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Xasthur fait partie de la frange ultra culte de la scène black américaine. Très respecté, ce projet d'un homme seul (Malefic) est régulièrement cité par les amateurs parmi ce qui compte dans le black actuel. Ce "Telepathic with the deceased" constitue son quatrième album et le premier pour le label Moribund. Ce dernier a cru devoir faire de l'humour en mentionnant sur la bio qu'il s'agit là de son album sonnant le mieux... Or, il s'agit là d'une vaste blague : Xasthur ne sonnera jamais bien. De fait, le son de ce disque est épouvantable. Ah ! je sais, j'ai souventes fois fustigé ces groupes de true black qui s'imaginent qu'enregistrer son disque dans les latrines suffit à l'estampiller "authentique". Je m'évertue également, autant que mes modestes capacités de nuisance le permettent, à ruiner tout projet s'aventurant à plagier X ou Y. Et là, je m'apprête néanmoins à dresser une couronne de lauriers à cet album qui présente une production hideuse et un penchant burzumesque maladif. C'est là que je dis : attention ! Ne pas confondre plagiat spinal et entretien méticuleux du culte. Autant un groupe comme Elite sombre dans le "photoco-pillage" varguestre, autant Xasthur réussit de façon étonnante à prolonger une oeuvre dont la fin subite a laissé et laisse encore pas mal de monde sur les dents. A l'instar d'un Abyssic Hate, d'un Forgotten Tomb et d'un Shining, Xasthur a parfaitement assimilé les préceptes du Comte et, bien loin de les recracher approximativement, leur fait honneur en en extrayant ce qui est leur moelle : l'ambiance ! Car, mes enfants, quelle ambiance dans ce disque. Glacial, lent, gluant, lugubre, haineux, suicidaire... Il est exactement conforme à l'atmosphère qui baignait les oeuvres du culte susdit. On est quelque fois à quelques encablures de l'énivrement sonore. Evidemment, un tel climat délétère ne peut être mis en place au milieu des vocalises féminines et des productions made in Abyss... Donc, le son est mauvais. Disons plutôt : adapté. Il colle exceptionnellement bien à ces morceaux lancinants qui vrillent l'esprit comme autant de spirales mentales descendantes, créant un maesltrom rugueux et froid dont il est littéralement impossible de s'extraire. D'autant que Xasthur ne se prive pas de glisser çà et là quelques petites finesses dissonnantes ou atmosphériques, au choix. Certaines parties sont même carrément tordues, créant une impression de chaos douloureux des plus réussies. Et le plus étonnant est que ces trouvailles ressortent parfaitement, ce qui me fait dire que la médiocrité de la production n'est en fait qu'une apparence, nullement destinée à cacher des faiblesses, mais au contraire à mettre en valeur de fréquents accès de brio. Xasthur vient de créer ici une oeuvre maîtresse dans le domaine du sombre. Cette séance de télépathie mortuaire nous place en ligne directe avec le tréfonds des ténèbres, là où feu, acier et mort se côtoient dans une danse rituelle lugubre. |