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TONY MARTIN "Scream"
(mtm music - musea - 2005)
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J'en entend déjà (quelques uns au fond, assis près du radiateur, un signe qui ne trompe pas) me demander qui diable est ce Tony Martin. A part avoir été un des vocalistes de Black Sabbath, effectivement, personne : ce n'est déjà pas si mal et il ne sont pas si nombreux que ça à avoir ça sur leur CV. N'allez pas croire qu'il s'agissait là d'une carrière-éclair, car le gars Tony avait déjà une belle expérience musicale hors-Metal derrière lui avant de rejoindre la bande de l'autre Tony (Iommi) pour les albums "The Headless Cross" et "The Eternal Idol", et il l'a poursuivie ensuite, jusqu'à ce jour.

Outre ce come-back, cet album est également l'occasion de prendre acte de la montée en puissance du phénomène de "deuxième génération" dans le milieu Metal : car à force de biturer et sauter des groupies dans tous les coins de la planète, un certain nombre de nos stars ont accédé (volontairement ou pas) à la paternité, et leurs rejetons sont désormais en âge de tenir un instrument : cette digression irrévérencieuse n'est pas si incongrue, car c'est le propre fils de Tony Martin, Joe Harford, qui assure les guitares sur les 9 titres de "Scream". Jason Bonham n'est plus donc seul dans le club des "fils ou filles de untel", et il faudra également bientôt compter sur la fille de Tony Iommi (il revient bien souvent dans cette chronique celui-là !) et le fils de Ian Hill (Judas Priest) qui jouent ensemble au sein de Lunarmile. Liv Tyler reste hors concours, ne jouant de rien du tout si ce n'est de ses charmes, mais là aussi ce n'est déjà pas si mal. Fin de ce petit apparté.

Restons cependant dans la rubrique people pour signaler que l'autre partie du line-up n'est pas composée de manchots, puisque qu'on retrouve deux autres anciens Black Sabbath : Cozy Powell à la batterie en guest sur un titre, et Geoff Nicholls aux claviers sur l'ensemble de l'album. Tony Martin lui-même assure le reste de la batterie, toutes les parties de basse et le chant. Sacrée équipe en vérité.

Il n'est donc pas surprenant que ce "Scream" soit d'excellente facture, oscillant entre heavy et hard-rock, sous le haut patronnage (sans surprise) de Black Sabbath (on retiendra le terrible "Field of Lies"), mais aussi avec dans la musette quelques plans dignes de Deep Purple (un orgue hammond brûlant sur "Raising Hell" et "Surely Love is Dead") ou Dio (le phrasé vocal sur "Faith in Madness"). Un violon rageur vient également surprendre son monde sur le morceau "Scream".
Certes ce nouvel album ne contient pas que des perles, mais avec 5 ou 6 brulots sur 9 titres, il y a largement de quoi prendre ce come-back au sérieux ! Allez jeter une oreille sur ce "Scream", et profitez-en pour réviser pour demain la disco de Black Sabbath. Ouste !

 
Patrick Etuy
Decibels Storm - février 2006