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A ne pas confondre avec leurs collègues de Turisas, officiant dans le battle-metal couillu ou les ignobles Thurisaz, black-métalleux de Chermanie, les Belges de Thurisaz m’ont fait forte impression avec ce qui constitue ici leur second album. Leur premier méfait m’étant totalement inconnu (« Scent of a dream » sorti en 2004), je ne m’attarderai pas dessus. Tout ce que je suis en mesure de vous en dire, c’est que, selon la bio, celui-ci était déjà prometteur.
Soit.
A l’écoute de « Circadian rhythm », une chose est sûre : ces promesses se sont transformées en certitudes.
Mais revenons à nos moutons et, donc, à ce qui nous intéresse sur cet album : le doom/death, pratiqué ici avec ferveur par ces Flamands.
Les premiers travaux de Paradise Lost et Anathema résonnent encore comme autant de références éternelles à mes esgourdes grandes ouvertes. J’apprécie également certaines formations plus actuelles, telles Swallow The Sun et Novembers Doom, qui enrichissent leur style initial de parties plus atmosphériques et d’éléments progressifs de toute beauté.
Les Belges de Thurisaz constituent, à mon sens, le chaînon manquant entre ces deux écoles.
Ils cultivent avec une classe indéniable l’intarissable mélancolie propre aux formations anglaises. Cette espèce de spleen perpétuel qui semble faire partie du paysage anglais, ces forêts brumeuses recelant mille secrets. C’est un peu cela que l’on touche du doigt avec Thurisaz, sans la pesanteur doomesque qui y est propre puisqu’ici on navigue plus dans des eaux mid-tempos, bien que quelques envolées black mélo viennent troubler, notamment sur le premier morceau, ce calme relatif.
On trouve également dans ce « rythme circadien » quelques velléités plus modernistes comme je le précisais en préambule. Des éléments plus sombres, propres aux formations du grand Nord, comme ces claviers, subtils et éthérés (l’instrumental « Symbols » en est le meilleur exemple) ou ces magnifiques parties acoustiques que ne renierait pas Opeth. D’ailleurs, La structure de certaines compositions évoque également le raffinement, la grâce et l’élégance qui sont propres à ce groupe. L’agilité des guitaristes y étant certainement pour beaucoup.
Enfin, la variété des vocalises apporte une touche de diversité bienvenue. Entre les incantations typées black-métal assurées par le guitariste Mathias, les grognements d’ours éructés par le chanteur Peter et le magnifique chant clair qu’il propose de temps à autre, la palette d’émotions retranscrite est large, et il y a fort à parier que chacun y trouvera son compte.
Mais ne vous y trompez pas, toutes ces références n’ont qu’un seul but : me faciliter la tâche pour décrire ce que propose Thurisaz pendant cinquante minutes. Au-delà des comparaisons subjectives, il est de mon devoir de signaler que ces Belges possèdent déjà leur propre identité, leur propre univers dans lequel il n’est pas chose aisée de rentrer en quelques écoutes hâtives.
Non, il faut s’armer de patience et laisser son esprit voguer vers des terres plus sombres, hostiles au premier abord, qui révèleront par la suite leur charme insidieux et leur beauté fragile à celui qui saura les mériter.
Puissiez-vous être de ceux-ci pour en saisir la subtile quintessence ! |