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White
Willow se situe dans le dernier espace avant la pop, là, juste
avant que mélancolie devienne niaiserie. Et de fait, ce disque
est sombre avec ses longues plaintes de guitares et ses passages
de violoncelle. En fait, sa riche instrumentation pour être
nettement marquée prog' (mellotron, Fender Rhodes et mini-Moog
sont de la partie) n'en parvient pas moins à se tenir relativement
écartée de la boursouflure. Surtout qu'il ne dédaigne pas à
l'occasion tremper dans des structures trip-hop qui évoquent
alors Portishead. Le fait que le chant soit assuré par une dame
sobre n'est pas non plus étranger à cette comparaison. De grosses
guitares presque heavy viennent régulièrement relever cette
sauce déjà bien parfumée, mais, chose appréciable, sans qu'on
ne tombe jamais dans le prog'metal, genre déjà assez illustré
par quelques groupes de sinistre mémoire dont je me refuse ici
à donner les noms, étant ce soir d'humeur à peu près buvable
et souhaitant que ça dure... On se retrouve parfois à la limite
de la guimauve ("Endless science"), mais, de façon remarquable,
l'écueil est toujours évité tantôt grâce à la chanteuse, impeccable,
tantôt grâce à un petit break de batterie ou de guitare
acoustique réussi. Dans l'ensemble, ce disque est donc extrêmement
satisfaisant. Ses passages les plus faibles sont à mon avis
les deux longs morceaux "Soulburn" et "Nightside of Eden", où
pour le coup les riffs de guitare se font balourds car trop
heavy sans justification tangible. Pour le reste, les fans d'Anathema
dernière époque, The Gathering, Portishead et même Björk peuvent
y aller les yeux fermés : la qualité est indéniablement présente. |