

The Red King - "Vitreolum"
Dark Symphonies est un label américain, me semble-t-il, qui a une aptitude à trouver de bons groupes en matière de doom, néo-classique et autres musiques sombres ou mélancoliques. On leur connait Hellveto, Maudlin of the Well , Morgion et les derniers Autumn Tears. The Red King est une de leurs signatures.
The Red King, c'est l'oeuvre d'une personne : Johann Bran Cleereman.
Membre du groupe américain Corvus Corax (à ne pas confondre avec son homologue allemand de rock néo-medieval) qui a sorti un album plutôt black et sympho « The atavistic triad » en 2001, Johann Bran Cleereman propose ici son side-project et « Vitreolum » est le premier album de ce projet ; « Somniferum » lui succèdera en 2005.
Avant de parler de la musique de The Red King je voudrais d'abord rendre hommage au packaging et à ce somptueux digipak. Il n'est pas somptueux par rapport à sa conception mais par rapport aux peintures qui font office de couverture et aussi de toile de fond qu'on peut découvrir en ouvrant le digipak. Divinement sombres et glauques, elles sont l'ouvre de l'artiste new-yorkaise Madeline Von Foerster dont je vous laisse aller découvrir ses autres toiles sur son site.
http://www.madelinevonfoerster.com
Ensuite, poursuivons sur la musique de The Red King... Nous n'avons ici pas véritablement de Metal, je veux parler en terme de guitares saturées qui font l'essence-même de ce style musical. The Red King, c'est une savante alchimie d'atmosphères étranges, de néo-classique, d'ambient, de musique rituelle et de gothic wave.
L'album ne se compose que de quatre morceaux, quatre chapitres pourrons-nous dire, mais chacun durant environ neuf minutes. L'atmosphère que dégage cet album est une atmosphère très sombre qui arrive à nous transporter dans un environnement sinistre, sordide et triste à la fois.
C'est l'utilisation permanente du piano et des claviers qui permet de donner aux chansons ce climat de musique rituelle et litanique.
Il n'y a que très très peu de paroles qui, pour la plupart, sont parlées, ne laissant la place qu'à la musique et aux émotions.
Par moment, on se rapproche d'Elend première période sur « Rectificadoque Invenies Occultum Lapidem », avec des hurlements sortis d'outre-tombe qui viennent mutiler la mélodie afin de créer un déchirement musical qui matérialise la souffrance exprimée dans la musique de The Red King.
Ce n'est pas un album à laisser entre les mains de personnes dépressives, mais c'est véritablement, à mon goût, un album surprenant, riche dans le détail et funèbre dans son approche.
La magie opère totalement à l'écoute cet album et ses 45 minutes passent relativement vite, alors on le remet au début afin de bien en saisir toutes les subtilités.
Johann Bran Cleerman arrive à lui seul à faire ressortir les sensations d'un orchestre jouant devant nous; sa musique raconte une histoire dont chacun peut en imaginer le contenu.
Pour finir, je rajouterai que le nom de l'album est bien Vitriolvm (et pas Vitreolum inscrit sur la cover) comme indiqué à l'intérieur du digi, signifiant Visita Interiora Terrae Rectificandoque Invenies Occultum Lapidem, qui sont également à la suite les titres de l'album.