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Black-metal
et Allemagne sont deux termes qui sont loin de faire l’unanimité,
j’en veux pour preuve les albums en dessous de la ceinture
que ce pays a pu proposer ces dernières années,
la plupart ayant élu domicile chez le voisin autrichien
CCP records ou sur le défunt Last Episode… mais force
est de reconnaître que cette réputation odieuse tend
à disparaître au profit de petits nouveaux ayant
plus d’un tour dans leurs sacs pour déjouer les vilains
préjugés de méchants chroniqueurs à
l’esprit tordu (j’en fais partie).
Penchons nous maintenant sur le cas Wrath. Ce one-man band teuton
jusqu’au bout des ongles délivre un black-metal jusqu’au-boutiste
et dépouillé, qui tente à sa façon
de remettre au goût du jour les sonorités oubliées
des tout premiers efforts de maîtres incontestables que
furent en leurs augustes temps Satyricon ou Burzum. Ces ambiances
glaciales et nordiques, auréolées d’un parfum
de provocation et d’une touche d’extrémisme
musical, fleurant bon le retour aux sources, se voient ici mises
en avant par une production crue, tout en restant audible, et
surtout, évitant le piège "raw & true"
dans lequel la majorité de ses collègues se sont
fourvoyés sans vergogne. D’autant plus que ce cher
Nazgul (quel patronyme original !) s’est chargé de
la production et de l’exécution instrumentale tout
seul, comme un grand viking ! En revanche, celui-ci s’est
vraiment laissé aller sur les vingt dernières minutes
de l’album, où il tente, avec les moyens du bord,
c'est-à-dire pas grand-chose, de proposer quatre morceaux
exclusivement atmosphériques, constitués d’épaisses
nappes de synthés bourdonnantes et de bruitages ambient,
qui ne sont pas franchement du meilleur tonneau, c’est le
moins que l’on puisse dire.
Au bout du compte, même si l’on a connu un one-man
band bien plus agile et inspiré (Windir à ses chers
débuts, par exemple), Wrath ne s’en tire pas trop
mal et limite la casse, malgré de nombreuses erreurs inhérentes
à sa relative jeunesse. |