises mais surtout une tournée digne de ce nom ?
Sur les premiers concerts que vous avez fait en ce début d'année, l'accueil a été comment par rapport aux nouveaux morceaux ?

Les nouveaux morceaux passent plutôt bien sur scène car ils ont été pensés pour pouvoir être joués en live.
Monter une tournée pour nous est assez difficile, il faudrait y passer tout notre temps, or, nous avons quelques obligations professionnelles.
Néanmoins, nous organisons actuellement des échanges de dates avec des groupes allemands et anglais afin de jouer à l’étranger (et en France avec eux, dans le nord…)… A suivre donc.

Finalement de quelle scène musicale te sens-tu le plus proche, vu que la musique d'Asmodée me semble expérimentale, black metal principalement mais tout de même ouverte à d'autres extrêmes.

Je me sens proche de certaines personnes et non d’une scène en particulier. Je n’aime pas spécialement tous ces gens étroits d’esprit qui circulent dans les scènes extrêmes, mais heureusement ce n’est pas la majorité.

Merci à toi Thomas, on espère que « Chlorosis » aura le succès qu'il mérite. Je te laisse le dernier mot...

Un grand merci à toi et à Decibels Storm pour cette entrevue.
Français, soutenez vos groupes ! J’ai trop vu de très bons groupes français (et même étrangers) avec un public injustement réduit… Un vrai concert, c’est mieux qu’Internet et que de faire des posts sur des forums…
Nous préparons un autre album et il sera meilleur que le précédent.
A bientôt.

Liens :

page Myspace : http://www.myspace.com/asmode
site officiel : http://asmodeelegion.free.fr

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