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Les courants musicaux ont souvent leur "bande des quatre". Le doom américain a également la sienne : Saint Vitus, Pentagram, The Obsessed et Trouble. Ce saint quatuor doit être vénéré au moins trois fois par jour. J'insiste. Trouble pour sa part est le groupe de chevet d'Anathema et C.O.C. Par ailleurs, son influence sur l'oeuvre la plus tardive de Carcass ("Swansong" et les morceaux "rot'n'roll" et "this is your life" du EP "Heartwork") est patente. Ce qui en dit long sur la qualité du combo... Il se distingue des trois autres par son niveau technique, très au-dessus de la moyenne, ce qui lui permet d'envisager des envolées de guitares lorsque les autres se cantonnent souvent au marteau-pilon. Son chanteur, Eric Wagner, apporte également sa pierre à l'originalité de Trouble en adoptant un chant très varié, capable notamment de se percher assez haut. Le revers de la médaille est une moindre pesanteur. En fait, il est finalement normal que chacun ait sa spécificité. Trouble se démarque donc par ses tempos plus alertes et son aspect d'ensemble plus "léger" (tout est cependant relatif). Cet album de 1987 en est une parfaite illustration. Les morceaux évitent le monolithisme du style en alternant, en leur sein même, tempos rapides et lenteur. Ils sont mêmes parfois teintés d'un groove de bon aloi, tel ces "Peace of mind" et "Born in a prison", titres nerveux, riches en solos de guitare. "Run to the light" est un album très homogène et sa production désuète ne doit surtout pas constituer un obstacle pour tous ceux qui tiennent à se forger une culture doom digne de ce nom. Reste à parvenir à le trouver, les disques de doom n'étant pas spécialement bien distribués en France... |