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TEXTURES "Polars"
(listenable records)
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Avec leur thrash alambiqué et violent, les Hollandais de Textures n'ont pas tardé à voir systématiquement accoler à leur nom celui de Messhugah, ce qui doit être assez agaçant. Bon, et bien, moi j'en ajouterai un second : le Pestilence dernière époque. Enfin, quoi, tout ça pour dire que cet album navigue dans des contrées assez ambitieuses.

Malheureusement, certains défauts viennent rendre le voyage vers le sommet relativement incertain. Il y a d'abord ce chant hardcore crié et crispant, qui, à mon sens, ne colle pas du tout avec l'environnement relativement recherché du disque. A tout prendre, de bonnes gueulantes death façon Fear Factory des débuts eussent été plus indiquées. Ou alors, un chant carrément clair. Mais là, c'est au plagiat de Devin Townsend que l'on aurait crié.
Car ce disque renferme certains passages ambient qui ne peuvent que rappeler ce que l'on entend sur "Terria" ou "Ocean Machine". Et une référence de plus !
Et encore une : sur les troisième et quatrième titres, c'est un riff façon At The Gates qui est mis à contribution !

Evidemment, tout ceci fait un peu beaucoup pour un groupe dont le dessein avoué est d'œuvrer dans l'avant-garde. Alors, après quelques morceaux qui viennent parfois mettre à contribution les riffs saccadés de Pantera époque "Far beyond driven", on cloque deux titres finaux de respectivement 18 et 14 minutes, pour bien signifier que l'on gravite dans les hautes sphères. Mouais…
Celui de 18 minutes, l'avant dernier ("Polars"), alterne passages rugueux et parties atmosphériques. Rien de bien neuf. Certains riffs bien heavy font très plaisir à entendre, mais sont hélas immédiatement contrecarrés par un chant hardcore qui, décidément ne passe pas, surtout lorsque le groupe pousse l'incongruité jusqu'à inclure des chœurs du même acabit…Oui, oui, vous avez bien lu : des chœurs hardcore, comme dans Biohazard… Les parties atmosphériques sont sans imagination et ne convaincront nul auditeur ayant au moins une fois déjà écouté l'une des nombreuses références susénoncées.
Le dernier morceau, de 14 minutes ("Heave") est ce que j'appelle une somme nulle, puisqu'entièrement atmosphérique, sans consistance ni tenue, juste une sorte de robinet à vapeur largement ouvert et refermé sans qu'une quelconque progression ne fasse pourtant accroire qu'une boucle ait été bouclée.

C'est avec un sentiment très mitigé que se clôt l'écoute du disque, et, fait plus grave, sans qu'il soit réellement possible d'en conseiller l'achat, même "pour voir".

 
Alexis Kieffer
Decibels Storm - mars 2004