Après
une intro dark, blastée et lourde, Wasteform envoie la sauce
de son brutal death angoissant à défaut d'être original. Ceux
qui suivent ce genre depuis son acte de naissance, c'est à
dire près de 15 ans, identifieront en effet immédiatement
les influences combinées de Suffocation et Cannibal Corpse.
On
est ici en présence d'un death urbain (par "urbain", j'entends
"de la ville" et non pas "aimable" !), fort bien joué, riche
en breaks, et, pour tout dire, teinté d'une urgence quasi-hardcore
qui pourrait éventuellement faire la différence avec les autres
petits camarades qui jouent dans cette même cour. Wasteform
se distingue également, et c'est notable, par une clarté de
bon aloi, ne tombant jamais dans le piège du bourrinage facile
et du bordel inorganisé.
Tout ceci est fort bien lié et tient debout sans béquilles.
Une basse fédératrice et vorace n'y est d'ailleurs pas pour
rien. Enfin, quoi, cet album offre le plaisir finalement assez
rare d'entendre du death metal pur et dur, ne se croyant pas
obliger d'alléger sa sauce en y incluant des éléments thrash.
C'est américain, ça, Monsieur, pas suédois !
Alors,
des défauts ? Je regrette surtout, mais il semblerait que
la maladie soit commune à bien des groupes de brutal death,
un son de caisse claire trop faiblard, désagréable même par
sa sonorité sèche et sans profondeur. Dommage, car l'instrumentiste
avoine méchamment. D'ailleurs, on peut en règle générale déplorer
que la production ne soit pas au niveau des standards récemment
réaffirmés par Anata et Neuraxis. Car contrairement à ce qui
se passe dans le black, on a pas dans le death metal cette
ultra-connerie qui veut que "plus le son est pourri, et plus
c'est true". Dans le death, on veut que ça pète. Loin de moi
l'idée d'affirmer que Wasteform ait le snobisme imbécile de
vouloir imposer un son "true-death", mais il faudrait néanmoins
qu'il se mette à niveau sur la question.