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Interview de Artesia - mai 2009.

Interview : Artesia

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L'intégration officielle de Loïc Cellier (Belenos), le départ de Gaëlle, et l'arrivée de Coralie (Bran Barr / Mind Asylum / Dark Sanctuary) dans Artesia auront un court instant modifié le mode de pensée d'Agathe, qui est à l'origine du groupe.
Mais après avoir su composer avec tous ces événements, « Llydaw » troisième album d'Artesia, a vu le jour en mars 2009. Parfois comparé à Dark Sanctuary ou Arcana, c'est avec une musique toujours aussi inspirée dans un monde dark atmosphérique basé sur la féérie sombre et la nature qu'Artesia nous revient plus grand que jamais. Si vous ne connaissez pas Artesia, c'est le moment de faire la connaissance d'Agathe et Coralie...
par Arzhu - mai 2009.

Bonjour à vous, avant toute chose, voulez-vous bien s'il vous plait, vous soumettre à l'exercice de présentation, qui bien que rébarbatif permet malgré tout aux lecteurs de découvrir un petit peu vos origines musicales....

Agathe : Bonjour, Artesia a commencé en 2001 lorsque j’ai composé les tous premiers morceaux et écrit les premiers textes. A l’époque, j’étais le seul membre et il n’y avait donc que du chant et du synthé. J’ai enregistré une démo en juin 2003 («L’Eveil de l’âme » – 8 titres, 38 minutes) mais je ne l’ai pas distribuée car le son était médiocre et je n’étais pas satisfaite du niveau général des morceaux. Gaëlle s’est jointe à moi dès septembre 2003 et nous avons travaillé ensemble pour réaliser la deuxième démo (« l’Aube Morne » - 5 titres, 20 minutes), laquelle nous a permis de nous faire connaître un minimum dans le milieu heavenly atmosphérique.
Comme cette démo a été bien accueillie par les médias et le public, nous avons décidé de faire un véritable album, « Hilvern » et une fois que nous avons eu fini de l’enregistrer, nous avons démarché quelques labels et c’est chez Prikosnovénie que nous avons signé. "Hilvern" est sorti début 2006. Nous avons sorti notre deuxième album, « Chants d’Automne » au mois de juin 2007.
En 2008, Gaëlle a quitté le groupe et une nouvelle violoniste, Coralie, nous a rejoints Loïc et moi. C’est donc sous la forme d’un trio que nous avons enregistré « Llydaw », sorti en février 2009, toujours chez Prikosnovénie.

Photo de Artesia

Artesia est donc à l'origine fondé par toi Agathe, en 2001, tu avais donc 17 ans si je ne me trompe pas, comment envisageais-tu à l'époque la « carrière » d'Artesia, est-ce que c'était pour toi un projet musical qui était calculé pour rester au niveau underground, ou tu avais de l'ambition et tu pensais déjà qu'il était fait pour progresser à l'état de groupe en tant que tel, avec signature sur un label (ici Prikosnovénie en l'occurrence) ?

Agathe : Pour être vraiment exacte, en 2001, c’était vraiment de tous petits débuts, j’avais quelques morceaux au piano et des textes, mais tout cela restait immature et peu abouti, ce qui me semble assez normal. J’ai reçu mon synthé à l’été 2001 (pour mon bac à vrai dire !!) et j’ai décidé de vraiment bosser sur Artesia.
Mais jamais je n’aurais imaginé que je serai un jour sur un label, avec de vrais cd’s bien pressés etc...C’était une passion que je voulais entretenir du mieux possible, avec mes petits moyens techniques et mon expérience musicale de débutante.
A 17, 18 ans tu es déjà content de faire un morceau qui tient à peu près la route et tu n’imagines pas forcément que cela pourra plaire à d’autres. Donc rien n’était vraiment planifié dans ma tête, même si, comme tout le monde, je rêvais de mener mon projet à bien. Ce n’est qu’après la seconde démo que je me suis posé des questions, étant donné l’accueil chaleureux que nous avions reçu et l’envie que j’avais d’aller plus loin dans cette aventure. Et si cela n’avait pas marché, j’aurais continué la musique pour moi, dans mon coin. Je considère que tout ce qui est arrivé est une grande chance et du bonus, et je croise les doigts pour que ça continue.

D'ailleurs puisque nous parlons de Prikosnovénie, ce label est du pain béni pour tous les groupes heavenly voices ou aux inspirations mediévales, ambiantes, atmosphériques et autres genres très spirituels. C'est prévu que vous restiez chez eux pour un moment, ou le contrat arrive à sa fin ?
Vu que tu es notaire maintenant, tes études de droit devraient permettre de bien négocier vos futurs contrats non ?

Agathe : Je vois que tu es bien renseigné, j’ai en effet ce diplôme depuis un an mais je précise que je ne pratique pas du tout de droit de la propriété intellectuelle et artistique, du coup je ne suis pas spécialement avantagée par ma formation de juriste. De plus, quand tu as affaire à un label indépendant, il faut savoir rester cool, car ce n’est pas aussi bien structuré et réglo qu’une boîte plus importante. La musique est ma passion mais doit rester un plaisir, je ne tiens pas à y être aussi rigoureuse que dans ma profession.
Nous avons eu de la chance d’être signés chez Prikosnovenie, surtout qu’à l’époque, Artesia était inconnu au bataillon et ils ont plutôt pour habitude de s’occuper de groupes plus « pros ». Aujourd’hui, après trois albums, j’avoue que j’ai envie de changer d’air, de voir ce que pourrait m’apporter une collaboration avec un autre label, et il y en a d’excellents, je songe notamment à Equilibrium etc...
Les contrats que j’ai signé avec Priko consistent en fait en des licences pour chaque album, je suis donc libre de partir si l’envie m’en prend et qu’une belle occasion se présente.
Disons que ce qui m’ennuie aujourd’hui, entre autres, c’est le fait que je touche 32 cents par cd vendu à l’étranger, et environ 60 pour ceux vendus en France ce qui est peu et ne me permet pas d’investir dans des instruments nouveaux ou du matos d’enregistrement. Certes, je ne compte pas sur mes royalties pour payer mon loyer mais je n’ai pas l’impression de recevoir ce qui m’est dû.
De plus, certains événements qui ont précédé la sortie de « Llydaw » m’ont profondément dégoûtée, comme le mastering de dernière minute du label (en gros, 2 jours avant que le cd parte à l’usine pour le pressage, l’ingé son a commencé à faire son mastering, m’a envoyé des pistes complètement massacrées, avec carrément des baisses de sons en plein milieu des morceaux… et au final, ce qu’il a fait est moins bon que notre mix de départ)
J’ai vraiment eu peur qu’on me prenne pour une amatrice avec tous ces problèmes et maintenant j’ai envie de passer à autre chose.

2008 a été une année de changements, le départ de Gaëlle qui avait intégré la formation depuis 2003, Loïc Cellier (de Belenos) qui, même s'il était présent depuis le début a intégré officiellement Artesia, l'arrivée de Coralie votre nouvelle violoniste... Alors cette restructuration a-t-elle été bénéfique pour Artesia ou est-ce que cela n'a absolument rien changé ? Agathe avais commencé à composer et enregistrer les nouveaux morceaux seule au départ, pourquoi ne pas avoir continué de la sorte finalement, le manque de temps ?

Agathe : En effet, cette année a été plutôt mouvementée, surtout concernant le départ de Gaëlle. Elle jouait avec moi depuis 5 ans, nous avions nos habitudes de travail et un bon feeling s’était instauré entre mes compos et ses lignes de violon. Je me suis sentie assez désemparée et j’ai même pensé ne plus mettre de violon du tout sur les morceaux, mais il m’est vite apparu que cet instrument me manquait.
Coralie est arrivée pour la remplacer et Loïc a accepté de devenir membre officiel à ma demande et cela m’a redonné l’impulsion nécessaire pour terminer « Llydaw ».
Il est vrai que je compose toute seule mais j’aime bien imaginer ce que donnera tel ou tel instrument sur mes compos et si je n’ai personne en vue, mes prévisions sont troublées. Je ne sais pas jouer de violon malheureusement, sinon je pense que j’aurais pu continuer seule.
Quant à prendre des membres de session, ce n’est pas si évident car va trouver des gens qui acceptent de rester dans l’ombre, de ne pas figurer sur les photos etc… c’est assez ingrat comme job.
Je pense que le fait d’intégrer Loïc a été une bonne idée, je tenais absolument à ce qu’il pose sa voix sur certains morceaux et je trouve que ceux-ci sont très réussis et amènent une profondeur à l’album.
Je sais que notre public, comme moi, aime le fait qu’il y ait de « vrais » instruments dans Artesia, comme la guitare et le violon, et je ne voulais pas les en priver en utilisant des banques de sons plus froides et sans feeling.

Puisque Loïc apporte une aide à Artesia depuis ses débuts, pourquoi ne pas l'avoir intégré plus tôt, c'est le fait d'avoir appris à mieux vous connaître au cours de ces années qui a fait qu'il devait intégrer le groupe officiellement de manière logique et naturelle ?

Agathe : Ah, pas vraiment car je le connais très bien depuis le début, et nous vivons ensemble depuis plus de cinq ans. C’est juste qu’il n’en avait pas manifesté l’envie et qu’à l’époque, il jouait des parties que j’avais composé moi-même donc il ne se sentait pas forcément légitime pour intégrer le groupe.
Aujourd’hui, il compose des instrumentaux à la guitare, et je lui laisse plus de marge de manœuvre pour trouver les accompagnements des autres morceaux, c’est pourquoi il m’a semblé logique de le faire apparaître comme véritable membre. Et c’est un plaisir pour moi de partager cela avec lui, en plus de tout le reste.

Et Coralie, est-ce que la recherche d'une nouvelle violoniste a été chose difficile ou vous la connaissiez déjà depuis longtemps ?

Agathe : En fait, c’est Coralie qui m’a contactée quand elle a vu sur notre page Myspace que Gaëlle était partie. Elle s’est proposée pour la remplacer et j’ai accepté. J’ai travaillé avec elle de la même façon que je faisais avec Gaëlle, c’est à dire que je lui ai envoyé tout l’album, sur lequel elle a travaillé pour trouver ses lignes de violon. Quand elle a terminé, j’ai retravaillé tout cela et elle est venue enregistrer à la maison.

D'ailleurs Coralie, de ton côté où trouves-tu le temps entre tes études de droit (décidément c'est un critère chez Artesia), Bran Barr (qui doit nous sortir « Sidh »si je ne me trompe pas), tes sessions chez Dark Sanctuary et Mind Asylum ? Le planning est étudié avec précision ?

Coralie : Et bien j'ai la chance pour l'instant que tout ne soit pas tombé en même temps. Par exemple les enregistrements de Dark Sanctuary se sont achevés en février/mars, ceux de Mind Asylum remontent à octobre 2008 avant ma rentrée (et la sortie est prévue pour juin) donc pour l'instant tout s'enchaîne bien. Après il est vrai que ce qui prend le plus de temps est la composition des lignes de violon à proprement parler mais là aussi cela peut aller assez vite lorsqu'il n'y a qu'un projet à la fois. Je me sers de la musique comme d'un exutoire par rapport à la rigidité de mes études donc je trouve toujours le temps pour en faire, c'est même souvent une priorité.

Juste une digression, pour Bran Barr, ça avance la recherche de label, la crise du label Dgf a dû vous faire prendre pas mal de retard ? Et cette réédition du premier album alors ?

Coralie : En effet la crise de DGF a entraîné également une crise pour Bran Barr, je pense que nous n'avions pas besoin de prendre du retard supplémentaire avec « Sidh ». Actuellement nous avons quelques pistes de labels mais les circonstances actuelles ne sont pas forcément propices à une signature, même lorsque l'on propose un produit fini comme « Sidh ». Mais nous restons motivés et cherchons activement. Concernant la réédition du premier album, les enregistrements étaient en cours lorsque DGF nous a annoncé qu'il ne pouvait plus donner suite à notre "contrat" et nous rembourser les frais de studio que des membres du groupe avaient personnellement avancés. Cela a donné un coup au moral de tout le monde, et la poursuite des enregistrements dépendra maintenant du choix du futur label qui je l'espère sera plus motivé, sérieux et honnête que DGF. J'en profite pour préciser que nous recherchons également des dates de concert pour l'été et la rentrée 2009 afin de faire vivre « Sidh » sur scène.

Photo de Artesia

Parlons enfin de votre nouvel et troisième album « Llydaw » sorti en mars 2009, comme je n'ai pas encore eu le temps de l'écouter (sachant que je possède les deux autres et « l' Aube Morne » je le précise), est-ce qu'il y a de gros changements par rapport à « Chants d'automne » ? L'arrivée de Coralie a-t-elle changé quelque chose dans la manière de jouer d'Artesia ? Qu'avons nous dans ce troisième album finalement ?

Agathe : Eh bien, les changements principaux tiennent à l’arrivée de Loïc au chant, il m’accompagne sur un morceau et chante seul sur le dernier. Pas de hurlements, mais des chœurs, disons à la manière de Peter Bjärgo, ce qui colle très bien à l’ambiance du groupe.
Je pense qu’il n’y a pas de changement révolutionnaire, je suis toujours une certaine ligne de conduite, j’aime l’atmo assez dark donc je ne pense pas que quelqu’un qui a aimé les deux premiers albums sera dérouté mais il est certain que nous évoluons quand même.
Quant à Coralie, elle n’a pas vraiment influencé la musique d’Artesia, ses parties sont assez simples, ce qui est normal car ce n’est pas facile d’arriver dans un groupe qui a déjà son univers propre. J’ai retravaillé ses idées car elles ne correspondaient pas toujours à ce que je voulais. Ceci dit, elle n’a pas un style foncièrement différent de celui de Gaëlle et je pense qu’elle saura s’affirmer davantage à l’avenir.
Nous avons fait bien attention à la justesse, au respect du tempo mais cela reste des morceaux simples dans leur structure et plus axés sur l’ambiance que sur le côté technique.
L’album comporte 8 morceaux, dont 3 instrumentaux violon/ guitare, qui amènent une touche de légèreté car les 5 autres sont longs et très mélancoliques je trouve. Nous utilisons toujours des samples de vent, pluie, car malgré leur côté kitsch, ils permettent à l’auditeur d’imaginer qu’il se trouve en pleine forêt, ce qui est important pour nous.

Du côté de l'artwork vous avez innové. Alors que sur les précédentes productions on pouvait apercevoir des paysages boisés pour les deux premiers et Excalibur pour « Chants d'automne » dans des tons de bleus violets qui étaient réalisés par Loïc et toi il me semble. Cette fois-ci c'est une cover sur des tons de vert aux inspirations celtiques qui a été mise en avant. Artwork réalisé par Scarletgothica. Qu'est-ce qui vous a poussé à faire appel à Scarletgothica et à ne pas continuer de la même manière que vos autres albums ?

Agathe : En fait, c’est ScarletGothica, avec qui je correspondais de temps en temps, qui m’a proposé d’illustrer « Llydaw », étant fan du groupe depuis quelques années. J’ai trouvé l’idée très intéressante et le résultat est vraiment réussi. C’est vrai que d’ordinaire, je préfère m’occuper de tout moi-même, avec l’aide de Loïc mais je me suis dit que ça pourrait donner une nouvelle dimension aux morceaux d’être illustrés par quelqu’un d’autre.
Je suis ravie de cette collaboration ; par contre, je pense que je reprendrais l’artwork en charge la prochaine fois car j’ai toujours des idées précises de ce que je souhaite et comme nous maîtrisons un minimum les logiciels d’illustration, autant les réaliser nous-mêmes.
De plus, il y a moins de risques d’erreurs quand on gère tout de A à Z (ou, tout au plus, si des erreurs sont commises, on peut ne s’en prendre qu’à soi-même), je pense par exemple au livret de « Llydaw », sur lequel 2 textes manquent et un autre est répété 2 fois : cela parce que notre label, qui travaillait avec Scarlet sur le livret, n’a pas pris 3 minutes pour vérifier la mise en pages. Ce genre d’ «oubli» ne passe pas pour moi et je préfère m’occuper de ces détails à l’avenir.

Dans la musique que vous citez toutes les deux, effectivement il y a des groupes de dark atmosphérique ou dark folk, mais vous citez quand même des groupes de death et black pour Coralie et même jusqu'à Carcass, Immolation et Deicide pour Agathe. Ce sont quand même deux extrêmes musicalement. Vous avez déjà joué dans des groupes brutaux comme ceux que je viens de citer ? Et si non, ça vous plairait d'intégrer ce genre de groupe ? Pas forcément avec vos instruments actuels, mais peut-être avec d'autres ?
D'ailleurs aimeriez-vous jouer un autre instrument que le votre ?

Agathe : Pour ma part, j’ai toujours écouté du métal extrême et ça reste mon style de prédilection. J’aurais bien aimé faire partie d’un groupe plus brutal mais le fait est que je n’aime pas répéter, ni faire des compromis avec d’autres membres pour aboutir à un morceau du coup ce genre de structure n’est pas pour moi. Je joue de la guitare électrique depuis que j’ai 15 ans donc je pense que je n’aurai pas eu de mal si j’avais eu un tempérament plus cool. Tous les instruments m’intéressent mais je pense aujourd’hui que je vais me consacrer à ceux qui peuvent étoffer les morceaux d’Artesia. Quant à ma guitare, je me contente de jouer du Belenos pour garder la main ! Et ce n’est pas si facile crois moi, car je dois suivre la façon de jouer de Loïc, sans adaptation possible ;)
Pour Coralie, c’est à peu près pareil, elle est fan de métal mais je ne crois pas qu’elle souhaite se mettre à un autre instrument que le violon, ce dernier demandant déjà énormément de temps et de patience. De plus elle peut en jouer dans des groupes de styles bien différents, comme tu l’as mentionné plus haut.

C'est vrai qu'on vous a comparé à Dark Sanctuary ou Arcana, mais en ce qui concerne ce dernier, ils ont quand même pas mal changé, déjà sur « Inner Pale Sun » et le « Serpent Rouge » qui lui est vraiment sombre et atypique. Vous vous sentez plus proche de quelle scène personnellement, déjà si vous vous sentez proche d'une scène. Sinon avec quel courant, ou pensée vous vous sentez en harmonie ?

Agathe : J’adore ces deux groupes et j’ai vraiment accroché au «Serpent Rouge », malgré le virage qu’il constituait. D’ailleurs je préfère cet album à « Raspail » que j’ai trouvé moins bon que les précédents, même si déjà très réussi.
Bien sûr je me sens proche de DS, ce sont eux qui m’ont donné envie de créer Artesia et même si je trouve que nous n’abordons pas les même thématiques du tout et que nos morceaux respectifs ne se ressemblent pas tant que ça. J’aime aussi beaucoup Aythis, dans les groupes français.
Mais je ne sens pas que j’appartiens à telle ou telle scène, disons que, pour résumer, nous jouons une musique dark atmosphérique mais nous avons pour thème de prédilection la féérie sombre et la nature (ce qui est plutôt exploité par des groupes folk).
Comme Loïc et moi vivons assez isolés dans un petit village, loin de tous les autres acteurs du mouvement goth et métal, nous avons notre propre système de pensée et nous avons toujours l’impression d’être à part, ce qui nous convient bien.
Cela ne me dérange pas qu’on assimile Artesia à d’autres groupes mais je ne suis pas toujours d’accord avec les classifications musicales dans lesquelles on nous place.
Pour finir, je trouve normal qu’un groupe évolue, voire change car l’inspiration est guidée par notre vécu et nos goûts, qui ne sont pas les mêmes suivant les périodes de la vie… Ce qui importe, c’est de composer de jouer avec sincérité et conviction, quel que soit le style.

Photo de Artesia

J'ai cherché mais je n'ai pas trouvé, vous avez déjà fait des représentations scéniques d'Artesia, des concerts privés ou d'autres live de ce genre ? C'est une chose qui est envisagée ou Artesia ne fera jamais aucun concert ?

Agathe : Effectivement, nous n’avons jamais fait de concert et cela pour deux raisons :

- tout d’abord pour une question d’organisation, Coralie et Gaëlle vivant à Paris, nous ne répétons jamais et je n’imagine pas me présenter devant un public en jouant approximativement et médiocrement,

- ensuite, je dois avouer que je n’aime pas spécialement l’idée de jouer live. Ce qui m’intéresse c’est la composition, et non la représentation. Pourtant j’adore voir mes groupes préférés en concert...

Bref, pour le moment, ce n’est pas envisagé ni envisageable, même si je reçois des propositions très intéressantes régulièrement.

La question qui tue : Si vous avez à choisir entre Artesia et quitter votre travail actuel, ou votre futur travail, celui pour lequel vous avez fait vos études quelle en sera l'issue ? Je veux dire simplement est-ce que la musique sera un jour le sacrifice ultime comme certains l'ont fait au dépit de toute vie de famille, de couple ou de situation professionnelle ? Est-ce que si un choix s'imposait entre avoir un travail alimentaire dans le but d'une réussite espérée telle que Loreena McKennitt par exemple, et un avenir assuré par votre formation professionnelle (la raison étant souvent plus forte que la passion), vous feriez quel choix ?

Agathe : Pour moi la question ne se pose même pas, du fait que, comme je te l’ai dit, je n’aime pas la scène et que pour devenir un artiste professionnel, il faut se montrer.
J’ai mis longtemps à aimer ma profession et aujourd’hui, je suis contente de mon parcours. Sincèrement, je n’ai pas fait bac + 6 pour rien. C’est grâce à ce métier que je peux continuer de faire de la musique en toute liberté et me payer des places de concert.
Et pour être honnête, je ne pense pas avoir la carrure pour porter mon groupe à un niveau assez haut pour en vivre. Je suis contente que nous ayons un public qui nous soutient et nous encourage mais je suis heureuse de notre statut de « petit groupe qui marche bien », ça me suffit amplement et ça me permet d’avoir une existence plutôt originale : imagine parmi les autres musiciens, je suis un ovni qui fait un métier hyper strict et sans poésie, et parmi mes collègues je passe pour une déjantée avec des tatouages partout, des goûts bizarres…je suis contente de ne pas être tout l’un ou tout l’autre.
Pour Coralie, je pense également qu’elle ne se lancerait pas dans de telles études sans avoir un projet professionnel sérieux. Concernant Loïc, son projet principal reste Belenos, et à choisir, c’est ce groupe qu’il préfèrerait privilégier.

C'est terminé. Merci beaucoup d'avoir pris le temps de répondre. Je te laisse finir...

Agathe : Un grand merci à toi pour cette interview, et j’espère avoir donné à vos lecteurs de venir découvrir nos morceaux et notre univers. Kenavo !

Liens :

site officiel : www.artesia-music.com/

page Myspace : www.myspace.com/artesia1983

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