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Lorsque Zero Hour aura réussi à se débarrasser de cette manie de changer de rythme sans crier gare, son heavy-thrash moderne, bien produit et bien chanté, deviendra encore plus intéressant. Car au delà de ce petit défaut, leurs morceaux ont l'immense qualité d'être fortement vertébrés grâce à des riffs d'une classe et d'une vigueur somme toute exemplaire. On pense même parfois aux errances du regretté Schuldiner, avec, aussi, un batteur qui assure drôlement, et ça, forcément ça aide. Mais surtout, surtout, ce disque me fait plaisir car il démontre qu'un chant peut parfaitement être très typé heavy sans pour autant tomber dans le pathétique émasculé. Ce type, Fred Marshall, le chanteur, est tour à tour hargneux, émouvant, intimiste et extraverti. Franchement, ce disque est une bouffée d'air frais en comparaison de tous ces enregistrements clones de thrash brutal sombrant dans une aberrante quête d'un âge d'or extrême, oubliant que le thrash n'est jamais aussi délectable que lorsqu'il se raffine. Du raffinement, Zero Hour en est pétri et ce serait se priver bien bêtement que d'ignorer ce disque. |