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Voivod, épisode 3 : sans Blacky, sans Snake. La grande force de Voivod était de ne jamais faire deux fois le même album tout en restant fidèle à ses marques fabrique traditionnelles. En plus de dix ans de carrière, le groupe avait sans cesse évolué. Or, pour la première fois, il semble donner dans un trip nostalgique en cherchant à exploiter à nouveau le créneau de la violence sonique qui avait fait sa réputation à ses débuts. C'est ainsi que le nouveau chanteur, Eric Forrest, contre qui je n'ai rien, use de vocaux très agressifs, souvent hurlés. En fait, Voivod semble vouloir croiser le fer avec tous ces groupes de cyber thrash qui sont nés à sa suite alors même qu'il abandonnait ce registre (Fear Factory...). Le résultat, sans être mauvais, manque cruellement de finesse et on déplore le manque de finesse des interventions de Denis D'Amour, ex-Piggy aux guitares. D'autant plus que cette recherche de l'agression maximale, sans tomber à plat, n'atteint pas un seul instant la frénésie qui baignait un disque tel que "Killing Technology". On a donc perdu la musicalité des deux derniers albums, sans pour autant retrouver la furie des débuts. On tourne en rond, merde, on tourne en rond, merde, on... Alors, je sais que cette période a ses défenseurs et que certains trouvent injuste de critiquer Eric Forrest. Mais ce n'est pas ce que je fais, car le mal est plus profond. C'est en effet Denis D'Amour-Piggy qui est en manque d'inspiration. Il en résulte un album brutal et bien produit mais dont le manque d'inventivité et de finesse rend impossible l'écoute entière. Un comble pour un groupe qui a construit sa carrière sur la cohésion et l'unité conceptuelle de ses disques. |