Interview : Amartia

Salut à vous... Amartia, troisième album, je remarque tout d'abord une chose, c'est qu'à chaque nouvelle production depuis « In the meantime », le nombre de vos chansons ne cesse d'accroître sur vos albums. C'est dû à quoi, un désir incessant de prolonger le plaisir sur chaque album, un nombre d'idées grandissantes également qui incite donc à cumuler les chansons, ou tout simplement le hasard ?
Vince : Le hasard tout simplement ! Et le nombre d’idées aussi ! "Delicately" ne devait que comporter 8 titres à la base, ce qui est plus ou moins le cas, car la trilogie « Your Attention / Spring Evolution / Accuracy » ne forme qu’un seul et même morceau au final ! Nous avons tout simplement décidé de le couper en 3, ce qui nous permet en concert de ne jouer qu’une seule partie si l’envie nous en prend. « Another » et « A quiet Place » n’était qu’un seul titre à la base, mais nous n’arrivions pas à trouver un enchaînement intéressant, j’ai donc eu l’idée de faire ce petit arrangement a deux guitares qui permet de faire une pause avant la fin de l’album.

Je suis un peu perdu dans votre line-up, il y a qui alors maintenant ? Est-ce que ces changements de line-up ont contribué à l'évolution musicale d'Amartia ?
Vince : Alors actuellement il y a Britta (chant), moi-même (guitare/chœurs), Nico (batterie), Cyril (claviers) et depuis l’enregistrement de Delicately, Alexandre (basse). Nous avons pas mal galéré avec les bassistes durant la tournée « Marionette » ! Nous en avons eu 4 au total ! C’est pour cela qu’Alexandre n’apparaît pas sur le livret de l’album et les photos promo. Nous voulions être prudents par rapport à cela ! Mais ce dernier s’intègre très bien à la famille Amartia et est depuis un membre permanent du groupe. Cyril est revenu depuis également car il avait dû quitter Amartia à la sortie de « Marionette » pour des raisons professionnelles. Il a été remplacé par Anthony Broggia pendant ce temps. Ce dernier a fait des choix qui ne lui ont pas permis de continuer Amartia. C’est donc pour cela que Cyril est revenu ! Tu suis ??? (rires)
Cyril : En fait, c’est faux, il y a eu un très gros contentieux entre nous, mais, depuis on a crevé l’abcès ! Non je blague. Quand Vincent m’a appelé pour rejoindre le groupe, je n’ai pas hésité une seconde à reprendre du service, et aujourd’hui, franchement, il n’y a rien qui me le ferait quitter. Pendant ces deux années, on a continué à se voir, j’ai assisté à quelques concerts. Je ne peux pas dire que je regrettais mon départ, il faut assumer ses choix, mais par chance (pour moi) Anthony est parti et je ne referai pas la même erreur une deuxième fois. On a encore beaucoup à faire ensemble.
Nico : C’est vrai qu’il y a du mouvement au niveau des musiciens dans AmartiA (surtout chez les bassistes !!!). Aujourd’hui le groupe est très uni et n’a jamais aussi bien sonné. Les concerts que nous avons effectués depuis la sortie de l’album ont renforcé les liens entre les membres du groupe. On peut dire qu’avec cet album, nous avons passé un cap important d’un point de vue musical mais aussi humain.
« Delicately » est véritablement l'album de la maturité, votre musique a pris de l'ampleur, de la majesté, effectivement le rapprochement vers des contrées Pink Floydiennes ou Mike Oldfieldiennes devient une référence à citer inévitablement. Si on flottait malgré tout sur un nuage avec vos autres albums, pourquoi cela n'a-t-il pas été plus présent sur les albums précédents, ce côté plus seventies ? Ce n'est pas d'aujourd'hui que vous appréciez Pink Floyd ou Oldfield...
Vince : Je ne sais pas ! Je pense que ces influences ont toujours été présentes dans l’univers du groupe, notamment sur des titres comme "NDE" ("Marionette") ou "Ascension" ("Maïeutics"). On ne compose pas de manière « structurée » mais plus de façon spontanée ! Les changements de line up dont tu parlais plus haut sont un élément très important également dans l’évolution du groupe. Cela dépend également de l’humeur et de l’expérience du moment aussi.
Cyril : Quand on compose pour Amartia, on a une idée du style que l’on veut faire. Je n’amène pas toutes mes idées au groupe, certaines sont très éloignées d’Amartia. Chaque album est bâti en partie sur celui qui lui précède et c’est grâce à cela que l’on affine notre style et qu’en même temps nous évoluons. Comme le dit Vincent, nos influences sont notre vocabulaire de base pour notre travail, et pour certaines, elles sont bien antérieures à la création du groupe.
Nico : Chaque album du groupe est une photographie d’un moment de notre vie. Nous évoluons, donc notre musique évolue. Nous composons des morceaux qui sont la somme de nos influences. On a chacun un bagage musical différent et c’est cela qui fait la richesse de notre groupe
Britta : Je pense en effet que cet album sonne de cette façon et le prochain sonnera peut-être d’une tout autre manière parce que l’on sera plus dans le même trip. Le tout c’est d’évoluer et d’être en cohérence avec nos émotions du moment.
Tiens puisque nous parlons des groupes des seventies, pour ma part, c'est vrai que l'ambiance d'Amartia, même si c'est de la musique d'aujourd'hui, se situe dans une bulle qui se transporte dans le temps, en gardant les sonorités d'aujourd'hui avec l'esprit justement des années 70's. Et les gens maintenant reviennent un petit peu en arrière musicalement. On s'est pas mal lassé sur certains points d'une musique trop moderne, et l’on revient un peu sur nos pas. C'est en ce sens qu'il y a un groupe que j'aime bien et qui pour moi se rapproche à merveille de votre musique. C'est le groupe hongrois Omega qui mêlait musique rock progressive avec claviers et guitares pas trop rapides et ambiances magnifiques, notamment sur « Transcendent ». Qu'est-ce que tu en penses ? Déjà connaissez-vous ce groupe ? Pensez-vous que votre musique est de plus en plus proche de cette vague-là, en s'éloignant du metal, si un jour, elle en était proche ?
Vince : Je ne connais malheureusement pas « Omega » ! Mais je vais essayer de m’y intéresser ! Mais je suis d’accord avec toi ! Actuellement, il y a un gros retour en arrière musicalement, grâce aux récentes reformations de Genesis ou Police entre autres. Mon explication c’est que dans les années 2000, même si il y a eu des très bons albums et groupes qui ont émergé, il n’y a pas eu de grosses références musicales. Dans les années 70, nous avions eu Led Zeppelin, Pink Floyd, Black Sabbath, Deep Purple …, Dans les 80’s, Iron Maiden, Metallica, Scorpions …, Et dans les 90’s, Nirvana, Pearl Jam, Korn, Nine Inch Nails etc .. Mais cite moi un groupe qui à explosé de manière impressionnante dans le nouveau millénaire ?? C’est beaucoup moins évident ! Les gens n’hésitent pas à débourser 80 à 100 euros pour venir voir Metallica ou U2 car ils savent à quoi s’attendre mais 10 à 15 euros pour un festival de moyenne envergure, c’est beaucoup plus difficile ! Je le vois bien avec Amartia, les organisateurs de fest ont beaucoup de mal à faire le plein et à rentrer dans leur frais ! La moyenne tourne autour de 100 à 200 personnes. Une fois que tu as payé les groupes de tête d’affiche, la salle, le catering et le reste, et bien il ne te reste plus grand chose.
Cyril : Je ne connais pas non plus ce groupe. Personnellement, je ne trouve pas que notre musique soit particulièrement « metal ». Bien sûr cela fait partie de nos influences, mais la musique d’Amartia contient aussi une grosse dose de rock progressif. Pour répondre à ce que dit Vincent, je pense qu’il y a eu des groupes importants dernièrement, notamment Coldplay qui a explosé dans les années 2000. Cela dit ce n’est pas faux, il y a moins de groupe « événementiel » qu’autrefois. Pour moi la vague « come-back » de ces derniers temps est plus liée au marketing. Cela permet de rafraîchir une discographie pour que les maisons de disques puissent contrer le manque à gagner dû au téléchargement. En plus, ces formations, ayant déjà un certain âge, ce n’est pas un public qui télécharge énormément ! Ce qui assure quelques ventes. Le piratage rend aussi les maisons de disques plus frileuses, elles prennent moins de risques et ça ne permet pas l’émergence de nouveaux talents. Enfin, il y a une telle diversité de groupes qu’il devient de plus en plus difficile de fédérer du monde autour d’un seul en particulier.
Britta : Je ne connais pas non plus ‘Omega’, mais je n’y manquerais pas de rattraper mon manque de culture ! En ce qui concerne le retour sur nos pas, il est vrai que la vie d’aujourd’hui se compare plutôt à une consommation rapide de tout et de n’importe quoi. Cela concerne aussi bien la musique que d’autres domaines. L’intérêt pour les profondeurs s’est un peu perdu. Ce n’est pas facile de trouver sa place là-dedans...

Le point fort d'Amartia c'est que votre musique étant un savant mélange de genres, attire obligatoirement une population musicale plus large, qui se composera de fans de metal, mais aussi d'amateurs de musique plus electro ou plus rock prog, comme Pendragon, Marillion ou Arena. Et donc est-ce que ce « Delicately » depuis sa sortie en début 2009 a attiré justement plus de monde que ses prédécesseurs tant en termes de présence aux concerts qu'en termes de vente d'albums ?
Vince : En ce qui concerne les ventes d’albums, il est un peu tôt pour faire un bilan, même si de notre côté nous avons très bien vendu et que la pré commande de l’album à bien fonctionné. Il faut, malgré tout, parler maintenant en termes de téléchargement (Et oui !) ! « Delicately » se fait « pirater » correctement depuis sa sortie en février dernier. Pour les concerts, et pour être tout à fait honnête avec toi, cela dépend des endroits ! Il ne faut pas trop se produire dans notre région au risque de lasser le public. Les gens ne vont pas trop hésiter à venir nous voir comme ce fut le cas en première partie de Pendragon ou My pollux, mais moins dans un club. Nous avons doublé notre public sur Amiens par exemple. Mais il y a encore des endroits où il y a du boulot, je pense notamment à Caen où nous sommes allés jouer et où il n’y avait pas grand monde. Je sais que le groupe marche bien du côté de Besançon, et qu’il y a moyen de faire quelque chose là-bas. Nous nous sommes produits également à Dijon, Paris et à chaque fois le public se compose d’une cinquantaine ou centaine de personnes. Mais c’est pour tout le monde pareil ! Même des groupes plus importants que nous font le même bilan concernant la fréquentation des concerts !
Nico : « Delicately » est aussi un album qui touche un public plus large par rapport au fait qu’il soit plus facile d’approche. En ayant fait écouter « Marionette » et « Delicately » à des amis proches, ils vont plus facilement écouter ce dernier. Les structures sont plus simples et les refrains se mettent facilement en tête. Je pense que cela joue beaucoup sur l’auditeur.
Britta : Dans l’une des chroniques étrangères, l’on disait de notre album ‘Marionette’ qu’il avait le goût d’un album expérimental, qu’il était un peu tôt pour Amartia de sortir ce genre d’album et qu’il fallait d’abord installer notre style avant d’oser ce genre d’extravagances. Et bien, dans ce sens, je pense qu’on peut dire qu’avec ‘Delicately’ on installe notre style.
Vous êtes maintenant chez Gofannon Records qui est un des labels de Pervade Productions avec Thundering/Manitou, et Bernett Records. Ça prouve tout de même que Pervade Productions croit en vous depuis vos débuts puisque qu'auparavant vous étiez chez Thundering. Avez-vous encore des engagements vis-à-vis de ce label ? Si oui, sur combien d'albums ces derniers ont-ils misé sur vous ? Et sinon, pensez-vous prolonger avec eux ou plutôt aller voir ailleurs si des labels plus conséquents pourraient vous ouvrir leurs portes ?
Vince : Nous avons re-signé pour deux albums avec Pervade ! Avec une option sur un album acoustique que nous sortirons peut-être en 2010. Cette fois ci, les gens de chez Pervade se sont doublement investis car ils sont coproducteurs sur « Delicately » et le suivant ! En ce qui concerne la suite, c’est-à-dire après le 4e album, nous verrons bien ! Pour l’instant nous ne sommes pas intéressés d’aller voir ailleurs et il faudra voir surtout quel label sera encore présent dans 2 ou 3 ans ! Car en ce moment c’est un peu la misère ! Si tu ne revois pas ton mode de fonctionnement par rapport au téléchargement, aussi bien pour les groupes que pour les labels, et bien « hasta la vista, baby » ! Et franchement je préfère signer 2 albums avec Pervade qui nous travaille correctement que 5 albums avec un autre label, et être noyé dans la masse !
Nico : Pervade est un label avec lequel nous avons une relation de confiance. Ils ont toujours été très cool envers nous. A partir du moment ou le groupe et le label sont sur la même longueur d’ondes, tout va pour le mieux. Ils se sont investis sur « Delicately », ce qui est pour nous la preuve qu’ils croient en ce que nous faisons. Cela fait du bien de se sentir soutenu par une structure tel que Pervade.
Avec trois albums chez Pervade productions, avez-vous un bilan positif en matière de promotion, en matière de moyens employés pour faire connaître Amartia ? Pervade a-t-il été jusqu'à présent un label qui a su être à la hauteur de vos attentes ?
Vince : Ben oui sinon nous serions déjà parti ! En plus du travail effectué sur le groupe, ce sont des gens avec qui nous nous entendons bien humainement parlant, qui est un point important dans le cadre de la « Family Amartienne ». Et puis il faut comprendre une chose, maintenant les groupes doivent travailler en étroite collaboration avec leur label pour faire avancer le Schmilblick ! Si tu restes sur l’idée que le label doit avoir la seule responsabilité de mettre des moyens dans un groupe pour le faire connaître, et bien tu te gourres ! Faut-il savoir encore le faire ! Nous sommes dans une époque différente ! J’ai lu quelque part que le téléchargement avait au moins un côté bénéfique, en plus de pouvoir découvrir des groupes, c’est que cela permettait de responsabiliser un peu plus les musiciens et d’être moins assisté ! Ce n’est pas faux.

En ce qui concerne les pochettes d'Amartia, il est vrai qu'elles ont toujours été un peu abstraites, avec des thèmes reflétant une sensation de liberté, de béatitude. Cette fois-ci c'est un peu le mystère qui ressort au niveau de l'impression, elle me fait penser à la boîte de Pandore avec encore quelques secrets qui restent à découvrir. Mais ceci n'est qu'une interprétation. A votre sens, vous vouliez souligner quoi exactement ? Vous avez demandé quelque chose de spécial au graphiste qui vous a fait cette pochette ou c'est lui qui s'est inspiré de quelques idées que vous avez fournies ?
Vince : C’est nous qui lui avons donné l’idée ! Nous avions du mal a trouvé une thématique pour la pochette et j’ai eu cette idée de mettre un coffre, sorte de boîte de Pandore comme tu le dis ! Et de nous représenter dans cette boîte à l’intérieur du livret. La pochette représente bien les textes très personnels de Britta qui tourne autour de regrets ou choses qui ne sont pas évidentes à parler.
Nico : J’aime également l’idée que le coffre représente la musique d’AmartiA. Quand on ouvre la boîte, on ne sait jamais sur quoi l’on va tomber. Mais à chaque ouverture, on tombe sur un autre petit détail que l’on n’avait pas entendu.
Britta : Une malle remplie de mystères, de regrets, de souvenirs, d’un passé voire d’un futur …Si l’on avait voulu en donner une interprétation claire et nette, on aurait carrément ouvert le couvercle. Dans le livret, nous sommes également dans cette malle parce que ce qu’elle contient nous ressemble et est une partie de nous.
Lors d'une interview Cyril a cité The Last Embrace, groupe qu'il a l'air d'apprécier. Tu considères leur musique comme de la prog ? Juste en passant, je rajoute que leur prochain album est pour très bientôt...
Vince : Nous sommes bien potes avec les membres de The Last Embrace ! J’adore ce qu’ils font et je suis très impatient d’écouter leur dernier album qui sortira en septembre ! Je considère leur musique pour ce qu’elle est, je ne sais pas si elle est prog, rock… Au public et au média de mettre des étiquettes ! Elle est tout simplement belle ! En tout cas le style de TLE n’est absolument pas cliché ! Je profite de cette question pour remercier Alexis, batteur de TLE, qui a remplacé notre batteur Nico, au festival ACDM à Evreux le 16 mai dernier, car ce dernier n’a pas pu se produire avec nous.
Nico : On apprécie la musique et les membres du groupe. Ils sont cool et l’on s’entend très bien avec eux. On a partagé la scène plusieurs fois ensemble et c’est toujours un plaisir…
Au cours de vos représentations scéniques ou des interviews que vous avez données, on ressent immédiatement une grande dose de gentillesse qui émane de tous les membres du groupe. Au-delà de l'intérêt que la musique peut provoquer chez les auditeurs, est-ce que l'attitude d'un artiste est une chose qui est importante à vos yeux? Je veux dire est-il concevable pour vous qu'un artiste soit un vrai « con » avec les gens qui l'approchent, mais que sa musique soit divine à un point que cela excuse son attitude ? Y a t il d'ailleurs des artistes que vous aimez, mais qui selon vous ont une attitude exécrable ? D'autre part vous êtes vous déjà empêché d'écouter un artiste à cause de son comportement ?
Vince : Pour ma part non ! Mais en même temps je n’ai pas eu à faire à beaucoup d’artistes pour pouvoir te citer des exemples ! Après par rapport à ce que tu affirmes, il est parfois difficile pour un artiste d’être toujours en forme ! Ton humeur peut parfois jouer en fonction de ta santé ou des problèmes dont tu peux rencontrer. Je peux comprendre que par moments certains « gros » artistes peuvent être de mauvaise humeur ! Mais la question qu’il faut se poser, c’est qu’il vaut mieux être exécrable ou alors faire de grands sourires à tout le monde et dès que les gens ont le dos tourné, se foutre de leur gueule ? Je peux comprendre que certains abusent, mais les artistes sont des gens comme toi et moi, avec leur caractère et leur faiblesse.
Cyril : Un artiste doit respecter son public. Même si suivant son humeur ou sa situation personnelle du moment ne lui permet pas d’être aimable ou loquace, l’essentiel c’est le respect du public.
Nico : Dans le milieu de la musique, ton niveau instrumental ne fait pas tout… Il y a aussi ton comportement. Il y en a qui vont te faire des grands sourires et te traiter comme une merde une fois que tu ne seras plus dans la pièce. Cela fait partie du boulot. Comme je dis souvent, on ne peut pas avoir que des amis et c’est bien dommage. Je pense que tu obtiendras beaucoup de choses en étant cool avec les personnes qui t’entourent plutôt que d’être un sale con.
Britta : Je pense qu’un artiste a le droit d’être celui qu’il veut, là où je trouve que cela devient intéressant, c’est lorsqu’il arrive à être lui-même malgré la pression que certains doivent subir. A vrai dire j’ai du mal à croire qu’un ‘vrai con’ arriverait à me toucher avec sa musique, mais je dois être naïve ou voire prétentieuse.

Vous citez souvent la musique jazz dans vos références ; de plus c'est souvent le cas pour la plupart des groupes techniques ou progressifs... Une question que je me pose, si vous êtes tous aussi fan de jazz, mais pourquoi ne faites-vous pas de jazz ?
Vince : C’est Nico et Cyril qui aiment le jazz, moi je n’aime pas trop le jazz, donc je ne fais pas de jazz ! (Rires)
Cyril : Ben voilà, c’est ce que je disais tout à l’heure, je compose des morceaux plutôt jazzy, mais je ne vais pas les proposer au reste du groupe. Si je veux faire du jazz, je vais le faire ailleurs. Tout d’abord la base de travail se compose de ce que nous avons en commun, et le jazz n’en fait pas partie et ensuite nous avons une direction artistique qui ne s’oriente pas vers le jazz. Ceci dit dans ma manière de jouer, ou de chercher quelques harmonies, le jazz m’influence. Je tiens à préciser aussi que je ne suis qu’un amateur dans ce style.
Nico : En dehors d’AmartiA, j’ai une formation dans laquelle je joue du jazz. Comme le dit Cyril, le jazz fait partie de nos influences et cela se ressent dans notre jeu. Je ne peux pas jouer de la même manière au sein de mon groupe de jazz que dans AmartiA, cela ne collerait pas du tout.
Britta : Je ne peux pas dire que je suis fan de jazz. J’en écoute assez peu en ce moment. J’ai eu une période jazz mais je suis tombée par hasard sur ce style de musique comme je suis tombée par hasard sur le style d’Amartia. Mon chemin est fait de jolies embuches.
Et la conquête du monde, elle se passe comment ? Je veux dire, il est assez fréquent, et en particulier pour la France, que les groupes s'exportent mieux à l'étranger, est-ce que c'est le cas pour vous ? Une multitude de groupes de l'hexagone ont tendance à dire que les scènes extérieures sont meilleures et plus propices, votre avis là-dessus ? Vous avez déjà joué à l'étranger ?
Vince : À part la Belgique, non nous n’avons pas encore joué à l’étranger et pour l’instant nous vendons bien plus en France qu’à l’étranger. Le label travaille petit à petit le groupe sur d’autres pays comme l’Allemagne par exemple ! Mais il y a encore beaucoup de chose à faire.
Bon. Et question concerts, vous en êtes où, des prévisions sur le long terme ?
Vince : Nous sommes en train de finir la première partie du « Delicately tour » qui nous a emmené à Dijon, Amiens, Laon, Evreux, Caen et Lorient entre autres … Nous avons pu partager la scène avec nos potes de C-rom, The Last Embrace et Anachronia, mais aussi assurer les premières parties de groupes comme Pendragon, Headline ou plus récemment Kells et My Pollux. Nous ferons une pause dès le mois de juin jusqu'au mois de septembre où nous avons quelques concerts de prévu. Nous allons essayer de booker des dates à l’étranger notamment et j’aimerai pouvoir inclure Amartia sur des festivals prog ! Je sais qu’il y en a pas mal dans le sud de la France et également en Allemagne et Hollande.
Selon vous quelle est la chanson la plus accessible sur « Delicately », celle où vous avez réussi à faire passer le plus d'émotions ? Et quelle a été la chanson qui vous a posé le plus de problème de composition s'il en est une ?
Vince : Aucune chanson ne nous a posé de problèmes particuliers ! La chanson la plus accessible de l’album est pour moi « Not a detail » ! Et celle qui fait passer le plus d’émotions « Don’t be sorry » ! Après chaque chanson a sa propre personnalité ! Cela peut dépendre de ton humeur.
Nico : Sans aucun doute, je dirais « Not a Detail » pour être la plus accessible. Le titre qui fait passer le plus d’émotions me semble être la trilogie Your attention / Spring evolution / Accuracy. Ce morceau me fait penser à la bande originale d’un film avec beaucoup d’ambiances différentes.
Britta : La plus accessible est pour moi ‘Not a detail’, c’est aussi le morceau qui dégage le plus d’émotions ‘positives’ à mes yeux. Mais je dirais comme Vincent que l’émotion par rapport à une musique, y compris les chansons d’Amartia, dépend de chacun et des moments et circonstances dans lesquelles on l’écoute.
Avez-vous au moins une fois projeté Amartia dans le futur ? Vous êtes vous demandé ce que pourrait devenir le groupe dans quelques années ? Et surtout, vous est-il déjà arrivé de baisser les bras et vouloir tout arrêter ?
Vince : Oui bien sûr ! À l’époque du premier album, je voulais tout arrêter ! L’ambiance dans le groupe était catastrophique ! À cette époque, je voulais mettre la clef sous la porte ! Heureusement que Cyril a été présent sinon je crois qu’Amartia ne serait plus de ce monde ! Mais dès que Nico et Britta sont arrivés dans le groupe, Amartia a connu une dynamique qu’il n’y avait pas avant leur intégration. Il n’y a aucun problème d’ego entre nous et tout se passe pour le meilleur des mondes. En ce qui concerne l’avenir, nous aimerions tourner un peu plus à l’étranger et obtenir des passages dans des festivals progressifs ! Nous allons prochainement y travailler ! L’appel est lancé ! Pour l’instant nous nous concentrons sur le présent et l’évolution du groupe. Tant que nous pouvons sortir des albums de la trempe de « Delicately » et prendre plaisir à jouer ensemble, alors Amartia a de grandes chances de continuer.
Nico : Il y a toujours des hauts et des bas dans un groupe, on ne sait jamais de quoi sera fait le lendemain. On a la chance de pouvoir se parler franchement dans le groupe et je pense que c’est important. C’est aussi grâce à cela que le groupe continue et que les bassistes changent… (rires).
Britta : D’ici quelques années, on sera des vieux croûtons alors à quoi bons d’y penser (Rires).
Je ne cesse d'écouter « Don't be sorry » à longueur de temps, cette chanson est d'une telle beauté, d'une telle splendeur tant dans les lignes vocales que dans le piano et la guitare qu'elle se laisse écouter sans fin. Lorsque la chanson prend une tournure plus rock, je suis aux anges... Sincèrement je suis amoureux de cette chanson... Tout d'abord dans quel état d'esprit a été composé le morceau ? Il me semble avoir lu que vous aviez composé ce morceau à partir d'une ligne de chant, c'est ça ? Le sujet qu'a abordé Britta, à savoir ce personnage en train de mendier en s'adressant aux passants, est-il un sujet qui lui tient particulièrement à coeur ?
Britta : Je ne voudrais surtout pas casser ton amour pour cette chanson mais j’ai chantonné la ligne de chant de ‘Don’t be sorry’ un matin dans ma voiture en allant au travail et comme j’ai toujours un enregistreur sur moi, j’ai capturé la bête dans la boîte sonore. Je l’ai ressorti plus tard à Vincent lors d’une répète et les paroles de « Don’t be sorry » me sont venues instantanément en tête. J’ai donc écrit le texte à partir de ce titre. Quant à sa signification, oui, c’est un thème qui me tient à cœur, oui, je me mets à la place, tant bien que mal, de ces gens assis là, n’ayant plus rien à perdre. Et surtout j’ai très honte, car je suis loin d’avoir une attitude exemplaire vis-à-vis de ces personnes qui ne demandent pourtant pas grand-chose. Je suppose que ce texte est ma manière d’exprimer l’émotion que j’éprouve et la frustration que je ressens par rapport à mon manque de courage devant la misère qui nous entoure.
Nous voici arrivés à destination. Je vous remercie pour avoir répondu présent à cette interview. On vous souhaite que du bien pour la suite, et qu'Amartia propage sa musique un peu partout...
Vince : Un grand merci à toi pour l’originalité et la pertinence de tes questions ...
Cyril : Merci et à bientôt.
Nico : Merci et à bientôt près de chez vous…
Britta : Merci.
Liens :
site officiel : http://www.amartia.com
page Myspace : http://www.myspace.com/amartia