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Ben, v'là encore autre chose... Dark Essence Records a décidément la main plus qu'heureuse dans ses choix. Pareille concentration de talents sur un label, dans un laps de temps aussi court, ne s'était plus vu depuis très longtemps. Et attention, à chaque fois, c'est pas de la prod' à trois sous, mais bien du quatre étoiles que le label sort de son alambic. Présentement en cause, les Norvégiens de Vulture Industries, absolument inconnus au bataillon, et qui après deux démos sortent directement un truc qui tape Arcturus, Solefald et consorts. Il est nécessaire d'immédiatement énoncer un avertissement solennel : le vocaliste ne chante pas "comme" Garm, mais incarne tout simplement ce dernier... C'est saisissant. D'ailleurs, ce n'est pas dur, j'ai décidé de décréter que c'est Garm. Un Garm qui aurait décidé de mêler sa voix claire fabuleuse à sa voix black non moins fabuleuse. Car suivant les ambiances et les rythmes, la voix peut en effet envoyer sévère dans le registre black. Fichtre, par moment, ça carbonise comme un réacteur de 747 ! La musique, elle, se situe donc dans les contrées d'Arcturus, avec cependant, contrairement au dernier disque des susnommés, des guitares qui se font entendre dans le registre "rugissement". Le son est éminemment lourd et consistant. Tous les espaces sonores sont remplis avec une jubilation qui fait plaisir à entendre. Les structures sont progressives avec ce qu'il faut de nuance pour qu'on ne s'emmerde jamais. Dans la musique violente, la nuance prend souvent la forme de la progressivité. Inversement, dans la musique à vocation progressive, la nuance vient souvent de la capacité des musiciens à inclure de la force et de l'énergie. Et c'est absolument le cas ici. Ce disque comporte certains accès de violence débridée du meilleur aloi. On pourrait d'ailleurs regretter qu'ils ne soient pas plus nombreux, car entre la voix black dont "Garm" dispose et le niveau technique des mecs, ça pourrait donner quelque chose de vorace ! Précisons à ce titre que le line up comporte un musicien de session de Taake... Même si ce disque théatral prend souvent l'allure d'un tribute album à l'Arcturus de 2002, qu'est ce que ça fait du bien. Repaissons-nous, gavons-nous, vautrons-nous sans retenue dans cette opulence sonore, goinfrons-nous comme des gorets. Et tant pis si on finit par s'en écoeurer. Deux jours de carottes-Vichy et ça repart ! Qu'on me serve avec une pelle dans une lessiveuse ! |