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En
fait, vu de l'extérieur, et lorsque comme moi, on ne connaît
pas déjà le groupe, on peut vraiment s'attendre à tout. Et notamment
au pire, je veux dire à un de ces pathétiques exercices de grind/zizi-panpan
dans lesquels certaines de nos formations franchouillardes sont
malheureusement passées maîtres. Et puis non. Il faut dire qu'on
a affaire à des vrais musiciens, je veux dire, des anglo-saxons
(je profite qu'on a pas de section "commentaires" pour balancer
des provoc' gratuites !!!). Car Whore,
comme tout ce qui est signé chez Moribund, est Américain. Traduction
: on veut bien rigoler entre les morceaux, mais quand ça joue,
ça joue. Whore pratique donc un heavy grind qui n'est pas sans
rappeler le Carcass époque "Reek of putrefaction", avec notamment
ce son si caractéristique : gras, profond (forcément !), accordé
bas, très très très bas... Les morceaux sont cependant beaucoup
plus formatés "grind", c'est à dire qu'ils atteignent rarement
les deux minutes. En ceci, Whore est un peu décevant car j'aime
lorsqu'à l'instar d'un Exhumed, les groupes de grind osent la
durée dans les titres. Ici, rien de tel : c'est du labourage
auditif pur et dur, sans respirations. Mais c'est excellement
fait, Whore prenant un malin plaisir à user de riffs étouffants
au possible, dépassant de très loin la crevaison de bouton d'acnée
auquel se cantonnent trop souvent les groupes de grind. Mention
"excellent" aux vocaux qui sont d'une haine absolue, gutturaux
en diable et évoluant parfois vers un raclé de gorge façon Phil
Speckmann des origines. Même distinction honorifique en ce qui
concerne le batteur qui est impressionnant de vitesse et de
force. Toutes ces caractéristiques aboutissent à un disque dévastateur,
ordurier dans le bon sens du terme (si, y en a un !), irrévérencieux
mais, au bout du compte, sérieux. Comme souvent Moribund records
vient encore de sortir un produit au top dans son genre. |