

Withdrawn - "Skulls of the Weak"
Ça y est le voilà, on vous l'avait annoncé lors de l'interview Chris, il est enfin arrivé ce « Skulls of the weak ».
Premier album des Withdrawn qui après deux demos ont décroché la timbale, non sans acharnement et sans un travail continue et intensif. Oui car c'est un aboutissement de pas mal de boulot qui vient maintenant à vos oreilles.
Le résultat est de toute façon largement honorable et plus que respectable.
Alors « Skulls of the weak » nous offre ici une musique en grande partie death metal, un death metal varié, très percutant avec des rythmiques assassines aux hymnes guerrières.
C'est un véritable appel au headbanging, virez la crème à tendinite, jetez les cachets pour le rhumatisme car avec cet album, plus besoin de lutter contre le mal des tendons ou des muscles. Vous allez tellement bouger votre tête, et pogoter sec dans le salon, que c'est chaud comme la braise que les 38 minutes Withdrawniennes seront un véritable remède aux courbatures quotidiennes.
C'est ainsi que « At random overcome » entame la partie, en venant immédiatement au principal. Des riffs qui restent en tête, à la manière américaine, mêlés à une brutalité mélodique et des ambiances méchamment puissantes.
Par contre il s'agit bien d'un death brutal qui ne tombe pas dans le brutal death (la nuance est infime mais elle est là), et l'on s'en aperçoit aisément à la vitesse et à la technique de la batterie et ainsi qu'aux breaks bien lourds qui ont un son qui peut parfois se rapprocher de celui de Bolt Thrower. C'est ce qui donne une augmentation de l'onde de choc des morceaux. C'est intelligemment mené pour être brutal sans être inaudible, les morceaux sont aérés et les changements sont équilibrés pour rendre les morceaux accrocheurs.
Un gros travail a été fait sur la voix qui a été doublée pour donner cet effet démoniaque à la Deicide tout au long des chansons.
Ensuite un des points forts de Withdrawn c'est qu'en puisant ses sources dans le death metal américain mais également en assombrissant son tableau par des nuances black metal, ils arrivent à produire une mixture qui ne paraît pas pomper ou plagier un groupe en particulier. Comme je le disais on peut y retrouver des anecdotes diverses et variées de groupes comme Behemoth, mais aussi des riffs d'inspiration death mélodique de la scène suédoise, comme on peut l'entendre sur les chansons « Dethrone » ou « Trident loaded feast » ; cette dernière qui prend également une ampleur phénoménale grâce à la batterie.
Autre habileté technique c'est que les morceaux sont d'une durée raisonnable pour ne pas que l'auditeur se lasse, il apprécie le morceau à sa juste valeur. Celui-ci a été calculé avec la minutie d'un horloger pour procurer du plaisir à qui l'écoute juste le temps qu'il faut.
Sur cet album, on retrouvera deux morceaux issus des démos précédentes qui sont « Dethrone » et « Chosen translation ». Mais attention s'il y a bien un morceau qui vous enterrera définitivement six pieds sous terre et je peux vous le confirmer car à chaque concert de Withdrawn que j'ai pu voir c'est bien celui-ci qui a amené le max de mosh-pit dans la fosse. Il s'agit de « Gemini distance ». Ce morceau est une grosse boucherie autant sur galette qu'en concert. C'est son thème principal qui provoque ça, les riffs sont facilement reconnaissables et reviennent de manière régulière à emporter le monde dans sa spirale mélodique et brutale. Un vrai régal.
Et donc après sept titres de death brutal et mélodique à la fois avec aucun temps mort, l'album se termine avec « The throat of thousands » qui laisse libre cours à l'aspect black metal dont je parlais tout à l'heure, mais aussi peut-être à des idées puisées aux source du Nile (pas le fleuve, le groupe, c'est pour ça qu'il y a un « e », non mais.). Les riffs sont plus cinglants et l'introduction au clavier laisse apaiser la tension qui s'est installée depuis le début de l'album pour finir malgré tout dans une orgie de riffs puissants.
En ce qui concerne le son, rien à dire de ce côté là, ça suit largement le contenu de l'album. La batterie a un son excellent la grosse caisse amplifie un maximum la force des morceaux.
Donc un premier album, réussi qui de toute façon confirme la bonne évolution qu'avait pris Withdrawn au fil de ses demos. Ce n'est effectivement qu'un premier album, mais tout laisse à penser que Withdrawn a les capacités de faire quelque chose d'intéressant sur la scène death metal française en premier lieu mais certainement outre frontières. L'avenir nous le dira, en attendant « Skulls of the weak » peut rejoindre votre cdthèque sans problème.