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UNLEASHED "Where No Life Dwells"
(century media - 1991)
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Si Dame Fortune s'est finalement penchée avec plus de bienveillance sur Entombed, Unleashed et Entombed sont cependant nés du même lit de braise qui à la fin des années 80 fit de la Suède, avec les Etats-Unis, le pays n°1 du death-metal. Dans l'ordre de préséance, Unleashed et Entombed sont donc à égalité. "Where no life dwells" est le premier album d'Unleashed, et certainement son meilleur à ce jour, Unleashed ayant mis un point d'honneur à ne pas évoluer, ou si peu. C'est d'ailleurs sans doute la raison pour laquelle ils ne connurent pas le succès d'Entombed. Mais ceci est une autre histoire. Toutefois, si Unleashed n'a jamais fait preuve d'originalité dans l'évolution de son oeuvre, sa particularité au sein de la scène suédoise est réelle et cet album en est une preuve éclatante. En premier lieu, il n'est pas produit par Tomas Skogsberg mais par Waldemar Sorychta, ce qui, à l'époque, était encore un gage d'originalité. D'où un son, qui, s'il est certes porté sur les guitares sous-accordées, possède un goût heavy et même quasi doom vraiment délectable. En second lieu, Unleashed a conservé certains traits propres au death tel que le pratiquait Bathory, c'est à dire lorsque le style était encore très épique, pas encore différencié du black. C'est ainsi que ce disque regorge de passages lancinants et pourvoyeurs d'ambiances sombres ("...and the laughter has died", "Where life ends"). Un vrai régal. Techniquement, on ne peut pas dire qu'Unleashed se casse grandement le tronc : les solos de guitares sont rares et les parties de batterie sont assez rustiques. Mais le propos est évidemment ailleurs, dans une démonstration de force de tous les instants, dans la volonté de livrer un bloc compact à l'épreuve des balles et des années. C'est cette force qui fait de "Where no life dwells" un album historique, bourré d'énergie, d'honnêteté et, j'ose le terme, de "bon goût". Un disque à placer au même rang que "Left hand path" et "Like an ever flowing stream"
 
Alexis Kieffer
Decibels Storm - avril 2002