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WHITE WILLOW "Storm Season"
(the laser's edge - musea - 2005)
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White Willow se situe dans le dernier espace avant la pop, là, juste avant que mélancolie devienne niaiserie. Et de fait, ce disque est sombre avec ses longues plaintes de guitares et ses passages de violoncelle. En fait, sa riche instrumentation pour être nettement marquée prog' (mellotron, Fender Rhodes et mini-Moog sont de la partie) n'en parvient pas moins à se tenir relativement écartée de la boursouflure. Surtout qu'il ne dédaigne pas à l'occasion tremper dans des structures trip-hop qui évoquent alors Portishead. Le fait que le chant soit assuré par une dame sobre n'est pas non plus étranger à cette comparaison. De grosses guitares presque heavy viennent régulièrement relever cette sauce déjà bien parfumée, mais, chose appréciable, sans qu'on ne tombe jamais dans le prog'metal, genre déjà assez illustré par quelques groupes de sinistre mémoire dont je me refuse ici à donner les noms, étant ce soir d'humeur à peu près buvable et souhaitant que ça dure... On se retrouve parfois à la limite de la guimauve ("Endless science"), mais, de façon remarquable, l'écueil est toujours évité tantôt grâce à la chanteuse, impeccable, tantôt grâce à un petit break de batterie ou de guitare acoustique réussi. Dans l'ensemble, ce disque est donc extrêmement satisfaisant. Ses passages les plus faibles sont à mon avis les deux longs morceaux "Soulburn" et "Nightside of Eden", où pour le coup les riffs de guitare se font balourds car trop heavy sans justification tangible. Pour le reste, les fans d'Anathema dernière époque, The Gathering, Portishead et même Björk peuvent y aller les yeux fermés : la qualité est indéniablement présente.
 
Alexis Kieffer
Decibels Storm - novembre 2005