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Voivod,
seconde époque. Sans Blacky, mais avec boîte à rythmes. Si la
perte de Blacky est hautement triste, l'incorporation d'une
rythmique synthétique est en revanche des plus réussies car
le son de batterie claque avec une efficacité redoutable. Sur
le plan musical, Voivod persévère dans sa veine accessible d'Angel
Rat tout en musclant le tout pour nous donner un album très
intéressant. Car, quoi qu'il joue, Voivod demeure toujours un
groupe plein d'inventivité et d'ambition artistique. C'est ainsi
que derrière l'apparente accessibilité de ce disque réside,
une fois encore, des compositions menaçantes et d'une réelle
froideur. On en veut pour preuve les structures énigmatiques
de morceaux tels que "Fix my heart", "Le pont noir" ou "The
lost machine". Par ailleurs, un titre comme "We're not alone"
contient des accès de furie qui ne sont pas rappeler les jours
anciens. "Moonbeam rider" et "Wrong way street" sont quant à
eux d'excellents morceaux accrocheurs propres à faire guincher
un fer à repasser. Et puis, il y a "Jack Luminous". Il s'agit
d'un morceau à rallonge (presque 18 minutes) au cours duquel
Voivod nous livre un concentré de toute sa carrière. Metal,
thrash, progressif, pop : tout y passe, avec un brio exceptionnel
et une cohérence admirable. Comme si Pink Floyd rencontrait
Prong, Jane's Addiction et Judas Priest dans une tentative fulminante
et réussie de fusion ultime. Un sorte de quête du grand Tout
qui transporte l'auditeur dans les méandres insondables de la
culture musicale du groupe. Décidément, ce n'est pas encore
avec cet album que Voivod nous décevra. |