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WRATH "Viking"
(einheit produktionen -- 2005)
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Black-metal et Allemagne sont deux termes qui sont loin de faire l’unanimité, j’en veux pour preuve les albums en dessous de la ceinture que ce pays a pu proposer ces dernières années, la plupart ayant élu domicile chez le voisin autrichien CCP records ou sur le défunt Last Episode… mais force est de reconnaître que cette réputation odieuse tend à disparaître au profit de petits nouveaux ayant plus d’un tour dans leurs sacs pour déjouer les vilains préjugés de méchants chroniqueurs à l’esprit tordu (j’en fais partie).
Penchons nous maintenant sur le cas Wrath. Ce one-man band teuton jusqu’au bout des ongles délivre un black-metal jusqu’au-boutiste et dépouillé, qui tente à sa façon de remettre au goût du jour les sonorités oubliées des tout premiers efforts de maîtres incontestables que furent en leurs augustes temps Satyricon ou Burzum. Ces ambiances glaciales et nordiques, auréolées d’un parfum de provocation et d’une touche d’extrémisme musical, fleurant bon le retour aux sources, se voient ici mises en avant par une production crue, tout en restant audible, et surtout, évitant le piège "raw & true" dans lequel la majorité de ses collègues se sont fourvoyés sans vergogne. D’autant plus que ce cher Nazgul (quel patronyme original !) s’est chargé de la production et de l’exécution instrumentale tout seul, comme un grand viking ! En revanche, celui-ci s’est vraiment laissé aller sur les vingt dernières minutes de l’album, où il tente, avec les moyens du bord, c'est-à-dire pas grand-chose, de proposer quatre morceaux exclusivement atmosphériques, constitués d’épaisses nappes de synthés bourdonnantes et de bruitages ambient, qui ne sont pas franchement du meilleur tonneau, c’est le moins que l’on puisse dire.
Au bout du compte, même si l’on a connu un one-man band bien plus agile et inspiré (Windir à ses chers débuts, par exemple), Wrath ne s’en tire pas trop mal et limite la casse, malgré de nombreuses erreurs inhérentes à sa relative jeunesse.
 
Clem
Decibels Storm - janvier 2006