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Formé autour de Matthieu Morand (Elvaron) et Alain Germonville (ex-Scarve, Darwin's Theory?), Akroma se présente comme un projet studio sur lequel sont venus participer une belle brochette de guests, tous issus d'une scène metal française décidément très forte de sa diversité.
Akroma est actuellement sous les feux de la rampe avec "Sept",  un premier album plutôt ambitieux, bâti sur le concept des sept péchés capitaux. Il n'en fallait pas plus pour que nous convoquions son instigateur au confessional…

par Christophe Noguès - novembre 2006.
photos : Essgraphics

 

Akroma est un groupe « récent » et pas encore très connu. Peux tu nous parler de sa formation ?
Matt Morand : J’ai formé ce groupe avec Alain en 2003, au hasard d’une rencontre. Il venait tout juste de quitter Scarve et n’avait pas trop envie de se lancer dans un autre groupe. Je lui ai dit que le groupe serait uniquement un groupe Studio. Je lui ai parlé de ce concept des 7 péchés capitaux que j’avais en tête depuis quelques temps. J’ai composé l’intégralité du disque entre septembre et décembre 2003. Ensuite Alain [Germonville (Darwin's Theory, ex-Scarve)] s’est basé sur la musique pour écrire ses textes puis nous avons constitué le groupe définitif avec tous les musiciens qui apparaissent sur le disque. Nous avons choisi le français comme langue afin que l’auditeur puisse suivre l’histoire de cet avocat à l’esprit torturé.

Qu'est-ce qui t'a donné envie de te lancer dans ce projet ?
J’avais envie de travailler avec Alain depuis un bout de temps, depuis 1998 en fait, année de notre première collaboration. J’enregistrai alors la première démo de son groupe. Je crois que ma principale motivation fut d’écrire pour lui, pour sa voix. Et finalement comme le processus de composition a été très naturel, tout ça s’est fait très rapidement. J’ai eut tout de suite d’incroyables réactions enthousiastes d’Alain, de mes proches, et ça m’a donné encore plus de volonté pour mener le projet à bien.

Akroma est-il pour toi un projet "temporaire" ou un "vrai" groupe ? Doit-on s'attendre à un second album dans un futur plus ou moins lointain ?
Akroma est un vrai groupe qui ne va pas disparaître du jour au lendemain, je te rassure. Alain et moi nous travaillons déjà sur le prochain. Adeline [Gurtner (Resilience et ex-Akin)] sera également de la partie. D’autres musiciens m’ont déjà confirmé leur présence sur l’album.

Comment se sont passés l'enregistrement, et le choix du producteur et du studio ?
J’ai produit l’album dans mon studio. Les guitares, les voix et le programming se sont faits chez moi ainsi que le solo d’Alexis [Baudin (Mortuary)]. Autrement, les autres musiciens ont enregistré tranquillement chez eux où dans un studio et m’ont envoyé leurs parties. Je me suis ensuite occupé du mixage et nous avons confié le mastering à un vrai professionnel, à savoir Laurent Steffen du studio Lillebonne.

Pourquoi autant de temps entre la fin de l’enregistrement (novembre 2005) et sa sortie ?
Crois-le ou pas mais nous avons vraiment galéré pour trouver un label. Ca m’a déjà occupé pas mal de mon temps. Et puis une fois que tout est contractualisé, le processus de réalisation est relativement long.

Akroma

Comment as-tu réuni tous ces musiciens autour de toi ? Pour Nicolas [Colnot, basse] on peut comprendre vu qu’il joue avec toi dans Elvaron. Mais les autres ?
Et bien c’est venu au fur et à mesure en fait. Avec Alain, on s’est dit que ça serait sympa d’inviter plusieurs musiciens issus de la scène metal française plutôt que de tout faire nous-même. Donc effectivement pour Nicolas, c’était assez naturel. J’adore la voix d’Adeline que j’ai découvert grâce à "Verse" d’Akin. Je lui ai envoyé un petit mail « ça te dirait de venir chanter sur un disque de black metal ? ». Je lui ai envoyé la démo et elle a été très enthousiaste à l’idée de participer au projet. Ensuite je suis entré en contact avec Neb Xort d’Anorexia Nervosa pour les claviers. Il était partant dans un premier temps mais quand il a entendu les parties de clavier que j’avais écrit il m’a confié ne pas se sentir techniquement capable de les jouer. Je me suis dit qu’il fallait donc trouver quelqu’un qui avait une formation de pianiste. Et j’étais dans ma période Dying Tears, d’où la sollicitation de Julie [Henaut]. L’idée de faire intervenir des guitaristes différents pour faire des solos de guitare est venue plus tardivement. J’ai donc contacté une quinzaine de guitaristes que j’apprécie particulièrement et au final, ils sont sept à jouer sur l’album. Enfin les instrumentistes classiques sont des amis, certains de longue date avec qui j’ai fait mes études et puis également ma femme qui joue du basson.

Les 7 guitaristes ont-ils eu une certaine liberté ou même leurs parties étaient déjà composées ?
Chacun a pu jouer son solo avec une entière liberté. J’avais juste indiqué quand il devait commencer et quand il devait finir.

L’idée de base sur les 7 péchés capitaux vient-il du film « Seven » ou d’un intérêt pour la religion ?
Ni l’un ni l’autre, lol. Il n’y a aucun rapport avec le film et nous avons tenté dans la mesure du possible de rester le plus éloigné possible de tout aspect religieux et de toute prise de position.

Toutes les histoires sont-elles de la pure fiction ? Ou certaines des histoires vraies ?
Le concept est une idée d’Alain et moi. L’histoire écrite par Alain partant du concept est une pure fiction. Toute ressemblance avec des personnages existants ou ayant existé est purement fortuite…

Akroma - Mathieu

Quel est le texte qui te touche le plus ?
Je crois que c’est l’avarice car c’est celui qui reste le plus plausible dans la manière dont il est abordé.

Et le péché qui te caractérise le plus ? Ou celui que tu n'as aucune gêne à pratiquer ?
Gourmandise, sans aucune gène. L’orgueil est malheureusement un trait de mon caractère assez présent.

Avec un tel album, ne crains-tu pas de te trouver le cul entre deux chaises. Trop agressif (surtout au niveau du chant) pour les amateurs de heavy-sympho ou prog. Et trop « doux » pour les amateurs d’extrême ?
Je ne sais pas, je ne me suis pas vraiment posé la question… Pour moi c’est un album de black symphonique qui tend à être dans la lignée de ce que peut proposer Cradle ou Dimmu Borgir. Le côté heavy-prog est indissociable de mon écriture. Je crois sincèrement que tout le monde peut y trouver son compte, aussi bien les amateurs d’extrême (la voix de Bob est quand même assez arrachée) que les amateurs de heavy-prog car les parties instrumentales sont nombreuses et les solos de guitares particulièrement affûtés.  

Est-ce que des concerts sont prévus ? As-tu envie de jouer les compos de « Sept » en live ?
J’adorerai jouer l’album en live mais nous avons un accord tacite avec Alain ; ce groupe est un groupe de studio.
L’album sera tout de même en écoute intégrale le Samedi 9 décembre à la Cantada (Paris, 11) à l’issue du concert de Darwin’s Theory? et de Phazm. Une occasion de voir quelques acteurs de la scène nancéienne, se prendre une claque avec Pierrick et ses acolytes et de voir Alain en live avec DsT?.

Au niveau de la musique… la bio fait mention de 7 tonalités différentes. Je n’ai pas l’oreille absolue… mais est-ce vrai ? Et quelle tonalité pour quel morceau ?
Oui c’est parfaitement vrai. L’orgueil est en Mi mineur, la luxure en Ré mineur, la gourmandise en Fa# mineur, l’envie en La mineur, L’avarice en Do Mineur, la colère en Sol mineur et la paresse en Si mineur.

l'Avarice la Colère l'Envie
la Gourmandise la Luxure l'Orgueil la Paresse

Pas de batteur ? Que de la boite à rythmes ?
Disons que ce sont des vrais sons de batterie et les parties écrites sont totalement « batteuristiques ». Mais effectivement au final elles sont rendues par une machine.

Pas trop dur d’arriver à faire durer toutes les chansons 7 minutes ?
Il a fallu faire quelques ajustement c’est sûr. On ne peut pas faire ce genre de chose « naturellement ». Mais en jouant un petit poil sur le tempo global et en fignolant un peu, on arrive au résultat voulu.

Par contre, la fin du 7ème c’est assez abrupt, ça fait limite bâclé…
Ce sont les aléas du métier. Dans ma version démo, le violon ne tenait pas la note finale si longtemps et je n’avais pas encore les voix d’Adeline… néanmoins ça coupe parfaitement pour repartir sur le titre 1 (l’Orgueil)… idéal pour une écoute en boucle.

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Personnellement,  je trouve la couverture « standard », limite ordinaire, pas spécialement accrocheuse. Au contraire, l’intérieur est très réussi. Qui s’est chargé de l’artwork ? L’artiste avait une certaine autonomie ou tu as donné des consignes précises ?
C’est Ess de Essgraphics qui s’est chargé de l’entière réalisation de ce livret de 20 pages. Il s’est tout simplement inspiré de l’histoire pour créer toutes ces évocations des péchés capitaux. Je voulais quelque chose d’extrême et j’ai été servi ! Je voulais arriver à une qualité proche des livrets de Dimmu Borgir avec des mises en scène. Je n’ai fait que lui souffler les grandes lignes et il a fait un travail incroyable. Il travaillera pour l’artwork du prochain Elvaron ainsi que du prochain Akroma.

Cela fait un moment que tu joues avec Elvaron, mais contrairement à d'autres groupes français, il n'a jamais bénéficié d'une importante couverture médiatique. Visiblement avec Akroma, ça part plus fort ! Pas jaloux ? Quelle est ta priorité du moment ?
Non je ne suis pas jaloux au contraire. Akroma marche mieux qu’Elvaron mais l’un dans l’autre c’est ma musique. Akroma permet aussi de mettre un coup de projecteur sur Elvaron mais également sur les groupes de tous les autres musiciens de l’album. Je n’ai pas de priorité car chaque groupe est ma priorité.

Un petit mot sur l'actualité d'Elvaron ? Et tes autres projets ?
Et bien nous sommes en train d’enregistrer notre quatrième album avec Elvaron. Il s’annonce très progressif mais également très agressif. Asphodel, une auteure française, en a écrit le concept et le scénario qui prend forme dans une nouvelle. Exit l’héroic-fantasy, nous partons pour un album d’anticipation et de science fantasy. Il y aura quelques invités qui viendront prêter leurs voix pour appuyer la cohérence de l’histoire. Nous allons travailler avec Terry Brown (Dream Theater, Rush, Tiles…) qui s’occupera du mixage et du mastering. Autrement je prépare l’album de Louka, un groupe de rock français très énergique dont je suis le guitariste et le producteur.

Akroma

Tu as l’air plutôt actif comme gars… tu arrives quand même à dormir ? ;-)
Oui pas de problème, je fais mes 8 heures par nuit. Je partage tout mon temps libre entre ma femme, le bricolage, la cuisine, Jack Bauer et la musique, lol. J’adore composer et j’adore enregistrer de la musique, m’informer sur les dernières nouveautés, les sorties CDs du moment ; la musique est une composante indissociable de ma vie, c’est même grâce à la musique que je gagne ma vie.

Que dirais-tu à un fan de metal pour le convaincre d’acheter ton disque ?
Je lui dirais d’aller faire un tour sur le site, d’écouter les extraits et de se rendre sur l’e-shop du label pour acheter le disque. C’est pas cher, c’est rapide. Et puis je crois qu’on a réussi un tour de force en sortant ce disque alors ça peut montrer un certain attachement à la scène française.

Quelque chose à ajouter ? Un message pour nos lecteurs ?
Merci pour tes questions, continuez à surfer sur DS, métalleux de tous poils !!!!

 

 

Akroma