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Quel disque saisissant ! Il s'agit en effet de la rencontre unique des riffs doom les plus dépressifs et des parties hardcore les plus agressives. Seul Mindrot est aussi bien parvenu à mêler ces deux extrêmes. Mais c'était après. Il s'agit également de l'acte constitutif de l'exposition par Peter Steele des relations, disons particulières, qu'il entretient avec la gent féminine qu'il ne voit, c'est clair, que comme une espèce née pour forniquer, tromper et jouir. C'est également dans cet album que Peter exprime le mieux le sentiment populiste dont il nous avait déjà fait part à travers les paroles de "Cause for alarm" d'Agnostic Front. Tout ceci fait que l'album fut accueilli assez fraîchement dans ce monde où il ne faut surtout jamais dire ce que l'on pense, surtout lorsque l'on est un homme, américain de surcroît. C'est fort dommage car en ce qui me concerne, il ne passe pas un jour sans que je ne tresse une couronne de laurier à cet opus tellement pictural. Ce n'est plus un disque, c'est un tableau, un roman de voyage. Voyage entre le Queens et Brooklyn, avec arrêt à Brighton Beach où Peter Steele trouve sa femme en train de "faire la chose" ("doing the thing") avec un rival ("Unsuccessfully coping with the natural beauty of infidelity"). Le sentiment prédominant rendu par cet album est celui de la rancœur : rancœur contre les femmes infidèles, contre les petites frappes de dealers qui roulent en BMW tout en touchant l'aide sociale, contre cette mort certaine que l'on nomme l'amour... La musique, rugueuse, noire, poisseuse est parfaitement adaptée à ces sentiments funestes. Si bien que l'on éprouve un sentiment d'évidence et de complétude assez rare pour être souligné. Je n'y avais jamais pensé, mais aujourd'hui, cela m'apparaît nettement : "Slow, deep and hard" est au rock ce que "Voyage au bout de la nuit" est à la littérature. Rien de moins. |