Interview : Aone
Salut à vous, bon comme le groupe est relativement jeune, présentez nous un petit peu le line-up, j'ai vu que vous cherchiez un bassiste, et expliquez-nous d'où vous venez musicalement ainsi quelle type de musique compose Aone...
Jo : Bonjour Arzhu,
Le line-up est composé de Simon Dubreu (batterie), Yann Messemanne (chant, guitare acoustique) et moi-même, Johann Hugot (guitare).
Effectivement, nous avons mentionné sur le myspace que nous recherchions un bassiste. Nous avons eu pas mal de candidatures suite à la sortie récente (avril 2009) de l’album. Malheureusement, nous n’avons pas trouvé « chaussure à notre pied ». Pas mal de bassistes étaient très intéressés par le projet, mais pour des raisons qui nous appartiennent, nous avons décidé de continuer l’aventure à trois pour l’instant avec une basse de session. Nous tenons au passage à remercier tous les bassistes qui se sont proposés. Ça nous fait vraiment plaisir de savoir qu'autant de gens s'intéressent à notre son.
Musicalement, nous venons essentiellement du Metal, voir rock, prog, ou encore de la folk… Ce qui donne cette particularité de mélange entre Metal, Metal Prog, voir Metal/Rock/Prog.
Simon : voire metal/metal/Rock/folk/prog/house/prog/rock (rires !!)

L'album est en fait un album autoproduit signé chez Great Dane Records et Season of Mist. Pourquoi ne pas avoir tenté de démarcher un label dans le but de se faire produire l'album, même si c'est votre premier, et qu'au niveau notoriété tout reste à faire, il demeure néanmoins que la qualité est là, et il aurait été chose aisée que de dégoter une signature pour la production ?
Jo : Merci pour le compliment ! Nous savions que les recherches de labels allaient prendre du temps, notamment pour un jeune groupe comme nous, qui doit faire ses armes, et où tout reste à faire... Aujourd’hui, bons nombres d’artistes passent par l’autoproduction pour leur premier opus, ce qui simplifie justement toutes ces démarches, alors pourquoi pas nous ? Nous ne voulions pas attendre 6 mois, 1 an, voire plus pour qu’un label s’intéresse à nous…
La grande particularité d'Aone c'est avant tout ce consensus entre les vocaux clairs et les vocaux plus death, il existe une harmonie parfaite entre ces deux manières de chanter. Le chant de Yann en clair, me rappelle énormément la qualité d'un Dan Swanö qui viendrait s'imbriquer dans des tonalités Eddie Vederienne. La volonté de créer un contraste flagrant entre ces deux timbres t'est-elle venue naturellement, ou c'est au fur et à mesure des compositions que tu as commencé à insérer cette alternance ?
Yann : Merci Arzhu ! Pour répondre à ta question, ce processus de chant clair/death s'est installé naturellement, tout comme la tournure progressive qu'ont pris nos morceaux, il n'y avait rien de préparé, de calculé ou de prémédité là-dedans. Nous faisons la musique que l'on aime, et tout ce qui s'est greffé autour s'est affiné avec le temps au fil de nos diverses influences musicales. Tout ça pour te dire que je n'écoute pas du Pearl Jam à longueur de journée, mais que certaines choses peuvent m'inspirer dans ce mélange rock/folk/métal.
Pourquoi avoir voulu aller relativement vite pour réaliser un album, car le groupe s'est monté en avril 2006, et l'enregistrement à duré dix jours en janvier 2008 ? Cela reste un délai assez court, d'autant plus que y étiez allés sans bassiste...
Jo : Effectivement, on peut se dire que tout s’est enchaîné relativement vite. Le principal facteur qui nous a poussés à aller dans ce sens est simplement d’ordre pécuniaire. C’est vrai qu’au départ, nous nous étions préparés à l'idée d'entrer en studio sans bassiste "attitré", (puis un ami à nous, Tom) s’est proposé généreusement pour l’enregistrement des lignes de basses. Nous sommes donc arrivés en studio sans bassiste officiel mais avec un bassiste de session.
Vous avez déclaré que les prises de batterie ont été réalisées sans guitares témoins, c'est d'abord signe de qualité technique d'autant plus que le timing avait l'air assez serré...Est-ce qu'il y avait une certaine pression pendant l'enregistrement des morceaux ?
Simon : Disons que la pression était plus d’ordre pécuniaire. Comme le dit si bien l’adage : « le temps c'est de l'argent » et étant donné qu'on n'avait pas beaucoup de moyens il a fallu aller à l’essentiel. Pour ma part ma première expérience en studio a plutôt été frustrante, enregistrer sans guitare témoin et juste avec mon ami le clic, c’était pas très jouissif! Mais bon, je savais que c’était un mal pour un bien, c'était le seul moyen de gagner au moins 2 jours d enregistrement de guitares témoin.
Dans la structure de vos morceaux, on retrouve fréquemment cette coupure qui vient casser la plénitude du chant clair sur fond de musique plus groove et rock, par des accélérations plus agressives et plus death. Ça me fait l'effet de groupes comme Nightingale croisé à du Opeth mais effectivement à pas mal de groupes rock et grunge. Quelles sont vos cd's de chevet, quels sont les groupes qui vous ont fait grandir musicalement ?
Jo : Les fondamentaux pour nous sont Metallica, Pantera, The Devin Townsend Band, Dream Theater, In Flames, Killswitch Engage, Opeth, Tool … Tous ces groupes ont une singularité qui les caractérise, et nous nous sentons proches de ces groupes.

« The Age of Aquarius », ainsi que la cover, laisse apercevoir un album plein d'aération, placé sous le signe de la transcendance. Mais c'est à vous que revient évidemment l'explication exacte de vos paroles et des idées que vous avez voulu faire ressortir à travers cet album. Qu'en est-il ?
Yann : Je pense qu'au delà des thèmes abordés, il faut plutôt voir comment ils sont abordés et avec quelle énergie l'on développe une thématique. Notre approche de la musique est résolument positive.Nous essayons de nous entourer de bonne énergie et d'en transmettre, ce qui, parfois peu dérouter dans le milieu du métal qui a priori aborde généralement les choses de manière plus sombre et plus tourmentée ! Ce style musical permet de transmettre une charge émotionnelle intense autant dans le positif que dans le négatif, et nous avons choisit notre camp (rires).
"L' age du verseau" était, je trouve, un thème intéressant à développer. Il correspond a l'âge d'or de l'humanité, à l'expansion des consciences, à l'unité spirituelle et collective inhérente, à chaque être humain, à chaque parcelle en nous encore en sommeil qui ne demande qu'à refaire surface, ce qui laisse entrevoir de fascinantes perspectives, mais tout ça reste très personnel ! (rires)
Je reviens de nouveau sur l'enregistrement, vous êtes allés bosser avec Hubert Letombe (Hectic Patterns, Phazm, Gronibard), c'était votre première expérience studio ou vous aviez déjà affuté vos armes ailleurs auparavant ?
Yann : C'était notre première expérience studio, ce qui fut passionnant et enrichissant à la fois. Nous avons appris beaucoup de choses dont nous n'avions pas prit conscience auparavant, on voit tout de manière plus objective, on dépoussière les meubles, les idées, ce qui permet parfois de faire les bons choix. Travail, timing, concentration et organisation sont les maitres mots.
Il y a un certain coté rébarbatif à tout ça. Quand tu entends en boucle les parties batteries pendant plusieurs heures, sans guitare témoin, des pulsions meurtrières te viennent à l'esprit! (rires), mais la musique reprend toujours le dessus, et ça reste au bout du compte super intéressant !
Le travail de promotion a commencé je suppose. On peut effectivement compter sur son label, mais de nos jours cela ne suffit plus, qu'avez-vous envisagé en matière promotionnelle afin d'asperger un maximum de gens avec votre musique ?
Jo : Il est vrai qu'il est difficile, surtout aujourd'hui de sortir de la « chaîne industrielle » mais nous n’allons pas nous plaindre... Notre album est distribué un peu partout en France et à l’étranger, l’album est en écoute au Furet du Nord à Lille. De ce fait, on commence à avoir des échos positifs de gens qui se sont procuré l’album ou de gens qui nous découvrent, c’est très flatteur et motivant pour la suite. Mais pour nous, le meilleur moyen de promotion reste la scène. Nous sommes en train de boucler ça pour la rentrée !
On vous présente comme un groupe de metal progressif, mais tu ne considères pas ce terme totalement dans le sens habituel si j'ai bien compris. Votre musique est évolutive, cela s'entend même dans chaque morceau effectivement, mais elle n'est pas construite avec une abondance de riffs ou de mélodies typique de la musique dite « prog », même si l'ensemble reste technique. Explique-moi s'il te plait quelle est ta conception précise de la musique progressive ?
Simon : La terminologie de musique progressive, à mon sens, fait référence à une construction graduelle où l'énergie vient de façon progressive soit au cours d'un morceau ou soit au sein d'un même album. C’est cela qui caractérise le mieux notre musique, on se retrouve vraiment dans cette définition. On cherche toujours à avoir une approche évolutive de notre musique aussi bien au niveau de nos morceaux que dans la manière d’aborder notre instrument.
Sempiternel sujet, mais sur lequel on ne peut passer parce que la scène est le meilleure moyen de faire découvrir sa musique. A part le Raismefest en septembre, vous avez pu trouver quelques dates pour les mois qui précèdent ce festival ?
Simon : Justement, on est en plein booking!! Donc s'il y a des groupes qui lisent cette interview et qui désireraient partager une scène avec nous, pas de problèmes !!
Voilà. Merci à vous. Si on a oublié quelque chose, vous avez carte blanche...
Merci à toi pour cette interview et l’intérêt que tu portes à notre musique, ça nous fait vraiment plaisir !
Liens :
page Myspace : www.myspace.com/aoneband