Que de chemin parcouru pour Underoath ! En effet, qui aurait cru que le groupe, officiant dans un méchant hardcore métal aux relents black/death à ses débuts, s’emploierait aujourd’hui à défendre la cause divine à travers un rock grungy, certes hardcore sur les bords mais fichtrement policé, au final diablement (seigneur pardonnez-moi !) insipide ?
A vrai dire, je tiens à le préciser d’entrée de jeu, cela n’a strictement rien à voir avec leur message pro-catholique avéré, non, après tout chacun est libre de louer qui bon lui semble dans ses textes. C’est plutôt cette fâcheuse impression de déjà-vu, de déjà-entendu qui me dérange. Il n’y a rien ici, ou si peu, qui permette de différencier Underoath de la masse grouillante des groupes made in Amerika standardisés à l’extrême, calibrés pour la consommation de masse, Alleluia, injectant ci et là quelques grognements pour paraître evil, mais qui, au bout du compte n’effraierait pas même un enfant de chœur un soir de pleine lune.
C’est malgré tout la seule chose que l’on peut leur reprocher car Underoath fait bien son boulot, s’adjugeant les services de fines gâchettes pour mener sa mission à bien. Adam Durtkiewicz, ô grand gourou des productions massives et cristallines, est derrière les manettes, alors forcément le son est énorme. Mais bon, est-ce bien là le cœur du débat ?
J’en doute, la concurrence restant féroce, il y a bien peu de chances que l’on se souvienne de ces joyeux drilles adeptes de la positive attitude d’ici à l’année prochaine. A moins qu’un bastonnage en règle sur les radios College rock ne puisse allonger sa durée de vie de quelques mois supplémentaires, puisque ce « Define the great line » est conçu dans cette optique : séduire le plus grand nombre, tout en reléguant sur le bas-côté ceux et celles qui appréciaient le groupe à ses débuts.
A l’instar de ses collègues de From Autumn To Ashes, Underoath déçoit par cette évolution vers un son trop propre, un style trop prévisible, mêlant tour à tour passages émo, pop, rock, hardcore, sorte de fourre-tout grand public qui devrait irrémédiablement le condamner à l’indifférence éternelle, mais polie, de la part de son audience initiale.
Amen.